KC
Na20
GaO
MgO
Fe203 . .
PrO5
SiO
Sable
2° Microbes et parasites.
L’infinie variété des parasites que l’on peut rencontrer dans les matières fécales nous ferait donner à ce paragraphe un développement trop considérable, si nous ne nous contentions de n’insister ici que sur les principales
espèces les plus fréquemment observées et sur les moyens de les y reconnaître. Nous apprendrons plus tard à en distinguer l’importance.
A. — Parasites végétaux.
«) Champignons. — Von Jackhs a signalé la présence dans les selles d’enfant atteint de muguet, de Y oïdium, albicans dont les caractères sont assez connus pour que nous nous dispensions de les décrire à nouveau. Nothnagel a observé fréquemment des saccharomyces de forme elliptique en groupe de 3 ou 4, se colorant en brun-acajou quand on les traite par la solution iodo-iodurée, propriété due aux principes glycogènes qu’ils renferment.
Depuis ces premiers travaux, de nombreuses espèces de levures ont été signalées, mais leur présence reste des plus irrégulières, nous en verrons plus tard la cause quand nous en signalerons la valeur diagnostique. Au nombre de celles qu’on a décrites, nous citerons la levure encapsulée d’Escherich, la levure rouge, la levure blanche en torula de Pasteur. Cette dernière se présente dans les milieux liquides ou solides, sous forme de corps sphériques réguliers de 2 à 4 p. de diamètre ou de corps ovoïdes, isolés ou en amas, prenant d’une façon intensive les colorants basiques et restant colorés par la méthode de Gram. Sur gélose ordinaire, vingt-quatre heures après l’ensemencement, elle donne des petites colonies blanches, opaques, humides, luisantes; sur pomme de terre des colonies grises, sèches formant comme des écailles de plâtre sec, et dans le bouillon au bout de vingt-quatre heures un dépôt blanc muqueux filant (Tissier).
On trouve encore à côté de ces différentes espèces, toute une quantité de sporidies de champignons, de mycélium,
difficiles à déterminer, dont l’importance clinique ne nous échappe cependant point, et qui ne sera signalée qu’au chapitre suivant.
b) Algues. — A côté de ces variétés de champignons, où les levures dominent, plus nombreuses encore sont les variétés d’algues dont les bactéries , qu’elles soient ou non pathogènes, ou susceptibles de le devenir dans certaines conditions que nous exposerons plus loin, forment presque tout entières à elles seules les nombreuses colonies microbiennes que l’on peut arriver à observer dans les matières fécales.
D’une façon générale on peut dire que pour elles, sauf les cas où certaines bactéries à rôle pathogène bien connu sont dominantes, il est moins intéressant au point de vue clinique de savoir différencier leurs espèces que de pouvoir compter leur nombre d’une façon globale; aussi, dans ce livre de Goprologie clinique, sera-ce par cette méthode de numération que nous commencerons la description de ces microorganismes.
1. Numération des bactéries. — Différents moyens pour arriver à ce but s’offrent aux chercheurs. La plupart sont plutôt des procédés d’expérience qui exigent un outillage de laboratoire assez complexe, et demandent du temps ; nous en indiquerons néanmoins un qui, par sa simplicité et par sa facilité à être employé extemporanément, se recommande plus particulièrement dans la pratique.
a. Procédé de numération par cultures après dilution. — - Ce procédé de dénombrement consiste à prélever une quantité donnée (a), 1 centigramme par exemple de fèces, à le diluer dans un volume connu d’eau distillée (6), 100 centimètres cubes par exemple; puis à ensemencer sur deux plaques de Pétri, chacune 1 /10e de centimètre
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cube de cette dilution, et laisser à l’étuve à 21° environ.
C’est le procédé que Gilbert et Dominici ont employé pour faire leurs recherches sur le nombre des microbes du tube digestif.
Au bout de trois à quatre jours, on peut compter les colonies développées sur les deux plaques qui se servent mutuellement de contrôle, et il suffit de multiplier par 100 le chiffre trouvé pour connaître le nombre de colonies que fournit l’ensemencement d’un milligramme de matières fécales, en d’autres termes pour connaître le nombre de microorganismes que contient cette quantité de substance.
On peut faire ces ensemencements, bien entendu, dans divers milieux de culture; mais malgré tout, une petite quantité des bactéries peut, seule, pousser dans ces conditions ; la plus grande partie ne se développant pas, faute d’un milieu de culture naturel, il en résulte que, malgré la lenteur du procédé et sa minutie, le nombre des colonies recensées n’est nullement l’expression du nombre total des bactéries contenues dans les fèces.
p. Procédé de numération par pesée. — Nous empruntons à Strassbürger, l’auteur de ce procédé, la description qui va suivre.
Son emploi repose sur ce principe que lorsqu’on centrifuge des fèces avec de l’eau, les parties les plus lourdes s’amoncellent au fond, tandis que les bactéries dont le poids spécifique est à peu près le même que celui du liquide dans lequel elles nagent, restent en suspension ; si alors on ajoute de l’alcool en assez grande proportion, de façon à rendre le liquide décanté plus léger, après nouvelle centrifugation, les bactéries se déposent au fond du tube comme sédiment, on n’a plus ensuite qu’à sécher ce résidu et à le peser ; connaissant par ailleurs le contenu en substances sèches des matières fécales à examiner,
on peut calculer par différence, d’après le poids des fèces prélevées pour la circonstance, la proportion dans laquelle les bactéries entrent dans ce poids global de substances
Procédant avec un repas d’épreuve, Strassbürger en recueille les fèces pendant trois jours. Les selles sont donc conservées pendant ce laps de temps dans une glacière pour éviter un accroissement des colonies bactériennes. On prélève alors 2 centimètres cubes de fèces dont on détermine la contenance en substances sèches, tandis que 2 autres centimètres cubes servent à déterminer le poids sec des bactéries. A cet effet, on place les 2 centimètres cubes dans un mortier de porcelaine et on les triture avec 30 centimètres cubes d’HCl à 1/2 p. 100. On place alors une certaine quantité de cette solution dans le tube à centrifuger, d’où l’on décante par la suite le liquide qui contient les bactéries en suspension ; on répète cette opération plusieurs fois de suite et l’on mélange les divers liquides ainsi obtenus. En moyenne il faut centrifuger quatre fois pour que le sédiment ne contienne plus de bactéries, ce que l’on peut vérifier par le microscope. A ce liquide aqueux, où sont ainsi en suspension les colonies microbiennes, on ajoute alors de l’alcool, en grande quantité dans un tube que l’on place à l'étuve à 40° pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, le liquide est tellement diminué qu’il est possible, en y ajoutant de nouveau de l’alcool, de faire pénétrer par centrifugation toutes les bactéries dans le sédiment; ce dernier est lavé de nouveau à l’alcool, dégraissé à l’éther et tenu dans des tubes hermétiquement fermés, qu’on laisse inclinés pendant une journée; l'éther est chassé et le sédiment est séché et pesé ; il n’y a plus ensuite qu’à calculer en pourcentage le contenu x des fèces sèches en bactéries sèches, d’apres l’équation.
/ (b étant le poids sec des bactéries de 2 centimètres cubes de 100 b \ fèces fraîches).
a I (a étant le poids de la substance sèche de 2 centimètres cubes de fèces fraîches).
Pour mesurer les 2 centimètres cubes de fèces fraîches, Strassbürger emploie un petit appareil, comprenant un tube de
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verre creux gradué en centimètres dans lequel se meut un piston ; on introduit d’une part à l’aide d’une spatule stérile dans ce tube de verre au préalable stérilisé, une certaine quantité de fèces à examiner et avec le piston d’autre part, on s’arrange à ne le remplir que de 2 centimètres cubes, ces 2 centimètres cubes sont ensuite chassés dans le mortier où ils devront être triturés.
y. Procédé de numération par examen sur lamelles. — Procédé de Klein. — Pour faire par ce procédé la numération des bactéries, Klein recommande d’opérer de la façon suivante: On prend environ 10 grammes de fèces fraîches que l’on triture dans 100 centimètres cubes d’eau stérilisée. Prélevant 10 centimètres cubes de ce mélange, on l’agite dans des tubes à expérience avec des boules de verre en ajoutant de l’eau, de façon que dans 10 centimètres cubes d’eau il y ait environ 35 à 40 milligrammes de fèces en suspension. On prend alors 1 centimètre cube de ce liquide, on y ajoute une quantité égale d’une solution aqueuse de violet de gentiane ; on mélange les deux liquides énergiquement et on laisse reposer deux à trois minutes; à l’aide d’un fil de platine on étend ensuite une parcelle très régulièrement sur une lamelle de dimensions connues ; on laisse séchera l’air; on fait passer une ou deux fois à la flamme, et on monte dans le baume.
On peut ainsi numérer les bactéries dans 50 champs microscopiques en prenant en considération la grosseur de l’ose de platine, la grandeur de la lamelle et le taux des dilutions employées.
Procédé de Lynch. — Ce procédé, plus pratique que les deux précédents, est encore de beaucoup simplifié par Lynch. Cet auteur l’a rendu vraiment utilisable dans la pratique. D’apparence moins exacte au point de vue scientifique, il donne cependant les renseignements les plus sûrs pour un œil exercé, en se contentant d’appréciations pure-
ment comparatives. Il consiste tout simplement à faire plusieurs préparations fraîches et colorées de matières fécales en employant les moyens ordinaires ou avec une solution iodo-iodurée de Lugol. Celle-ci a la propriété de colorer certaines bactéries en acajou ou bleu violet, tandis que les autres, c’est-à-dire la plupart des bactéries qui sont les botes habituels du canal intestinal, restent sans coloration, ce qui les fait mieux ressortir, qu’elles soient isolées, ou en couches épaisses, ou en cultures pures. On peut ainsi apprécier d’un seul coup d’œil leur abondance et leur multiplicité.
2. Description des différentes espèces bactériennes contenues dans les fèces. — Après cet exposé préliminaire sur les méthodes de numération des bactéries que renferment les fèces, nous allons décrire les différentes espèces qu’on y peut rencontrer et les méthodes qui permettent de les y reconnaître, et cela sans chercher à les grouper ici en espèces normales ou pathologiques, mais en les classifiant, d’après leur morphologie habituelle, en coccus, coccobacille et bacille.
1. Bacillus coli communis ( Bacterium coli commune, colibacille, bacille d’Escherich). — Cette espèce microbienne, depuis la description d’Escherich en 1880, a été maintes fois étudiée tant dans sa morphologie que dans ses caractères de culture et nous ne saurions rien dire ici sur elle qui ne soit, pour ces raisons, bien connu de tous.
Dans les examens de matières fécales, elle se présente sous la forme d’un bacille court ou d’un coccobacille, larg*e, mesurant environ 1 à 2 |x, groupé généralement en amas très nets, se colorant bien par les couleurs basiques d'aniline, et se décolorant par le Gram (fig-. 28).
Il est mobile, grâce aux cils peu nombreux qu’il présente à ses extrémités. 11 est anaérobie facultatif. Il pousse bien
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sur les milieux usuels en bactériologie, donnant lieu sur gélose ordinaire, par exemple, à des colonies arrondies, d’abord opalines à reflets irisés, qui ne tardent pas à grossir et à devenir opaques d’un blanc grisâtre, à bords irré-
Fig. 28. — Colibacille.
guliers, à centre un peu surélevé ; il ne liquéfie pas la gélatine ; il coagule le lait en attaquant la lactose et en déterminant la formation d’acide lactique ; la gélose glucosée ou lactosée au tournesol vire rapidement au rouge sous son influence ; enfin il donne la réaction de l’indol dans les milieux peptonisés.
Telle est la variété habituelle que l’on rencontre dans les fèces. A côté on en décrit beaucoup d’autres, et le professeur Gilbert, poussant plus loin la différenciation, parle de bacilles coliformes ou de variétés paracolibacillaires, suivant l’aspect des cultures, la mobilité ou l’immobilité, les
variations dans l’action sur les sucres et la production de l’indol. — Péré, de son côté, a décrit deux variétés de colibacilles, suivant Page des individus; l’un est le colibacille du nourrisson qui détermine la transformation d’acide lactique dextrogyre ; l’autre est le colibacille de l’adulte qui détermine la formation d’acide lactique lévogyre. — Escherich a encore décrit dans les selles d’enfants allaités au sein, à côté du colibacille rouge ordinaire, un colibacille bleu, c’est-à-dire une variété de colibacille qui ne se décolore point par le Gram ; cette variété n’est point admise par tous comme une race de coli. Moro la décrit comme une race à part, le bacillus acidophilus , et Tissier sous le nom de bacillus bifidus commuais.
Enfin, à ces différentes variétés de coli nous ajouterons encore la variété typhimorphe d’Hermann et Würtz qui, dans les selles, ne se différencie pas de la forme du coli ordinaire (bacille d’Escherich), mais qui, dans les cultures liquides, se présente sous la forme d’un petit bacille court, moins trapu, moins ovoïde que la forme commune, petits bâtonnets, tantôt isolés, tantôt en amas ou diplobacilles ; anaérobie facultatif, lui aussi ; sur gélose ordinaire il donne, douze heures après l’ensemencement, une strie grisâtre transparente à bords dentelés, sinueux, très découpés ; il ne coagule pas le lait ; la gélose lactosée, tournesolée ne vire pas au bleu. En gélose sucrée profonde, le développement se fait rapidement avec production de gaz d’odeur désagréable, fractionnant le milieu; il diffère du bacille typhique auquel il ressemble par plus d’un point, en ce qu’il n’est jamais agglutiné par un sérum agissant fortement sur le bacille typhique. Inoculé aux animaux, sa virulence est des plus variables; il peut être considéré comme un bacille tantôt non pathogène, tantôt, au contraire, très pathogène, deux fois sur treize (Macaigne), quatre fois sur huit (Nobécourt).
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2. Bacülus lactis aerogenes (Escherich). — Il est impossible à différencier dans les selles du bacterium coli avec lequel il a été du reste identifié par Macaigne, Lesage et Thiercelin ; dans les cultures, il se présente sous la forme d’un coccobacille généralement plus petit que le coli. Se colorant bien comme ce dernier par les colorants basiques ordinaires, et se décolorant parle Gram, par contre, il est immobile et il donne lieu sur gélose à des colonies plus épaisses, formant par leur réunion une nappe saillante, surélevée à bords polycycliques, blanche, très opaque, à surface lisse, humide, de consistance visqueuse; il ne donne pas naissance à de l’indol dans les milieux peptonés; mais il agit vis-à-vis des sucres comme le pneumo-bacille de Friedlander, avec lequel ont voulu l’identifier Grimbert et Legros. Baginsky l’appelle encore Bacterium aceti, parce qu’il donne aux dépens du lactose plus d’acide acétique que d’acide lactique.
3. Bacülus bifidus commuais (Tissier). — Décrit par Tissier pour la première fois, ce bacille fut séparé par lui du colibacille que Schmidt considérait comme pouvant se transformer dans certains milieux riches en graisse, au point de rester coloré par le Gram, expliquant ainsi la variété de colibacille bleu d’Escherich. Tissier montra en effet qu’il s’agissait d’une espèce différente, se présentant dans les matières fécales sous la forme de bacilles assez minces, terminés par des extrémités effilées, pointues, d’une longueur moyenne de 4 p., groupés la plupart du temps en diplobacilles dont les extrémités périphériques restent effilées, mais dont les extrémités se faisant face sont renflées, si bien que parfois celles-ci semblent réunies par une boule (fig. 29). Dans les cultures, sa forme varie suivant leur plus ou moins d’ancienneté ; on peut ainsi trouver des formes bifurquées et des formes en massue. Strictement anaérobie,
il ne se développe bien que sur les milieux sucrés ; il ne coagule pas le lait. Par sa forme, il se rapproche des
Fig. 29. — Bacillus bifidus communis (d’après une préparation de la collection du Dr Tissier).
Streptothrix, mais cependant il doit être rangé, d’après Tissier, parmi les bacilles.
4. Bacillus acidophilus. — Le bacille acidophile est un bacille long de 1 à 2 (x, droit, aminci à ses extrémités, qui, dans les préparations de matières fécales, se montre disposé par paquets parallèles ou par petits amas ; il se colore par le Gram (fig. 30). Dans des bouillons de levure acide, Moro a pu l’isoler, mais il prend une forme un peu différente; il devient plus long, plus étroit et forme des filaments ramifiés, ce qui le rapproche des Streptothrix; dans les milieux aérés, il prend une forme coccobacillaire, le rapprochant du colibacille. Il coagule le lait et produit des acides en milieu sucré ; c’est un anaérobie facultatif.