‹ Précis de chirurgie infantileChapitre 104 sur 135 · FRACTURES DU FÉMUR · texte numérisé non relu

FRACTURES DU FÉMUR

Les fractures du fémur chez Tenfant sont des fractures du corps du fémur. Pour ce qui concerne les décollements épiphysaires et les entorses épiphysaires qu'on peut confondre avec les décollements, nous devons nous reporter au chapitre placé au début parmi les maladies générales.

10 Variétés. — Comme chez l'adulte, la fracture du fémur esl fréquente, elle vient cependant eh troisième ligne, après les fractures de l'avant-bras et de la clavicule. La fréquence augmente à mesure que l'enfant grandit et se livre à des jeux plus bruyants ou fait un travail excessif pour son Age.

On observe surtout des fractures de la partie moyenne du corps. Les fractures du col signalées par certains auleui*s comme assez fréquentes sont des raretés et la solution de continuité ne dépasse guère l'entorse épiphysaire.

11 en est de même des fractures de l'extrémité inférieure, bien plus fréquentes, qui se rapprochent toujours du cartilage el conslituentdes décollements ou des fractures juxta-épiphysaires. Moins intra périostées que les fractures de la clavicule ou de l'avant-bras, ces fractures en général s'accompagnent de peu de déplacement, mais la déchirure du périoste et la saillie des fragments s'accuse à partir de dix et douze ans; les désordres augmentent avec l'Age, et il est assez fréquent d'observer des déplacements, des raccourcissements, de la crépitation et de la mobilité anormale tels qu'on les voit chex l'adulte. Il ne reste alors de très spécial que la réduction el la coaptatii)n plus faciles et la réi>aration très prompte.

2*^ Traitement. — Le traitement est basé sur l'immobililé

ol l'extonsion. Le massage prolongé si utile chez Tadulte ne saurait être chez, l'enfant qu'un moyen accessoire.

Pour immobiliser, la gouttière de Bonnet est utile, mais elle est tout à fait inférieure aux appareils plus simples qui en fixant le tronc, laissent le membre malade en partie découvert et permettent de le soumettre à l'extension continue élastique et même au massage. L'appareil que nous avons proposé dans la première partie de cet ouvrage adonné dans de nombreux cas des résultats excellents : pour corriger les déplacements il rend facile Tapplication de gouttières de carton ou d'attelles fixées par des courroies.

La consolidation est obtenue, même chez un sujet de quinze ans, en vingt à vingt-cinq jours, mais il ne faut pas laisser le blessé marcher avant le trentième ou le quarantième jour. Jamais nous n'avons observé de raideur articulaire.

ARTICLE VIII

fuagti:res de jambe

Les fractures de jambe occupent, dans le jeune ûge, un rang à peu près égal à celui des fractures de cuisse.

10 Considérations cliniques. — Le tibia est souvent seul le siège de la solution de continuité, le péroné par sa flexibilité échappe au traumatisme. Aussi ne voit-on que bien rarement des déplacements des fragments et faut-il se méfier du diagnostic de fracture compliquée souvent porté à la légère. La fracture ouverte est une fausse apparence et la plaie n'est «lu'une lésion superficielle due à l'attrition des parties molles par le corps vulnérant qui a brisé l'os sans déplacer ses fragments.

La fracture des malléoles avant quatorze ou quinze ans est une exception.

Le tibia est fracturé soit à son extrémité supérieure au-dessous de son épiphyse et il s'agit d'un décollement ou d'une

6iO

Ki«. 157.

Fracture de jambe, consolidation vicieuse.

MEMBRE INFÉaiEUR 641

fracture jnxta-épipliysaire, ou bien en bas au-dessus du tiers inférieur. Dans l'un et l'autre cas, le déplacement est nul en général, la crépitation à peine sensible et, seules la douleur localisée et une mobilité anormale très faible avertissent que l'os est divisé. Le gonflement diffère dans les deux points. En bas il est peu prononcé; en haut il est ordinairement piUeux et plus étendu (Richet).

L'absence ou le peu d'intensité des signes physiques et des troubles fonctionnels fait quelquefois méconnaître la lésion et le médecin n'est pas appelé auprès du petit blessé ; on a vu ainsi la pseudarthrose s'établir sur des fractures de jambes non traitées (Gosseli.n, Cliniques), Mais à coté de ces faits il convient de signaler ceux où la violence du traumatisme a produit des désordres beaucoup plus grands. On ne peut nier les fractures compliquées vulgaires et chez un enfant de quatre ans nous avons observé une fracture des deux os avec embrochement (le 3 centimètres de peau par le fragment supérieur du tibia taillé très obliquement.

2^ Traitement. — Le traitement des fractures de jambe chez l'enfant réclame toujours l'immobilité dans un appareil solide et léger à la fois: la gouttière plâtrée réalise ces conditions parfaites,

La simplicité de ces fractures semblerait indiquer le massage simple ou l'appareil de marche. Chez l'enfant, indocile et turbulent, le massage seul est incertain ; nous avons vu chez un garçon de neuf ans, traité par l'appareil de marche, un résultat déplorable.

ARTICLE IX

Page 1