‹ Précis de chirurgie infantileChapitre 96 sur 135 · FRACTURES DE L'AVANT-BRAS · texte numérisé non relu

FRACTURES DE L'AVANT-BRAS

Les fractures de Tavant-bras sont les plus communes de toutes dans Tenfance, à partir de quatre ans. Leur fréquence résulte de l'agitation incessante des jeunes enfants, des jeux bruyants auxquels ils se livrent et des chutes qu'ils font sur les membres supérieurs.

On doit distinguer plusieurs cas : l** la fracture des deux os de lavant-bras ; 2« la fracture isolée du cubitus ou du radius en dehors des extrémités; 3*» la fracture isolée de l'extrémité inférieure du radius.

10 Fracture des deux os. — Cette fracture est comme celle de la clavicule le type de la fracture en boù-vert, de lu fracture sous-périoslée. Elle se produit ordinairement vers la partie moyenne.

En raison de sa disposition engrenée et sous-périostée elle passe souvent inaperçue et peut présenter ainsi des courbures défectueuses, des consolidations vicieuses auxtiuelles il faut remédier plus tard.

11 est donc important, dès qu'un enfant présente, après un traumatisme ou une chute sur les membres supérieurs, une douleur localisée sur un point de la diaphyse des os, de penser à la fracture, qui sera rarement caractérisée par de la crépitation, mais permettra, dans une exploration attentive, de constater un mouvement d'intlexion toujours accompagné d'une exagération de la douleur.

Quand il e.xisle, le changement de direction du membre présente une courbure à concavité antérieure; beaucoup plus rarement le déplacement produit une saillie antérieure.

La réduction est facile et avec un léger appareil plâtré ou

deux attelles, la guérison est vite obtenue en quinze ou vingt jours.

La consolidation vicieuse, due dans de nombreux cas à une absence de diagnostic, laisse un avant-bras incurvé sur sa face antérieure. Le redressement est nécessaire. Celte courbure, dans une période assez longu» de vingt-cinq i trente jours ^ peut encore être modifiée par l'effort des mains, soit en une seule séance, soit par deux ou trois séances successives et pour maintenir la réduction rien ne vaut la gouttière plâtrée. • Dans les cas plus anciens où le redressement ne peut être obtenu par les moyens simples, on devra recourir à l'ostéotomie linéaire.

2^ Fractures isolées du cubitus et du radius. — Beaucoup plus rares que les précédentes, ces fractures offrent les mêmes caractères analomiques. Elles résultent d'un traumatisme direct. Leur réparation, même sans appareil, est d'une rapidité remarquable.

S*' Fracture de Textrémité inférieure du radius. — Elle succède, comme chez l'adulte, à une chute sur la paume de la main ou bien à un mouvement de traction, de torsion exercée sur la main qui se transmet sur Tépiphyse radiale et la brise. Il s'agit donc de fractures juxta-épiphysaires ou d'un vrai défollement de l'épiphyse.

Holmes, Owen font remarquer que ces fractures épiphysaires s'accompagnent assez rarement de déplacement et ne présentent pas en général les déformations caractéristiques dont la disposition en talon de fourchette est le trait dominant chez, l'adulte où le fragment inférieur est pénétré par le fragment supérieur.

Dans plusieurs circonstances il nous a i)aru que le trait de la fracture remontait assez loin au-dessus de l'épiphyse et que le cubitus so trouvait quelquefois intéressé à peu de distance (le son extrémité.

Le pronostic de cet^e solution de continuité est ordinairement bénin; mais, à cause de sa nature épiphysaire la com-

MEMBRE StPÉRIEin 589

plicaliou redoutée des décollements osseux est à craindre : lo raccourcissement, Tarrêt de développement de Tos. Dans un cas récent publié par G. Marchant cet arrêt de développement avait produit une déformation prononcée de la main qui se trouvait fortement inclinée sur son bord radial, tandis que l(^ cubitus faisait une saillie prononcée en dedans. La résection de 2 centimètres du cubitus rétablit la direction du membre d'une manière complète.

ARTICLE Xll

PRONATION FORCÉE DOULOUREUSE

Page 1