CORPS ÉTRANGERS EN GÉNÉRAL
Liquides, demi-solides ou solides, s'ils sont susceptibles par leur action caustique, leur température ou leur forme, de provoquer des altérations immédiates et douloureuses, dépasseront rarement la cavité buccale ou le pharynx. Il en résultera des escarres, des brûlures, des plaies de plus en plus légères à mesure que les voies abordées seront plus éloignées des lèvres.
Notons cependant qu'une large brûlure, une ulcération profonde est souvent insignifiante dans la bouche ou le pharynx, tandis que, bien plus légère, elle devient fort grave dans le canal rétréci de Tœsophage dont les parois vont bientôt se rétrécir encore sous Tinfluence de la rétraction cicatricielle ou du spasme des muscles œsophagiens : Tingestion de liquides chimiques corrosifs est trop fréquente dans le jeune âge pour qu'on ne songe pas à la marche classique de ces substances, arrêtées successivement par les rétrécissements naturels placés au niveau du pharynx, de la bronche gauche et de l'extrémité inférieure de l'œsophage où l'on rencontre surtout les atrésies Œsophagiennes.
Les corps étrangers solides, quand ils sont aigus, effilés, tranchants (aiguilles, fragments de verre) se fixent souvent dans la muqueuse buccale et pharyngienne ; munis d'une grosse extrémité comme les épingles, ils arrivent plus profondément, pénètrent dans l'estomac et sont plus tard éliminés avec les selles.
Les os, les tendons, les cartilages, les bols alimentaires trop volumineux, déglutis par des enfants voraces ou arriérés, sont assez souvent rejetés par un mouvement de toux, de régurgitation, mais ils s'enclavent aussi entre les piliers du voile du palais, sur les amygdales, dans le pharynx, déchirent et pénètrent le voile du palais comme le font plus rarement les substances rejetées par l'acte du vomissement. Si leur volume ou le hasard ne les a pas arrêtés dans ces voies supérieures, ils descendent dans l'œsophage et y subissent les arrêts imposés par les rétrécissements dont nous avons parlé plus haut.
Les circonstances sont rares, chez l'enfant, où l'on voit le
canlia franchi par des corps étrangers volumineux ou de surface irrégulière. Seuls les objets longs (fragments de bois polis, mines de crayon, petits sifflets, petits porte-plumes), grâce à leur fomie allongée, arrivent dans Testomac et s'y arrêtent ou le franchissent encore et s'arrêtent dans l'intestin où il> peuvent être fixés par les replis de la muqueuse, s'y placer obliquement et s'enclaver pour constituer alors de vrais corps étrangers très dangereux.
Les voies respiralotres sont moins atteintes que le tube digestif, défendues qu'elles sont par le jeu de la déglutition ef Télroilesse de Torilice laryngien qui se contracte et se ferme par action réflexe au moindre avertissement de sa sensibilité. Ce n'est que par surprise que chez l'enfant un corps étranger pénètre dans l'arbre aérien où le larynx ; la bifurcation de la trachée et les petites bronches peuvent successivement l'arrêter et le fixer. L'action de rire, d'inspirer violemment, la peur, en troublant la déglutition, sont les causes ordinaires de l'introduction d*'s cor[)s étrangers dans les voies respirtatoires et des plus graves complications.
3«> Prophylaxie. — La surveillance et l'éducation qui s'aident des aptitudes physiques et morales de l'enfant sont chargées de prévenir des accidents souvent graves.
La surveillance, seule, est opportune dans les premiers temps de la vie. On veillera à ne pas laisser à portée des touf Jeunes enfants les objets d'un petit volume qu'ils portent instinctivement à la bouche.
L'éducation et le raisonnement deviennent plus tard fort utiles auprès d'un petil être encore instinctif, mais dont les sens plus éveillés sont déjà guidés par une raison naissante ; encore ne faut-il pas s'appuyer beaucoup sur cette petite intelligence toujours en défaut. La surveillance qui bannit les jeux dangereux, éloigne les pièces de monnaie, les billes de marbre, les boutons et les noyaux, établit d'une manière. |>ermanente dans l'alimentation une sélection nécessaire, fait la chasse aux arêtes (Felizkt et Branca), est encore et pendant longtemps de rigueur. Le raisonnement au besoin saura
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s'appuyer sur des oxoiiiples faciles et des promesses qu'il serait inutile de toujours tenir.
11 arrive, souvent, qu'un enfant est surpris en imminence de (langer, quand il a déjà entre ses lèvres ou dans la bouche un objet qui, deux secondes plus tard, deviendra peut-èlre la proie du pharynx et de l'œsophage. Un reproche brusque, un acte de violence va tout compromettre en excitant la peur et kn cris, en provoquant une inspiration subite. Loin de là, <Iu'on invite alors le petit imprudent, par une caresse, à ouvrir la bouche, et, délicatement, on extrait le fragment de verre, la pièce de monnaie, le corps dangereux. Héservo'.is la >évérité pour les leçons de choses qui trouvent leur temps quand le danger n'est qu'à prévoir.
Os quelques considérations semblent superilues dans un manuel de pathologie, mais les praticiens doivent en être instruits, leur rôle, auprès des enfants et des mères étant de prévenir, par des conseils utiles, le danger qu'il est souvent bien pénible d'avoir à combattre.
§ î26. — De l'exploration électrique