‹ Précis de comptabilité industrielle appliquée a la métallurgie [microform]Chapitre 53 sur 89 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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Prix de Revient

Généralités. Nous suinnies donc niaiuttnanl en possession de toutes les dépenses eflectuées pour la fabrication de chaque produit. Ces dépenses ont fait l'objet d'écri. tures régulières, contrôlées au fur et à mesure; elles ont été passées au grand livre; la balance des comptes a été dressée; les soldes des comptes de matières ont été vérifiés par liuventaire sommaire effectué le premier jour du mois. Nous sommes donc en présence d'un ensemble de faits dune exactitude indiscutable et que seule la comptabilité peut obtenir.

Dans ces conditions, il nous sera facile d'obtenir le prix de revient comptable de chacun des produits fabri(iués.

Les titres des dépenses unitaires seront les mêmes que ceux des comptes figurant au grand livre. II y aura intérêt à donner aux états de prix de revient la mêmecontex

ture qu'au grand livre.

On trouvera plus loin quelques spécimens de prix de revient qui feront l'objet

d'une discussion.

Il est incontestable que cet état est celui qui offre le plus d'intérêt pour le chef de fabrication. Eu ramenant toutes les dépenses à un terme de comparaison bien connu, il permet au chef de fabrication de se rendre compte iiumédiatemenl des variations dans le prix de revient et lui facilite la recherche de leurs causes en présentant les dépenses suivant les comptes du grand livre, ce qui permet de se reporter rapidement aux pièces justificatives.

Enfin, ce concept du prix de revient est le seul logique. Avec ce système, aucune dépense ne peut être omise, ce qui est inévitable dans l'établissement de prix de revient extra-comptables.

C'est même cette absence de liaison entre les services techniques et la comptabilité dans la plupart des usines qui empêche toute comparaison entre les prix de revient des usines entre elles. C'est égalemenl pour cette raison que l'on ne saurait trop se défier des prix de revient que Ion voit paraître de temps à autre dans les jour

naux techniques, surtout quand ils ont pour but de vanter un nouveau procédé de fabrication.

Spécimens de prix Nous avons donné un exemple de prix de revient du mi et dîso'ussion °®^^' ^" chapitre Services ,- nous n'y reviendrons pas.

Le modèle n" 1 est un prix de revient de fonte de i'* fusion qui présente sous une forme concise tous les éléments de comparaison utiles au chef de fabrication ; ce tableau sera complété par la communication du grand-livre d'entretien ou d'un résumé statistique de ce registre au chef de fabrication.

Les dépenses d'entretien ont été détaillées dans le prix de revient modèle n" 2. Cette disposition, vue dans une usine allemande, est égalemenl très claire et c'est à ce titre que nous la reproduisons.

Dans cette usine, les appareils ou services divers sont divisés en sections ayant à leur tète un chef responsable de toutes les dépenses. A la fin du mois, il est facile à l'ingénieur en chef des hauts-fourneaux d'établir rapidement les responsabilités de l'augmentation des dépenses dans chaque section. Au terme près, cette organisation se rapproche de celle (]uv nous avons préconisée au chapitre Services.

Les modèles n» 3 (lingots acier électrique) et n» 4 (fers laminés; ne présentent rien de particulier.

Le modèle n» o concerne la fabrication des limes.

Disons tout d'abord qu'en laison du détail considérable de cette fabrication, tant au point de vue de la diversité des formes que du grand nombre d'opérations, rétablissement du prix de revient ne pourra se faire mensuellement, (ne autre raison s'y oppose, c'est la durée des opérations. Expliquons-nous. Les limes à couteau, par exemple, ne sont faites que sur commande et non en prévision ; la fabrication d'un lot de ces limes pourra se trouver à cheval sur deux ou même trois mois. Dans ces conditions, on ne pourrait présenter chaque mois que des fragments de prix de revient.

Pour toutes ces raisons, il y aura donc intérêt à n'établir les prix de revient que par trimestre.

Pour cela, reportons nous aux quatre registres de fabrication, modèles n^^ 13 et 14, lesquels sont totalisés par trimestre (forge, meule, taille, trempe).

\ défaut des temps de marche, nous avons réparti les diverses dépenses sur la main-d'œuvre ou sur des coefficients choisis convenablement.

Dans chaque longueur, nous n aurons qu'à répartir les dépenses trimestrielles du registre n° 14 sur les totaux de main-d'œuvre du registre n" l.j et faire ensuite les prix de revient pour chaque espèce de limes.

On pourra opérer plus rapidement de la façon suivante :

On établira la main d'œuvre par unité de production, puis les coefficients de chacune des autres dépenses par franc de main-d'œuvre ; il n'y aura plus qu'à multiplier les coefficients par la main-d'œuvre unitaire dans chaque sorte.

Ceci dit, supposons que les quantités du mois de septembre représentent les

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totaux du trimestre et procédons à la confectioD du prix de revient des limes de 5 pouces, l'unité de production étant la dizaine.

Acier. — Diviser les poids par les productions et appliquer les prix de chaque classe aux poids unitaires.

FoiiGE. — § 1. Main-d'œuvre. — Le tarif du cassage étant le même pour toutes les espèces, diviser le tolal de n)ain d'œuvre par le total de production.

Faire les moyennes de main d'œuvre décomptées aux prix du tarif en divisant les sommes portées au registre n" 13 par les quantités dans chaque espèce ; inscrite les résultats dans les colonnes « tarif ». Les sommes payées aux ouvriers ne correspondant pas aux tarifs, étahlir la relation entre ces deux sommes (|ui est de O.îMK) pom- la forge à main et 0.885 pour la forge au pilon ; inscrire ces coeflicients sur la ligne à ce destinée et les multiplier successivement par les moyennes au tarif ; inscrire les résultats dans la colonne <( payée ».

Les dépenses du recuit et révision étant réparties suivant des roeflicients fondés sur l'expérience, diviser le total de main d'œuvre fiH;).30 par le total des coefficients 180.024 ; on obtient la dépense unitaire que l'on applique aux coefficients de chaque longueur.

§ 2. — Houille et entretien. — Etablir la relation entre les dépenses et la maind'œuvre payée prise comme coellicienl ; on obtient les coefficients 0.026 pour le cassage, 0.186 pour la forge à main, etc. On multiplie ces coefficients par les mains-d'œuvre dans chaque espèce.

§3. Frais générav r. — Diviser le total des frais généraux de la forge par le total de la main-d'œ.uvre de cet atelier; multiplier le coefficient trouvé par le total des mains d'œuvre unitaires dans chaque espèce.

Totaliser horizontalement les dépenses d'acier et de forge ; on obtiendra le prix de revient de la lime forgée. On vérifiera laddition en totalisant les colonnes.

Nota. — Les feuilles de sauge étant faites avec des limes demi rondes, on reportera le prix de revient de celles-ci dans celles-là à la place de l'acier.

Meule. — .Avec le résumé de fabrication ir 13, on fera les mises au mille des rebuts dans chaque espèce et ou inscrira les mises au mille totales dans la colonne « consommations, quantités ». Ces (|uantités seront décomptées aux prix de revient de la forge ; la répartition des autres dépenser se fera de la même façon que pour la forge. Le total nous donnera le prix de revient de la lime nieulée.

Taille, trempe. — Les mêmes opérations que ci dessus appliquées aux opérations de taille et de trempe, nous amèneront au prix de revient exact de la dizaine de limes (inics.

Nous aiirous aiu>i les prix de revient de la lime aux quatre étals d avancement, ce qui est indispensable, puisqu'on vend des limes suivant ces quatre états.

On pourra compléter utilement les états d« prix de revient de limes par un gra-

phique sur lequel on tracera les variations du prix de revient pour chaque espèce de limes. On portera les longueurs en abscisses, les prix de revient en ordonnées ; sur le même tableau on pourra ainsi représenter les prix de revient de toutes les espèces de limes (modèle n» 6).

On pourra également construire la courbe des prix de revient moyens par Ion gueurs, à l'aide du grand-livre modèle n" lo, ce qui permettra de rapides comparaisons avec les prix de vente.

D'une façon générale, nous ne saurions trop recommander l'emploi desgraphiques comme complément des statistiques; la lecture en est plus facile que celles de tableaux de chiffres et l'examen des points de rebroussement fournira souvent de précieuses indications.

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