CHAPITRE V
eeeO^Ooea
Main-d'Œuvre
Définition. — La main-d'œuvre fait l'objet d'un contrat entre le patron et l'ouvrier, mais chacun d'eux ne l'envisage pas sous le même aspect.
Lorsque l'ouvrier a achevé sa tâche ou sa journée, sa seule préoccupation est de toucher la somme convenue ; cette somme constitue son xalaire. Celui ci peut être indé pendant du travail exécuté et a toujours le temps comme terme de comparaison.
Le patron doit tenir attachement du temps passé à l'exécution de chaque travail ainsi que des sommes à payer à chaque ouvrier, faire les répartitions et groupements de toutes ces sommes entre les classes de valeurs (produits ou services), afin de connaître la dépense de chacun d'eux. Cette dépense constitue la main-d'œuvre.
Les écritures doivent être organisées de façon à présenter :
1» La dépense en main d'œuvre pour chaque genre de travail ; 2" Les salaires respectifs des ouvriers y ayant participé, afin d'établir le décompte de chacun d'eux.
Pointage des ouvriers.
L'application de ce principe nous conduit à faire le pointage des ouvriers par profession, c'est à-dire que l'on ouvre un compte sur le carnet de pointage à chaque profession et que l'on y inscrit tous les ouvriers ayant occupé cet emploi pendant la période de temps considérée. Si un ouvrier change de profession, on rinscrit au compte du nouvel emploi. Cette méthode présente de grands avantages dans le cas d'équipes devant être régulièrement constituées pour un travail eu commun.
Prenons comme exemple un train de laminoirs.
A la suite d'expériences, on a déterminé que, pour faire un certain produit, il faut que le traiu soit alimenté par deux fours à réchauller et que l'équipe doit avoir la composition suivante :
Chauffeur 2
Premier aide 2
Deuxième aide 2
Lamineur 1
Ebaucheur devant 1
» derrière 1
Groeheteur devant 1
» derrière 1
Premier dresseur i
Deuxième dresseur 2
Nous ouvrirons donc sur notre carnet de pointage autant de comptes qu'il y a de professions. En faisant le pointage de celte façon, nous voyons immédiatement si l'équipe est complète.
Elle doit, d'ailleurs, toujours l'être, car il n'est pas admissible qu'un emploi soit inoccupé ou qu'il y ait deux hommes là ou il n'en faut qu'un.
Un emploi est nécessaire ou il ne l'est pas. S'il est nécessaire, il doit toujours être occupé ; s'il n'est pas nécessaire, il n'y a pas de raison pour qu'on y mette quelqu'un.
Cette théorie pourra paraître simpliste à beaucoup de personnes. Si nous croyons utile de l'exfmser, c'est parce que nous avons eu maintes fois l'occasion de la voir enfreinte, et nous voulons mettre en garde les industriels qui négligent ces détails en laissant trop d'initiative à des subalternes ignorants souvent disposés à abuser de 1 autorité qui leur est confiée.
Il ne faut accorder à l'imprévu que le moins de choses possible. C'est par une réglementation basée sur des expériences sérieuses et rigoureusement appliquée que l'industriel arrivera à être le maître de son entreprise et pourra dire avec une certitude mathématique : a Tel produit me coûtera tant, parce que pour en faire une quantité déterminée il faut tant de matières premières ; l'ouvrier doit en faire tant dans la journée et gagnera telle somme. I^'usure du matériel sera de tant et les frais généraux, d'après les années précédentes, seront de tant. » De cette façon, on sait où l'on va.
Le pointage est établi sur un carnet modèle u" 1 ; sa tenue est confiée à un employé spécial nommé pointeur pu marqueur. Au commencement de chaque séance de travail, le pointeur passe dans les ateliers et inscrit sur son carnet les ouvriers présents ; il se tient constamment dans les ateliers et note au fur et à mesure qu'elles se produisent les mutations dont les ouvriers sont l'objet au cours de la journée, ainsi que le temps passé à chaque espèce de travail. Chaque journée de travail fait l'objet d'un total de temps de main-d'œuvre : en comparant ce total avec le nombre d'ouvriers, on évite les oublis de pointage.
Précision dans Le degré d'exactitude dans le pointage pourra et même devra, le pointage. dans certains cas, atteindre la minute. Cette exigence aurait paru
exorbitante il y a dix ans; c'est pourquoi nous n'avons pas abordé ce sujet ; mais lin-
t réduction du système Taylor en France commence à familiariser les industriels avec la nécessité deconnaîlreexartementjpmploidulempsdechaqueouvrieretson rendement. Evidemment, c'est une idée qui ne sera pas encore acceptée de sitôt dans des usines où l'on voit encore trop de chefs d'équipes entourés de leurs ouvriers, telle une poule avec ces poussins, à la recherche d'une tâche où tout le monde trouve h s'occuper, quelle qu'en soit l'importance Mais il n'est pas interdit d'espérer que, dans une vingtaine d'années, toutes les usines seront organisées rationnellement suivant les principes de Taylor.
Arrêté du carnet Chaque mois, le carnet est totalisé horizonlalemenl. On vérifie pointag©. g^g^ i^g totaux journaliers des colonnes ; on porte les prix à la
journée et on fait le décompte.
Lorsque les ouvriers sont payés à un tarif basé sur la production, leur gain est établi sur des bulletins spéciaux dont il sera parlé plus loin. A la fin du mois, le total du gain est reporté sur le carnet de pointage et on inscrit la moyenne du gain journalier dans la colonne Prix par jour. Pour distinguer cette moyenne du prix fixé d'avance à la journée, on pourra mettre celui ci en noir et celle-là en rouge.
On fail les totaux des temps et sommes gagnées dans chaque profession ; on en déduit la moyenne du gain par jour.
Applioatîon de la Nous sommes donc en possession de tous les éléments de main-
à™?'"îirfl^"^'t*o d œuvre à imputer aux produits fabriqués.
Cette opération s'opérera aisément eu considérant que :
1" Pour le travail fait à la journée, le résumé de fabrication nous donne exactement le" temps passé à la fabrication de chaque produit. Le total de ces temps doit concorder avec celui porté sur le carnet de pointage et payé aux ouvriers. On appliquera donc le prix^moyen de la journée au temps de chaque fabrication ;
'2" Dans le travail fait au tarif, on applique le tarif à la production, et c'est cette application qui donne la main d œuvre au carnet de pointage. Dans le premier cas, la main-d'œuvre est répartie sur les produits fabriqués, ei, dans le second, chaque produit ayant sa main d'œuvre tarifée, on calcule celle-ci indépendamment du carnet de pointage.
Diaposition apéoiala 11 faut ouvrir un compte pour chaque ouvrier ou pour ♦ .,/"*•""" ®uvra chaque équipe travaillant en commun. On y inscrit jour par
jour le travail effectué, les tarifs, et on en fait le décompte. Ces comptes peuvent être établis sur des bulletins ou des carnets individuels ; dans le cas d'une équipe, le bulletin est de rigueur.
Nous donnons ci après un modèle de bulletin collectif de main-d'œuvre fn» 2). Les bulletins de ce genre ontrordinairement une durée d'une semaine. Cette durée est limitée par le.s mutations qui peuvent survenir dans le personnel et qui entraîneraient à des dimensions trop grandes, par la difiiculté d'additionner horizontalement, et
enfin, le bulletin étant exposé aux intempéries, à la fumée, à la poussière, se salit rapidement.
Les totaux des bulletins sont relevés sur un cahier de même contexture dont on fait l'addition par quinzaine ou par mois. Ce sont les totaorx de ce cahier qui sont reportés sur le carnet de pointage.
Dans le cas d'ouvriers travaillant seuls, on peut inscrire leur salaire sur ujî carnet personnel qui est communiqué tous les jours à l'ouvrier; ce procédé a l'avantage de ne pas faire connaître à tous les ouvriers le gain de chacun d'eux. Mais, selon nous, c'est un avantage 1res discutable, car si nous admettons que les tarifs sont bien faits. tous les ouvriers luttent à armes égales et l'affichage des gains journaliers ne peut qu'exciter l'émulation entre eux.
En tous cas, noire indiquons les deux façons d'opérer; il est loisible à chacun d'adopter celle qui lui conviendra le mieux.
Cantraliatflion Nous avons donc acquis un premier résultat, la « main-d'œuvre». daa aalaires. ^^gj ^g tableau qui, seul, intéresse le chef de fabrication; il peut
y puiser tous les renseignements dont il a besoin, savoir :
Le temps mis par chaque ouvrier pour l'exécution du travail ainsi que son gain total, desquels on peut tirer la somme gagnée dans l'unité de temps.
Le total du carnet de pointage montreau chef de fabrication la totalité de la maind'œuvre dépensée pafr lui, le total des journées de main d'œuvre, le nombre d ouvriers qui y ont concouru.
Après vérification du carnet de pointage, le chef de fabrication en certifie l'exactitude.
Nous sommes donc en possession des carnets de pointage de toutes les fabrications.
Il nous reste à trouver la somme gagnée par chaque ouvrier pendant le mois pour lui payer son salaire; ce résultat est obtenu très simplement on i&scrivant par lettre alphabétique les ouvriers sur la feuille de paye et en reportant à chacun les sommes figurant sur les différents carnets de pointage. Il n y a plus <(u'à additionner et vérifier la concordance du total à payer avec le total des feuilles de pointage.
Il peut arriver qu'un ouvrier ait travaillé dans différents postes pendant le mois ; il faut alors faire le dépouillement des carnets de pointage sur un carnet modèle u» 3.
Il a pour but de centraliser toutes les sommes correspondantes aux divers emplois occupés pendant le mois par un ouvrier, de façon à ne lui faire qu'un seul paiement ; on substitue une feuille de paie unique aux feuille de paye dalelier ou chantier.
On évite ainsi les allées et venues des ouvriers qui vont d'un atelier à l'autre chercher dans chacun d'eux un fragment de leur paye, transformant l'usine en une foire animée. Nous avons vu ce spectacle dans plusieurs usines.
D'autres usines groupent bien les sommes partielles, mais elles leflectuent sur la feuille de paye elle môme, en utilisant les espaces libres, ce qui donne une feuille de paye malpropre et embrouillée.
Le groupetuent que nous préconisons a, en outre, l'avaulagedélablir pour chaque ouvrier une statistique de ses salaires dont l'intérêt n'est pas niable, ne serait ce qu'en cas d'accident du travail donnant lieu à constitution de rente viagère.
On totalise verticalement pour vérifier avec le carnet de pointage et horizontalement pour obtenir le gain de chaque ouvrier ; les sommes gagnées sont reportées sur la feuille de paye.
11 ne peut y avoir d'erreur dans ce dépouillemenl.
Lo total étant donné par les feuilles de pointage, si on porte à un ouvrier une somme trop forte, ce ne peut être qu au détriment d un autre, lequel ne manquera pas de réclamer.
Résumons cet exposé sur la valeur et le but du carnet de pointage et de la feuille de paye. Le premier présente le travail e.xécuté, les différents postes occupés par chaque ouvrier, les temps passés dans chacun d'eux avec les sommes gagnées; il est 1 image de la main-d'œuvre.
La feuille de paye est un bordereau pour lecaissieret une statistique des salaires.
Confeetion de la Dès la fin du mois ou de la quinzaine, les carnets de pointage,
feuille de peye. signés par les chefs de fabrication, sont remisa la comptabilité
industrielle où se fait le dépouillement des salaires.
Celui ci étant établi, on relève sur des bons modèle n'' 4 le total des sommes gagnées par chaque ouvrier ; ces bons sont remis immédiatement aux intéressés par l'intermédiaire des pointeurs.
Les ouvriers peuvent ainsi vérifier l'exactitude de leur compte et présenter leurs réclamations ou depiander des éclaircissements avant la paye. Il est fait droit aux réclamations justifiées et les redressements sont effectués immédiatement sur le carnet de pointage, bulletin de main-d œuvre, dépouillement des salaires.
La feuille de paye modèle n*» îi est établie dans Tordre alphabétique, sans distinction d atelier ou emploi; elle reçoit les différentes inscriptions relatives aux sommes gagnées, aux retenues aux titres des avances, loyers, saisies-arrêt, ventes d'objets divers, caisse de retraites, etc.
On établit la somme restant à payer à chaque ouvrier.
La feuille de paye est totalisée, sa concordance avec les carnets de pointage est certifiée par le chef de la comptabilité industrielle et elle est remise au caissier.
Modes de paiement des salaires.
Les modes de paiement des salaires varient d'une usine à I autre. Un des plus répandus consiste à mettre la paye de chaque ouvrier dans un petit sac en papier fort se fermant par une patte gommée et dont louverture s opère en tirant sur un fil cousu dans le pli supérieur ; chaque sac porte le nom de l'ouvrier bénéficiaire et l'indication de la somme payée. Les sacs sont préparés par le caissier, clos et remis aux pointeurs qui les distribuent aux ouvriers. Au moment de la remise, l'ouvrier ouvre l'enveloppe et vérifie le contenu en présence du pointeur.
D'autres usines emploient un procédé analogue avec une variante, l'enveloppe en papier étant remplacée par une boîte métallique.
Ces procédés ont l'avantage d'être d'une exécution facile ; aucun' dérangement n'est imposé à l'ouvrier ; ils ont, par contre, de sérieux inconvénients :
l» La difficulté, ou plutôt l'impossibilité matérielle, d'établir la responsabilité en cas de différence au moment de la remise du sachet à l'ouvrier par le pointeur ;
2" Le pointeur effectue lui-même le paiement des sommes qu'il a en quelque sorte ordonnancées par son pointage, ce qui supprime un contrôle dont l'expérience prouve la nécessité ;
3° Si, pour une cause quelconque, des ouvriers sont absents au moment de la paye, le pointeur doit rendre à la caisse les sachets, mais aucun contrôle ne peut être exercé sur ce point ;
4" Enfin, et ceci est commun à presque tous les modes de paiement de salaires, aucune preuve de paiement ne reste entre les mains du patron. Nous avons bien vu, des bulletins de paye dont une partie forme quittance, est signée par l'ouvrier et remise au payeur, mais ces pièces, signées ou non, n'ont aucune valeur testimoniale.
C'est pourquoi, après avoir vu fonctionner divers procédés, nos préférences vont toujours à celui décrit dans notre première édition et que nous exposons ci-après :
Etant donné un local suivant le schéma ci contre, trois employés s installent aux emplacements indiqués sur le croquis ; les ouvriers arrivent en file indienne et présentent leur carte d identité au comptable ; celui ci cherche le nom sur la feuille de paye, appelle à haute voix le numéro matricule de louvrier et la somme à payer.
Pendant ce temps, l'ouvrier est allé devant le caissier qui lui compte la somme appelée ; l'employé du contrôle inscrit sur un état modèle n» 6 les numéros et sommes des ouvriers dans l'ordre où ils se présentent et sur l'appellation qui en est faite par le comptable. Les avantages de ce système sont remarquables ; avec un caissier professionnel, on peut payer huit à dix ouvriers ù la minute. En outre, toute réclamation est évitée ; en effet, voici les cas qui peuvent se produire :
1° Un ouvrier vient après coup réclamer qu'il n'a pas touché son compte ; on vérifie si la somme portée au contrôle concorde avec celle de la feuille de paye. L'erreur ne peut être imputée au caissier puisque l'ouvrier, qui connaît déjà le montant de sa paye, l'entend appeler par le comptable et doit la vérifier avant de quitter le guichet du caissier ;
2® Si le caissier est en déficit, on additionne le contrôle ; s'il concorde avec la
feuille de paye, c'est le caissier qui s'est trompé. Si le contrôle ne concorde pas avec la feuille de paye, il n y a qu'à pointer les deux registres et on retrouve l'ouvrier qui a touché une somme autre que celle due ;
3" Un ouvrier ne peut déclarer qu il n'a pas été payé, trois agents indépendants étant chargés de ce service et se contrôlant mutuellement ; en outre, étant donné la place occupée par l'ouvrier sur le contrôle, on voit les ouvriers précédant et suivant le
plaignant.
Enhn, les ouvriers ne doivent être payé.s que sur la présentation de leur carte
d'identité.
Avances La loi obligeant le patron à payer les salaires par quinzaine, pour
de quinzaine. Qg pas faire deux fois par mois le travail assez long relatif au règle ment de la main d'œuvre et des salaires, on se trouvera bien d'opérer comme suit. Connaissant la moyenne de gain journalier d'un ouvrier, laquelle variera souvent peu d'un mois à lautre, on applique celte moyenne au nombre de journées que Ton relève sur le carnet de pointage (sans arrêter celui ci). On arrondit la .somme trouvée à cinq francs et c'est celle-ci que l'on paye aux ouvriers la première quinzaine en la considérant comme avance de quinzaine. On remet des bons aux ouvriers pour leur faire connaître la somme qu ils toucheront et recevoir leurs réclamations s'il y a lieu. Cette avance est déduite sur le règlement du mois.
Avances Si des ouvriers désirent toucher d'avance tout ou partie de leur
accidentelles. salaire, l'employé comptable leur établit un bon de caisse que l'ouvrier remet au caissier en échange de la somme. A la lin du mois, le caissier inscrit ces avances sur la feuille de paye dans la cxAowne'f. amncesaccidenteUca. Dans le cas d'avances assez élevées dont la retenue est échelonnée sur plusieurs mois, on ouvre un compte avancea au grand livre de la comptabilité commerciale, qui fonctionne comme un compte courant.
Règlement du compte On assimilera ce règlement à une avance accidentelle. A d'un cuvpiep dans le jj, f,n (ju mois, l'ouvrier réglé figurera sur la feuille de ccurant du mois. ^^^^ ^^^^ j^ somme gagnée ; le caissier inscrira la somme
versée pour le règlement, dans la colonne avances accidentelles e\ le compte sera soldé.
Passation au grand-livre Le crédit du compte main d'œuvre sera constitué par le des écritures relatives total des sommes gagnées qui seront imputées intégra-
i la mam-d œuvre. lement chaque mois aux matières ou produits qui les
ont nécessltée> Il aura la forme :
par Matii'rex premières
» Produits fabriqués
» Entretien du matériel
» Services
)) Frais généraux.
Le débit aura la forme :
à A cances de quinzaine Avances acciientelles Objets divers (ventes aux ouvriers) lîptenues judiciaires Cai-ise de retraites Caisse (mont:int «le la prtyej.
Le compte main d'œuvre ne se soldera généralement pas, attendu qu'on arrête les écritures à la date du dernier jour du mois, alors que dans la plupart des usines les ouvriers ne sont jtayés que dans les premiers jours du mois suivant. Le solde de ce compte au grand livre devra être égal à la somme restant à payer au personnel, figurant à la feuille de pa^e.
Salaires Lorsque la paye est achevée, le caissier dresse un état des ouvriers qui impayés. ^g ^e sont pas présentés et le remet à la comptabilité commerciale. Celle ci ouvre à son grand livre un compte-courant de salaires impayés et passe l'écriture
Main- d'oeuvre
à Caisse (somme payée)
à Salaires impayés (sninmes non payées)
Le compte de main-d'œuvre est ainsi soldé.
Par la suite, lorsqu'un ouvrier .se présente pour réclamer un salaire arriéré, la comptabilité, après examen, lui délivre un bonde caisse indiquant la somme due et le mois auquel se rapporte le salaire. Le caissier paye sur le vu de ce bon et en débile le compte salaires impayés.
A l'appui du compte de salaires impayés au grand livre, doit donc exister létat nominatif des sommes dues à ce titre et un émargement effectué au fur et à mesure des paiements permet la vérification du solde du compte.
Ce compte doit être tenu dune façon sufTisammeutclaire pour qu'une réclamation de salaires puisse être solutionnée quelle que soit l'époque à laquelle elle s'applique. Nous estimons que, pour des réclamations de ce genre, le patron ne saurait se retran cher derrière la loi aux termes de laquelle les salaires se prescrivent par six mois.
Statistique Pour chaque profession, on établit la moyenne du gain journalier,
des salaires, qq relève les totaux partiels de journées et sommes sur un état n« 7. Ce tableau étant additionné, on en déduit la moyenne du gain journalier pour toute l'année. On conçoit sans peine l'utilité de ce tableau en cas de contlit avec les ouvriers ou pour faire des comparaisons avec d'autres usines. On séparera dans ce tableau, par profession, les hommes, femmes et enfants.
Note sur l'établissement des tarifs de main-d'œuvre
Le principe de loiil tarif de main-d'œuvre est celuici: étant donné une production normale déterminée par la capacité de production de la machine et par la limite de 1 effort pouvant être exigé de 1 ouvrier, trouver un tarif qui, appliqué au travail produit, représente un salaire équitable pour l'ouvrier, intéresse celui-ci à la production el à la bonne façon du travail.
Une fois la production normale établie pour chaque nature de travail, connaissant le salaire que l'on veut donner à l'ouvrier pour cette production, le tarif résultera de la relation que l'on voudra établir entre le salaire et la production, en faisant varier celle-ci entre des limites données.
L'établissement des tarifs de main-d'œuvre est du ressort des services techniques, par la parfaite connaissance (|u'il exif^e des conditions de fabrication, par les causes de conflits que peuvent amener ces tarifs entre les patrons et leurs ouvriers.
Mais la contplabililé ne saurait s'en désintéresser, attendu qu'elle est chargée d'en faire l'application aux produits fabriqués.
H serait donc bon que les services techniques ne mettent pas de nouveaux tarifs de main d'œuvre en vigueur avant de les avoir soumis à la comptabilité qui examinera la possibilité de leur mise en pratique.
En règle générale, on se trouvera bien d'établir les tarifs de la façon la plus simple, chose plus diflicile à réaliser qu'on ne se le ligure.
Nous citerons comme un modèle d'incohérence, le tarif suivant que nous avons vu
dans une usine.
Il s'agit de petits outils faits par un forgeron et un chauffeur; ces pièces sont tarifées aux cent kilos suivant leur difficulté; voici comment fonctionne le système :
1» Application du tarif à la production, donnant une certaine somme, par exemple
fr. 22o.00 ;
2» Décompte du nombre de journées du chauffeur par le salaire journalier qui lui
est attribué, soit :i.i X l.7.'i — 43.7.") ;
,> Décompte du nombre de journées du forgeron par un salaire de base qui lui est attribué, soit 2") X 3.;»0 =■ 87.;»0. Nota. Les salaires de base des forgerons et chaufleurs varient avec chacun d'eux ;
4» Etablissement d'une retenue fixe de fr. 0.30 par jour, sous couleur de charbon consommé, obtenue en multipliant le nombre de jours par 0.30, soit 2:")X 0.30— 7 30;
50 Additionner les sommes 2, 3, 4, et retrancher le total de la somme 1, ce qui
donne 86.25 ;
6» Diviser le reste résultant de la > opération par 3 et ajouter le quotient à la somme 3, ce qui donne il0.2o. Nos efforts sont enfin courronnés de succès car c'est cette somme et non une autre qui représente le salaire du forgeron.
Après toutes ces manipulatiois. que peut il bien rester du tarif qui a servi de
pi .1, f ,• ;, iou«' ces raie ils ? La main d œuvre n'est d'ailleurs pas uniforme, car le
salaire de base des forgerons pouvant présenter des différences assez considérables pour chacun d eux, la main d œuvre en subit fondement les conséquences.
En outre, si l'on a trente forges dans l'atelier, le calcul ci dessus, répété trente fois, fera perdre du temps au comptable sans aucun profit pour le patron.
Et comment faire une application exacte de la main d'œuvre en présence d'un tel enchevêtrement?
Pour le cas ci-dessus, nous avons adopté le procédé suivant qui nous a {wru le plus rationnel et le plus pratique :
Nous avons considéré les sommes obtenues par l'application des tarifs originels de main d'œuvre à la production comme des coefficients sur lesquels nous avons réparti proportionnellement le total des sommes réellement payées aux forgerons et chauffeurs.
On trouvera un exemple de tarif de main-d'œuvre établi logiquement et simplement sur le modèle n" 2 (bulletin de main d'œuvre, laminoirs). I^e tarif est établi à la tonne pour l'ensemble de l'équipe du train. Pour chaque profession, on a établi un gain normal par jour qui servira de coefficient pour la répartition des sommes gagnées. On fait le total des coefficients et on répartit la somme gagnée sur chacun d'eux ; de cette façon, le tarif de main d'œuvre correspond bien à la somme réellement payée.