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MODE DE PRÉLÈVEMENT DES MATIÈRES FÉCALES

Nous-même, nous basant sur un grand nombre de faits expérimentaux et cliniques, avons établi un régime d’épreuve spécial, variable suivant les cas que nous désirons étudier et dont nous nous réservons de donner, dans un autre chapitre, la composition (voir page 315).

2° Délimitation des fèces. — Les moyens mis en œuvre pour reconnaître les résidus de la digestion d’un aliment donné sont des plus variés. Nous pouvons les résumer sous trois chefs :

a) Procédés basés sur la coloration que donne aux fèces tel ou tel aliment. — Ces procédés reposent en effet sur cette constatation que les matières fécales prennent avec certains aliments une coloration toute particulière qui permet, en faisant ingérer successivement ces aliments divers, de reconnaître dans les résidus de la digestion ce qui appartient à chacun d’eux. C’est ainsi que le régime lacté donnant des selles blanc grisâtre facilement reconnaissables, que le régime carné les rendant très foncées, et que le régime végétal herbacé tendant à leur donner une coloration verdâtre, on a pu, en intercalant l’un quelconque de ces régimes entre deux autres, reconnaître aisément les variations de quantité et de composition des fèces par rapport à ce régime au préalable donné.

Exemple : F. Maurel (de Toulouse) qui, étudiant le temps nécessaire à nos aliments pour parcourir le tube digestif, emploie le régime lacté, invitant le malade à observer le temps que met le lait à apparaître dans les selles, et le temps qu’il met à disparaître après le retour au régime ordinaire.

Bidder et Schmidt, qui, chez le chien, ont recours au régime carné, donnant des fèces noirâtres et poisseuses facilement reconnaissables des fèces volumineuses fournies parle pain noir.

Rübner, qui intercale de la façon suivante ses repas R. Gaultier. — Précis de Coprologie. 2

d’épreuve entre deux régimes lactés : vingt-quatre heures avant la recherche, on fait absorber deux litres de lait, la dernière portion seize heures avant le commencement ; le dernier jour de la série, quinze heures avant la fin de celle-ci, le dernier repas est pris, et six heures après la fin, deux litres de lait sont de nouveau ingérés.

b) Procédés basés sur V absorption des substances inertes. — Ceux-ci consistent à faire prendre avant et après le repas d’épreuve des substances inertes que l’on retrouve facilement dans les fèces, ainsi nettement délimitées, pour le repas donné, par la présence de ces corps constatés au début et à la fin de l’excrétion des parties qui y correspondent. Exemple : c’est ainsi que Cari Voit a conseillé chez le chien l’emploi de 60 grammes d’os tendres donnés dix-huit heures avant et dix-huit heures après la fin d’une série de recherches ; qu’Adamkiewicz lui fait avaler une petite éponge avant et après ; que Salkowski et Munk emploient des morceaux de liège au commencementet à la fin de leurs expériences.

c) Procédés basés sur V emploi des poudres colorantes. — Ces derniers consistent à mélanger au repas d’épreuve des substances colorantes inattaquables par les sucs digestifs, substances qui, traversant d’un bout à l’autre le tube intestinal avec le bol alimentaire sans cesse transformé, sans subir elles-mêmes de transformation, délimitent les fèces par la coloration particulière qu’elles leur donnent. Ainsi se justifie l'emploi de la poudre de charbon dans les expériences de Maurel ; ou encore dans les recherches de Yon Noorden qui la donne sous la forme de 3 cuillerées à soupe de la potion suivante :

Charbon végétal 15 grammes.

Mucilage de gomme arabique.. 15 —

Eau de menthe poivrée 60 —

Ainsi se justifie l’emploi de toute autre substance colorante

inerte, incapable d’être absorbée, telle la poudre de carmin, à laquelle nous avons eu recours dans notre méthode, et dont nous signalerons plus loin le mode d’utilisation.

Bibliographie. — Schmidt et Strassburger, Die Fœces des Mensehen, Hirschwald, Berlin, 1901-1902. — Riva et Ch. Roux, Gaz. des hôpit., 1905 (Revue générale). — Cremer et Neumayer, Ueber Kothnabgrenzug ( Zeitsck . f. Biol., XXXV, 1897. De l’emploi de l’acide salicylique humide; et bibliographie, p. 391-393). — Maurel, Du temps nécessaire à nos aliments pour parcourir le tube digestif (Soc. de biol., 21 nov. 1903, p. 1429-1431). — Bidder et Schmidt, Die Verdaungsafte und die Stoffwechsel, 1852. — Rübner, Ueber die Ausnützung einiger Nalirungsinittel im Darmcanal des Menschen (Zeitsch. f. Biol., XV, 1879). — Carl Voit, Untersuchungen über die Auscheidungswege der stickstoffhaltigen Zersetzungsproducte aus dem thierischen Organismus ( Zeitsch . f. Biol., II, 1866), et Handbuch des Physiologie von L. Hermann (Leipzig, 1881).

Si, pour faire un examen macroscopique utile et détaillé des fèces, il vaudrait mieux tout d’abord recueillir les selles en ayant recours à l’artifice de Rübner qui consiste à tirer au-dessous du malade une grande plaque de porcelaine sur laquelle s’étalerait toute la selle que l’on pourrait ainsi envisager depuis son début jusqu’à sa terminaison (car l’on sait que très souvent leur aspect varie considérablement dans les différentes parties), on ne peut vraiment pas songer à employer ce moyen en dehors des maisons de clinique particulières, dans la pratique journalière, et habituellement nous recevons au laboratoire d’analyse une bouillie de fèces plus ou moins liquides ou plus ou moins compactes, recueillies pêle-mêle dans un vase, indépendamment des urines.

Il faut donc, à cette méthode d’étalement qui permettrait ainsi d’envisager commodément en différents points de la selle les parties reconnaissables macroscopiquement qui la

constituent, substituer une autre méthode de division qui les mette également facilement en évidence. Pour cela on peut tout simplement les étaler avec une baguette de verre ou encore, à l’aide d’un mince filet d’eau coulant sur un tamis, entraîner tous les détritus et ne recueillir que les parties distinctes; c’est ainsi qu’on opère pour les calculs biliaires ou pour les petits graviers de la lithiase intestinale.

Boas a recommandé dernièrement pour cette opération un tamis spécial. Celui-ci se compose de deux boules hémisphériques faciles à manier, grâce à une fermeture en baïonnette. La demi-sphère supérieure peut être mise en communication avec un robinet, la demi-sphère inférieure permet l’écoulement de l’eau dans une cuvette. A l’intérieur existe un double tamis, l’un supérieur, gros, l’autreinférieur, plus fin. Au-dessus du tamis inférieur est une ouverture que l’on peut fermer avec un couvercle et par laquelle on peut agiter les fèces à examiner avec une baguette de verre. L’eau en s’écoulant sur elles entraîne tous les détritus et sépare sur les deux tamis, suivant leur grosseur, les particules reconnaissables que l’on peut ainsi facilement étudier. Mais l’on peut plus simplement encore, comme le fait Van Ledden Hulsebochs, agiter les fèces dans l’eau, et, après les avoir ainsi délayées, décanter à plusieurs reprises pour en examiner le résidu, soit que l’on se serve alternativement de cuvettes noires ou de cuvettes blanches pour discerner ainsi plus facilement les divers résidus par contraste de coloration ; soit que, suivant Ricardo Lynch, on n’use que d’une seule cuvette, analogue à celles en usage en photographie, de dimensions 13X18 par exemple, dans laquelle on verse un bloc de 5 grammes de fèces délayées dans 2 à 400 grammes d’eau, suivant leur couleur et la transparence, et qu’on fasse passer ensuite successivement cette cuvette au-dessus d’un papier quadrillé comme un damier de noirs

et de blancs dont les dimensions sont à peu près égales à celles de la cuvette. Alors sur ces carrés se détachent en clair ou en sombre les différentes particules qui ne peuvent ainsi échapper à un œil exercé, surtout si Ton a soin de se munir d’une loupe grossissant 5 à 10 fois.

Au reste, chacun peut à ce point de vue se conformer à la méthode qui lui semble la meilleure. La plus rapide nous paraît préférable, car de toutes les manipulations que demande l’examen des fèces, c’est le seul examen macroscopique qui puisse être une cause réelle de répugnance pour le médecin.

Bibliographie. — Boas, Deutsche med. Wochenschrift, 1900. n° 36. — Van Ledden Hulsebochs. — Ricardo Lynch, Goprologia (Tesis, Buenos-Aires, 1896).

1° Son importance diagnostique. — L’examen microscopique est obligatoire dans toute analyse complète de fèces. En effet, lui seul permet d’apprécier en connaissance de cause la nature des aliments non utilisés, dont l’analyse chimique ne peut le plus souvent que donner la quantité.

Il y a en effet dans les excréments de nombreuses matières indigérées qui n’ont point été attaquées par les sucs digestifs, tout comme dans les scories des mines existent, suivant la pittoresque comparaison de Schilling, des restants de métaux précieux échappés au nettoyage ; le microscope permet de les reconnaître, de les caractériser, et de comparer ainsi d’une façon plusutile peut-être que par un pourcentage d’azote total, par exemple, la teneur des excreta à celle des ingesta.

Ne rappelant que pour mémoire les ouvrages anciens ou incomplets de Leeuvenhoek, de Schonlein, de Merklein,

de Frerichs, d’Hofle, de Rawitz , de Wehsorg, de Lambl, de Rathay, d’Hoppe Seyler, de Rübner, de Constantinidi, de Moeller, de Kermauner, nous renverrons le lecteur qui s'intéressera particulièrement à cette étude aux livres fondamentaux de Szvdlowski, de Nothnagel et particulièrement de Van Ledden Hulsebochs, de Schilling- et de Ricardo Lynch ; le premier et le dernier richement ornés de microphotographies des plus instructives, le deuxième, celui de Schilling-, ne contenant que des dessins médiocres, mais commentés par un texte des plus précis.

Lynch fait remarquer avec juste raison que les examens cliniques et l’inspection superficielle des fèces ne peuvent pas à eux seuls donner le moindre indice sur l’état des fonctions dig-estives, sauf dans les cas franchement pathologiques, dans lesquels les fonctions se révèlent extérieurement par des symptômes locaux ou g-énéraux, plus ou moins remarquables, et par suite entraînent un aspect des fèces tel qu’un œil tant soit peu exercé peut y reconnaître facilement des troubles manifestes. Or, l’analyse chimique étant de son côté dans certains cas d’un emploi si lent et si compliqué, qu’on ne peut songer à y recourir dans la pratique journalière, il apparaît alors nettement que le seul procédé sûr, le plus rapide et le plus pratique, parce qu’il peut être facilement appliqué à tous les cas, tant dans les hôpitaux que dans la clinique privée, pour apprécier l’état des déjections et la façon dont sont dig-érés et utilisés les aliments, est l’examen microscopique des fèces. Cetexamen nous permet de déterminer les conditions d’une digestion normale chez un individu à l’état sain, alimenté rationnellement en proportion de sa capacité digestive individuelle et de contrôler les oscillations de l’activité digestive eu égard au facteur alimentation, dans les cas normaux comme dans les cas pathologiques. Il permet en outre d’apprécier dans chaque

cas, en tenant compte de la qualité et de la quantité des aliments, ainsi que de la façon dont ils ont été ingérés, la mesure de la capacité digestive individuelle et la nature et l’intensité des perturbations digestives, rien qu’en observant laquantité etlaqualité des résidus alimentaires qui se trouvent dans les fèces et en y constatant l’absence ou la présence plus ou moins abondante, d’autres éléments provenant de l’intestin lui-même ou développés dans son canal, de même que la présence de quantités plus ou moins considérables de microorganismes végétaux qui jouent, comme agents morbides, un rôle extrêmement important en pathologie. Enfin, l’examen microscopique des fèces répété et fait de façon méthodique permet de découvrir l’étiologie et la pathogénie de la plus grande partie des affections fonctionnelles et organiques des voies digestives, de reconnaître le siège et de déterminer l’étendue de la maladie.

Telle est son importance ; voyons comment il se pratique.

2° Manière de le pratiquer. — L’examen microscopique des fèces est des plus simples à faire. 11 est à la portée de tous ceux qui savent manier un microscope, et ne saurait offrir comme l’examen macroscopique une répugnance qui en écarte. Il suffit en effet de prélever, à l’aide d’une spatule, des parcelles de matières fécales que, suivant leur consistance, on délaiera ou non dans l’eau et qu’on placera ensuite entre une lame porte-objet et une lamelle couvreobjet. On pourra faire ainsi une série de préparations, soit sans parti pris, en prélevant n’importe quelle particule des fèces, soit en choisissant parmi les substances visibles macroscopiquement qui n’ont pu encore être déterminées et que le microscope seul permettra de reconnaître.

Lynch, pour des préparations extemporanées, a recours à trois sortes de liquides : 1° tout d’abord à l’eau distillée,

qui a l’avantage de permettre de voir certaines substances qui passeraient inaperçues à cause de leur transparence si l’on se servait d’autres liquides, tels la glycérine, qui ont justement la propriété de rendre transparents certains objets ; — l’eau distillée a encore l’avantage de permettre l’examen de parasites animaux, que tuent ou altèrent d’autres liquides ; mais elle a aussi comme inconvénient de créer dans la préparation des courants plus ou moins rapides qui font changer de place les objets, empêchent par cela même de les observer avec de forts grossissements d’une façon continue et ne permettent point d’obtenir de bonnes images photographiques ; — 2° la glycérine pure qui évite ces derniers inconvénients en donnant des préparations fixes, grâce à sa viscosité, son évaporation négligeable, en rendant transparents certains objets qui se détachent mieux, a, par contre, le tort de rider, rétracter et détériorer certains éléments très délicats; — 3° le troisième liquide auquel il a recours est la glycérine iodée qui teinte certains éléments en bleu ou rouge violet, et colore le reste en une teinte faiblement jaunâtre.

Il est encore à recommander pour ces examens d’opérer autant que possible sur des matières fraîches et, petit détail, qui a bien son importance, dans le cas où celles-ci n’ont été apportéesque tardivementau laboratoire d’analyse, il est bon de prélever les parties centrales et non celles qui ont été en contact avec l’air, et qui ont pu subir de ce fait des transformations.

Ainsi donc pour faire un examen microscopique général des fèces, il est nécessaire comme outillage de posséder, outre un microscope avec des grossissements variés, une spatule, un fil de platine, quelques verres de montre que l’on disposera à volonté sur des transparents noirs ou blancs, de l’eau distillée et des lames et lamelles.

Une fois cet examen général terminé, et ayant pris ainsi une idée de la composition microscopique des fèces, on peut en analyserde plus près les caractères. Pour ce faire, après avoir trituré avec de l’eau dans un mortier aussi finement que possible les fèces à examiner, on place le liquide ainsi obtenu dans un tube à centrifuger, et c’est avec le culot de centrifugation où les divers éléments se disposent par couches successives suivant leur taille et leur poids, que Ton fait les préparations microscopiques. Dans cette centrifugation on peut encore séparer les différentes parties en traitant successivement le culot par des acides, de l’alcool ou de l’éther, de façon à dissoudre certaines d’entre elles et à ne conserver que celles que l’on désire examiner ; c’est un procédé analogue par exemple à celui qui consiste à détruire les globules roug'es dans une préparation de sang pour mieux numérer les globules blancs.

Enfin on peut encore employer différents réactifs microchimiques pour caractériser ces particules microscopiques, et cela suivant leur nature : on aura recours soit aux solutions aqueuses d’éosine, de bleu de méthylène, de safranine, soit à l’acide osmique à 20 p. 100; à la solution iodo-iodurée de Lugol (1 gramme d’I pour 2 grammes d’IK) à l’alcool, à l’éther, au chloroforme, à l’acide acétique à 30 p. 100, à l’acide chlorhydrique dilué à 3 et 5 p. 100, etc.

Quant au montage des préparations que l’on désire conserver, il est des plus délicats et donne des résultats inconstants. Lynch a employé différentes solutions dont il ne recommande aucune et que j’énumère ici d’après lui : eau et glycérine à parties égales ; glycérine, eau, gélatine à parties égales ; solution épaisse de gomme arabique avec ou sans glycérine au tiers; solution aqueuse de gélatine avec ou sans glycérine ; solution d’acide phénique à 1 p. 100 ; solution de bichlorure de mercure à 1 p. 100.

Bibliographie. — Leeuvenhoeck, Brief (1er Royal Society, 1717. — Schonlein, Archiv für Anatomie und Physiologie, 1836. — Merklein, Ueber dcn Grünere Stuhl nach Gebrauch des Calomels, 1842. — Frerichs, Handworterbuch der Physiologie Wagner's, 1846. — Hôfle, Chemie und Mikroscopie am Krankenbette, 1848. — Rawitz, De vi alimentarum, 1846. — AVehsarg, Mikroskop. und chem. Untersuchung. von Fœces gesunder erwachsener Menschen. — Lambl, Mikroskop. Untersuchungen der Darmsekrete. — Rathay, Jahrbüch. d. K. K. — Hoppe Seyler, Physikal Chemie. — Rubner, Zeitsch. f. Biol., XY. — Constantinidi, Zeitsch. f. Biol., XXIII. — Kermauner, Zeitsch. f. Biol., 1894. — SzYDLowsKi, Mikroskop. und chemischc Untersuchung der Fœces gesunder Menschen, 1879. — Van Ledden Hulsebochs, Makr. und mik. Diagn. der menschlichen Excremente. Berlin, 1899. — Schilling, Die Verdanlichkeit der Nahrung und Gerünsmittel auf Grund mikroskopische Untersuchungcn der Fœces, Würzbourg, 1901. — Ricardo Lynch, Coprologia. Tesis, Buenos-Aires, 1896. Étude des fèces normales (in Argentina medica, 1904). — Examen microscopique des fèces; son importance et son application à la pratique professionnelle (IIe Congrès médical latino-américain).

De meme que nous nous sommes réservé de donner en détail, aux chapitres qui suivront, les méthodes d’analyse macro et microscopiques s’adressant à telles ou telles parties constituantes des fèces, de même ici, nous ne donnerons qu’à titre d’introduction un aperçu général sur leur examen chimique, nous réservant plus tard de préciser les méthodes spéciales d’analyse de chaque corps que l’on désire connaître et d’apprécier la valeur des formules que cet examen nous fournit pour l’interprétation des phénomènes cliniques.

On peut avoir besoin de l’analyse chimique soit pour jaire une analyse quantitative et respectivement proportionnelle des parties constituantes, soit une détermination qualitative. Dans le premier cas et d’une façon assez grossière on peut se contenter d’abord par la méthode de Kjeldahl de tirer tout l’azote qu’elles contiennent, ensuite par la méthode de Soxhlet d’épuiser toutes les matières grasses avec l’éther

pour connaître la quantité de graisses qui entrent dans leur constitution, et enfin, après incinération et dosage des cendres, de calculer par différence des trois termes précédemment obtenus leur teneur en hydrates de carbone. Nous verrons par la suite que cette analyse par trop simpliste ne répond en rien aux exigences de la clinique, et qu’elle ne mérite pour ainsi dire d’être indiquée qu’à titre de méthode historique, comme étant la première utilisée par l’école physiologique de Munich. Cependant cette méthode présente une utilité dans certains cas que nous préciserons ultérieurement.

Par contre, il peut être nécessaire d’avoir recours à une méthode analytique très complète, sinon pour tous les éléments des fèces, du moins pour quelques-uns d’entre eux dont la connaissance exacte permet de tirer de leur constatation des indications diagnostiques, pronostiques ou thérapeutiques.

Nous réservant d’insister par ailleurs sur les diverses applications de ces méthodes d’analyse chimique des fèces, dans ces généralités nous n’ajouterons plus que deux mots sur l’emploi des substances fraîches et des substances sèches, pour dire qu’il est bon en pratique, au début d’une analyse de fèces, de faire après prélèvement des différentes parties de leur masse une sorte de mélange de ces parties, et de ce mélange défaire plusieurs lots. Les uns seront conservés à l’état frais en ajoutant une petite quantité de thymol ou d’eau chloroformée, les autres seront désséchés par leur passage à l’étuve à 100°.

L'outillage pour l’analyse chimique des fèces comporte en effet une étuve de d’Arsonval à 100°, des balances, des capsules tarées, des mortiers, des filtres, des eornues, un appareil Soxhlet, un uréomètre, etc., et les nombreux réactifs tels qu’acide sulfurique, potasse, liqueur de Fehling, etc., dont

nous apprendrons par la suite l’usage particulier, de même que nous spécifierons l’emploi de ces derniers et le maniemen t des appareils ci-dessus mentionnés. 11 est inutile d’ajouter que, pour pratiquer quelques-unes de ces opérations chimiques, il sera bon d’avoir dans le laboratoire une hotte pour entraîner les produits volatiles à odeur désagréable qu’elles peuvent dégager et qui peuvent, dans des cas pathologiques, être la cause d’intoxications plus ou moins graves (cas personnel d’ictère catarrhal).

On voit par ce simple aperçu que si les deux premières méthodes d’examen clinique des fèces, examen macroscopique et examen microscopique, sont d’un accès facile pour tous les médecins, l’examen chimique nécessite des connaissances spéciales et l’outillage d’un laboratoire que l’on ne peut exiger que du chimiste ou du pharmacien. Si nous insistons sur cette dernière méthode autant que sur les premières, ce ne sera donc pas tant pour les initier à leurs procédés compliqués que pour leur permettre de suivre les analyses qu’ils devront faire exécuter et, d’en apprécier avec connaissance de cause les résultats.

Bibliographie. — Hoppe Sevler, Chimie physiologique. — Schmidt et Strassburger, Die Fœces des Menschen (Hirschwald, Berlin. 1901-1902). — Lambling, Dictionnaire de Wurtz. — Garnier et Schlagendhaufen, Encyclopédie chimique de Frémy.

L’étude bactériologique des matières fécales complétera les différentes méthodes d’examen que nous avons précédemment envisagées. Le nombre des microbes et leur variété rendent cette élude des plus difficiles ; et nous verrons par la suite qu’elle ne peut fournir que des renseignements assez restreints pour les déductions cliniques.

Il y a lieu dans cette étude de procéder avec méthode, et voici comment on peut en poser les règles générales avec Escherich, Hammerl, Vignal et Tissier.

1° Prélèvement des matières. — Il faut en bactériologie chercher à se mettre toujours dans les conditions d’asepsie les plus absolues. Aussi Escherich pour le prélèvement des selles se servait d’un tube de plomb rigoureusement stérilisé qu’il adaptait à une seringue ; il introduisait ce tube de plomb dans le rectum après avoir soigneusement stérilisé l’appareil et lavé l’anus avec du sublimé.

« Tissier a recours à un tube de caoutchouc assez rigide dans le genre d’une sonde urétrale ; on le fait bouillir pendant dix minutes et on le place dans un tube stérilisé bouché avec du coton hydrophile. On met le tout à l'autoclave à 120° pendant vingt minutes. On se munit également d’une pipette et d’un tube de caoutchouc, et quand on veut recueillir les fèces de l’enfant à examiner on adapte à la grosse extrémité de la pipette le tube de caoutchouc. On flambe la pipette que l’on brise dans sa partie moyenne avec une pince flambée; on débouche le tube qui contient la sonde, et, après en avoir flambé l’orifice, on retire la sonde toujours avec la pince flambée.

L’anus ayant été au préalable lavé au savon, puis à l’éther, puis à l’eau stérilisée, on introduit avec la pince la sonde dans le rectum à une profondeur de G millimètres environ. On adapte la pipette à l’extrémité de la sonde et on aspire. Les matières fécales montent dans la sonde jusque dans la pipette. S’il n’existe pas de matières dans le rectum, il faut faire avec la sonde des mouvements d’avant en arrière pour provoquer les mouvements péristaltiques de l’intestin. Quand on aura assez de matières pour l’examen microscopique et les cultures, on replacera avec les mêmes précautions la sonde dans le tube stérilisé.

Il faut ensuite faire le plus rapidement possible l’examen de la culture. Pour cela on coupe par sa moitié avec des ciseaux flambés la sonde et on recueille avec une pipette stérilisée la quantité nécessaire, en ayant soin de ne pas toucher les bords de l’ouverture de la sonde. De cette façon on évite de prendre les matières qui auraient pu être en contact au début et à la fin avec l'œilleton de la sonde qui pourrait être souillé à son entrée ou à sa sortie de l’anus. »

Cette pratique de Tissier, employée par lui chez l’enfant surtout dans un but de recherches expérimentales et que nous avons tenu ici à rappeler tout au long-, peut être de beaucoup simplifiée chez l’adulte, qui ne saurait se prêter comme l’enfant aux diverses manœuvres qu’elle exig-e. Il suffit en effet, dans un but de recherches purement cliniques, de puiser avec l'aiguille de platine au sein de la masse des matières fécales dont on a au préalable écarté les parties superficielles à l’aide d’un couteau flambé.

2° Examen microscopique. — Pour pratiquer ensuite l’examen microscopique, on étale sur une lamelle une mince couche de matières fécales et on examine d’abord sans coloration. Ce procédé permet de se rendre compte de la mobilité de certaines espèces et de certaines particularités dans la forme des espèces quela fixation peut empêcher de voir. On peut aussi avoir recours dans ce même but à des solutions aqueuses très diluées qui colorent les microbes sans les tuer et laissent pour la diagnose cet utile caractère de mobilité qu’ils perdraient ainsi que leurs dimensions, en se rétractant par la dessiccation.

Après ce premier examen, on fixe par la chaleur et on colore d’abord avec les colorants basiques ordinaires. On peut employer le violet de gentiane, le bleu de méthylène, le Ziehl dilué, la fuchsine acide, etc., et l’on note avec soin tous les détails de la préparation, laforme, lavariétédes espèces,

la façon dont elles se laissent colorer. On fait alors une nouvelle lamelle que l’on fixe de la même manière et que l'on colore suivant la méthode de Gram.

C’est ainsi qu’on devra toujours procéder avant tout essai de culture. Par ces examens en effet, on pourra soupçonner l’espèce dominante, de telle sorte que suivant le caractère présumé de cette espèce, on pourra faire varier la méthode d’ensemencement.

3° Procédés de culture. — D’après la technique de Tissier, on doit diluer la parcelle de matières fécales dans une faible quantité de bouillon et la mettre immédiatement dans les tubes de dilution. Il est important d’agir rapidement, car dans un milieu liquide comme le bouillon, le rapport des espèces change très vite. Certaines espèces se développent avec une extrême rapidité ; d’autres au contraire, comme certaines espèces anaérobies, meurent rapidement dans ce bouillon âcre.

La gélose semble être le milieu de choix pour les différentes cultures des microbes aérobies du tube digestif. Cependant sur l’agar peptonisé et salé, ou agar ordinaire, toutes les espèces ne poussent pas; aussi recommande-t-il d’y joindre une substance nutritive telle que la glucose à la dose de 1,5 p. 100.

Dans ces conditions, pour éviter d’obtenir à la fois des colonies en profondeur et en surface, les premières étant alors difficiles à différencier, comme cela se produit quand on ensemence dans la gélose encore liquide pour la couler par la suite dans les boîtes de Pétri ou sur des plaques, — il est préférable de recourir au procédé de Yeillon qui se sert de gélose non desséchée, laissant exsuder de l’eau qui se réunit au fond du tube. On ensemence dans cette eau d’exsudation par dilutions successives, et on incline le tube après l'ensemencement. Le liquide se répand sur le milieu

et dissémine les espèces sur cette surface. 11 redresse ensuite le tube pour le mettre à l’étuve.

Ces procédés ne peuvent être considérés que comme méthodes générales. Us ne peuvent donner que les aérobies. Or, dans l’intestin, il est des microbes nombreux qui sont, soit d’une façon facultative, soit strictement anaérobies. Aussi est-il recommandé d’employer des milieux privés d’air; mais ceux-ci à leur tour empêcheraient la culture d’espèces strictement aérobies, et nécessiteraient une double série d’ensemencements. Aussi, moditiant la méthode de Liborius, Veillon conseille-t-il dans ces cas une méthode plus générale qui permet d’isoler à la fois aérobies stricts facultatifs et anaérobies. Cette technique a fait ses preuves. Rist, Guillemot, Hallé, Cottet y ont eu recours après Veillon; Tissier l’a employée pour ses recherches sur les microorganismes des matières fécales, et Lippmann dans son étude du microbisme biliaire normal et pathologique. Voici en quoi elle consiste :

1° Préparation du milieu. — A une gélose à 18 ou 20 p. 100, préparée avec la macération habituelle de viande de bœuf (500 grammes pour un litre d’eau), on ajoute 5 grammes de sel marin, 10 grammes de peptone et 15 grammes de glucose par litre. La gélose, le sel et la peptone sont ensemble ajoutés à la macération de 24 heures et le tout est porté à l’autoclave à 100° jusqu’à liquéfaction de l’agar. Après alcalinisation légère avec une solution de carbonate de soude, l’on porte à 115-120° pendant une demi-heure environ. On refroidit rapidement, tout en agitant le liquide, afin d’éviter qu’il ne fasse prise sur les parois. Une fois la température de 60° atteinte, vérifiée au thermomètre, on colle le mélange avec un ou deux blancs d’œufs, eton ajoute une solution de glucose de 15 à 20 grammes dans 100 grammes d'eau. Le tout est alors reporté à 120° pendant un quart d’heure, et, si le collage a été bien fait, la filtration sur papier Chardin s’opère ensuite sans difficulté. Le liquide est enfin distribué dans des tubes préalablement passés au four Pasteur et soumis

à une dernière stérilisation à l’autoclave. Le milieu doit être clair, transparent, libre de tout grumeau et de réaction franchement alcaline.

2° Pratique des ensemencements. — Pour pratiquer les ensemencements, on met fondre au bain-marie une certaine quantité de tubes (de 5 à 10, d'autant plus nombreux que le produit étudié sera plus riche en microbes), au préalable recouverts de capuchons de caoutchouc. La liquéfaction étant obtenue, on laisse refroidir jusqu’à 40° environ et on ensemence à l’aide d’une pipette, alors que la gélose n’est pas encore solidifiée. Le premier tube est d’abord ainsi ensemencé, on l’agite vivement pour obtenir une répartition uniforme des germes dans le milieu nutritif. On aspire dans la pipette une certaine quantité du mélange obtenu que l’on transporte dans le second tube, et successivement, par dilutions progressives, la série des tubes préparés est ensemencée. Immédiatement après, on plonge les tubes dans l’eau froide pour les solidifier brusquement; on porte à l'étuve à 37° après avoir étiqueté et numéroté chaque tube.

3° Isolement et repiquage. — En se refroidissant, la partie supérieure de gelose dissoute absorbe de l’air. Le cylindre d’agar se trouve donc divisé en trois zones : une zone aérée toute superficielle de 2 centimètres de hauteur environ ; une zone profonde totalement dénuée d’oxygène et une zone moyenne. Dans la première zone se développent les aérobies purs ; dans la deuxième zone les anaérobies facultatifs ; dans la troisième les aérobies stricts ; on fera la distinction entre ces deux dernières variétés, d'abord par leur date d’apparition, car les colonies qui apparaîtront de vingt-quatre à quarante-huit heures, sont la plupart du temps des facultatifs, les anaérobies poussant en général plus tard, 4, 5 et même 10 à 12 jours après. On peut recueillir facilement ceux de la première zone soit avec un fil de platine, soit avec une pipette stérilisée à laquelle on adapte le tube de Guillemot ; les anaérobies sont recueillis de même en évitant de toucher aux autres colonies; on réensemence alors dans d’autres tubes profonds et, s’ils sont facultatifs, ils pousseront jusqu’en haut; s’ils sont anaérobies stricts, ils s’arrêteront à la zone aérée, et ne pousseront que dans la zone de l'anaérobiose.

Quand une espèce est isolée, on se sert alors des méthodes usuelles pour étudier ses caractères.

R. Gaultier. — Précis de Coprologie. 3

Nous en aurions fini avec ces méthodes de culture des microorganismes des matières fécales, si, en raison des difficultés qu’elles présentent, nous ne voulions encore ici signaler une méthode recommandée par Matzuschita qui, consistant en l’emploi comme milieux de cultures de substances dans lesquelles se développent normalement dans le tube digestif les microbes en question, permet à ceux qu’une faible vitalité ne laisse point se développer dans les milieux de cultures usuels, de coloniser plus facilement et par suite donne des résultats plus complets.

C’est ainsi qu’il a eu recours aux milieux suivants :

Muqueuse intestinale agar...

Ex. : Foie, bile agar : 500 grammes de foie de bœuf haché, 30 grammes de farine de petits pois bouillie avec de l’eau ; dans le liquide refroidi sont ajoutés 7 grammes de peptone, 5 grammes de gros sel, 0er,20 d’HCl et on laisse le tout, après l’avoir bien remué, pendant trois heures dans l’étuve à 37°. On ajoute ensuite 600 grammes de fiel de bœuf, et de nouveau on laisse le tout trois heures à l’étuve à 37°. On fait cuire alors l’ensemble comme de l’agar ordinaire, on le filtre, on ajoute de l’agar, on filtre de nouveau et on stérilise. On obtient ainsi, malgré l’HCl ajouté, un sol de nutrition alcalin.

4° Expérimentation sur les animaux. — Quand une espèce est isolée et étudiée, il est nécessaire de rechercher son action sur les animaux, soit qu’on procède par inoculation, soit qu’on procède par ingestion. La première méthode, inoculation sous-cutanée ou dans le péritoine, ne peut donner que des renseignements incertains sur leur rôle dans la pathogénie des diarrhées, de même sur leur

Foie agar

Pancréas agar.

Cerveau agar.

EXAMEN PHYSIOLOGIQUE DES MATIÈRES FÉGAlES.

virulence, car les ensemencements successifs peuvent être rendus responsables d’une atténuation marquée dans cette virulence du germe.

De même, les ingestions ne pourraient fournir de renseignements certains que si la flore intestinale des animaux était la même que celle de l’homme. Or, il n’en est rien, au moins en ce qui concerne les petits animaux de laboratoire tels que souris, cobayes ou lapins et, comme le fait remarquer Tissier, on ne se trouve point dans des conditions d’expérimentation assez rigoureuses pour conclure quand on fait ingérer à un animal une espèce qui peut être nocive pour l’homme. Nous insisterons donc peu sur cette partie de l’expérimentation qui du reste sort complètement du cadre des recherches purement cliniques.

Bibliographie. — Escherich, Die Darmbakterien des Saüglinges. Stuttgart, 1886. — Vignàl, Recherches sur les microorganismes des matières fécales et sur leur action sur les substances alimentaires [Arch. de physiol. norm. et pathol., 3e série, 1887, p. 494). — Tissier, Recherches sur la flore normale et pathologique du nourrisson. Thèse de Paris, 1900. — Veillon, Les microbes anaérobies en pathologie (Comptes rendus du XIIIe Congrès de médecine, Paris, 1900). — Rist, Thèse de Paris, 1900. — Guillemot, Thèse de Paris, 1899. — Halle, Thèse de Paris, 1898. — Cottet, Thèse de Paris, 1898. — Lippmann, Microbisme biliaire normal et pathologique, Thèse de Paris, 1904. — Matzusciiita, Inaugural Dissertation. Halle, 1902.

6. EXAMEN PHYSIOLOGIQUE ET EXPÉRIMENTAL DE LA TOXICITÉ DES MATIÈRES FÉCALES

La présence de substances toxiques dans les matières fécales et leur rôle dans l’étiologie des maladies ont été mis en évidence surtout par le Pr Bouchard et son élève Gharrin, le premier dans ses leçons sur les auto-intoxications, le deuxième dans son travail sur les poisons du tube digestif et les défenses naturelles de l’organisme.

Depuis lors de nombreux auteurs ont traité ce sujet (Brieger, Salkowski, Baumann, Nenki) et ont recherché à quels éléments était due la toxicité des matières fécales. Tout récemment Le Play, reprenant la question tout entière, a précisé par un grand nombre d’expériences des mieux établies, d’une part la variété des poisons du tube digestif, capables de déterminer une foule de désordres différents, d’autre part, les oscillations du pouvoir offensif des fèces suivant l’état de défense de la muqueuse intestinale. Bien que ces méthodes n’aient point encore d’utilisation clinique, nous les rapporterons ici à cause de l’importance des faits qu’elles ont permis d’étudier, et parce qu’elles pourront peut-être un jour entrer dans la pratique, surtout si l’on veut se servir du coefficient entérotoxique, récemment défini par Roger et Garnier pour étudier dans les différentes maladies l’état de toxicité des matières fécales, comme on peut, par le coefficient urotoxique de Bouchard, étudier l’état de toxicité des urines suivant les divers états morbides.

Technique. — Gomme technique, on peut, soit employer des extraits aqueux, des extraits alcooliques ou des extraits éthérés de matières que l’on stérilise en les portant à 100°, ou en les filtrant sur porcelaine, ou encore en les soumettant à des manipulations variées avec l’alcool , l’éther, etc. ; soit employer la méthode de Le Play qui procède de la façon suivante :

« On prélève une certaine quantité de matières, on les pèse et on les triture dans une capsule stérilisée avec quatre fois leur poids de sérum glycériné.

Glycérine 1 gramme.

Sérum physiologique NaCl 7 p. lüüü... 100 grammes.

Quand les matières malaxées forment un tout homogène avec le sérum, on filtre le liquide ainsi obtenu à deux ou

trois reprises sur un linge fin, aseptique ; on le recueille dans des tubes à essai également aseptiques, et l’on procède à la tyndallisation. Dans ce but, ces tubes sont placés dans une cuve à eau à température constante (58°-59°) qu’il ne faut jamais dépasser. La stérilisation par ce procédé est en général obtenue en trois à cinq heures. On s’en rend compte par ensemencement sur bouillon ou gélose ordinaire pour les aérobies, sur gélose sucrée suivant la méthode de Veillon pour les anaérobies. Si le milieu cultive, on répète ces séances de tyndallisation aussi fréquemment que le réclame la stérilisation des fèces. Dans cette méthode, on ne tue pas tous les microorganismes, mais on affaiblit peu à peu et par étapes successives leur vitalité. Finalement on les met hors d’état de nuire. Ainsi on n’anéantit pas les poisons, en même temps que les microbes; pendant que progressivement atténués ces germes deviennent enfin inoffensifs, la composition chimique du milieu est peu modifiée ; presque tous les produits demeurent intacts. On sait en effet qu’au-dessous de 57°, peu de principes sont sensiblement altérés. L’injection est faite dans le tissu cellulaire sous-cutané, après asepsie parfaite, de façon à éviter toute cause d’infection secondaire. Dans quelques cas, afin d’étudier la toxicité immédiate, on peut employer la voie intraveineuse. »

Roger et Garnier ont recours plus simplement à la méthode suivante : Ils prélèvent 20 à 30 centimètres cubes de fèces qu’ils délayent dans un tiers d’eau salée et, après avoir agité le mélange, ils le soumettent à la centrifugation ; ils décantent le liquide surnageant, le filtrent sur papier et l’injectent par voie intraveineuse à raison de 1 centimètre cube et demi à la minute. Ils désignent sous le nom d 'entérotoxie la quantité de matières nécessaires pour tuer 1 kilogramme d’animal vivant, et sous

le nom de coefficient entérotoxique la quantité d’entérotoxies que 1 kilogramme d’animal peut fabriquer en vingt-quatre heures.

Bibliographie. — Bouchard, Leçons sur les auto-intoxications. — Charrin, Les poisons du tube digestif (Encyclopédie Léauté, Paris, 1895). — Brieger, Zeilsch. f. phys. Chemie, IIÏ, 1879, 134-139. — Salkowski, Zeilsch. f. phys. Chemie, VIII, 447; VIII, 454. — Baumann, Zeilsch. f.phys. Chemie, IL 1878-79 ; 335; X, 1886, 123. — Nenki, Centralb. f. med. Wiss., 1878, 47. — Le Play, Acad, des Sciences, 1905.— Roger et Garnier, Soc. de biol., nov. 1905.

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