‹ Précis de chirurgie infantileChapitre 95 sur 135 · FRACTURES DE LA CLAVICULE · texte numérisé non relu

FRACTURES DE LA CLAVICULE

Sur la clavicule peuvent étre'bien étudiés les caractères des fractures intra-périostées de Tenfance.

10 Étiologie et anatomie pathologique. — Fré(|uente chez les tous jeunes enfants jusqu'à Tûge de neuf à dix ans, les fractures de la clavicule sont pl\is rares à partir de cet Age et se présentent toujo>*rs avec un grand caractère de simplicité.

Intra-périostéfes, elles ne s'accompagnent guère de déplacements et siègent à l'union des deux tiers internes avec le tiers externe de l'ôs, sauf quelques exceptions qui les montrent sur le tiers interne dans le point le plus volumineux et le plus résistant.

Elles succèdent à une chute sur le coude, sur la main, plus souvent sur le moignon de l'épaule. L'os, pris entre le poids du corps et la résistance du sol, se brise dans son point le plus faible. Plus rarement elles sont produites par une violence directe et peuvent alors offrir des déplacements en rapport avec le degré de violence qui a déchiré le périoste.

2^ Symptômes. — L'atlitude de douleur vive : la lélo penchée du côté de la lésion, le bras pendant, la main et le coude soutenus par la main du côté sain, l'abaissement du moignon de l'épaule, ne se présentent pas chez l'enfant.

On remarquera seulement une certaine impotence du membre, et le sujet témoigne une assez vive sensibilité quand on

vont le mobiliser. Les renseignemeuts fournis par Tenlourage et Texamen du membre blessé, qu'il faut faire dans toute son

étendue, peuvent seuls guider e diagnostic qui s'affirme dès qu'on a retrouvé sur Tos non pas de la crépitation et de la mobilité qui manquent presque toujours, mais une douleur précise, nette et vive sur un point limité de la clavicule.

Si un jour, plusieurs jours se sont écoulés depuis l'accident, il est fréquent de voir apparaître au niveau du point douloureux une saillie qui manquait tout d'abord et qui est produite par le gonflement du périoste et le commencement du travail préparatoire de rossification.

30 Traitement. —Le traitement est des plus simples : une écharpe, un bandage en toile, un bandage plâtré très léger, qui fixe le bras contre le tronc et assujettit Tépaule et le coude, suffisent pour maintenir Tos

Fig. H3.

Appareil plâtré pour fracture

de la clavicule.

brisé et supprimer la douleur pendant la réparation ; quinze à dix-huit jours d'appareil suffisent pour obtenir la guérison.

ARTICLE X

FRAGTL'UKS DE L'HL'MÉRLS

Les fractures de l'humérus se produisent à son extrémité supérieure ou sur l'étendue do sa diaphyse. Nous faisons rentrer

MEMBRE SUPERIEIR 585

les fractures de Textréraité inférieure dans le chapitre : Fractures dit coude,

V Fractures de l'extrémité supérieure. — Elles ont tous les caractères du décollement épiphysaire. Leur fréquence assez grande est expliquée par les traumatismes graves auxtfuels sont exposés les enfants dans des travaux trop violents pour leur i\ge.

Le fragment supérieur fait une saillie assez prononcée audessous de Tapophyse coracoïde (Smith, Holmes) et le fragment inférieur un peu porté en arrière sans abandonner complètement le fragment supérieur, donne à l'axe du bras une direction en dehors et en arrière. Les mouvements communiqués déterminent une crépitation sourde. La réduction et surtout la coaptation peuvent présenter de sérieuses ditlicultés. 11 en résulte quelquefois des consolidations osseuses irrégulières justiciables d'une intervention sanglante (A. Broca). L'exubérance du cal se produit également et peut gêner le fonctionnement de l'articulation. Aussi le traitement consécutif parles mouvements communiqués et le massage .vt-il une grande importance.

L'immobilisation au moyen d'un appareil plâtré analt)gue à celui que nous avons conseillé pour les fractures de la clavicule est indispensable, à moins qu'il n'y ait aucun déplacement et que les fragments ne présentent aucune tendance à se séparer ; mais rimmobilité doit encore être assurée.

2® Fractures du corps de Fhumérus. — Comme fréquence, ces fractures viennent de suite après celles du fémur.

Le trait de fracture se trouve situé en général à l'union du tiers moyen et du tiers inférieur. Il n'y a le plus souvent ni déplacement, ni changement de direction du membre, ni crépitation. Dans certains cas cependant, chez le nouveau-né en particulier, la mobilité peut être considérable et elle résulte do la violence du traumatisme, tel qu'il se produit dans l'accouchement pour le dégagement des bras pratiqué trop vite et

r.B6 MALADIES DES MEilBRRS

trop violemment : le périoste est alors déchiré ou décollé sur une certaine étendue.

La pseudarlhrose a été (juelquefois observée à la suite de ces fractures; on a également signalé Tinflammalion du foyer, le phlegmon suppuré. Ce dernier accident ne doit élro qu'une complication vulgaire de toutes les fractures chez les sujets prédisposés par une infection générale.

L'immobilisation d'une fracture du bras ne peut être complète si elle ne s'adresse pas en même temps à l'épaule, surtout (]uand le trait de fracture est placé haut sur riiumérus. Dan> ce dernier cas, l'appareil plâtré en 8 de chiffre (appareil de clavicule) donne de bons résultats. Si la fracture siège plus bas, des attelles en bois ou en carton, associées à une écliarfie solide qui tient tout le membre en respect, sont indi(|uées.

Lîi pseudarthrose doit être soignée avec la connaissance exacte de la cause (fui Ta produite : état général du sujel, absence de Iraitement approprié... Elle est dans tous les cas justiciable d'une immobilité absolue, bientôt comi^létée par rirritation des fragments, telle que peuvent la produire le^ mouvements niéthodi<iues ou l'électrolysc (de Saint-CiErmaim, s'il est nécessaire.

3^ Traitement chez les nouveau-nés. — Chez les nouveaunés, le peu de développement du membre et la délicates>e de la peau rendent l'application des appareils difiicile ou nuisible. Il n'est pas facile en elTet d'enfermer le membre grêle et lluel d'un jeune enfant dans un appareil qui peut comprimer violemment les lis>us et cela sans amener d'une faron certaine l'immobilité nécessaire à la guérison de la fracture. Les appareils clioz des sujets si jeunes sont donc à rejeter car ils peuvent être nuisibles et, lorsqu'ils ne le sont pas, ils sont pour le moins inutiles. Il nous a toujours paru préférable de n'y pas avoir recours. Il sullit en elTet de maintenir le bras, entouré d'ouate, fixé contre le tronc par une bande de tlanelle, et la surveillance quotidienne assure la réparation régulière. Toutefois, dans les cas d'extrême mobilité que nous avons signalés, une petite tuile de carton placée en arrière et

en dehors sur le bras ouaté dont elle suit les contours, assure bien rimmobililé.

ARTICLE XI

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