DE LA TÊTE ET DU COU
Les kystes congénitaux du cou et les fistules embryonnaires de la tête et du cou doivent être considérés comme les voiMfl^s
d'une disposition normale des bourgeons c«'*plialiques et cervicaux, dont le travail de soudure ne s'est pas régulièrement accompli. Ils ressemblent en cela aux autres arrêts du développement plus importants, plus étendus, dont nous avons parlé précédemment.
I^ disposition des arcs branchiaux rend compte de la disposition des fistules et aussi bien de la disposition et de la nature des kystes. Les fentes qui les séparent sont de simples dépressions, des espaces comblés par une lame mésoblastiquc revêtue en dehors d'épithélium pavimenteiix et en dedans d'épidiélium cylindrique.
Les extrémités antérieures des arcs branchiaux ne sont pas en i-apport direct, mais se trouvent reliées pnr le champ méso- Idaslique de His de plus en plus large th* haut en bas, présentant par conséquent un aspect triangulaire à base inférieure.
Les arcs branchiaux sont au nombre de (juaire. Le premier. S4>udé sur la ligne médiane avec son congénère, forme les maxillaires. Le deuxième préside au dévi'hqqiement de l'apophyse styloïde, du ligament stylo-hyoïdien et d«' la pelitc corne de l'os hyoïde. Au troisième arc appartient la grande corne cl h* corps hyoïdien ; au quatrième appartiennent les parli«.*s molles de la région sous-hyoïdienne, le larynx et la trachée.
Le deuxième arc, plus saillant, emboîle le troisième et le quatrième en formant une cavité sinus |>réeervical), dans laquelle se forment la base de la langue. Ii-piglolte et le corps Ihyroïde. f<A pointe de la langue proviendrait d'un bourgeon ft»rmé au niveau du premier arc mandihiilaire.
Les fentes branchiales aboutissent normalement à une soudure régulière, sauf la première, située au-dessous des maxillaires, qui par une coalescence incomplète forme la trompe d'Euslache, la caisse et le conduit auditif externe (La.n.neloxoce).
Comme le fait remarquer l'auteur que nous venons de citer, # le rapport de la première fente branchiale avec l'appareil auditif explique certaines anomalies de l'oreille par arrêt de développement ». Il ajoute que « la deuxième et la troisième
182 TKTE ET COC
fentes sont paiallMos à la précédente » et en sont si i'*'*' j^ chées que les lislulcs qui leur appartiennent ne p^**| ^jg^ plus souvent être distinguées et qu'il n'y a guère qu^^ eure» tules de la quatrième fente situées sur les parties in^^ du cou qui puissent être nettement reconnues. eIïco^
L'origine branchiale des fistules et des kystes es (i
prouvée par la direction oblique et profonde des '* *^
leurs cavités. .^pe
Il existe des fistules congénitales et des fistules a^q i^. ^^^ dernières résultent de l'ouverture des kystes qui ^^^ iet\^\v les fistules dans un trouble de développa" ^/^«
auV,^\
origine que I
fentes branchiales. . . \ à<î^
Enfin sur la ligne médiane entre le bourgeon
postérieur de la langue jusqu'à la partie moyenne *^^^^^\ xNpwY ^^ roïde s'étend un canal épithélial à épithélium cylintl-'^'X ^V^ ^^ thyro-glosse ou de Bochdaleck) qui jouerait un ^vV / aW^^ dans le développement dos fistules et des kyster^- "^N\ ^vi^ l ^^ de la partie médiane du cou. \ Xef^^^. \i
1^ kystes congénitaux du ÇOV
Les kystes, liés à l'évolution fœtale, apVv rarement dès la naissance; ils se dév^v ^^'^^^utau l'enfance et la puberté. ^^Ppem pj^^ J-^m bien
1<* Anatomie pathologique et Sym,.^
sus-hyoidienne, la région sous-hyoj^jç^*^ ^^e«. — La r^ • ou sur leurs parties latérales, Pt'uveixt ' ?^^^*^ ^^8*^^ mé V ^'^ tions de cette nature, dont l'histoire paU^^^*^^^^ ^^s produT ment unie k celle des fistules eongé^jj^^j '"'J^^SWue est aroiie" des tistulcs congénitales observées dts \a ^^^^^ s'il existe
qui succèdenl à louverlui^ nn)Ulîxuè(. a'^''?''''''^^' »1 ^n est aussi des kystes cim wxvvv.^,,,^^ . ^ ^^^ M^l^s, eomtue il
ou momenUnumeut ^\,V\VnSi^ ^^^^ «stujeux vélré
;es kystes congénLVwXix doull "
Lvenl acquérir ^Wv^hj^.f^j; H "^^ ^'^ '^^^enl restreint
MALADIES DE LA FACE ET Df COI 183
grosseur d'une bille de marbre, d'une grosse cerise, qu'ils soient placés sur la ligne médiane dans le voisinage de l'hyoïde, plus profondément vers le plancher de la bouche, sous la muqueuse buccale ou dans Fépaisseur de la langue, ou enfin tout à fait sur les parties latérales dans le voisinage de la région parotidienne ; mais on les a vus dans quelques observations distendre la région, disséquer les muscles et envahir ainsi la langue dont la charpente fibro-musculaire était dissociée. Dans de telles conditions, leur forme est bien modifiée.
A la région sous-hyoïdienne où ils paraissent se présenter plus souvent sur les côtés en avant des sterno-mastoïdiens, comme le font du reste les fistules congénitales, ces kystes sont allongés, bosselés à leur surface et vont se perdre fort haut dans le voisinage des gros vaisseaux, des muscles profonds, des organes prévertébraux (voies respiratoires et canal pharyngo-œsophagien) ; rarement ils sont transparents; on trouve de la fluctuation à leur surface et ils peuvent être confondus avec les grenouillettes.
Lu caractère important de ces kystes est dans quelques circonstances d'adhérer fortement aux os (maxillaire inférieur sur la ligne médiane, os hyoïde), aux muscles qu'il faut disséquer avec peine. Mais il est juste de dire que souvent aussi leurs parois sont indépendantes et se laissent séparer des lissus voisins. Ceci est plus vrai cependant pour la région sushyoïdienne que pour la région sous- hyoïdien ne ou les opéralions peuvent présenter de très grandes difficultés à cause du long trajet et des voisinages dangereux.
Deux variétés de kystes sont rencontrées au cou, quelle que soit la région : des kystes dermoïdes et des kystes mucoïdes d'origine évidemment difîérentes, bien que congénitaux. Les dermoïdes occupent indistinctement les régions médiane et latérales ; ils sont constitués par une paroi assez épaisse conjonctive doublée d'épi thélium pavimenteux stratifié et ont un contenu composé de poils, de matière analogue à du mastic dilué, à de la cire, à du fromage, à de la pulpe de marron, tel qu'on le trouve dans les kystes d'origine ectodermique. Les
mucoïdes, spécialement situés sur la partie médiane et plus rares que les précédents, ont une membrane limitante moins épaisse, revêtue en dedans d'un épithélium cylindrique à cils vibratiles et formant une cavité à contenu muqueux, filant, analogue à du blanc d œuf. On peut rencontrer enfin des kystes mixtes dermoïdes à leur partie péripbérique el mucoïdes vers leur partie profonde, constitués par une paroi formée aux dépens des parties superficielle et profonde des fentes branchiales.
Les kystes latéraux sont quelquefois symétriques et, comme le fait remarquer I.axneloxgue, on peut voir, en particulier à la région sous-liyoïdienne, un kyste d'un côté et une fistule de l'autre. Ces kystes latéraux de la région sous hyoïdienne pourraient îTiême présenter à leur surface un aspect cicatriciel avec adhérences de la peau et témoigner ainsi de leur origine fistulaire. Volumineux vers la peau qu'ils soulèvent plus ou moins, ils vont souvent se rétrécissant à leur partie profonde où ils se continuent par une sorte de pédicule libreux plein ou canaliculé, qui se termine sur l'os hyoïde, le pharynx ou dans le voisinage des gros vaisseaux.
Le contenu des kystes du cou se présenterait, d'après Lannk- L0.N<iUE, au point de vue microbien, sous deux états différents : ceux qui n'ont pas été ouverts ne contiennent pas de microbes ; la présence de ces derniers serait la preuve d'une inflammation produite par une ouverture antérieure ou une origine fistulaire.
2* Diag^nostic. — Suivant les régions occupées, le diagnostic peut offrir des difficultés. A la région sus-hyoïdienne, lu grenouillette, les tumeurs vasculaires, l'adénite, les abcès de la langue, le lymphangiome peuvent être confondus avec eux. L'absence de réaction, de réductibilité, d'adhérences, la marche lente classi(|ue par poussées et quelquefois l'apparition dans les premiers temps de la vie, seront des renseignements utiles pour reconnaître le kyste congénital.
Il en est de même à la région sous-hyoïdienne ; les kystes développés dans l'espace thyro-hyoïdien ont été considérés
IIALADIKS DK LA KACK ET DU COI' 185
par Malgaigxe comme des hygromas, mais ils doivent être considérés comme des kystes congénitaux.
S*' Pathogénie. — Nous ne pouvons que renvoyer au chapitre d' Embi-yoloffie qui précède où l'évolution des arcs branchiaux et du canal thyro-glosse se trouve brièvement expliquée.
4* Traitement. — Le traitement de ces kystes ne peut s'éloigner des procédés en usage pour les fistules embryonnaires : l'extirpation réunit tous les avantages, mais elle peut ^tre rendue bien difficile par certains trajets longs et adhérents, *^t l'opération pourra quelquefois rester inachevée : la récidive est alors la règle. Il faut donc s'attacher à tout enlever, à ne laisser aucun fragment d'épithélium et à serrer de près la paroi kystique, surtout lorsqu'on arrive au voisinage des parties voisines adhérentes.
2^ Fistules embryonnaires de la tête et du cou.
Ces fistules embryonnaires de la tête et du cou ont toutes des caractères communs : un orifice apparent étroit souvent dissimulé dans les tissus, un trajet oblique plus ou moins long; elles sécrètent, par intermittences, du liquide, peuvent se transformer en kystes.
On distingue, suivant le siège de l'orifice externe (Lanne-
LO.XfiUE; :
l*» Des fistules du pavillon de l'oreille; 2^ de la région sus-hyoïdienne latérale ; 3** de la région sous-hyoïdienne latérale.
1*^ Fistules du pavillon deToreille. — Filles peuvent être soumises à l'hérédité, sont rares, siègent le plus souvent à l'extrémité antérieure de l'hélix, plus rarement en avant et audessus du Iragus, plus rarement encore sur le lobule et sont a^sez souvent bilatérales et symétriques. Leur orifice est extrêmement étroit, caché, recouvert d'une croûte ; elles sécrètent du muco-pus et apparaissent quelquefois assez lard, après la première enfance. Leur trajet, très étroit, ne pouvant guère
admettre qu'un fin slylet est oblique en avant et en bas pour les deux premières variétés et ne dépasse guère 5 à 7 millimètres. Par rétention, ce trajet peut devenir un kyste véritable.
L'extirpation est le seul traitement de cette malformation qui n'a rien de grave et peut avec quelques soins passer inaperçue.
2^ Fistules de la région sus-hyoïdienne. — Les fistules congénitales de cette région occupent l'espace compris entre le cartilage thyroïde, l'angle de la mûchoire, la région parotidienne et le bord antérieur du sterno-mastoïdien. Elles sont du reste fort rares y et sont accompagnées de malformations du pavillon et du conduit auditif externe avec lequel elles peuvent communiquer. Borgnes externes ou complètes, elles sont donc tantôt petites ou afi'ectentun trajet qui va jusqu'à l'oreille externe ou le pharynx.
do Fistules de la région sous-hyoïdienne. — Â la région sous-hyoïdienne les fistules occupent la région médiane ou les parties latérales, mais les fistules congénitales médianes sont pourvues d'un trajet qui suit la direction oblique externe commune.
a. A natomie pathologique, — Ces fistules latérales dans certains cas n'ont qu'un trajet plus ou moins court et revêtent les caractères des fistules borgnes externes, ou bien elles sont pourvues de deux orifices, l'un superficiel, l'autre profond : ce sont les fistules complètes. — Ajoutons qu'elles sont assex souvent symétriques et ont leur orifice exierne placé le plus souvent dans le quart inférieur de la région du cou, par conséquent assez près de la fourchette sternale, dans la direction (lu bord antérieur du sterno-mastoïdien. Quelques observations de diverti cubîs pharyngiens ont paru établir l'existence de fistules borgnes internes, mais la nature de ces anomalies reste discutable.
L'orilice externe est très petit, à peine visible ou présentera dans d'autres cas un certain volume. A fleur de peau, il
MALADIES DE LA FACE ET Ht' COU 187
représente une petite cupule ou se trouve placé sur un petit promontoire caché dans un repli culané.
L'oriflce profond, quand il existe, se trouve ordinairement situé dans le pharynx près des cornes supérieures du cartilage thyroïde, mais jamais il ne communique avec les voies respiratoires.
Le trajet très oblique de bas en haut côtoie les voies respiratoires avec lesquelles il affecte souvent des adhérences. Il est étroit, tortueux et d'un cathétérisme difficile. Son étendue est naturellement en rapport avec le siège de Tarifice externe et avec le genre même de la fistule borgne externe ou complète. Ses parois sont peu épaisses et formées d'un revêtement conjonctif externe et d'une couche interne épithéliale pavimenteuse dans la partie voisine de la peau, cylindrique dans la partie profonde. La cavité 'du trajet, indépendamment des inflexions du conduit, présente aussi des dépressions, des anfractuosités, où l'on a vu la structure glandulaire. Inflexion et anfractuosités expliquent dans bien des cas le peu de succès des injections modificatrices et des cautérisations; elles expliquent encore, quand elles acquièrent une certaine importance, comment des matières alimentaires ont pu s'accumuler dans ce trajet, et certains troubles de la déglutition se produire. En rapport avec la structure épithéliale du trajet, le liquide qui s'écoule par l'orifice externe est glutineux, filant, mélangé à des éléments épilhéliaux variés et à îles grumeaux rappelant la matière sébacée. Il en est de même du liquide ([ui, retenu par un rétrécissement du trajet ou de son orifice externe, « dilatera le conduit et formera une poche kystique » (LAXNELONiiUE); ona signalé dans l'épaisseur des parois de laflslule des productions cartilagineuses et osseuses. Ainsi se trouveraient expliqués les fibro-chondromes qu'on a vu conq»li(juer la présence des fistules congénitales du cou.
On comprend aussi que, si ces malformations sont isolées, elles peuvent, dans d'autres cas, être accompagnées d'autres troubles du développement du coté de l'oreille qui n'est qu'un vestige de la première fente branchiale, de la face, des membres, etc.
188 TKTK KT cor
D'assez nonilircuscs observations signalent riiérédité des tistulcs congénilalo.
b. Symptômes. — Les symptômes physiques se résument à l'écoulement du liquide, faible souvent, rarement abondant, à la sensation du cordon dur qui rappelle profondément la direction du Irajel, à la rétraction en haut de Torifice externe pendant la déglutition; enfin au catbélérisme qui est difticile et n'aboutit jamai?* jusqu'à l'orifice profond, et à l'issue par la bouche ou l'invasion dans le pharynx de liquides sapides ou colorants injectés par l'orifice culané.
Les troubles fonctionnels seront, dans des cas exceptionnels, l'issue par la fistule de parcelles alimentaires ou de liquides ingérés, plus souvent des accès de toux, d'oppression durant la déglutition et surtout pendant le cathétérisme, la congestion produite autour de la fistule pendant l'effort et la menstruation.
Mais en général, à part l'exploration, la recherche des caractères qui viennent d'être signalés est nulle dans ses résultats
Si la déglutition est quelquefois troublée quand il existé un orifice pharyngien, il y aura également des troubles de l'ouïe s'il s'agit d'une fistule sus-hyoïdienne avec malformation de l'oreille. Exceptions que tout cela.
Une fistule congénitale peut passer inaperçue ou être bien tolérée (L.\.\NEU)N«irK) .
c. Traitement, — La bénignité de beaucoup de fistules est une circonstance heureuse pour la chirurgie. En etTet si les tistules auriculaires sont facilement extirpées, celles du cou offrent souvent di*s difficulté insurmontables, à moins qu'elles ne soient borgnes externes et très petites. On a tout essayé contre ces malformations: l'électrolyse, les injections de nitrate d'argent, d'iode, le curetlage qui nous a réussi, l'extirpation. Tout a réusbi, niiiis aussi tout a échoué et il semble que parmi les méthodes proposées le curettage et l'extirpation surtout méritent la faveur des chirurgiens, mais les vraies indications seront la formation secondaire d'un kyste ou un écoulement trop al)ondant. A l'extirpation nous préférerions, sur les fistules d'une petite étendue, le curettage précédé de
la dilatation progressive du trajet quand il est possible et facile dans toute son étendue.
§ 4. — Athésie de l'orifice buccal
L'atrésie ou rétrécissement de roritîce buccal est congénitale ou accidentelle. Ce dernier cas appartient à Tliistoire des cicatrices vicieuses.
Le premier résulte d'un arrêt de développement et coïncide avec d^autres malformations graves qui peuvent rendre toute iotei-vention inutile.
l*» Symptômes. — Au point de vue tliérapeutique, ou bien Tatrésie est sullisante pour rendre ralimenlation, le vomissement impossibles ou difficiles et il faut intervenir de suite, ou bien elle n'est que relative et permet rinlroduclion des aliments et la succion et les différentes fonctions de la boucbe. Ces différences ont une importance capitale pour guider le chirurgien chez le tout jeune enfant, qui n'est guère à même de supporter une action chirurgicale et chez qui celte intervention doit, autant que possible, êlre retardée si l'urgence n'est pas absolue.
2^ Traitement. — L'opération doit élre celle de DielTenbach : incision de la commissure dans une étendue suffisante, dépassant un peu la limite exacte qu'on veut donner à l'orifice buccal ; incision poursuivie jusqu'à la muqueuse (|u'on respecte. Celle-ci est ensuite disséquée en haut et en bas pour la séparer des muscles.
Si c'est nécessaire, on excise sur chaque lèvre une certaine épaisseur de la peau et des muscles pour conserver la forme normale des lèvres et de la commissure, et pour pouvoir facilement border cha(iue lèvre avec le lambeau de muqueuse qu'on aura disséqué.
Ce premier temps accompli, incision transversale de la muqueuse disséquée jusqu'à la commissure. Enfin suture exacte de cette muqueuse à la peau en liaut et en bas.
iOO TÊTE ET COU
Pour prévenir l'alrésie consécutive, il serait bon de ménager vers la commissure un lambeau triangulaire de la muqueuse qu'on pourrait, par son extrémité, fixer à l'angle externe de l'incision cutanée.
§ 5. — Ankyloglosse, anomalies du frein de la langue
Des adhérences anormales de la langue peuvent exister avec les parties voisines, rarement la voûte palatine, plus fréquemment le plancher buccal.
L'ankyloglosse peut être accidentel ou congénital, latéral uu médiane.
10 Symptômes. — Congénital, il est variable dans ses formes représentant des adhérences légères ou très élendues, uni ou bilatérales.
L'ankyloglosse médian représente les anomalies du frein d<* la langue et constitue la petite anomalie dont médecins et chirurgiens ont à s'occuper fréquemment.
Dans ce dernier cas, il s'agit d'un frein 1res étroit, épais, résistant, qui gène les mouvements de la langue en la fixant étroitement au plancher buccal, ou d'un frein très étendu dont l'extrémité va se perdre jus(iu'à la pointe de l'organe, mais qui est le plus souvent souple et mince. Sa longueur peut cependant être telle qu'il gêne encore les fonctions de la langue et gêne un peu la succion.
2° Traitement. — a. Ankyloglosse latéral. — L'intervention est légitimée par un trouble important de la fonction. On tlégage alors la langue par des incisions libératrices sur les replis muqueux et l'on se contente d'obtenir une liberté suffisante sans chercher à produire des délabrements trop considérables.
b. Ankyloglosse médian. — Avant de sectionner le frein de la langue, le médecin doit examiner si la petite opération est réellement utile pour ne pas céder sans raisons à l'habitude
MALADIES DK LA V XCE ET Dl' COU 191
que, dans certains milieux, on a ile ivolanier la seclion du frein le plus souvent inutile.
Si cette section est inditiuée, s«» mélior de riiéniorragie quelquefois grave des vaisseaux souvent assez développés à la partie profonde de la petite membrane. On soulève la langue avec la partie plate de la sonde cannelée et en faisant passer le frein au travers de sa fente médiane. In coup de ciseau sur le bord antérieur des replis, une petite traction de bas en haut avec la sonde cannelée ou Ti'xl rémité du doigt, et la petite opération est terminée.
§ 6. — Hypertrophies de la face et du cou
Les hypertrophies de la face et du cou constituent une variété de tumeurs diffuses auxquelles le nom de lymphangiomes est donné à cause de leur struotuie lympliati(iue. Du côté de la face, les paupières, les joues, les lèvres, sont isolément^ atteintes. Au cou une partie ordinairement large de la région latérale est envahie.
Nous décrirons successivement les lymphangiomes de la face et du cou.
A) LvMl»HAN(aOMES DES PAUIMEHKS, DKS .lOlES ET DES LÎ':V«ES
Sur la face, le lymphangiome représente une hypertrophie localisée à structure réticulée bjmphadque qui, congénitale ou acquise, procède par poussées successives et peut acquérir des proportions considérables.
Occupons-nous de suite de tracer à grands traits la description qui pourra bientôt s'applitiuer aux variétés du lymphangiome facial.
1^ Étiologie. — Le caractère congénital, et le traumatisme dans des cas plus rares d'hypertrophies acquises, sont les seules circonstances qu'on puisse invoquer.
2o Anatomie pathologique. — la peau est distendue, plis-
102 TÊTE ET cor
sée, ou bien uniformément soulevée, faisant corps avec le tissu cellulaire sous-jacent qui est épaissi, augmenté de volume et présente un aspect jaunâtre, inliltré. Les glandes de la peau, les muscles de la face sont quelquefois atrophiés dans la zone de rhyperlropliic. « Le tissu de la tumeur est forme par un lacis de capillaires lymphatiques dilatés ; souvent les vaisseaux ou les fentes lacunaires lymphaticiues constituent à elles seules, avec leurs parois, toute la formation morbide ; souvent on y trouve aussi des débris de l'organe ou du tissu dans lequel s'est développée la tumeur » (Goy.nk) (forme simple).
Ce même tissu peut prendre un aspect spongieux « forme de cavités communiquant les unes avec les autres et dont les parois paraissent formées par des travées fibreuses. Dans ces cavités existe un liquide séreux, qui ressemble à de la lymphe ». C'est le lymphangiome caverneux qui peut contenir « des cavités ch)ses conslituantde véritables cavités kystiques, provenant de la transformation des alvéoles caverneux » (CoYNK). Ainsi se trouve établie la transition entre le lymphangiome réticulé propre à la face et le lymphangiome kystique fréquent au cou (LANNELo.xiiUE).
L'hypertrophie lymphatiiiuc n'exclut pas absolument l'hypertrophie des vaisseaux sanguins. Ceux-ci peuvent disparaître par place et se trouver plus développés sur d'autres points ; assez souvent, ils se montrent nombreux dans la tumeur et y figurent même comme des vaisseaux dilatés, gorgés de sang, où les globules rouges sont normaux : on les voit aussi former dans le voisinage des taches rappelant les nœvi ou des arborisations veineuses.
3^ Symptômes. — Quelle que soit la région occupée par le lymphangiome, la tumeur forme une hypertrophie localisée qui ne s'étend que faiblement dans les parties voisines ; exemples : les paupit-res, les joues, les lèvres.
Son caractère congénital ou accidentel n'empêche pas le lymphangiome d'évoluer lentement, par poussées sub-inilammaloires, sans douleur ni phénomènes réactionnels.
Les seuls troubles sérieux apportés par l'hypertrophie sont
MALAOIKS DE LA KACK ET Dl* COU 193
une difformité souvent extrême et une gêne dans la fonction : la vue, la mastication, la rétention de la salive, la prononciation peuvent être compromises dans les lympliangiomes des paupières, de la joue, des lèvres, de la langue. •
L'aspect présenté par la tumeur varie avec la partie affectée; mais d'une manière générale il s'agit d'une surface uniformément tendue, soulevée, qui ne présente que mrement des plis et des sillons. La coloration rappelle plutôt celle de l'crdème ancien. La consistance est élastique, assez résistante. Le palper ne développe pas de douleur, ne laisse pas l'empreinte du doigt dans le tissu et ne produit aucun phénomène de réductibilité. - - j.
4*^ Diagnostic. — L'examen détaillé, la connaissance exacte de la marche (caractère congénital fréquent), l'examen du sang filariose) font éviter les confusions possibles avec les inflammations chroniques, les tumeurs érectiles, Téléphanliasis.
5** Pronostic. — Le lymphangiome de la face, même de la langue, n'a pas un pronostic grave au point de vue de la vie toujours compatible avec une malformation qui la rend cependant triste et pénible.
6^ Traitement. — Le traitement de cette affection est fort embarrassant. L'exérèse de certains lym|>hangiomes est possible ; l'expectation pure et simple doit être la règle dans d'autres cas.
B) LYMPUANtilOMB DE LA FACE, VARIÉTÉ
l*' Paupières. — Peu de cas de lymphangiomes des paupières ont été publiés.
Lan.nelo.xgue en rapporte neuf observés chez des enfants et des jeunes gens.
Accidentels et plus souvent congénitaux, ces cas présentent les caractères signalés dans les généralités qui font l'objet du précédent chapitre.
TKTE ET COU
a. Sfjmplôines, — Une paupirre supérieure, les deux paupières supérieures, les quatre paupières, ont été vues afTectées de lymphangionie.
L'iiypertiopliie peut être assez considérable pour constituer d'énormes tumeurs procidentes, recouvrant une partie de la face.
La vision est empêchée ou très difficile, et Tœil, masqué par la tumeur, a présenté du chémosis.
b. Traitement, — L'excision paraît avoir été praticjuée avec succès. P. Broga dans un cas a fait des injections interstitielles de perchlorure de fer; chaque cas présente ses indications spéciales en rapport avec Télendue de la tumeur et les troubles de la fonction.
2" Joues. — Lan.nelo.ngue rappelle la rareté relative de cette localisation du lymphangiome en citiuit deux observations.
Il ypertrtjplije (lymphangiome réticule) de l.i joue droite avec hypertrophie du maxillaire supérieur correspondant chez un garçon de 4 ans I "1
Ki^. .Mi.
Hypertrophie (lymphangiome réticulé; de la joue gauche chez une fillette de o ans.
lune d'hypertrophie bilatérale, l'autre d'hypertrophie unilatérale. KiRMissioN cite un exemple fort intéressant de lésion unilatérale. Dernièrement nous avons observé deux cas de lymphangiome de la joue gauche chez deux garçons de huit à dix ans. Toutes ces observations ont trait à des lésions conijé-
MALADIES DE LA FACE ET DU COU Wô
iiitales assez prononcées à la naissance et qui progressivenieni se sont accentuées.
a. Symplômes. — Chez nos deux sujets les caractères extérieurs n*olTraient aucune différence avec les faits publiés par les auteurs que nous venons de citer. La muqueuse était saine et répaisseur de la joue représentait le type du lymi>liangiome réticulé sintple exactement limité à la région envahie. Cependant, chez Tun d'eux, la lèvre inférieure avait dans sa moitié droite acquis un volume notable et était éversée comme dans la macrocheilie et le maxillaire supérieur du côté droit (coté de la lésion) était hypertrophié, de telle sorte que l'ensemble offrait un type d'hypertrophie congénitale complète.
b. Traitement. — On ne saurait proposer pour de tels cas heureusement très rares une méthode thérapeutique certaine.
L'accroissement lent, l'indolence, l'arrêt probable à la lin de la croissance, le peu de trouble apporté à la fonction semblent réclamer Texpectation. Chez l'un de nos petits malades observés précédemment par d'autres chirurgiens tout avait été ♦•ssayé : incisions profondes, caulérîsalions au fer rouge, instillations sclérosantes, et la tumeur était restée invariable dans M^s dimensions et sa consistance.
3« lièvres. — La lèvre supérieure est plus souvent affeclét* que la lèvre inférieure, et Ton connaît quelques cas plus rares encore d'hypertrophie congénitale des deux lèvres.
a. Symptômes. — Le lymphangiome des lèvres, le plus souvent très exactement limité à l'étendue du voile membraneux et ne dépassant pas ainsi le sillon naso-génien, peut cependant être associé au lymphangiome de la joue. (Nous en avons cité un exemple.)
Son aspect n'offre rien de spécial. Les lèvres éversées, presque immobiles, et n'obéissant qu'à des mouvements d'emsemble qui semblent bien être communiqués par les muscles voisins de la face, présentent une muqueuse épaissie, mais i>eu altérée. Le tissu est résistant, dur au toucher.
b. Traitement. — La conduite à tenir est la même que pour le lymphangiome de la joue. La seule intervention proposable
19Ô TÈTE ET cor
serait f?oit rainpulalion d'une moilié de la lèvre dans le cas trrs rare où la lunieur n'occupe que cette partie (cas de Lan- NKLON(iL'K), soit Fablalion d'un coin à sommet placé dans l'épaisseur de l'orjîane et à base occupant son bord libre (Pétreqlin). L'indication opératoire est bien établie par le sit*ge de la difformité et par son volume.