‹ Précis de comptabilité industrielle appliquée a la métallurgie [microform]Chapitre 5 sur 89 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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Le Compte

Définition. Un compte est une classe de valeurs soumises à l'acUon du travail, soit en conservant constamment leur nature, soit en se combinant avec d'autres pour produire de nouvelles classes de valeurs.

Au point de vue comptable, une valeur ne peut constituer un compte que si elle est l'objet de modifications résultant du travail ou des transactions, directement ou comme intermédiaire d'autres valeurs, ce en vue dun accroissement.

Les variations d'un compte proviennent de remises qui lui sont faites et de remises faites par lui à d'autres comptes.

Lorsqu'on remet une valeur à une personne, celte personne nous doit C3lle valeur, ce que l'on comprendra facilement si l'on considère ce mouvement pris isolément, abstraction faite de ses causes. En effet, ce mouvement sous entend bien un échange : la personne qui a reçu une valeur doit la rendre sous une forme déterminée d'avance ; mais, jusqu'au moment où elle «acquittera, elle doit celle somme ù son correspondant.

Nous insistons sur le fait <[ue chaque mouvement doit être considéré en lui même, sans relation d'époque avec ses causes. Par exemple, si nous achetons de la marchandise à un commerçant, nous payons, suivant conventions, avant ou après livraison ; celle clause, purement commerciale, ne saurait changer la façon de tenir les comptes. Lorsque nous remettons le montant de l'achat, nous dirons : « X nous doil 10(> francs » sans nous préoccuper si cette somme est versée avant ou après livraison de la marchandise. De même, lorsque le commerçant nous livre la marchandise, nous dirons que « nous lui devons 100 francs », lors même que le versement aurait été effectué d'avance.

Tout mouvement de valeurs nécessite la coopération de deux personnes, réelles ou fictives, représentées chacune par un compte. Si l'un des comptes donne une certaine

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valeur à l'autre, il opère ainsi une dé|)ense, mais il possède en échange une créance d'égale somme sur cet autre compte.

De là, ces formules :

Celui (|ui reçoit doit, ou est débité ; Celui qui donne a, ou est crédité ;

Les mots entrée, recette, débit sont synonymes, ainsi que les mots xortie, dépense, crédit.

Comptabilisation Pour fixer les idées, supposons que A remette à B une

d'un mouvement de somme de Ir. 100.00 qu'il prend dans sa caisse C(>mmerciale ; vaieuns»

dans cette opération, A na rien gagné ni perdu i)uisquil n'a

fait qu'échanger une somme de fr. fOO.OO contre une créance d égale somme sur B.

La position respective des deux parties se traduira connue suit en langage conip-

table :

Le (date de l'opération).

B {doit, sous-entendu)

à A Fr. 100 00

versement espùces pour paiement de

et,

A (crédité, sous-entendu)

par B Fr. 100 00

remise espèces pour paiement de

Chacune de ces écritures a l'autre pour conséquence et la contient implicitement. Il suffit donc d écrire une de.ees deux formules pour comptabiliser un mouvement de valeurs.

I^usage s'est établi d inscrire dabord le compte débiteur et c'est cette formule (la première) qui est adoptée exclusivement dans la rédaction du journal.

La même écriture servira à enregistrer sur chacun des comptes mouvementés la variation de grandeur survenue.

D'abord, la caisse qui a effectué une dépense de fr. lôO.OO, doit indiquer dans la colonne à ce réservée qu'elle a dépensé cette somme en y ajoutant le nom du bénéficiaire.

D'autre part, nous ouvrirons un compte à B et nous porterons au débit l'indication de la somme qu'il a reçue, qu'il nous doit par conséquent.

Le mouvement précité a donc mis deux comptes en jeu et a nécessité l'inscription de la même somme au débit de l'un et au crédit de l'autre.

C'est cette manière de représenter les mouvements de valeurs qui constitue la comptabilité à parties doubles ; nous ajouterons, avec MM. Léautey et Guilbault, que nous n'admettons pas d'autre comptabilité que celle-là.

Objet de la création d'un La création et l'enregistrement des variations d'un compte. compte servent à la fois à contrôler la valeur qu'il

représente à un moment quelconque et à tenir une statistique de ses mouvements.

La statistique des mouvements de valeurs nous oblige à faire passer par un compte tous les mouvements de sa classe, alors même que sa position n en serait pas modifiée.

Exemples. — I. Une maison de commerce vend à terme et au comptant ; dans le cas de vente à terme, le changement de nature de la valeur-marchandise en valeurcréance s'exprimera par l'écriture :

Acheteur X...

à Marchandises.

Dans le cas de vente au comptant, le changement de nature de la valeur-marchandise en valeur espèces s'exprimera par l'écriture :

Caisse

à Marchandises.

Supposons que l'acheteur X... achète tantôt à terme, tantôt au comptant ; si, pour des raisons commerciales, nous avons intérêt à connaître le montant total de ses achats, nous lui ouvrirons un compte qui les centralisera ; ceux etlectués au comptant seront comptabilisés en deux articles dans la forme :

Acheteur X...

à Marchandises.

et

Caisse

à Acheteur X...

IL Dans l'industrie, une matièr*e d'un usage courant a un compte qui centralise les opérations dont elle est l'objet. Il peut arriver qu'une certaine quantité de cette matière, achetée à l'extérieur, soit livrée directement à une fabrication. Le mouvement ne sera pas localisé entre le fournisseur et le consommateur, mais le compte de la matière sera pris obligatoirement comme intermédiaire, comme s'il avait reçu effectivement et distribué ensuite la fourniture en question.

Représentation On porte généralement le débit à gauche et le crédit à droite, graphique avec les indications doit et avoir lorsque les valeurs sont expri-

d'un compte. ^^^^ ^^^ monnaie de compte ; entrées et sorlies lorsqu'il s'agit

de valeurs matières représentées uniquement par des poids ou quantités. Nous donnons un exemple de compte établi d'après ce procédé. (Le compte, modèle n<» 1.)

On peut également établir un compte en inscrivant le débit en haut de la page et le crédit au dessous ; le modèle n" 2 donne un spécimen de ce dispositif que nous emploierons à peu près exclusivement en comptabilité industrielle.

Arrêté de compte. Arrêter un compte, c'est établir par une somuie unique la situation ou position de ce compte à un moment donné, eu faisant la dillérence des valeurs qu'il a cédées de celles (|uil a reçues. Pour cela, on totalise séparéuient le débit et le crédit, et on indique le résultat de la ditïérence au dessous du total le plus faible sous la rubrique liai unce de sortie. C'est ce solde qui servira de point de départ pour une nouvelle période sous la rubrique lialance d'entrée.

Lorsqu'on préfère établir des balances cumulées (dont nous parlerons plus loin), l'arrêté de compte se fera en totalisant le débit et le crédit au crayon, en interligne, et on reportera ces totaux sur un autre état pour en tirer la dillérence. Dans ce cas, les totaux du débit et du crédit s'ajouteront successivement jusqu'à la fin de l'exercice, époque à laquelle le compte sera arrêté définitivement à l'aide de la mention Balance de sortie.

Explication sur les rubriques Rous ces noms, on désigne une personne u Balance de sortie » f^^,^■^yQ ^^^^ p^g^d eu charge tous les soldes

et « Balance d entrée ». , , , ,

des comptes pour les grouper a cha(|ue

arrêté de comptes et les répartir entre ces mômes comptes lorsqu'on recommence une

nouvelle période.

Ces rubriques, d'un usage général, sont d'ailleurs facultatives et pourraient être

supprimées sans inconvénients.

Arrêté mensuel des comptes. Dans beaucoup de sociétés, les comptes sont arrêtés seulement en fin d'exercice ; nous ne saurions trop recommander l'appréciation de MM. Léautey et (îuilbault sur cette façon de comprendre la comptabilité. (LaScience des comptes, page V'Ill.)

Si, en c()mi)tabilité commerciale, on a encore la ressource de pointer les écritures, cet expédient est totalement insullisant en comptabilité industrielle, car il ne peut que faire appaïaître les erreurs sans pouvoir y remédier. La seule raison d'être de la comptabilité industrielle est de contrôler d'une façon permanente les mouvements de matières et les rendements des fabrications ; ce contrùle pour être efficace, doit corn porter des revues d'ensemble faites à des intervalles assez rapprochés pour permettre à la direction de se rendre compte de la marche de la société et d'en tirer les enseignements que l'examen individuel de chaque jour est insuffisant à dégager.

Dans les sociétés anonymes, notamment, où les administrateurs, ne voyant pas les détails, ont besoin d'être renseignés régulièrement, il est bon que ces renseignements soient étayés par des tableaux résumant clairement la situation de la société : situation et variations des stocks, valeurs disponibles, profils et pertes du mois, etc.

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