DU MASSAGE
le centre. Dans la jointure non massée, au contraire, Farticuialion était restée distendue.
Le massage a donc poussé, comme il a été prouvé par la dissection, la matière injectée, dans les voies lymphatiques centripètes.
Sturm et Sa us ont obtenu des résultats identiques, de mt^me . que Ueibmayr et Hakfinger qui ont expérimenté sur le péritoine.
La main de l'opérateur, en disséminant, dans le tissu conjonctif, superficiel et profond, le sang épanché à la suite d'un traumatisme, établit la meilleure expérience à Tappui du massage. Répandu par les frictions et pressions dans toutes les zones celluleuses voisines, le sang, qui aurait constitué un hématome localisé de résorption difficile, autour duquel gonflement, œdème et peut-être inflammation se seraient développés, va constituer au loin de vastes ecchymoses qui disparaissent vite sans laisser après elles aucune trace de leur passage.
Tel est le rôle physiologique du massage sur les voies lymphatiques dont Faction est activée par l'agrandissement de la surface de résorption dans toutes les mailles conjonctives.
Mais le courant sanguin est aussi impressionné par le massage directement et indirectement : dans le premier cas, il Test mécaniquement et, dans Tautre, par Tintormédiaire du système nerveux vaso-moteur.
Les pressions exercées sur les veines hûtent leur déplétiou et diminuent ainsi la stase veineuse ; consécutivement, la circulation artérielle se trouve facilitée.
L'exsudation diminue ou tend à diminuer, et Ton voit se produire la transformation ou la disparition des exsudais épanchés.
Les téguments des régions massées sont plus colorés, il y a élévation de température ; cette suractivité de la circulation se généralise et on constate que le pouls devient plus large et plus régulier.
Tels sont les efl'eXs physiologiques du massage sur la circulation ; ils sont encore importants dans la peau, les muscles, les nerfs.
il2 PATHOLOr.lK ET TU E U A PEITIQÏ' F. GEXKnALES
En débarrassant la peau de l'enduit qui la recouvre, le massage l'amincit et la rend, par suite, plus perméable, facilitant ainsi l'élimination des produits des glandes sudoripares ; il accroît ainsi ses fonctions.
Par son action mécanique, le massage provoque les contractions de la fibre musculaire, grâce aux simples déplacements moléculaires qu'il fait naître dans cette fibre. Cette contmction, due à l'action mécani(jue, est encore favorisée et augmentée, indirectement, par l'intermédiare du système nerveux et de la suractivité de la circulation.
11 est évident, en effet, que le système nerveux périphérique est, aussi, impressionné par la main de l'opérateur quand celle-ci agit sur les ramifications nerveuses ; c'esl ainsi que l'on explique l'action anesthésique du massage dans les cas de névrite périphérique. Au début, il se produit une excitation des extrémités terminales des nerfs dans la région massée, excitation transmise au système -tout entier, d'où suractivité des fonctions auxquelles il préside. En pratiquant le massage, on émousse la sensibilité et l'aneslhésie se produit.
Ces considérations générales suffisent pour prouver les bienfaits du massage général obtenus chez les enfants chétifs et lymphatiques dont la nutrition languit.
Le massage local, pour les fractures, les contusions, les arthrites consécutives aux Iraumatismes ou aux fractures, trouve, à chaciue instant, d'heureuses applications dans la chirurgie infantile. Ces lésions, en effet, si elles guérissent plus rapidement que chez l'adulte, n'en sont pas moins soumises à des retards de cicatrisation dus à des épanchemenls de sang, de sérosité, de liquides plastiques (jui jouent réellement le rôle de corps étrangers. Par le massage, leur résorplion est assurée ou bien activée, des complications, des troubles fonctionnels durables ou définitifs sont évités.
2^ Technique générale du massage. — La technique générale du massage comprend trois temps : 1<> le massage proprement dit; 2^ les mouvements passifs ; 3® les mouvements actifs contrariés.
Dl MASSAGE H3
.4. Massage proprement dit. — Le massage proprement dit suppose plusieurs manœuvres :
a. Effleurage, — L'effleurage consiste en une sorte de friction très légère, pratiquée avec la face palmaire de la main ou Ja pulpe des doigts, jamais avec Textrémité des phalanges, dans une direction centripète, en allant de la périphérie vers h cœur.
La main va un certain nombre de fois de l'extrémité de la région à masser jusqu'à sa limite du côt^ du centre, de Textrémité des doitgs de pied, par exemple, jusqu'au genou, lûchant prise quand elle est arrivée au bout de son excursion pour recommencer le mouvement dans le même sens.
L'effleurage réchauffe la région, insensibilise les plans superticiels et permet, quand on doit traiter des lésions profondes, de pratiquer des pressions qui auraient été insupportables.
b. Pression. — La pression suit donc l'efileurage et s'adresse aux plans profonds. On utilise, pour atteindre ces régions, soit les pouces, soit le talon de la main, soit le poing fermé, suivant l'épaisseur de la masse musculaire et la direction de la région. La pression peut aussi être rectiligne ou elliptique.
Dans chaque séance de massage, on doit commencer par faire l'effleurage et la pression ; en insistant beaucoup plus sur ce second temps.
c. Pétrissage. — Le pétrissage ne s'emploie que daas les cas où l'on doit agir sur des masses musculaires d'un certain volume ; on exerce sur ces parties molles des pressions alternatives comme si Ton voulait les exprimer. On commence toujours par pétrir les parties périphériques en s'avançant dans la direction du centre.
Il ne faut pas employer le pétrissage dans des régions où se rencontrent des veines, des artères et des ganglions lymphatiques volumineux (creux de l'aisselle, par exemple), surtout lorsque ces vaisseaux ont été comprimés par une iiillammation antérieure.
On modifie parfois le pétrissage (jue l'on transforme en «pincement »; cette manœuvre a une action eilicace sur les ganglions engorgés depuis longtemps.
d. Percussion. — La percussion consiste à frapper les tissus en se servant de la main comme d'un marteau.
Si l'on frappe doucement avec le plat de la main, on fait du « tapotement ».
Si l'on frappe plus fort, les doigts formant éventail, et percutant avec le bord cubital de l'auriculaire, on pratique des « hachures ».
Ce procédé est excellent pour l'excitation des grandes masses musculaires.
B. Mouvements passifs. — Les mouvements passifs sont ceux que l'on fait exécuter au malade, celui-ci restant inactif; ces mouvements activent la circulation et favorisent ainsi la nutrition de la région. Ils empêchent l'atrophie musculaire et l'ankylose des articulations saines; de même qu'ils rendent la force au muscle et la souplesse à l'articulation malade, mais le succès qu'ils obtiennent sera d'autant plus rapide et durable qu'ils auront été pratiqués avec plus de patience et de mesure. La précipitation amène des douleurs vives, provoque des ruptures vasculaires et place trop souvent le membre qu'on a voulu assouplir dans ce véritable état pathologique.
C. Mouvements agtiks contrariés. — Enfin les mouvements actifs contrariés s'adressent surtout aux muscles. On fait effort pour s'opposer à l'accomplissement d'un mouvement normal que le malade veut faire; on l'empêche, par exemple, de plier le genou ; de fléchir le poignet.
3^ Indicatioiis générales. — Telles sont les données générales de la massotliérapie ; il est évident qu'on ne peut, vu le cadre restreint de ce chapitre, entrer dans les détails de la technique particulière qui, du reste, est constituée par le groupement d'un certain nombre des manipulations précédemment indiquées. Il est utile cependant de rappeler qu'un grand nombre d'afTections musculaires, articulaires , osseuses, bénélicient de cette thérapeutique et (ju'on tend à l'appliquer, de plus en plus, aux maladies des nerfs et des organes de la vie de relation.