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ARTICLE II MALADIES ACCIDENTELLES

Les lésions accidentelles du crâne qui comprennent les tumeurs, les inflammations, les plaies de la voûte du crdne et de Tencéphale n'appartiennent pas au cadre restreint de cet ouvrage.

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Si dans rarlicle II nous mentionnons les tumeurs érectiles à côté du ct'phalématome et des fractures dont la patholoiîie chez Tenfant présente certains traits spéciaux, c'est parce que leur évolution est loin d'être congénitale et se trouve souvent liée aux traumatismes.

§ i. — Tumeurs érectiles

l.es angiomes sont fréquents sur la région crânienne; quelquefois consécutifs à des traumatismes et souvent d'un développement tardif, ils mériteraient d'être décrits avec les maladies congénitales.

10 Symptômes et diagnostic. — Leur volume est variable mais peut acquérir de grandes dimensions.

Ils sont placés le plus souvent sur la ligne médiane dans le voisinage des fontanelles et de la suture sagittale.

Cette situation, les mouvements d'expansion dont ils peuvent, à la rigueur, être le siège, leur absence de coloration vasculaire bien nette quand ils sont profonds et n'ont pas envahi les couches superficielles de la peau, peuvent donner au diagnostic certiiincs hésitations.

On peut les confondre avec des tumeurs d'origine cérébrale (encéphalo-méningocèle) ou avec des kystes congénitaux. Mais toute tumeur venue de l'encéphale est exceptionnelle dans la région occupée par les angiomes, et si les angiomes sont réductibles, ils ne présentent pas en général de battements, et leur dépression ne permet pas de constater sur les os de perte de substance, d'oritice de communication. Les kystes congénitaux n'ont aucun des caractères classiques de l'angiome ; ils sont ordinairement fluctuants.

2» Traitement. — L'extirpation est difficile quand la tumeur présente un certain volume, à cause de la difliculté qu'on éprouverait à rapprocher les bords de la plaie.

L'électrolyse et l'ignipunclure retrouvent ici leurs indications. Il faut avoir soin de diriger un peu obliquement les

aiguilles ou le bec du thermocautère pour ne pas pénétrer dans la cavité crânienne.

§ 2. — GÉPHALÉMATOME

Le céphalémcUome est un épanchemcnt de sang qui se fait entre le périoste et les os plats du crâne. Son apparition rapide à la naissance et les causes anatomiques qui président à sa formation en font une maladie comparable aux affections congénitales. Mais la congénitalité ne tient pas ici à une altération du développement et nous rangerons le céphalématome parmi les maladies accidentelles, d'autant qu'il peut succéder à des Iraumatismes.

1** Etiologie. —Un traumatisme j même léger, peut produire le céphalématome. Le plus souvent, c*esl le traumatisme obstétrical (accouchement, forceps). Dans une observation de Oui, la femme avait accouché debout, le cordon s'était rompu et l'enfant était tombé sur le sol.

Le céphalématome est surtout une maladie du nouveau-né : plusieurs mois après la naissance, il devient exceptionnel. Tar- MER Ta observé chez un enfant de treize mois etKiRMissoNchez une fillette de neuf mois. Il existerait, d'après eux, une fois sur 290 naissances. Lesgar«;ons paraissent plus souvent atteints que les filles.

2» Pathogénie et anatomie pathologique. — Féké a surtout élucidé la pathogénie de cette affection ; il a montré qu'il existait sur les os plats du crâne, à la naissance, des fissures normales siégeant entre les fibrilles osseuses. Que ces lissures soient élargies par un trauma, les vaisseaux mis à nu, n'étant plus protégés, se rompent et le sang se répand sous le périoste. La table interne de fos, s'ossifiant plus rapidement, est plus résistante, aussi l'épanchement a-t-il plus de tendance à se faire sous le périoste. Ces fissures sont surtout accusées à l'angle postéro-supérieur du pariétal.

C'est la théorie de Valleix basée sur l'ossification différente

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de la table externe et de la table inlerne et la présence des espaces qui séparent les libres osseuses. Un de ces espaces plus larges que les autres et connu sous le nom de fontanelle de Gerdy explique non seulement la fréquence du céplialématome, à l'angle postéro-supérieur du pariétal, mais aussi la possibilité d'un céphalématome à la fois externe sous-périostique et interne sous-duremérien.

Le plus souvent provoqué par un accouchenieul difficile, le céphalématome existe presque toujours h droite, à cause des violences auxquelles se trouve exposée cette parlie dans la position occipito -iliaque gauche antérieure, mais il peut siéger sur un point quelconque d«'s os plats crâniens, jamais au niveau des fontanelles ou des sutures. Deux tumeurs existent rarement, l'une à droite, l'autre à gauche.

Le céphalématome apparaît dans l'espace d'un à trois jours. Son volume varie d'une noix à un œuf. Le sang épanché, d'abord rouge et liquide, devient bientôt noir, épais et forme un caillot qui est résorbé en six semaines à deux mois.

La poche ostéo-périostique a une paroi inlerne, d'abord lisse, puis bientôt tomenteuse (sac Qbrineux du caillot). A la périphérie le périoste adhérent à Tos sécrète de l'os nouveau qui forme un bourrelet caractéristicjue. Le périoste continue à sécréter par sa face profonde de l'os qui, lorsque le caillot sera complètement résorbé, s'appliquera sur l'os ancien et se réunira à lui.

3«> Symptômes. — La tumeur est arrondie ou ovalaire, aplatie, molle et fluctuante au début, indolore, irréductible et non pulsalile. Au-dessus d'elle la peau n'est pas altérée.

Au bout de deux ou trois jours, la tumeur est plus tendue, plus convexe, et l'on peut sentir le rebord saillant et dur du bourrelet périphérique. Progressivement elle devient plus résistante, s'affaisse et deux mois après le début il ne reste plus qu'un épaississeraent osseux qui disparaîtra plus tard.

L'évolution du céphalématome est toujours bénigne. Il est exceptionnel qu'il suppure.

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4* Diagnostic. — Ou ne confondra pas le céphalémalome avec une bosse séro-sanguùie, tumeur œdémateuse, sans bourrelet, siégeant aussi bien sur les sutures ou les fontanelles, existant à la naissance et disparaissant très rapidement après.

Les épanchemenls sanguins sousaponévroUqiies n'ont pas de bourrelet périphérique, ne sont pas arrêtés parles fontanelles et sutures. Le diagnostic est difficile quand il y a coexistence d'un céphalématome (Lefour).

Le diagnostic est facile à faire avec les encéphalocèles et méningocêlesy les abcès du cuir chevelu.

b'' Traitement. — La guérison spontanée est certaine, le traitement doit donc être expectatif.

Divers moyens ont été employés pour hâter la guérison : l'application de topiques résolutifs, la compression qui gêne renfanl, n'atteignent pas ce but. La ponction aseptique, suivie de compression légère, a déterminé des guérisons au bout de quelques jours ; mais souvent l'épanchement s'est renouvelé. L'incision aseptique serait le moyen le plus sûr. Enfin, quand la tumeur suppure il faut la traiter comme un abcès.

§ 3. — Fractures dd crâne

Dans le jeune âge les fractures du crâne ont un pronostic spécial en rapport avec la structure du crâne et, une symplomatologie dont quelques particularités méritent d'être signalées. Nous ne devons pas insister davantage.

1** Etiologie, pronostic. — Les fractures du crâne chez l'enfant sont relativement rares. L'absence de soudure osseuse, la soudure incomplète, la ilexibilité des pièces osseuses, indiquent qu'il doit en être ainsi pour les fractures en général et surtout pour les fractures de la base du crâne, qui sont un prolongement par fissure des fractures de la voûte.

Elles sont également moins graves que chez l'adulte. Cette innocuité résulte sans doute du peu de tendance que le trait de fracture présente à s'irradier vers la base et du peud'éten-

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due que les solutions de conlinuilé présentent en général à cause de la souplesse des pirces osseuses.

Cependant les observations sont encore nombreuses de fractures étendues, compliquées de plaies et mômed'attritions très vastes de la substance cérébrale qui, après avoir donné lieu à 1res peu de symptômes, ont guéri sans complications immédiates et consécutives; mais il est nécessaire de ne pas accepter sans réserves cette croyance générale. Si les enfants guérissent ordinairement avec facilité de grands traumatismes du crAne. ils présentent aussi des complications graves du côté du cerveau, soit dans les jours qui suivent l'accident, soit longtemps après quan«l, sous le couvert d'un pronostic en général bénin, on a négligé de supprimer des esquilles, de corriger des dépressions qui irritent le cerveau et ses enveloppes. Et c*e>t ainsi que bien des enfants, (jui ne nous ont pas été présentés pour être traités d'une fracture du crdne ignorée nous sont conduits plus tard pour des accidents d'épilepsie jacksonienne.

2** Symptômes. — Les signes d'une fracture du crâne chez l'enfant ne peuvent différer de ce qu'ils sont chez Tadulte ; mais ils sont en général très atténués.

Les fractures de la voûte, isolées, sont les plus fréquentes. Bien qu'elles puissent être accompagnées des troubles généraux dus à la contusion ou à la commotion cérébrale, de la compression [produite par im épanchement du sang dans la cavité crânienne, se présentent le plus ordinairement sans complications et la fracture reste ignorée ou simplement supposée s'il n'y a pas de plaie. Cependant l'examen des téguments, le palper, feront reconnaître dans quelques cas une dépression, une mobilité anormale indiquant une solution tlt* continuité plus ou moins étendue.

La plaie qui donne accès jus([u'au foyer et laissera quelquefois échapper de la substance cérébrale, ne permet aucun doute.

Les ecchymoses classiques, les écoulements de liquide céphalo-rachidien et de sang par les orifices naturels, les troubles sensoriels et les paralysies, expressions babitXielles

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des fractures de la base, sont rarement rencontrés chez Tenfant ; il convient cependant d«» les rechercher. Les ecchymoses oculaire, palpébrale, occipitale, disparaissent comme signe spécial au milieu des vastes épanchemenls de sang qui signalent ilans le Jeune âge les traumatismes de la face et du crâne.

3'^ Traitement. — Le traitement médical et le traitement chirurgical n'ont rien de spécial dans le cas qui nous occupe. Le chirurgien, cependant, ne doit pas oublier qu'une certaine réserve lui est imposée par le pronostic bénin de ces fractures. Mais si la prudence lui est commandée, il ne doit pas oublier Bon plus les accidents tardifs que nous^vons signalés.

Tn enfant de huit ans nous est présenté, atteint d'une vaste fracture ouverte, esquilleuse, du frontal droit avec écrasement «lu lobe frontal (la matière cérébrale s'écoule) ; le pariétal a t'ié brisé et du foyer principal partent plusieurs traits de fraclur«*. qui permettent dv mobiliser avec une crépitation très nrlle de grosses esquilles jusqu'à la partie postérieure du crâne. Il n'existe aucune paralysie, ni perle delà connaissance. Ne découvrant aucune dépression très prononcée des esquilles, nous n'intervenons pas, et le sujet guérit.

Tout autre est le cas de cet autre enfant de cinq ans atteint «l'une fracture ouverte du pariétal avec coma, stertor, signes généraux d'une compression cérébrale, du reste démontrée l»ar la présence d'une grosse esquille qui s'enfonce dans l'hémisphère droit. Là, une application de trépan, une craniectomie se trouvait indiquée.

Nous ne saurions tracer de règles absolument précises, mais 11' doute entraîne l'action et celle-ci devient nécessaire si des troubles cérébraux existent dans un cas de fracture évidente.

1-a craniectomie, comme l'a déipontré Lannelongue, n'est plus une opération dangereuse.

Dans les affections chirurgicales de la face et du cou les maladies congénitales tiennent encore la place la plus importante. Ce sont les fissures, les fistules, les kystes, les atrophies et les hypertrophies. A côté d'elles nous avons placé les tumeurs dont quelques-unes peuvent être, ajuste titre, considérées comme d'origine congénitale et ne semblent pas devoir être décrites dans un article spécial.

Les maladies accidentelles : corps étrangers, plaies, noma, nécrose des maxillaires, fractures, abcès rétro-pharyngien, torticolis, feront Tobjet d'un dernier article.

ARTICLE PREMIER

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