LUXATIONS CONGÉNITALES DU COUDE
La luxation congénitale des deux os de l'avant-bras n'a été que très rarement observée (obs. de Chaussier et de Hoffmann).
±0 Anatomie pathologique. — Il s'agit de luxations du radius le plus souvent en arrière, plus rarement en avant et en dehors, qui sont uni ou bilatérales et coïncident ordinairement avec d'autres malformations surtout de l'avant-bras et de la main où le cubitus peut être absent ou très atrophié, où la main se trouve réduite à un petit nombre de pièces osseuses ou frappée d'ectrodactylîe. Telle est l'observation de Kirmisson {Maladies chirurgicales congéiutales^ p. 48t).
Sur le radius déplacé on peut constater des altérations de la surface cartilagineuse, un allongement de l'extrémité déplacée, et sur l'humérus abandonné par elle des lésions similaires : absence de cartilage, absence ou déformation du condyle, dépressions anormales exercées par la tête du radius
2^ Sjrmptômes. — Déplacement de l'extrémité sensible sous la peau en avant, en arrière ou en dehors, déformation plus ou moins étendue du coude en rapport avec ce déplacement et les anomalies de développement, mobilité anormale ou diminution de l'amplitude des mouvements.
3^ Traitement. — Le traitement se trouve tout tracé par les altérations de la fonction. Celles-ci peuvent réclamer une résection limitée du radius quand son extrémité se trouve
en opposilion avec Thumérus et gêne Textension où la ilexion.
ARTICLE VI
CUBITUS LAXUS
Le coude présente quelquefois chez Tenfantune laxité articulaire tendant à exagérer les mouvements d'extension, de telle sorte que les deux segments du membre forment un angle saillant en avant, plus ou moins prononcé (O'Zoux).
1® Étiologie. — Cette anomalie peut être uni ou bilatérale ; elle est relativement rare, mais plus souvent observée chez les filles. L'hérédité nerveuse paraît exercer sur elle une certaine influence, mais si la lésion est souvent congt^iitale, elle peut encore être observée à la suite des maladies graves, des traumatismes et du rachitisme qui a porté ses atteintes à la fois sur les os et les ligaments.
2^ Anatomie pathologique. — Au coude (cubitus laxus, O'ZoLX, de Bordeaux) l'appareil ligamenteux est largement intéressé dans quelques cas, comme le prouve Tétendue des mouvements normaux ; l'extrémité supérieure de l'humérus est petite, aplatie d'ayant en arrière, et pourvue d'une cavité olécranienne profonde. La tète du radius ainsi que le condyle sont plus petits, mais l'extrémité supérieure du cubitus ne paraît pas avoir présenté de déformations.
Au genou des altérations analogues existent, mais ordinairement moins accusées.
Comme le fait remarquer O'Zoux, il est en efTet commun d'observer un état de laxité ligamenteuse sur un certain nombre de jointures quand le coude par son altération plus prononcée paraît constituer seul l'anomalie congénitale ou acquise. Ce sont le genou, le poignet, nous ajouterons l'épaule, qui fixent à cet égard l'attention.
Autour des jointures malades, il n'existe aucun trouble vasculaire ou nerveux el ainsi les paralysies accidentelles se trouvent écartées.
S^ Symptômes. — L'hyperextension et quelques mouvements de latéralité plus prononcés dans les articulations serrées sont les premiers symptômes sensibles de la lésion.
Au coude qui se trouve réduit de volume dans son diamètre transversal l'extensign dépasse le léger angle obtus antérieur et forme un angle proéminent; le pli du coude est donc effacé et remplacé par une saillie produite par Tapqphyse coronoïde et l'extrémité humérale, tandis qu'en arrière l'olécrane disparaît profondément.
Le mouvement de flexion est normal ; il existe des mouvements de latéralité assez prononcés.
Chez un de nos malades l'ensemble des mouvements articulaires, extension, flexion, pronation et supination, hyperextensiou se sont présentés tellement accusés que dans certaines attitudes ils simulaient une luxation, et cependant la force musculaire, la solidité de la jointure ne se trouvaient point diminuées. C'est en effet un caractère de cette anomalie de voir la fonction du membre rester intacte ou à peu près.
49 Pronostic et traitement. — La laxité articulaire n'entraîne aucune conséquence sérieuse, si ce n'est peut-être de prédisposer aux déplacements, aux luxations qui, produites dans de telles conditions, seraient d'une réduction facile. Nous avons donné des soins à un sujet de dix-huit ans prédisposé par des laxités articulaires qui, dans les trois années précédentes avait eu, à propos de Iraumatismes des plus légers, deux luxations de l'épaule droite et de l'épaule gauche, deux luxations du coude (droit et gauche), une luxation de la cuisse.
Le traitement chirurgical est nul. L'électricité, le massage, l'hydrothérapie sont les seuls moyens qu'on puisse conseiller pour tonifier les muscles, les développer et constituer autour des articulations affaiblies des liens fixateurs plus solides. Il
semble du reste que là laxité articulaire diminue à mesure que la croissance s'achève.
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