‹ Précis de chirurgie infantileChapitre 62 sur 135 · MALADIES DES ORGANES GÉNITO-URIN AIRES · texte numérisé non relu

MALADIES DES ORGANES GÉNITO-URIN AIRES

d'une aveline, d'un noyau de cerise, d'une amande sont les plus communs ; leur forme n'est pas moins différente, prêtant aux comparaisons les plus variées.

La forme allongée de la vessie chez l'enfant, l'absence ordinaire de bas-fond rendent compte de la place occupée par les concrétions urinaires ; elles se rapprochent du col vésical et n'habitent que rarement la partie postérieure. Exceptionnellement on les trouve fixées dans des loges ou enclavées sur l'orifice des urettTes.

Toutes les lésions habituelles de la muqueuse et de la paroi vésicales peuvent être constatées chez l'enfant, mais elles sont rares, comme le prouvent certains cas de tolérance de la vessie vis-à-vis de calculs volumineux et les succès nombreux et rapides des opérations de toutes sortes pratiquées sur la vessie des jeunes calculeux.

3^ Symptômes. — Les symptômes de la lithiase vésicale chez l'en faut comprennent : 1° les commémoratifs ; 2** les signes fonctionnels ; 3° les signes physiques.

A. CoMMKMORATiFs. — Clicz Ics jcuues sujcts dout l'intcrrogatoire et l'examen sont difficiles, certains renseignements fournis par les parents peuvent être fort utiles, tels que : l'aspect présenté par les urines (émission de sable, hématurie, urines rares à un moment donné), l'existence de coliques supposées néphrétiques, fétat habituel ou fréquent de souffrance, le dépérissement de l'état général, la miction ou la défécation douloureuses, la pollakiurie.

/^ Sn.NEs FONCTIONNELS. — La plupart des signes fonctionnels no sont que la vérification des renseignements donnés par le petit malade ou ses parents. Ce sont : la douleur et les troubles de la miction et les modifications de l'urine.

a. Douleur. — Elle est habituelle et très vive à cause de la sensibilité de la paroi vésicale, de sa musculature puissante et de la situation du calcul qui se trouve entraîné vers le col par le courant de furine et la disposition même du corps de la

LITHIASE UIUNAIRE 475

vessie, et habite ainsi la région la plus sensible et la plus musculaire. Mais elle ne peut toujours être de suite reconnue et appréciée. Les enfants du premier âge n'indiquent pas le siège de leur souiïrance ; les enfants plus âgés donnent souvent des renseignements erronés ou contradictoires. Aidé des renseignements fournis par les parents, on doit donc les observer avec attention. Soumis à des retours fréquents des douleurs vésicales qui s'irradient vers les lombes, le périnée, le rectum, le vagin, qui sollicitent à chaque instant le besoin d'uriner, les petits malades sont tristes et maussades, et portent fréquemment la main du côté de la verge et des parties génitales. Éprouvant un prurit fréquent du côté du gland, ils tiraillent leur verge et prennent souvent des habitudes de masturbation qui leur attirent des corrections imméritées. A cause de la fréquence des mictions, de l'émission presque involontaire des urines provocjuée par la présence d'un calcul de surface irrégulière placé près du col vésical, ils sont presque toujours souillés et témoignent une exagération des douleurs quand ils veulent uriner plus abondamment et aller à la selle. La verge entre alors en érection prolongée et la muqueuse rectale peut devenir procidente. Quelques-uns pour se soustraire au ténesme vésica et rectal qui accompagne ces troubles fonctionnels, prennent des positions variées, se couchent sur le côté ou se placent en position génu-pectorale. Miction et défécation sont terminées qu'ils accusent encore par leurs gémissements et leurs cris une vive souffrance qui, incessamment reproduite, les jette dans rabattement et les affaiblit, quand, après la souffrance du jour, les nuits restent agitées et sans sommeil.

Cependant ces manifestations douloureuses ne sont pas constantes. Si un calcul de moyen volume les reproduit telles qu'elles viennent d'être décrites, un gros calcul qui se déplace moins et reste sédentaire dans une partie plus profonde de la vessie est souvent toléré, ne donnant lieu qu'aune sensation de pesanteur, de gêne à peine trahie par des mictions fréquentes, par un certain degré d'incontinence, des urines louches et du prurit pénien. Aussi la déformation de la verge, l'allongement du prépuce sont-ils des signes importants de lithiase

Page 1