‹ Précis de comptabilité industrielle appliquée a la métallurgie [microform]Chapitre 4 sur 89 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La Valeur et sa Comptabilisation

Exposé sommaire de La valeur est l'importance que nous attachons à la possesia question. gjon d une chose.

Depuis des siècles, sa définition, ses caractères, ses signes représentatifs, ont fait l'objet de thèses multiples et contradictoires de la part des économistes.

On a assigné pour cause à la valeur tantôt l'utilité, sans qu'on sache quelles sont ses limites, tantôt le travail ou la difficulté d'acquisition. Est-elle objective ou subjective ? (irave question, sur laquelle l'entente n'a encore pu se faire.

il est certain que toutes les-causes énoncées plus haut contribuent à la détermina tion de la valeur, mais aucune n est la dominante ; celle-ci est le facteur humain qui apporte dans l'examen de ces causes ses passions disproportionnées avec son faible •entendement qui ne lui permet pas de résoudre avec précision un problème comprenant des conditions aussi diverses, posées simultanément, et dont la solution doit être fournie immédiatement.

Aussi, tant que l'homme sera le sujet merveilleusement vain, ondoyant et divers, décrit par Montaigne, l'extension des causes de la valeur sera illimitée par toutes les possibilités qu'elle contient en puissance.

Enfin, après ne pas avoir pu s'entendre sur l'origine de la valeur, les économistes ont examiné doctement quelle devait être son unité ; sur quoi, les uns ayant choisi lor, d autres ont réclamé le blé.

En résumé, grammatici cerlant, adhuc suh judice lis est.

Nous n avons pas l'intention de prendre parti dans la discussion ni de nous étendre sur un sujet qui dépasse de beaucoup le cadre de cet ouvrage ; nous limiterons cette étude sur la valeur aux connaissances indispensables à sa représentation.

La valeur L'expression la plus usitée de la valeur d un produit est son

et le problème p^j^

comptable. . . • • i. . j i j i i

Le prix est le resultfit de la comparaison de la valeur avec

une unité conventionnelle appelée monnaie.

Il en résulte que la monnaie, c'est-à-dire son signe représentatif, est la valeur par

excellence.

La détermination de la grandeur d'une valeur est d'autant plus exacte que cette valeur pourra plus facilement être échangée contre de la monnaie. A mesure que celte facilité d'échange diminue, l'évaluation revêt un caractère de plus en plus hypothétique et aléatoire.

Ce postulat permet de faire un classement des valeurs fondé sur cette facilité d'échange.

a) Les valeurs réalisables à un prix connu seront appelées valeurs disponibles. Entreront dans celte catégorie : la monnaie, les som mes en dépôt dans les banques,

les effets de commerce, les créances.

b) Viendront ensuite les valeurs dont la réalisation est subordonnée à l'échange par la vente, pour lesquelles, par conséquent, l'évaluation de grandeur à un caractère prévisionnel. Nous les appellerons valeurs engagées.

Entreront dans cette catégorie toutes les matières et produits à tous les états d'avancement, destinés à être échangés.

La valeur d'un produit d'échange est sujette, dans le temps, à des variations pour des raisons nombreuses groupées sous le terme générique d'économiques. Elle est donc une fonction plus ou moins complexe de ces conditions dans le temps.

Cette valeur d'échange est la résultante à un moment donné de l'appréciation de toutes les conditions embrassant, dans un temps plus ou moins éloigné, la production, la circulation, la distribution de ce produit et l'intérêt que suscitera sa possession.

Que celte valeur ne représente qu'imparfaitement la solution du problème, c'est possible et même [trobable étant donné la complexité des données et la faiblesse de l'intelligence humaine, mais ce qui est certain, c'est qu'à chafjue moment un produit est susceptible d'avoir une valeur particulière répondant à la solution, et il ne peut en avoir qu une seule. Celte valeur du moment s'appelle généralement cours.

Les grandeurs appelées valeur d achat et valeur de rente par le possesseur d'un produits'appliquenla des moments dune même valeur, inléressanls pourlui seulement.

c) Nous trouvons ensuite une autre forme de la valeur, particulière aux utilités ne pouvant être échangées, soit telles quelles, soit par voie de transformation : ce sont les agents de production ou de répartition des valeurs d'échange, qui concourent à l'augmentation de celles ci sans en faire partie intégrante.

I^eur valeur d'échange (qui se réduit à une seule position, la valeur d'achat) est détruite ou ctinsommée aussitôt constituée, et c'est seulement leur emploi qui permet la transformation de leur valeur d'achat en une valeur spéciale dite d'utilisation ou d'usage.

Quelle sera l'unité de cette valeur ? Elle ne sera connue que lorsque l'utilité sera

arrivée au terme de son emploi ; avant ce moment, les évaluations n'ont qu'un caractère hypothétique, car la période d'utilisation est conditionnée obligatoirement par la durée matérielle de linstallation, qui est incertaine, et, éventuellement, par l'évolution technique et économique qui peuvent entraîner la mise hors service de l'installation

avant son usure.

La comptabilité se trouve donc en présence du problème suivant : FAant donné un produit (simple ou composé de plusieurs autres) dont la valeur est variable dans le temps, utilisant pour sa production ou sa répartition des agents de transformation dont la valeur dusage n'est connue qu'approximativement, représenter, tlans la succession des instants, la valeur de ce produit.

C'est recueil sur lequel tous les auteurs comptables sont venus échouer. Les antinomies que contient ce problème ne sont, d'ailleurs, pas particulières à la comptabilité ; les géographes, par exemple, se heurtent à un obstacle comparable dans la représentation planimétrique du globe terrestre. Sur le sol, les figures sont caractérisées par des longueurs, des angles, des surfaces; or, aucune représentation planimétrique ne peut assurer la conservation simultanée de ces caractères à une figure du globe. Fallait-il pour cela renoncer à faire des cartes? Nullement ; mais on a cherché à les adapter aux divers usages, par un choix approprié à chacun d'eux, du système de projection, en sacrifiant, dans chaque cas particulier, les caractères lés moins impor

tants.

C'est dire que la solution du problème comptable n'a rien d'absolu ; elle sera toujours entachée d'erreurs qui feront de la comptabilité une science un peu conventionnelle ; il nous suffira de connaître ces erreurs, den déterminer l'importance et d'en mesurer la répercussion sur les faits économiques pour faire passer la comptabilité de létal de connaissance empirique au rang de science exacte.

Choix d'un moment La valeur d'un produit d'échange intéresse son

de la valeur d'échange pour possesseur depuis l'achat jusqu'à la vente ; la sa représentation. ^^j^^^ d'achat et la valeur de vente en sont les

moments extrêmes.

Entre ces deux valeurs d'un produit se placent tous les cours de ce produit, c'està-dire ses valeurs d'échange pour les quantités ayant fait l'objet de transactions pendant cette période.

Dans quelle mesure la valeur de la partie du produit, immobilisée entre les mains

d'un individu, participe-telle à ces fluctuations?

Toute extension de cette valeur d'échange à des quantités du produit n'ayant pas participé aux transactions supposerait une identité de conditions entre les valeurs échangées et les autres, q«i n'existe pas, ne serait-ce que dans la condition de l'olïre déchange ; si celle condition avait été réalisée, on se serait alors trouvé en présence d'un nouveau problème par suite de la moditicalion des quantités offertes et il en serait résulté une valeur qui n'aurait pas été celle enregistrée. Dans quelle mesure différerait-elle de celle ci ? Il est bien difficile de le dire.

El nous n'avons envisagé, dans ce qui précède, que les valeurs non transformées entre les échanges ; mais, si le principe est admis, il doit s'appliquer également aux produits faisant l'objet de transformations, à des états d'avancement ne donnant pas lieu à des transactions et pour lesquels toute valeur d'estimation fera défaut. Il faudrait recourir à linterpolation et comment dégager la loi qui régirait celle-ci?

Théoriquement, le choix de la valeur probable d'échange pour représenter la valeur d'un produit est séduisant ; pratiquement, il se heurte à des dilTicuItés insurmontables.

Malgré cela, cette conception est à retenir et nous y ferons appel dans certains cas.

Le discrédit a été jeté sur celte théorie par de trop nombreuses applications qui en ont été faites, lesquelles s'inspiraienl beaucoup moins du souci de l'exactitude que du désir de faire ressortir une augmentation apparente de la valeur.

Attribuer une valeur à un produit, uniquement par analogie avec la valeur d échange de ce produit résultant de transactions efïectuées dans le même moment, c'est vouloir gagner au jeu en conservant l'enjeu, malgré l'axiome juridique : donner et retenir ne mut.

C'est le cas d'un spectateur de jeu de roulette qui, parce qu'il a dans sa poche des pièces de monnaie identiques à celles mises sur le tapis, se complaît à imaginer qu'il met un enjeu sur un numéro et se donne l'illusion qu'il gagne si le numéro sort.

De telles spéculations, quand elles ne dépassent pas le caractère de rêveries individuelles, ne sont dangereuses que pour ceux qui s y livrent ; mais que penser de sociétés qui, après avoir considéré comme réel le bénéfice d'une vente supposée à un acheteur imaginaire, le distribuent en dividendes dans le but de spéculer? La constitution de sociétés pour la vente de peaux d'ours vivants est une invention dont le législateur devra s'occuper le jour où on éprouvera le besoin, en France, d'augmenter la confiance des capitaux dans les sociétés qui les sollicitent.

La valeur fondée sur les cours étant éliminée d'une façon générale, nous nous trouvons en présence des valeurs d'achat et de vente. Elles présentent foutes deux le même intérêt, car elles enregistrent des faits positifs ; toutefois, la valeur de vente ne sera connue qu'au moment de la vente, ce qui est un peu tard pour la comptabilisation. Elle est donc éliminée ipso facto et il ne nous reste plus que la valeur d'achat à examiner.

Celle ci a cet avantage qu'elle est à l'origine de la possession du produit ; son choix n'est pas parfait, car elle n'est rigoureusement vraie que pendant un temps plus ou moins long et s(m maintien cristallise une valeur variable en un chiffre immuable.

Elle est néanmoins intéressante, car elle permet de donner une base certaine aux calculs. Le produit conservera donc cette valeur d'achat jusqu'à la vente ; si, au moment dune évaluation générale des valeurs de la société (établissement du bilan), la valeur probable d'échange du produit dillerait par trop de sa valeur d achat, ou pourrait en tenir compte par dès redressements au bilau sous forme de réserves, mais sans modi lier les comptes des valeurs engagées.

Valeur de production et Cette valeur est une forme particulière de la valeur de revient. d'échange ou valeur engagée. Elle s'applique aux pro-

duits d'échange qui ne sont pas livrés tels quels à la vente, mais ont subi, entre l'achat , et la vente, des transformations qui les dénaturent quelquefois complètement pour donner naissance à de nouveaux produits.

Tout ce que nous venons de dire pour le choix du moment de la valeur d échange pour sa représentation, s'applique à la valeur de production.

La valeur d'un produit d'échange sera représentée par la somme des valeurs d'achat de ses constituants.

Mais les nécessités industrielles donnent lieu à de nouvelles combinaisons que fait ressortir le postulat suivant, extrêmement important par ses conséquences :

Les dépenses nécessaires à la fabrication d'un produit ne sont pas engagées au fur et à mesure des opérations dans des proportions définies et invariables qui assureraient une râleur constante à l'unité de produit fabriqué ; il s'ensuit que la vakur de ce produit varie à chaque instant.

L'étude d'un cas concret, choisi à dessein très simple, commentera cette définition : « Une société métallurgique achète des wagons spéciaux de 40 tonnes pour le transport du minerai de la mine au haut-fourneau, distants l'un de l'autre de 80 kilomètres. Etablir la valeur du service rendu par ces wagons, c'est-à-dire le prix de transport par tonne kilométrique dans la succession des instants. »

1» A l'origine de ce service, figure l'achat du matériel, en lespèce, le wagon, qui est la plus petite unité de dépense pouvant être engagée. A ce moment, le service rendu est nul, mais est néanmoins grevé de cette somme puisque le wagon n'a pas de valeur d échange et n'a plus qu'une valeur d usage inconnue.

Viennent ensuite :

Les sommes payées à la compagnie de chemin de fer pour le transport ; elles sont établies suivant un tarif et constantes par tonne ;

Le graissage ; effectué à chaque voyage et, dans ce cas, constant par tonne, ou effectué tous les n voyages et, dans ce cas, grève en totalité le tonnage transporté au premier voyage de chaque période de graissage, puisque le lubrifiant ne peut être récupéré dans le cas de cessation définitive des transports au cours d'une période ;

Le remplacement périodique de pièces usées (coussinets, sabots de frein, etc.). L'usure de ces pièces est proportionnelle au tonnage transporté et est constante par tonne, mais le remplacement est effectué globalement à l'origine de chaque période. Ces pièces n'ont qu'une valeur d'usage, comme le wagon dont elles font partie ;

Les réparations extraordinaires (remplacement d« pièces cassées, tiges de tampon, ressorts, réparation de freins, marchepieds, portes ou vannes de déchargement, etc.) Ces dépenses, insignifiantes au début, croissent avec l'usure du wagon, outre les destructions accidentelles.

En restant dans le domaine des faits acquis, conformément au principe énoncé ci-

dessus, une dépense doit être supportée par la quantité de produit pour la production de laquelle elle est nécessaire.

Il en résulte que le prix du transport à la tonne est une fonction discontinue de la production (tonnage transporté) et si nous traçons la courbe de cette fonction, elle a l'allure représentée figure I, les abscisses représentant la production, les ordonnées les dépenses.

A chaque instant, la fonction représentera la valeur de la dépense nouvelle à effectuer pour le transport d'une lonne de minerai, telle qu'elle résulte de la situation antérieure depuis l'origine de la production.

Cette valeur fonctionnelle ou râleur du moment présente le plus grand intérêt ; c'est elle qu'on cherche confusément à établir dans lindustrie sous les noms de frrix de revient brut ou jrrix de revient industriel ; ntais, faute d'une analyse rigoureuse des éléments de la valeur, on n'a abouti qu'à des résultats empiriques et. il faut bien le dire, viciés par l'idée ten<lancieuse dont il procèdent trop souvent.

Considérons par exemple, sur la figure 1 * , la valeur de // pour.r = 600 (KM) (ou toute valeur de ,r comprise entre ,'i%.S()l et 600.000, puisque le wagon transporte sur 80 kilomètres 40 tonnes participant évidemment aux mêmes dépenses) ; cette valeur est égale au tarif de transport par chemin de fer ; elle représente la dépense qui a dû être faite pour assurer le transport d'une tonne, à ce moment du service.

Si à ce moment le service prend fin, la valeur totale sera représentée par l'intégration de cette fonction entre 0 et HOf).000 ; on obtiendra la dépense totale en fonction d'une production donnée et on pourra en déduire la valeur moyenne par lonne de chacun des éléments de dépense, notamment la valeur d'usage du wagon.

Considérons la valeur de // pour j = 600.001 à 603.200. En plus des dépenses de graissage et de celles résultant du tarif de transport, elle aura à supporter le montant de la réparation accidentelle ^3 ; si le service cesse après 603.200 Tkm, il résulte une nouvelle valeur moyenne de la Tkm sur l'ensemble de la durée du service.

Si nous faisons périodiquement ces moyennes correspondant à des intégrations entre les li mites O/n , Op» , Op, ,Opt , ,ces moyennes seront représentées par les constantes l, 2, 3, 4, , (fig. I*). La courbe enveloppe de ces constantes e<!t de la forme

hyperbolique.

Si nous traçons cette courbe enveloppe pour une durée considérable (40 ou .HO ans, par exemple), nous remarquerons que la valeur de ces moyennes passe par un minimum qui est atteint pour une certaine période 0/^n (/>n étant égal à 20.000.0<K) Tkm, par exemple) riig. I'*j. Ce changement de forme est dû aux intluences contraires de la valeur initiale d'installation dont la valeur moyenne unitaire d'usage ditninue à mesure qu'augmente le service rendu, et des réparations extraordinaires de plus en plus importantes avec la durée d'utilisation de l'installation, qui tendent à augmenter la valeur moyenne des dépenses par Tkm.

Conséquence : à partir du moment où la moyenne passe par un minimum, il y a intérêt à mettre le matériel hors service pour lui substituer un matériel neuf.

Celle conclusion est vraie théoriquement : [)ratiquemenl, elle pourra être modifiée

par la comparaison entre le prix d'achat de l'installation et le cours actuel d'installations similaires, laquelle peut avoir pour résultat d'avancer ou retarder la mise hors service du matériel.

Voyons maintenant comment la comptabilité représentera les valeurs successives

de cette fonction.

Parmi les éléments de celle fonction, nous distinguons :

§ 1er. La valeur d'achat du matériel que nous devons transformer en valeur d usage. Comme nous l'avons dit, nous ne connaîtrons l'unité de cette valeur d'usage que lorsque le wagon sera arrivé au terme de son emploi. C est un peu tard. On est donc obligé d'établir une valeur d'usage prévisionnelle fondée sur les évaluations concernant la durée matérielle et économique du wagon.

Durée matérielle. — Par comparaison avec la durée de matériel analogue en usage dans les compagnies de chemin de fer, on aura estimé, en tenant compte de toutes les particularités de construction et des matériaux employés, qu un wagon peut faire un service de 20.000.000 Tkm. réparties sur une durée de oO ans.

Durée économique. — La solution doit s'inspirer de la durée matérielle et répondre aux questions suivantes : l'usine est-elle susceptible de marcher pendant 50 ans? Les besoins en fer seront-ils toujours aussi grands? Les ressources régionales en fer et charbon qui ont déterminé le choix de l'emplacement de l'usine ne seront elles pas épuisées avant cette époque? N'y al il pas à craindre des inventions modifiant la technique métallurgique et rendant ces wagons inutiles? etc. Si, de l'examen de toutes ces hypothèses, il résulte que le chiffre de 20.000.000 Tkm. peut être accepté raisonnablement comme durée probable d'emploi, et que le wagon ait coûté fr. 20.000 00, on en déduira une valeur unitaire d'usage de fr. 0.001 par Tkm.

Cette valeur sera susceptible de modifications par la suite si les conditions économiques ou la durée matérielle du wagon ne répondaient pas aux prévisions ; les modifications seront faites de façon à ce que la valeur d'achat soit entièrement incorporée dans la valeur de production quand le matériel sera mis hors service.

§ IL — Les valeurs des pièces remplacées périodiquement par suite d'usure. Elles sont du même ordre que la valeur d'achat du matériel, dont elles ne sont, en .somme, que des constituants, et suivent la même loi de répartition fondée sur la durée pro bable de la pièce. L'évaluation peut être faite assez exactement si ou a soin d'établir pour le wagon, dès l'origine du service, une fiche signalétiqua et de services où sont notés toutes les réparations ou changements de pièces. Ces fiches seront tenues par la comptabilité, sous la surveillance de l'agent technique responsable de l'emploi ; elles compléteront les comptes de dépenses.

§ III. — Les valeurs des réparations accidentelles. Elles correspondent à des des Iructions de valeur sans compensation ; elles constituent donc une perte absolue et on serait tenté d'enregistrer cette perte en dehors du service considéré, c est à dire sans en charger la valeur de celui ci, en l'attribuant au hasard, si nous ne savions que le hasard n'existe pas et que tous les événements qui se produisent au cours de la durée

tl

dnn service sont contenus en puissance dans celui-ci et régis par une loi qui, bien qu'elle nous échappe, n'eu existe pas moins. La valeur de ces réparations accidentelles devrait être répartie comme les précédentes si nous connaissions leur cycle de révolution. A défaut de cet élément, on peut I imputer soit en totalité sur le moment qui la su|)|jorle, soit sur une durée arbitrairement choisie qui n'excédera généralement pas celle de l'exercice en cours.

§ IV. — Les dépenses de grai-ssage dont la répartition ne souffre pas de difficulté.

§ V. — Les dépenses concernant les valeurs entrant dans le produit comme éléments constituants et absorbées intégralement par celui-ci au fur et à niesure qu'elles ont lieu. En l'espèce, cette valeur sera le tarif de transport parTktn. payé à la compagnie de chemin de fer.

Des explications qui précèdent, il s'ensuit que les prix de revient comptables sont une successicm d'approximations des différentes valeurs d usage et d entretien du matériel (^ 1, 11, 111, IVj s'ajoutant à la valeur mathématique des constituants énumérés au § V.

Le prix de revient diffère de la valeur de production en ce sens que celle ci est une fonction purement mathématique, tandis que le prix de revient est une fonction économique. La figure 1* représente l'allure de cette fonction.

Le prix de revient comptable nous donne une valeur de production pour une période donnée. S'il s'agit d'un produit matériel, il peut arriver que l'industriel possède déjà une certaine quantité de produit de même nature évalué à une certaine valeur (valeur d'achat ou de production antérieurei. Cette nouvelle quantité vient se fondre dans l'existant antérieur avec sa valeur propre et il en résulte une quantité globale unique dont l'unilé de valeur sera la moyenne dynamique des valeurs des compo santés ; celte nouvelle valeur s'appellera valeur ou prix de comommalioii.

Eu résumé, I ai»plication de la fonction mathématique de la valeur de production se résoudrait pratiquement par une série d'additions et de soustractions, tandis que l'application de la fonction économique ou comptabilité nécessite 1 ouverture dégroupements transitoires de valeurs que 1 on désigne sous les noms de immobilisaiion^, entrelien du matériel, amortissements, réserves, etc., leprésenlant des conceptions écono miques et non des valeurs matérielles.

Donc, si la comptabilité se rattache aux .sciences mathématiques par ses procédés d'investigation dans la mesure des valeurs, elle n est néanmoins (|u'une application de cette science à la science économique, par l'emploi qu elle fait de ses principes à la traduction en chiffres des faits économiques.

Problème de l'Intérêt à Nous arrivons à une des applications les plus intéres la production. santés de notre Ihéorie de la valeur.

Rappelons-nous que les fonctions que nous venons d'étudier se déroulent dans le temps et que, parallèlement à la valeur de production * mathématique ou économique) se développe la valeur réelle d'échange du produit résultant des ventes.

On peut tracer la courbe de la fonction de ces ventes et la comparer avec les deux

fonctions précédentes. Dans le cas qui nous occupe, la valeur de vente a une forme un peu spéciale, puisque le service effectué n'est pas vendu à l'extérieur; aussi son évaluation se déterminera par analogie avec le prix du transport qu'il faudrait payer à la compagnie de chemin de fer si celle ci fournissait le matériel roulant. Ou plutôt, on peut admettre que ce prix de révient soi! fait par une compagnie de chemin de fer dont le prix de vente est le tarif de transport.

Traçons cette fonction sur les figures V, V\ 1^.

La situation représentée par la ligure 1* est celle qui a décidé de la création de l'entreprise ; mais elle a d'abord représenté des prévisions remplacées par les réalités au fur et à mesure que le temps s'écoule, jusqu'à l'achèvement du service. C'est la comparaison entre ces deux fonctions qui résume la marche de 1 entreprise au point de

vue économique.

La figure P présente une particularité remarquable ; l'intersection des deux courbes correspondant à une période Opz marque l'amortissement complet des installations (en supposant que tous les bénéfices soient d'abord consacrés à l'amortissement).

Enfin, avec la figure 1», nous abordons le problème qui n'a pas encore été résolu d'une façon rationnelle quoique, dans certaines circonstances économiques critiques, l'industriel se le soit posé anxieusement par la question : étant donné les prix de vente actuels, quel intérêt ai-je à produire ?

C'est à la résolution de cette question que s'attache le problème auquel nous donnerons le nom de Problème de l'intérêt à la production.

Si nous comparons les deux fonctions (valeur de vente et valeur de production) à partir du moment où l'exploitation commence, c'est à-dire pour toute valeur de x > 0, nous remarquerons que, pour une période quelconque, la solution est donnée par la différence des valeurs des deux fonctions intégrées entre les limites de cette période. L'intérêt à la production pour une période sera représenté par la différence entre les dépenses à engager pendant cette période et les recettes résultant de cette production. (L'expression m recettes » englobe les valeurs engagées passant à l'état de disponibles, tel que nous l'avons exposé au début.]

La décision qui sera prise est sans influence sur le passé et n'engage pas l'avenir au delà de la période considérée ; elle répond donc parfaitement aux données du

problème.

Le cas concret du problème que nous venons d étudier est trop simple pour se prêter à une étude intéressante du problème ; mais une industrie aussi complexe que la métallurgie se prêtera admirablement à ce genre d'études.

Dans de telles fabrications, on pourra classer les dépenses en deux catégories :

I. — Dépenses fonction du temps (continues ou non) et indépendantes des variations de la production dans des limites assez étendues (impôts, patentes, assurances incendie, direction et administration, main dœuvre à la journée, etc.).

II. — Dépenses fonction de la production. Parmi celles-ci, les unes sont constantes par unité de production dans le service considéré (eau dans la production de la vapeur, main-d œuvre aux piècesi, d'autres tendent à diminuer lorsque la production dans

,if-i

l'unité de temps augmente (consommation de combustible de fabrication, maind'œuvre tarifée suivant des tarifs différentiels).

On établira les variations de la valeur de production pour cbaque service et pour ebaque échelon de la fabrication.

Poussant plus loin la discussion du problème, on peut établir avec une précision suffisante des valeurs de production extrapolées fondées sur une augmentation éventuelle de production, par exemple en vue dune adjudication importante à un prix qui de prime abord, paraîtrait peu rémunérateur.

Toutefois, ces calculs supposeol une couiptabilité bien organisée.

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Co chapitre nouveau né, quoique en ttHe de l'ouvrage, n'existait pas dans la première édition. Il tend à donner à la comptabilité une doctrine qui lui a fait défaut jusqu'à présent.

Ce n'est qu'une ébauclie qui ne se raccordera pas toujours avec les chapitres suivants, mais les circonstances ne nous ont pas permis de faire mieux, il nous a fallu choisir entre deux alternatives : ou faire paraître un ouvrage avec des imperfections, ou en abandonner la publication. Nous avons opté pour la première ; au lecteur, qui est souverain juge depuis que Boileau le lui a dit, de décider si nous avons eu tort ou rarson.

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