TORPEUR DOULOUREUSE
Analomiquement, celte afTeclion, encore peu déterminée du membre supérieur, est caractérisée par une douleur vive, immédiatement suivie d'impotence, et par une altitude de demi-pronation, avec légère flexion du coude. Elle succède à des tractions violentes exercées sur la main.
1^ Ëtiologie. — L'action de soulever un jeune enfant menacé de faire une chute, pour lui faire franchir un pas diflicile, l'aider à monter sur un trottoir ou dans un escalier, est la cause vulgaire de cet accident. On comprend facilement que la traction n'est pas toujours directe et qu'elle se complique de mouvements associés de flexion du poignet, d'inclinaison de la main sur les bords radiai et cubital ou d'hyperextension. Si la traction directe a plus de chances de propager son action par le radius jusqu'à Tarticulation du coude, l'inclinaison de la main en dehors ou en dedans peut déterminer des lésions sur les épiphyses inférieures du cubitus et du radius. La pronation douloureuse a donc un lien de parenté très étroit avec l'entorse épiphysaire.
2^ Pathogénie. — Ce n'est pas sans de sérieux motifs que les auteurs ont émis sur Tanatomie pathologique de cette lésion des opinions diverses. Govrand admet que la luxation
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en avant de rexlréinilé supérieure du radius, ou celle du cartilage triangulaire de l'articulation radio-carpienne sont des faits importants. Chassa ion. \c croit à une pseudo-paralysie résultant du froissement du membre dont les extrémités osseuses pouvaient avoir été lésées. Ollier, rapportant ces opinions, incline à penser qu'il s'agit d'une entorse juxlaépiphysaire de l'extrémité inférieure des os de Tavant-bras, et l'explique par les mouvements d'inclinaison de la main en dedans ou en dehors ou d'hyperextension.
11 y avait, d'après lui, comme l'avait déjà avancé Bertra.xdi et Chassa iGNAc, des lésions dia-épiphysaires : l'expérimentation semble lui donner raison. Mais il n'est pas certain que dans certains cas la luxation légère de l'extrémité supérieure du radius n'est pas en cause. Dans plusieurs circonstances, nous avons fait constater à nos élèves qu'au moment où l'on saisissait l'avant-bras pour le porter en supination et en llexion plus accusée, il se produisait au niveau du coude un petit craquement attribuable à un mouvement brusque de l'extrémité radiale. Dans ces cas, le soulagement nous a toujours paru immédiat et dès le lendemain les enfants reprenaient l'usage de leur membre.
BhL'NON, pour analyser cette singulière affection, fait intervenir trois motifs : 1" un traumatisme local; 2»^ une action inliibitrice expliquant la paralysie ; 3^^ un acte intellectuel, le souvenir de la douleur initiale auquel seraient dus les cris du niidade au moindre mouvement (Homme).
A notre avis, toutes ces raisons ne peuvent guère résister à l'évidence d'une amélioration subite qui succède constamment à l'immobilisation du membre, quelquefois à la réduction d'un petit déplacement.
3^ Symptômes. — Le D' Homme dans une revue générale récemment parue (lievue mensuelle des maladies de Venfance, avril 1899) sous le titre : paralysie douloureuse des jeunes enfants, résume les caractères principaux de cette affection à laquelle Bezy a également consacré un intéressant article dans le traité de Guancher.
J.e début subit, après le traumatisme, caractérisé par l'impotence du membre et rexagéralion de la sensibilité (hyperalgésie) sans qu'il soit possible de préciser exactement le point douloureux ; Taspect inerte du membre en pronation et léger degré de flexion, pendant le long du tronc, la main tournée vers la banche ; l'impossibilité de changer cette attitude sans provoquer un retour de la douleur manifestée par des cris ; enfin le retour progressif rapide, après vingt-quatre ou quarante-huit heui'es, du mouvement et de la sensibilité normale tous ces caractères constituent le tfibleau fidèle de la pronation douloureuse qui ne fait qu'un avec la paralysie douloureuse,
40 Pronostic, diagnostic et durée. — Le diagnostic exact est fort difficile ; les enfants crient et protestent à la moindre tentiitive d'exploration et le siège précis de la douleur ne peut être reconnu. Le diagnostic de la pronation douloureuse; sera en général facile si Ton tient compte des ananmestiques et de Tattitude du petit patient.
La pronatiou douloureuse est du reste une afTection légère et de courte durée. Plus accentuée, accompagnée de mobilité anormale, suivie de gonfiement très marqué, elle devieni une fracture juxta-épiphysaire ou un décollement épipliysaire, mais il est dans tous les cas bien intéressant de demander à l'explorateur électrique s'il existe de la paralysie pour réduire à sa simplicité probable une alTection qui ne paraît pas avoir de contact sérieux avec la pathologie médicale et dont bien au contraire on comprend facilement la nature basée sur des lésions articulaires ou osseuses variées, toutes expliquées par la structure du squelette dans les première années de la vie.
5** Traitement. — L'immobilité de lavant-bras à angle droit dans une simple écharpe ou dans un petit appareil ouaté suffit pour éloigner la douleur et obtenir la guérison en deux ou trois jours ; mais la persistance de la douleur au niveau du poignet ou la production du gonflement sont des indications sérieuses de maintenir un traitement plus long que nécessileni,
«lans ce cas, une entorse ou un .décollemeul épipliysaire probables.
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