‹ Précis de comptabilité industrielle appliquée a la métallurgie [microform]Chapitre 8 sur 89 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Tl^éorie générale de la Comptabilité

^a comptahilité est la science qui a pour objet l'étude des valeurs d'une entreprise commerciale ou industrielle, considérées dans leurs divers états, leur classement, leurs procédés de représentation, de façon à présenter en permanence la situation économique du moment de l'entreprise.

Le terme de comptabilité est ein[)l(»yé abusivement pour désifjner des opérations purement arithmétiques concernant des mouvements de valeurs n'ayant pas pour but leur modification ou leur accroissement par le travail et le capital, et ne présentant pas, de ce fait, une relation de cause à effet entre les valeurs originelles et les valeurs créées.

C'est ainsi que les écritures par lesquelles se traduisent les recettes et dépenses budgétaires! soit d un particulier, soit dun état) n'ont aucun rapport avec la comptabilité. Ce sont des opérations arithmétiques concernant lenregistrement de sommes sans relations entre elles; les récolemeuts, <'ompilations, suivant des paragraphes, chapitres, etc., au.xquelles elles sont soumises ne peuvent leur conférer le caractère essentiel delà comptabilité.

Une œuvre philanthropique peut recueillir des sommes par souscription et les répartir suivant le but qu'elle se propose ; l'ensemble de sa gestion financière ne constitue pas une comptabilité.

L'obligation qu impose la loi au commerçant de tenir attachement des sommes qu'il prélève sur son entreprise pour ses dépenses personnelles, ne saurait porter at teinte à notre définition, car la maison de commerce est une entité distincte de la personne du commerçant. Les prélèvements que fait celui ci sur sa maison de commerce constituent une dette qu il contracte vis-à vis de celle ci au même titre qu'un autre débiteur de cette maison.

La base de toute entreprise est le capital, constitué par la somme des valeurs de

toute espèce affectées exclusivement à l'entreprise ; ces valeurs peuvent être fournies soit par une seule personne, soit par plusieurs, suivant des contrats variables, ou bien être divisées en fractions égales appelées actions.

Le capital doit suffire pour les constructions projetées, pour la constitution des approvisionnements en matières, et, en outre, laisser disponible un fonds de roulement destiné à parer aux aléas des débuts de lentreprise et découvert chez la clientèle.

Dès le début, le capital prendra les formes suivantes :

1" Achat de terrains, de brevets, de licences ;

a*) Construction de bâtiments, achat de machines et d'outillage ;

3" Achat de matières premières ;

40 Sommes restées disponibles (fonds de roulement).

Suivant le développement ou l'insuccès de l'entreprise, le capital varie ; la comptabilité doit noter ces fluctuations afin de montrer à chaque instant la situation de l'entreprise.

L'ordre dans lequel ces valeurs doivent être classées n'est pas indifférent. Le compte du capital doit figurer en tète ; en effet, sans capital pas d'entreprise ; donc :

a) Capital.

Les réserves étant un nouveau capital, nous ferons figurer leur compte à la suite

du capital.

Dans les formes prises par le capital, nous avons des valeurs immobilisées, c està-dire qui ne peuvent se transformer, qui sont les instruments de travail ; nous les mettrons à la suite.

b) Valeurs immobilières : immeubles, machines, outillage.

Ensuite, nous avons les valeurs faisant l'objet de transactions ; nous en distinguerons deux sortes :

c) Les valeurs disponibles, c'est à dire celles que l'on peut réaliser immédiatement : espèces, effets de commerce, titres divers ;

d} Les valeurs engagées, dont la réalisation est subordonnée à la vente ; ce sont : les matières premières, objets divers en cours de fabrication ou produits finis, avec leurs éléments qui sont : main-d'œuvre, entretien du matériel, frais généraux.

MM. Léautey et (îuilbault font figurer parmi les valeurs disponibles, les matières premières et les produits destinés à la vente. En vertu de leur définition, les valeurs disponibles étant celles dont on peut opérer la réalisation immédiate, il est clair que les produits susvisés ne peuvent figurer dans celte catégorie. Il serait difficile à une usine de vendre ses produits s'il n'y avait pas d'acheteurs.

MM. Léautey et Guilbault, en établissant leur classement de valeurs, avaient sans doute eu vue la construction d'un navire ou d'une machine faisant l'objet d'une commande déterminée, auquel cas leur manière de voir peut être justifiée, mais souvent dans lindustrie, il n'est pas aussi facile qu'on le croit d'établir une distinction entre

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les matières premières, les produits en cours de fabrication et ceux destinés à la vente, c'est-à-dire supposés Unis.

Nous citerons un exemple typique et réel :

« Une usine métallurgique a hauts fourneaux, aciérie, laminoirs, fabrique de limes. Cette usine vend de la fonte en gueuses et en consonime à l'aciérie ; elle vend des barres laminées et en consomme d'identiques pour sa' fabrication de limes. La fabrication des limes comprend quatre opérations principales : forge, meule, taille, trempe, et on vend des limes suivant ces quatre états d'avancement, m

D'après le classement de MM. Léautey et Guilbault, il arrive donc ceci : la fonte que l'on vend doit être considérée comme produit fini et fait partie de la première série, alors que la même fonte, consommée à l'aciérie, sera matière première ou produit intermédiaire ; il faudrait donc ouvrir deux comptes à la fonte de lf« fusion.

La même observation s appli(|ue à tous les autres produits. Nous pourrions citer d autres exem[)les, mais ce serait donner trop d'importance à une question secondaire. Nous voulons simplement faire remarquer qu'il sera souvent préférable dans certaines industries, de grouper en un seul compte collectif toutes les matières premières et les produits usinés plutôt que de créer des subdivisions factices de matières premières, produits en cours de fabrication, produits finis, entre lesquelles les mouvements seraient compliqués sans présenter d intérêt.

Ces mêmes auteurs placent le compte de « frais généraux » dans le compte de résultats de l'exercice. A notre avis, le compte de « frais généraux » est un compte d'ordre devant se solder entièrement par des imputations aux produits fabriqués, puisqu'il représente des dépenses qui, quoique générales, n'en sont pas moins nécessitées par des fabrications. Nous le classerons donc dans les valeurs engagées.

e) Tous les mouvements de valeurs, achats, ventes de matières, donnent naissance à des transactions avec des tiers. Nous devons tenir les comptes de nos relations avec ces personnes. Nous les mettrons à la suite des valeurs engagées.

f) Les résultats de l'exploitation doivent être centralisés en un compte que l'on appelle « profits et pertes ». Ce compte fermera donc la marche.

Nous disposerons donc nos comptes de valeurs suivant l'ordre ci après :

Capital.

Réserves.

luimeubles.

Machines.

Outillage, Mobilier.

Comptes d'ordre.

Amortissements.

Caisse.

Effets à recevoir.

Valeurs en portefeuille.

Maind'œuvre.

Frais généraux.

Entretien du matériel.

Matières premières.

Produits en cours de fabrication ou finis.

Marchandises en route.

Comptes d'ordre.

Banquiers.

Fournisseurs.

Acheteurs.

(Comptes-courants.

Comptes d'ordre.

Ventes.

Profits et pertes.

j^^OTA. — La méthode de classement des comptes que nous venons d'exposer dérive de celle préconisée par MM. Léautey et Guilbault ; encore que cette dernière ne soit pas à l'abri de toute critique — non plus que la nôtre — c'est celle dont la conception nous a paru la plus rationnelle.

Tous ces comptes jouent entre eux. Nous diviserons leurs mouvements en deux catégories :

1" Echange des valeurs, sous forme d'espèces, effets de commerce, virements, avec établissement des pièces qui s'y rattachent, chèques, traites, etc., enfin, toutes les opérations commerciales et linancières qui ont lieu entre la société et l'extérieur. Le service chargé de la comptabilisation de ces valeurs prendra le nom de comptabilité commerciale ou générale ;

2" Prise en charge des matières ; classement et répartition des dépenses concernant ces matières et les transformations qu'elles subissent dans les ateliers jusqu'à leur vente décomptée au prix de revient.

C'est la comptabilisation des mouvements de la deuxième catégorie, qui fait l'objet de la C(unptabilité industrielle, dont nous allons entreprendre 1 étude détaillée.

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