‹ Précis de chirurgie infantileChapitre 106 sur 135 · COXO-BOT OU HANCHE BOTE · texte numérisé non relu

COXO-BOT OU HANCHE BOTE

Au Congrès de chirurgie de 1892 (p. 306) le professeur La.ne- LONGLE de Bordeaux en présentant deux remarquables succès a [>roposé de donner le nom de coxo-bot ou hanche bote aux déviations paralytiques de la hiinche, et tracé en même temps le manuel des opérations sanglantes qu'on peut diriger contre elles.

1^ Anatomie pathologique et symptômes. — 11 est rare

en effet que les muscles de la hanche (fémoraux ou pelvi-trochantériens) soient suffisamment paralysés pour produire rinertit» absolue du mouvement. La plupart du temps la paralysie infantile a concentré ses efforts sur certains groupes, en particulier les groupes antéro-internes et les muscles externes entraînent le membre en déviation externe de telle sorte que la cuisse est portée eu dehors avec rotation externe plus ou moins accentuée et que la tète fémorale vient faire saillie soit

MEMBRE IXKERIECR

du coté du trian^'le de Scarpa soit plus bas vers le périnée. Les ligures i 74 et 175 représentent un sujet atteint de hanclie bote paralytique. Dans cette attitude le membre comme suspendu par la rétraction des muscles, des aponévroses et des ligaments, ballotte dans tous les sens dès que le pied ne touclie

Fig. 1/4. FiJ^^ I7:i.

Hanche bote (avant rintervenlion).

plus le sol. Tous les mouvements sont relativement faciles, l'extension unie à l'adduction seule est empêchée par la résistance des muscles externes et des ligaments et par l'opposition de la télé fémorale qui parait avoir déjà abandonné la cavité colyloïde pour fuir en avant et en dedans bu en dedans et en arrière.

L'exploration attentive de la jointure et de ses rapi)orls rend parfaitement compte des différents désordres consécutifs à la paralysie. Du côté de la tête devenue plus saillante en avant ou en arrière, les doigts pénètrent facilemtînt à travers les

lissus relàcliés par la paralysie et rattitude vicieuse; du coté de la dévialion, en dehors, c'est une résistance absolue de toutes les parties rétractées.

Avec ces désordres propres à la hanche on en observe d'autres signalés dans toutes les observations publiées : déformations du pied porté en écjuin ou en varus équin, plus rarement en val^us, rélraclion de l'aponévrose plantaire, i»aralysies en rapport avec l'altitude du pied du coté des groupes musculaires de la jambe. Constamment aussi on a observé un certain degré de llexion de la jambe sur la cuisse. Celte dernière attitude dans une observation personnelle nous a paini tenir moins à la rétraction des muscles (léchisseurs de la jamb<' qu'à l'attitude même de la cuisse portée en flexion et eu abduction. Signalons eniln le raccourcissement des os des divers segments dont il faudra tenir compte dans le traitement consécutif aux opérations qu'on aura cru devoir pratiquer, et tous les autres troubles inséparables de la paralysir infantile.

2'' Diagnostic. — On ne pourrait confondre cette affeclion qu'avec la luxation congénitale, la coxalgie, l'arthrite sèche, la luxation Iraumatique non réduite et les cals vicieux de la partie supérieure de la cuisse.

Signaler ces confu^ions possibles suflit pour les faire éviter; on se rappellera seulement ciueVEBNKUiL a signalé l'importance de la paralysie infantile dans l'étiologie de la luxatiou (dite congénitale), mais aussi qu'il existe une diflTérence considérable entre cette dernière alTeclion et la hanche bote que nous décrivons. !.a luxation congénitale s'accompagne de surélévation du trochanler et d'une liberté de mouvements qui Jamais ne se retrouvent dans la hanche bote.

3*^ Traitement. — Le traitement est résumé d'une manièiv très exacte dans les conclusions qui suivent le mémoire du prt>fesseur La.\klu.\(;uk et nous devons les reproduire ici sans modifier leur texte.

<* La paralysie infantile détermine au niveau de la hanche

les mômes rélraclions, les mêmes déviations qu'elle produit au pied, à la main, au cou, etc.

« Ces lésions sont justiciables des mêmes méthodes opératoires qui dans les autres régions donnent de si excellents résultats, je veux dire les sections à ciel ouvert.

Fijç. 176. Fig. 177.

Hanche bote (après l'intervenlion à ciel ouvert) traces de l'incision des parties molles.

« Ici, selon les groupes musculaires rétractés, Tincision de la peau sera faite tantôt à la partie antérieure, tantôt à la partie postérieure et externe.

t< Tous les muscles, tous les tissus fibreux rétractés seront incisés successivement.

« Si la réduction de la déviation n'est pas encore possible, on n'hésitera pas à ouvrir la capsule articulaire et même à luxer

la tète du fémur, sans la réséquer, et à la fixer dans la situation la plus propice au bon fonctionnement ultérieur du membre. »

Nous donnons ici dans les figures 176 et 177 la reproduction exacte d'un de nos opérés de hanche bote ; la figure 174 le représente avant fintervention. Une large incision oblique de haut eu bas et de dehors en dedans divisa successivement toutes les parties molles, le psoas compris, sauf farticulalion, les vaisseaux et les nerfs. La réduction, incomplètement obtenue grâce à la résistance des parties respectées, s'opéra rapidement dans un appareil à extension continue et la flexion du genou disparut dôs que le membre fut ainsi remis dans la rectitude.

On ne doit pas oublier que le résultat de fintervention serait fort incomplet si fou négligeait de redresser le pied dévié, d*» faire porter au sujet un soulier à semelle épaisse pour suppléer au raccourcissement des os, enfin de diriger contre les musdes malades un traitement électrique régulier.

ARTICLE Xin

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