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Bacillus exilis. — Reconnu pour la première fois dans

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les selles des nourrissons par Tissier, ce bacille est un bâtonnet grêle, isolé, groupé par paire ou disposé en chaînette de quatre ou cinq éléments, très courts, immobiles, et prenant le Gram. Il coagule lentement le lait, pousse bien sur les milieux sucrés, et ne pousse pas en milieux acides; c’est un anaérobie facultatif.

6. Bacillus coprogenes parvis. — Découvert par Bienstock, il se présente sous l’aspect de bâtonnets immobiles

Fig. 30. — Bacillus acidophilus (d’après une préparation de la collection du Dr Tissier).

très courts, à peine plus longs que larges, pouvant être confondus avec des microcoques. Ce bacille croît lentement dans la gélatine nutritive, où il donne des traînées à peine visibles sur le trajet des stries d’ensemencement.

7. Bacillus putri ficus coli. — Sous ce nom, Bienstock a décrit un bacille dont la spore se forme à une des extrémités ; mesurant en moyenne 3 p. de long, mais souvent plus court et quelquefois plus long. Sur gélatine, il forme

des taches brillantes comme la nacre qui deviennent plus tard jaunâtres, tout en restant homogènes. Doué de propriétés fermentatives actives, ce serait pour lui l’agent des produits de décomposition des albuminoïdes dans l’intestin.

Il les transformerait en CO2 H2 AzH4. Quand on l’ajoute à la liqueur de Gohn ou d’Uschinsky, contenant en suspension de la fibrine, on voit apparaître successivement de la peptone, de l’ammoniaque, des acides gras, des amides, de la tyrosine, du phénol, de l’indol, du skatol, etc. Il peut conduire un de ses produits intermédiaires jusqu’au terme ultime ; par exemple, si on l’ensemence dans la tyrosine, il la transforme en eau, ammoniaque et acide carbonique. Toujours d’après cet auteur, il n’a aucune action sur la caséine, on ne le trouve pas dans l’intestin des enfants à la mamelle et leurs matières fécales n’ont pas d’odeur caractéristique 8. Bacillus amylobacter ( Clostridium butyricum). — Il se présente sous forme de bacilles à extrémités arrondies, longs de 3 à 10 fi, larges de 1 jj. environ, isolés ou réunis en chaînes de 3 à 4 articles (fig. 1). En cultures, vieilles de quel ques jours, on voit des bacilles porteurs des pores, situées dans un renfle ment terminal du corps du bacille qui affecte alors la forme d’un battan de cloche. Au moment où les spores apparaissent, le corps bacillaire se charge de granulations d’amidon qu’on peut aisément mettre en évidence en les colorant en bleu par l’iode. Le vibrion butyrique est un anaérobie strict; ses caractères de culture sont fort peu connus, il attaque aisément la cellulose, surtout celle qui constitue les cloisons des jeunes cellules non encore lignifiées, ni incrustées de matières miné-

Fig. 31. — Bacillus amylobacter.

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raies ; il respecte la cellulose des plantes aquatiques, laisse inaltérés les grains d’amidon cru et fournit de l’acide butyrique avec dégagement abondant de GO2 et d’H quand on le met en présence d’empois d’amidon additionné de craie.

9. Bacillus rnesentericus vulgatus. C’est un bacille épais un peu mobile avec des mouvements oscillatoires lents ; ses spores sont rondes. Sur gélatine, ses colonies sont blanc bleuâtre avec un centre opaque. Il liquéfie rapidement la gélatine, dans toute l’épaisseur du tube ; à la surface, il forme une pellicule. De même sur pomme de terre, il forme une pellicule sèche, blanche, qui s’enfonce à une certaine distance dans celle-ci; si on l’enlève, on voit qu’il existe une couche muqueuse intermédiaire entre la colonie et la pomme de terre. Il coagule le lait, il ne donne pas de masse muqueuse gélatineuse dans les solutions sucrées, mais il dissout la caséine, en la rendant gélatineuse.

10. Bacillus enteritidis sporogenes( Klein). — Ce microbe, facilement mobile, anaérobie, est formé de bâtonnets de 2 à 4 (jl de long sur 0^,8 d’épaisseur, muni de nombreux cils souvent spiralés; il produit des spores ovales de lu, 6 de grand axe sur 0,8 à 1 ku de petit axe. Semé dans la gélatine, il y fournit des colonies profondes, liquéfiantes, déterminant un dégagement de bulles gazeuses. Le même bacille croît bien dans la gélose sucrée où il provoque une production de gaz beaucoup plus abondante.

11. Bacille pyocyanique . — Découvert par Gessart, il a été bien étudié par Gharrin. Il se présente généralement sous l’aspect de courts bâtonnets mobiles, d’un polymorphisme extraordinaire ; il est souvent en chaînette ou en amas; il présente de nombreuses formes dans les milieux de culture additionnés de substances antiseptiques. Dans les cultures en bouillon, il se produit un trouble rapide avec 4einte verdâtre, puis il se forme un voile qui tombe au fond

du vase tandis que le liquide devient vert foncé ; il liquéfie la gélatine et la colore en bleu. La gélose est colorée en jaune fluorescent. Sur pomme de terre, il se forme un enduit épais, couleur chamois. Ce bacille est aérobie et anaérobie, il se colore par les milieux basiques d’aniline, il se décolore par le Gram ; aussi, au simple examen sur lamelle, ne peut-il être distingué du colibacille. Gomme ce dernier, il est mobile. Il sécrète des produits colorés très variés selon les milieux. La pyocyanine se reconnaît si on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque et de chloroforme à une culture en bouillon de bacilles pyocyaniques; par l’agitation, le chloroforme dissout la pyocyanine et se colore en bleu.

12. Bacillus vulgaris { Proteus vulgaris ) — Il a l’aspect de bâtonnets mobiles; il se met souvent bout à bout et forme des filaments de longueur très variable, parfois extrêmement longs, droits ou ondulés ; il trouble fortement le bouillon et forme un précipité abondant. Ses cultures dégagent de l’ammoniaque et répandent une odeur fétide; il liquéfie la gélatine, il forme sur la gélose et le sérum, un enduit glaireux qui recouvre toute la surface du tube. Des bulles de gaz apparaissent dans l’épaisseur des milieux solides. Sur pomme de terre, il donne d’abord un trait d’un brun pâle, puis un enduit mat épais. Sur plaque de gélatine, les colonies de proteus ont un aspect caractéristique ; au bout de vingt-quatre heures, on voit de petites colonies rondes, jaunâtres, translucides, d’où partent des ramifications. Puis la colonie primitive forme, au centre, une masse visqueuse semi-liquide, entourée d’une zone filamenteuse d’où partent des prolongements moniliformes. C’est un anaérobie facultatif. Il se colore bien par les couleurs basiques d’aniline et se décolore par la méthode de Gram ; il ne coagule pas le lait.

13. Bacille typhique ( bacille d'Eberth). — Nous nous abstiendrons de décrire ici la morphologie de ce bacille que

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le seul examen sur lamelles ne permet pas de reconnaître (fig. 32). Nous n’indiquerons que les méthodes de culture qui aident à le mettre en évidence, ce qui n’est pas chose facile, en raison de l’abondance des autres bactéries intestinales plus vivaces que lui, et aussi par ce fait qu’il ne se sépare que par des propriétés en quelque sorte négatives des microbes qui lui sont associés ; exemple :

il ne coagule pas le lait, ne fait pas fermenter le lactose, etc.

Pour le rechercher et le mettre en évidence dans les matières fécales, le bactériologiste a à sa disposition plusieurs moyens, tels le gélo-diagnostic de Ghantemesse, le milieu ioduré d’Elsner, modifié par Grimbert, ou encore le milieu de Drigalski et Conradi.

a) Procédé du gélo-diagnostic. — - La grande difficulté de la recherche de l’Eberth dans les fèces, provenant, comme nous l'avons dit plus haut, de ce que ce bacille a moins de vigueur pour se développer que les autres bactéries fécales, et qu’en même temps il voit s’affaiblir sa propriété d’agglutination par le sérum typhique, le professeur Ghantemesse a pensé à les rajeunir, à les revivifier. Pour cela, il les cultive dans des tubes renfermant 20 centimètres cubes d’eau peptonée à 3 p. 100 neutralisée. Après 6 à 7 heures de séjour à 37°, on filtre sur un papier-filtre stérile, puis on ajoute au filtrat quelques gouttes de sérum de typhique. De cette façon, on sépare les bacilles d’Eberth précipités d’avec les autres microbes qui peuvent leur être associés. Les grumeaux formés, on centrifuge et on décante ; le culot obtenu est délayé en bouillon ; la dilution R. Gaultier. — Précis de Coprologie. 8

nV V / ^

Fig. 32. — Bacille typhique.

est jetée sur un filtre plat en papier qui retient les grumeaux agglutinés.

Avec un bouchon de carafe plat, on tamponne le filtre et on porte les grumaux sur des plaques de Pétri, à la surface desquelles on a coulé au préalable de la gélose selon la formule suivante :

Peptone 3 grammes.

Lactose 2 —

Gélose 2 —

Eau distillée 100 —

A cette gélose, au moment de s’en servir, on ajoute, par 10 centimètres cubes, IV gouttes d’une solution aqueuse d’acide phénique à 3 p. 100 et 1 centimètre cube de teinture de tournesol. On met à l’étuve à 37° pendant douze heures. Partout où des colonies de coli se développent, comme ce microbe fait fermenter le lactose, l’acide rougit le tournesol, tandis que le milieu reste violet au niveau des colonies de microbes n’étant pas doués de cette propriété fermentative : bacille d’Eberth, bacille dysentérique, proteus, etc. Chaque colonie au niveau de laquelle on ne constate pas de virage au rouge du milieu, est donc étudiée, repiquée et soumise aux diverses investigations qui permettent de différencier le bacille d’Eberth, en particulier au contrôle de l’agglutination.

b) Procédé d'Elsner, modifié par Grimbert. — En 1895, Elsner annonça la découverte d’un milieu permettant de déceler en quarante-huit heures par un simple examen macroscopique, avec certitude, le bacille d’Eberth, dans les selles de tout typhique. Pour cela il se sert d’un milieu composé de gélatine, de décoction de pomme de terre et d’iodure de potassium. Pour le préparer, on prend 500 grammes de pommes de terre qu’on pèle et râpe soigneusement; on les fait macérer pendant trois ou quatre heures dans un litre d’eau.

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On tamise et on laisse déposer pendant toute une nuit. On décante le liquide et on lui ajoute 150 à 200 grammes de gélatine. On fait dissoudre à feu doux. Ce milieu est très acide. On ajoute 20 à 30 centimètres cubes d’une solution de soude jusqu’à ce que la réaction devienne faiblement acide. On filtre, on stérilise et on répartit en ballons de 100 grammes environ. Quand on veut se servir de cette gélatine, on ajoute à chaque ballon de 100 grammes, 1 gramme d’iodure de potassium et on le répartit en larges tubes à essai destinés à être roulés d’après la méthode d’Esmarch.

Grimbert a modifié la technique de fabrication de la gélatine d’Elsner. Après macération, le liquide est filtré pour le débarrasser de l’amidon, puis, porté à l’autoclave pendant dix minutes pour coaguler les matières albuminoïdes. On filtre à nouveau, on ajoute 15 p. 100 de gélatine, l'acidité est alors titrée de façon que 10 centimètres cubes soient neutralisés par 4 à 5 centimètres cubes d’eau de chaux.

Dans un large tube chargé d’un centimètre cube de cette gélatine, on ensemence une parcelle de matière fécale ; puis on ensemence un second tube semblable avec une goutte du premier, un troisième avec une goutte du second et on enroule les trois tubes suivant la méthode d’Esmarch. Ils sont placés dans l’étuve à -|- 22° et examinés au bout de quarantehuit heures. Pour Elsner, seuls le colibacille et le bacille d’Eberth donneraient des colonies sur son milieu; ces colonies se distingueraient facilement entre elles par le simple examen à l’œil ou à la loupe. Les colonies du colibacille seraient volumineuses, brunes, crémeuses, saillantes au centre, tandis que celles du bacille d’Eberth seraient presque invisibles, constituées par de petits points brillants. La présence de ces derniers suffirait à faire admettre le dia-

gnostic de fièvre typhoïde, leur absence à le faire rejeter.

Courmont a critiqué cette méthode et montré que les colonies de coli qui poussent dans la profondeur de la gélatine d’Elsner ressemblent à s’y méprendre à des colonies du bacille d’Eberth; il faut pour les distinguer de ces dernières, les reprendre et faire toute la série des réactions différentielles des deux bacilles; ce procédé n’a donc qu’une valeur pratique très relative, contrairement à ce qu’avait annoncé son auteur.

c) Milieu de Drigalski et Conradi. — Ce milieu comporte l’emploi de 3 solutions :

Solution n° 1. Viande de bœuf, 1500 grammes à faire macérer à froid dix heures dans 2 litres d’eau. Cuire une heure, filtrer et ajouter :

Peptone de Witte 20 grammes.

Nutrose 20 —

Sel... 60 —

Cuire une heure, filtrer, ajouter :

Gélose 60 grammes.

Cuire une heure à l’autoclave, alcaliniser légèrement, filtrer, cuire une demi-heure.

Solution n° 2. Teinture de tournesol, 2G0 grammes, chauler dix minutes à 100°, ajouter :

Lactose pure 30 grammes.

Cuire un quart d’heure: mélanger et agiter. Alcaliniser au moyen de 4 centimètres cubes d’une solution de soude au dixième.

Solution n° 3. Ajouter enfin : 20 centimètres cubes d’une solution préparée fraîchement de krystal violet au millième.

Couler en boîte de Pétri, ensemencer.

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Dans ce milieu, le crvstal violet joue le rôle de l’acide phénique, il empêche le développement des germes associés au colibacille et au bacille d’Eberth, tout en permettant à ceux-ci de se développer librement. Ce milieu, étant donnée sa grande densité, a pour avantage de ne pas permettre la diffusion des substances formées au niveau de chaque colonie, de sorte que les colonies rouges développées partout où il y aura des microbes faisant fermenter la lactose, se différencieront facilement des autres colonies violettes, au niveau desquelles cette fermentation ne se sera pas produite. Seuls, les bacilles paratyphiques isolés du sang pour la première fois par Achard et Bensaude, étudiés depuis par Guyon, Schottmuller, Drigalski et Conradi, Netter, etc., peuvent donner des colonies bleutées, comme celle du bacille typhique, mais elles sont plus grosses et moins transparentes, bien différentes en somme des grosses colonies rouges du colibacille; réensemencés sur vieilles cultures de bacille d’Eberth raclées, ils poussent rapidement.

Telles sont les diverses méthodes capables de déceler dans les fèces les bacilles typhiques et que nous avons tenu à rapporter en détail, en raison de leur rôle pathogène considérable que nous rappellerons dans le chapitre suivant.

14. Bacille de la dysenterie (Ghantemesse et Widal). — C’est dans les selles glaireuses et sanguinolentes que le bacille de la dysenterie doit surtout être recherché. On le trouve particulièrement au début de la maladie, dans les cinq ou six premiers jours. A partir du dixième jour, on réussit plus difficilement à l’isoler. Dans les cas chroniques, on le trouve par périodes, surtout au moment des poussées aiguës.

C’est un bâtonnet très peu mobile, ayant à peu près le même aspect morphologique que le colibacille ; comme lui, il se décolore par le Gram. Il ne présente pas de spores, il ne possède que par exception de rares cils.

Un fragment de glaires, après avoir été lavé plusieurs fois dans de l’eau stérilisée, est ensemencé successivement par frottement sur plusieurs plaques de gélatine ou de gélose lactosée tournesolée. Les colonies du bacille dysentérique restent bleues et se reconnaissent à leurs bords irréguliers, translucides à leur centre un peu plus surélevé. D’après Drigalski, sur gélose alcaline additionnée de maltose et de tournesol, les cultures de bacilles dysentériques restent bleues, tandis que celles du bacille typhique et du colibacille rougissent. Enfin, caractère distinctif et bien mis en évidence par Dopter dans une épidémie observée à Vincennes en 1901, les bacilles isolés des selles glaireuses sont agglutinés nettement par le sérum des dysentériques; d’où la nécessité d’avoir dans un laboratoire bactériologique bien monté, du sérum dysentérique humain ou expérimental pour identifier les espèces bactériennes isolées des selles suspectes.

15. Bacille de Koch. — La recherche du bacille de Koch dans les fèces doit être pratiquée au moyen de l’examen direct sur lamelles suivant la méthode de coloration de Ziehl. On peut le rencontrer facilement dans les flocons de mucus ou de pus qui se trouvent dans les selles liquides des phtisiques atteints de tuberculose intestinale.

a) Procédé de Rosenblatt. — On peut encore, par un artifice tel que celui qu’indique Rosenblatt, le trouver avec plus de facilité ; pour cela, on donne aux malades, soupçonnés d’en être porteurs sur des lésions de la muqueuse digestive, quelques pilules opiacées destinées à les constiper et par suite à amener la formation de selles de consistance solide ; celles-ci, quand elles sont évacuées, entraînent à leur surface les bacilles tuberculeux arrachés aux parois ulcérées.

b) Procédé de Strassbürger. — Pour les mettre également plus facilement en évidence, on peut employer la technique de

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Strassbürger que nous avons indiquée plus haut pour le pesage des bactéries. On délaie une certaine quantité de fèces dans de l’eau, on sépare les parties les plus volumineuses par une centrifugation rapide, puis on recueille le liquide qui surnage et où sont en suspension les bactéries; on le dilue dans trois ou quatre parties d’alcool, on centrifuge à nouveau et dans le culot on peut faire la recherche du bacille tuberculeux par les procédés habituels. Ici, comme dans les autres exsudats, il faudra dans l’application clinique tenir compte des erreurs possibles avec les microbes acido-résistants.

c) Procédé de de IVabias. — Récemment, au Congrès de la Tuberculose, le professeur de Nabias a fait connaître un procédé commode et plus exact que le précédent, parce qu’il permet d’employer une plus grande quantité de fèces que celui de Strassbürger. Voici comment il le décrit :

« Délayer les matières fécales en assez forte quantité dans un récipient avec de l’alcool à 40°, jusqu’à désagrégation complète. L’alcool peut être plus concentré si les matières sont liquides. Ajouter une légère couche d’éther. Remuer un instant. Laisser reposer. La couche d’éther surnage à ce degré de concentration alcoolique. D’autre part, dans son mouvement ascensionnel pour venir se dissoudre dans l’éther, l’alcool contribue à entraîner vers la surface les particules les plus légères, notamment les microbes. L’éther s’évapore assez rapidement. Un voile se forme en même temps comme à la surface d’une eau stagnante. Ce voile est presque exclusivement constitué par des microbes. Si le bacille de Koch existe dans les selles, il se trouve sûrement là. On fait dès lors un frottis avec ce voile, on fixe par la chaleur, et on colore par la méthode classique de Ziehl. » 16. Bacille du tétanos (Nicolaïer). — Nous ne faisons que citer ici sans y insister le bacille du tétanos qu’on a pu isoler des matières fécales de l’homme ; nous apprendrons à

connaître plus tard sa signification et sa valeur clinique.

Bâtonnet long et grêle, il se colore facilement et prend le Gram ; à l’une de ses extrémités existe une spore extérieure pour ainsi dire au bacille, en apparence simplement accolée à lui ; cette spore a un diamètre double de celui du bacille, d’où l’aspect en épingle assez typique.

17. Bacilles thermophiles (Tsiklinsky). — Nous ne ferons également que signaler les bacilles thermophiles, bien étudiés récemment par Mllc Tsiklinsky, dont le caractère particulier est de ne se développer qu’à des températures élevées, 50° à 55° ; le minimum étaut 40° à 45°, le maximum 70°. Bacilles aérobies pour la plupart, ce sont des bacilles immobiles, de longueur très variable, capables de produire des spores tantôt rondes, tantôt ovales.

18. Coccobacillus anaerobius perfœtens (Tissier). — C’est un petit coccus qui se décolore par le Gram, ovale, allongé, isolé ou groupé par paire ; il forme quelquefois des amas irréguliers dans lesquels chaque élément conserve sa forme propre. C’est un microbe exclusivement anaérobie, ne poussant qu’à 37°.

Dans la gélose sucrée profonde mise à l’étuve à 37°, quarante-huit heures après l’ensemencement, on voit apparaître au niveau de la limite inférieure de la zone aérée un trouble gris blanc se terminant par une limite nette à sa partie supé rieure et disparaissant insensiblement dans la profondeur du tube. Quelques heures après, à ce niveau, la gélose est fragmentée par de fines bulles de gaz qui s’accroissent rapidement. Dans la profondeur des tubes, les colonies apparaissent plus nettes, plus fines, sans jamais dépasser le diamètre de un millimètre ; au niveau de chacune de ces colonies, la gélose se brise et la culture s’étend en surface sur cette partie fragmentée, d’où elle peut gagner la paroi du verre. Cette fragmentation de la gélose est très active,

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elle commence très peu de temps après l’apparition de la colonie, elle est produite par un gaz extrêmement fétide dont l’odeur rappelle le sulfure de carbone. Les colonies sont lenticulaires, régulières, à bords nets.

19. Strcptococcus enteritis (T Hirsch- Libmann (. Entérocoque de Thiercelin). - — Dans des préparations faites avec des fèces, ce germe se présente sous forme de cocci, co-

Fig. 33. — Entérocoque.

lorés par la méthode de Gram-Weigert, du diamètre de 0,5 à li*,5, ronds ou en forme de lancette ; ils sont disposés généralement en diplocoques ou en courtes chaînettes, celles-ci pouvant d’ailleurs en comprendre jusqu’à 20 ou 30, assez souvent décomposables en diplocoques (fig. 33).

Ce streptocoque pousse d’une façon générale assez mal sur les milieux usités en bactériologie. Sur gélose, les colonies sont petites ; sur gélatine, le développement est inconstant ; et il peut y avoir à la longue une légère liquéfaction ; dans le bouillon ordinaire, le développement est peu marqué;

dans le bouillon sucré, il se forme un nuage uniforme ; puis après cinq ou six jours, les parties supérieures s’éclaircissent.

Sur la g'élose recouverte d’une mince couche de sérum humain coagulé, la culture est abondante. Le lait est ou non coagulé.

A côté de ces deux variétés de streptocoques que la plupart des auteurs identifient, on rencontre dans les fèces du nourrisson ou de l’adulte beaucoup d’autres formes de coccus en chaînettes ; mais, comme le fait remarquer Nobécourt dans son travail sur les Streptococcies intestinales (1), la variété de forme et de cultures des streptocoques isolés des intestins normaux ou pathologiques est telle qu’il n’y a pas de caractères différentiels bien tranchés entre les différents types décrits par les auteurs. Ainsi donc, qu’il s’agisse du streptococcus enteritis d’Hirsch-Libmann, du streptococcus coli gracilis ou du streptococcus brevis d’Escherich, qui tous deux liquéfient la gélatine, du micro coccus ovalis du même auteur, de X enter ococcus protei forints de Thiercelin ou encore du diplococcus intestinalis major ou minor de Turel et Lanz, nous pouvons dire avec Nobécourt, avec Tissier, Pigeaud, qu’il n’existe pas assez de caractères distinctifs entre eux pour qu’on puisse essayer de les différencier les uns des autres ; bien plus, on pourrait peut-être même dire d’eux : « qu’ils ne présentent aucun caractère particulier assez constant ou assez fixe pour qu’on puisse en faire un groupe à part dans la grande espèce des streptocoques ».

Cette unité des streptocoques humains affirmée par Marmorek, Meyer, Aronsen n’est pas en contradiction avec les diflérents aspects morphologiques des streptocoques intestinaux ci-dessus décrits, quand on songe que ces germes

(1) Presse médicale , 3 octobre 1903.

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sont placés dans des milieux aussi variables et aussi spéciaux que le contenu du tube digestif, qu’ils sont privés ou non d’oxygène, soumis à l’action de substances acides ou alcalines, toutes conditions dont H. Vincent a montré l’importance dans la genèse des variations microbiennes.

20. Diplococcus griseus liquefaciens (Tissier). — Très difficile à distinguer dans les selles d’avec les autres cocci qui peuvent se rencontrer avec lui, il apparaît dans les cultures en bouillon de vingt à vingt-quatre heures sous forme de grains, le plus souvent groupés par paire, grains opposés l’un à l’autre par une surface plane rappelant la disposition du gonocoque ; parfois aussi en courtes chaînettes de quatre à six éléments ; il prend bien les colorants basiques ordinaires et reste coloré par le Gram. Il est à la fois aérobie et anaérobie. Sur gélatine ordinaire, en surface, il se produit, quarante-huit heures après l’ensemencement, des colonies d’aspect et de coloration comparables à celle de la gélose, elles liquéfient lentement le milieu. En piqûre il se produit, d’abord une strie grise, puis la liquéfaction commence le jour après l’ensemencement. Il se forme un entonnoir au fond duquel se trouve une masse blanchâtre arrondie. Le milieu est complètement liquéfié en huit ou dix jours.

21. Staphylocoque. — Il est banal de décrire le staphylococcus pyogenes albus , microcoque dont les éléments se divisent irrégulièrement et se présentent groupés en amas ou en grappes. Ces grains régulièrement arrondis ont environ I (i. de diamètre ; microbes aérobies facultatifs, ils ont pour principal caractère, quand on les cultive sur des milieux artificiels, de donner des colonies chromogèneé et liquéfiant la gélatine.

22. Sarcina candida (Reinke). — Dans les selles, elle se présente sous la forme de gros diplocoques ou de

tétrades qui semblent entourés d’une auréole et qui paraissent bien différents des autres coccies ou diplocoques plus petits qui les avoisinent. Ils se colorent bien par les colorants basiques et restent colorés par le Gram. — Ils poussent aussi bien sur milieux aérobies que sur milieux anaérobies à température ordinaire ou à 37°. Sur gélose ordinaire couchée, ils donnent des colonies arrondies, épaisses, humides, blanches, adhérentes à la gélose, élastiques. Ils liquéfient la gélatine.

23. Sarcina minuta (de Bary). — Dans les selles, elle se présente sous la forme de tétrades entourées d’une auréole claire. Elle se colore bien par la fuchsine diluée ou le violet de gentiane et reste colorée par le Gram. Aérobie ou anaérobie facultatif, la sarcina minuta ensemencée sur gélose donne au bout de quatre jours des colonies très fines, arrondies, grosses comme des points de coloration blanche et opaque, elle ne liquéfie pas la gélatine et ne trouble pas les milieux liquides.

24. Sarcina carnea (Gruber). — On pourrait encore signaler cette espèce rencontrée par Tissier dans les selles d’un nourrisson, que rien ne distingue morphologiquement des autres coccies qui s’y trouvent et qui se différencie seulement par la coloration rose chair qu’olfrent ses colonies.

25. Vibrion cholérique. — Ce n’est pas ici le lieu de décrire tous les caractères de ce microbe ; nous ne donnerons, ici, que la technique qui permet de le mettre en évi dence dans les matières fécales. Pour cela on recherche à la surface des selles un petit flocon blanchâtre dit grain rjziforme, on en détache un fragment et on s’en sert pour faire un frottis sur deux lames ou lamelles dont l’une est colorée par le bleu phéniqué de Kuhne, l’autre traitée par la méthode de Gram (fig. 34). La préparation colorée par le bleu

doit être examinée dans l’eau et ne pas être montée dans le baume. On voit alors, au milieu des leucocytes, des cellules épithéliales et de très nombreux filaments de fibrine, des bactéries incurvées, souvent disposées à la file les unes des autres entre les filaments de fibrine comme des poissons qui suivent le fil de l’eau. Ces vibrions se décolorent par la méthode de Gram (Koch).

Pour les isoler, on emploiera la technique suivante, bien fixée par Metchnikoff.

Un tube de culture renfermant 10 centimètres cubes du mélange suivant :

Peptone 10 grammes.

Sel 5 —

Gélatine 20 —

Eau . . 1000 —

est ensemencé avec une parcelle de fèces suspectes (grain riziforme autant que possible) ; il est porté à l’étuve à 37° et examiné au bout de sept à huit heures. On observe alors à la surface un léger voile qui contient de nombreux vibrions caractéristiques; comme ceux-ci sont presque toujours associés à d’autres microbes intestinaux, on repique à plusieurs reprises un fragment du voile dans de nouveaux tubes, de façon à pratiquer une sélection des vibrions, telle qu’il est facile de faire ensuite l’isolement définitif de ceux-ci par un ensemencement sur plaques de gélatine ou sur plaques de gélose.

Le microbe isolé, on recherche son aspect en virgule, sa

Fig. 34. — Vibrion cholérique.

mobilité; on fait la réaction de Gram et on étudie, comme l’a formulé Koch, les caractères de culture sur des milieux gélatinés et surtout la manière dont se comporte le microbe en présence du choléra-sérum (Bezançon).

B. — Parasites animaux.

1° Protozoaires. — 1. Amœbci coli. — Amœba dysenteriœ. — On la rencontre fréquemment dans les selles de malades atteints de diarrhée ; c’est un parasite microscopique dont le corps est formé d’une petite masse protoplasmique plus ou moins granuleuse, renfermant un noyau, qui contient un nucléole, et plusieurs vacuoles non contractiles ; à l’état de repos, ces organismes sont sphériques ou ovoïdes; mais ils peuvent prendre les formes les plus variées en émettant des pseudopodes larges et arrondis.

Nous nous expliquerons plus loin sur la signification clinique de la présence de cette variété amibienne dysentérique dans les fèces. Ici, nous nous contenterons d’en indiquer le mode de recherche.

Gomme les amibes perdent très rapidement leur mobilité et deviennent alors méconnaissables, elles doivent être recherchées dans les selles fraîches encore chaudes, recueillies dans un vase chauffé autant que faire se peut; et pour les trouver plus sûrement on choisira les parties mucosanguinolentesou muqueuses des déjections dysentériques, que l’on examinera en goutte pendante, en couche assez mince pour éviter toute compression et toute dessiccation, car ce parasite est très sensible. On peut interposer entre les deux lames porte et couvre-objets de petits fragments de cire : on peut diminuer l’épaisseur de la préparation suivant les besoins, en faisant fondre l’un ou l’autre frag-

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ment de cire à l’aide d’une aiguille chauffée, et rapprocher ainsi en ce point les deux lames de verre. — Pour chercher les amibes dans les selles solides (Jurgens), il faut les délayer dans du sérum physiologique et éviter en général les milieux acides.

Quand on veut faire des préparations pour conserver, on étend en couche très mince sur une lamelle une gouttelette de liquide contenant des amibes, et on l’arrose très rapidement, sans sécher, d’abord d’un liquide conservateur : acide chromo-osmique, sublimé, etc., et l’on colore ensuite à la safranine, au bleu de toluidine, à la safranine, à la fuchsine phéniquée (Mlle Broïdo).

Tout ce qui vient d’être dit sur les amibes au point de vue de leur préparation dans les matières fécales s'applique également aux variétés de protozoaires que nous décrivons ci-dessous.

2. Coccidium hominis. — Petit parasite, ayant la forme de petits corps amiboïdes, ovoïdes ou sphériques, à protoplasma granuleux, nucléés et dépourvus de membrane.

3. Trichomonas intestinalis. — Cet animalcule au repos a la forme d’un noyau d’amande. Son corps est formé d’un protoplasma transparent, renfermant quelques granulations éparses et présentant à sa partie postérieure, un ou deux petits espaces clairs qui sont peut-être des vacuoles. L’extrémité postérieure est munie d’une sorte de piquant ; l’antérieure est au contraire arrondie et la membrane ondulante y est sans cesse en mouvement. Doué d’une grande contractilité, son corps devient pour ainsi dire amœboïde ; quand il est mort, sa membrane ondulante n’est plus visible; il s’arrondit et prend ainsi l’aspect d’une simple cellule à contenu granuleux.

4. Balantidium coli. — C’est un animalcule ovoïde, long de 70 à 80 p., large de 50 à 70 p. La forme du corps est

très constante. Il se compose d’une masse finement granuleuse, dans laquelle on voit souvent, surtout dans la région postérieure, des gouttelettes graisseuses de taille variable, et des corpuscules plus gros, granuleux, qui sont sans doute des excréments. Cette masse granuleuse est entourée par une sorte de couche corticale de protoplasma clair et transparent dans laquelle sont renfermés les vacuoles et le noyau ; au pôle antérieur à peine tronqué se voit le péristome. Enfin le corps entier est couvert d’une mince cuticule dont la surface est marquée de stries qui partent toutes du péristome pour s’en aller vers l’extrémité postérieure en décrivant une spirale allongée ; ces stries, surtout apparentes en avant, sont régulièrement espacées les unes des autres et dans leur intervalle s’implantent de courts cils vibratiles qui revêtent la surface entière du corps.

2° Vers. — a. Vers plats ou . Cestodes. — On peut étudier les anneaux de ces vers à l’œil nu ou avec le microscope, sans le secours d’aucun réactif ; cependant, il est bon de ne pas les recueillir dans de l’alcool qui les ratatine et de les examiner plutôt dans l’eau après l’action de la potasse à 1 p. 100 ou de l’acide acétique à 1 p. 5.

Pour rechercher les œufs de parasites, il est bon de procéder de la façon suivante : faire dissoudre les fèces dans de l’eau et examiner le dépôt où ceux-ci se trouvent rester.

1. Tænia sag inata ou mcdiocanellata. — Nous ne décrirons, ici, que le tænia saginata encore dit tænia inerme, car le tænia solium ou tænia armé que l’on peut trouver décrit dans tous les livres de parasitologie, est d’une extrême rareté en France et en Europe. Long de 5 à 6 mètres et plus, ce ver présente des anneaux plus longs que larges ; la tête est

MICRORES ET PARASITES.

pourvue de quatre ventouses très grandes, ordinairement entourées d’une bordure de granulations pigmentaires noires. Les anneaux mûrs qui représentent les derniers anneaux de l’animal sont expulsés par l’anus un à un, non seulement avec les matières fécales, mais encore dans l’intervalle des selles, malgré la volonté du malade, et quelques efforts que fasse celui-ci pour contracter le

Fig. 35. — Anneau de tænia saginata.

sphincter anal, caractère important qui permet de diagnostiquer déjà, presque à coup sûr, le tænia inerme (fig. 35). Ces anneaux doués, en dehors de l’intestin, d’une grande mobilité laissent reconnaître, outre les branches latérales de l’utérus en plus ou moins grand nombre, suivant l’âge de l’anneau détaché (20 ou 30 branches parallèles peu ramifiées et distendues par les œufs ou vides de ceux-ci), le pore génital latéral siégeant en arrière du milieu de la longueur de l’anneau. S’il existe plusieurs anneaux, ce R. Gaultier. — Précis de Coprologie. 9

pore génital alterne irrégulièrement d’anneau en anneau. Mais on peut voir aussi des bandelettes longues de 30 à 35 millimètres, larges de 5 millimètres seulement, dans l’intérieur desquelles on ne voit plus que quelques œufs épars, et qui sont les anneaux isolés détachés dans l’intestin où ils ont vécu, ovaires ambulants suivant la pittoresque expression de Pallas, vidant par les déchirures de leur tégument, au niveau de la séparation d’avec les autres anneaux, leurs œufs que l’on retrouve par le microscope expulsés dans les matières fécales. Ces œufs, de forme ovale, sont munis d’une membrane vitelline primordiale qui enveloppe l’embryon hexacanthe ou onchosphère, caractéristique des Cestodes.

2. Tænia canina ou Dipylidium caninum. — Très fréquent chez le chien, on peut le rencontrer quelquefois chez l’homme ; c’est un ver petit, long de 10 à 40 centimètres avec une largeur maxima de lmm,5 à 3 millimètres. Sa tête, petite, est surmontée d’un rostre rétractile armé de trois ou quatre couronnes de crochets ressemblant à des épines de rosier. Les derniers anneaux que l’on peut rencontrer dans les fèces ont une forme allongée engraines de melon (cucumis), d’où son nom encore de tænia cucumina. Ils présentent deux pores génitaux par anneau, d’où son autre nom de dipylidium caninum. L’œuf globuleux ressemble beaucoup au précédent et contient comme lui un embryon hexacanthe.

3. Botliriocephalus latus. — Plus rarement dans les selles on peut rencontrer des œufs de botliriocephalus latus , comme cela fut le cas chez un malade de la clinique de notre maître le Professeur Dieulafoy, qui était atteint d’anémie profonde. Ce sont des œufs elliptiques, de 68 à 70 jx de long sur 40 à 45 [x de large, enveloppés d’une coque brune, sur laquelle se montre un petit opercule situé à l’extrémité antérieure et d’autant plus visible qu’on exa*

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mine la préparation dans la glycérine ou l’acide sulfurique

Fig. 36. — Œufs de bothriocephalus latus.

très dilué. Le contenu de ces œufs se compose de globules de protoplasma assez gros, clairs au centre, opaques à la périphérie (fig. 36). Comme ces œufs sont évacués spontanément dans l’intestin par ponte, c’est-à-dire qu’ils sont mis en liberté sans que les anneaux du ver se détachent comme cela se passe chez les tænias, on peut les retrouver dans les selles indépendamment de ceux-là. Cependant on peut y voir également un fragment de

chaîne, constitué par trois ou quatre anneaux, plus larges que longs, de 2 à 4 millimètres de longueur sur 10 à 12 de

Fig. 37. — Anneau de bothriocephalus latus.

largeur, qui, quand ils sont ainsi réunis, à cause de leur bord antérieur plus étroit que leur bord postérieur, offrent sur les côtés un aspect en dents de scie (fig. 37). Arrivés à maturité, ces anneaux sont caractéristiques par la tache centrale étoilée que donnent les ramifications de leur utérus bondé d’œufs; s’ils sont vidés et flétris, on peut encore les reconnaître à leur double orifice génital situé sur la ligne médiane de la face ventrale.

b. Trématodes. — 1. Distomum fiepaticum. — Les

Fig. 38. — OEufs de grande douve.

selles de certains individus peuvent également présenter des œufs de distomum hepaticum ou grande douve qui, comme son nom l’indique, vit dans la vésicule biliaire et dans les canaux hépatiques où elle pond ses œufs, d’où Ja bile peut les entraîner dans l’intestin. Ces œufs (fig. 38) sont assez caractéristiques, ce sont des corps ovoïdes, limités par une coque cbitineuse, lisse, transparente, d’un brun

MICROBES ËT PARASITES.

jaunâtre, mesurant 130 ja de long- sur 80 p. de large, environ doubles par conséquent des œufs de bothriocéphale.

Leur extrémité antérieure arrondie présente, comme ces

Fig. 39. — Œufs de petite douve.

derniers, la trace d’un opercule et leur protoplasma des granulations claires et opaques.

2. Distomum lanceolatiun. — On peut rencontrer également quelquefois, dans les selles de l’homme, des œufs ovoïdes, fauves, à coque épaisse, longs de 38 à 45 p. et larges de 22 à 30 ja, contenant des embryons ciliés dans le tiers antérieur du corps ; ces œufs, munis d’un opercule, dilfèrent des précédents par leur taille beaucoup plus petite (fig. 39).

c. Vers ronds ou nématodes. — 1. Ascaris lombricoïdes. — De ce parasite on ne rencontre dans les fèces que les œufs ellipsoïdes, d’une couleur brun jaunâtre. Ceux-ci mesurent 60 à 75 p. de long sur 40 à 58 (a de large, et

présentent à l’état frais deux enveloppes distinctes : l’interne est lisse et résistante, l’externe est constituée par une couche albumineuse, transparente et mamelonnée, qui

Fig. 40. — OEufs d’ascaris lombricoïdes.

donne à la coque un aspect mûriforme des plus caractéristiques (fig*. 40).

Cependant, ainsi qu’en font foi deux articles récents, l’un du professeur de Nabias (1), l’autre du Dr Chautfard (2), des grains de pollen peuvent donner le chang*e : même coloration, même aspect mamelonné de l’enveloppe externe et parfois mêmes dimensions (fig*. 41).

Voici les différences essentielles qui permettent de lever tous les doutes : les grains de pollen sont tous semblables entre eux. La forme est régulièrement sphérique au lieu d’être variable, tantôt ronde, tantôt ovoïde, tantôt ellipsoïde,

(1) Journal de Médecine de Bordeaux, 1905.

(2) Presse médicale, 1905.

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comme c’est le cas pour les œufs de l’ascaris rendus dans les selles. Les réactifs colorants achèvent cette différenciation diagnostique. La fuchsine ammoniacale colore instantanément en rouge vif les graines de pollen, coloration accen-

Fig. 41. — Matières fécales contenant un œuf de trichocéphale et des grains de pollen d’artichaut (Pr de Nabias).

tuée surtout au centre du grain. La partie périphérique mamelonnée conserve un aspect noirâtre. Les œufs d’ascaride ne se colorent pas dans les mêmes conditions. Ils se déforment sans doute sous l’action de l’ammoniaque contenue dans la solution de fuchsine, et laissent même échapper parfois toute une partie du contenu. Dans les préparations conservées à la glycérine, ce contenu peut se montrer facilement coloré, mais la couche mamelonnée, teintée de noir, est redevenue transparente. Les différences de réaction sont très nettes.

Fig. 42. — Oxyure vermieulaire.

Fig. 43. — Œufs d’oxyure vermieulaire.

ainsi que ses œufs très fréquemment dans les fèces d’en-

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fants. Le mâle a 4 millimètres de long-, la femelle 10 millimètres. Ils ont des lèvres petites, en forme de tubercules, et à l'extrémité de la tête un fort renflement articulaire (fig. 42). La queue du mâle est munie de six paires de papilles. La femelle est caractérisée par deux utérus bien développés, qui partent symétriquement de l’extrémité du vagin, d’avant en arrière.

Les œufs ont 20 à 25 g de large sur 50 à 54 de long ; ils ont une membrane d’enveloppe à double ou triple contour; une de leurs faces est aplatie, l’autre saillante, bombée; ils sont souvent entourés d’une même enveloppe albumineuse, grâce à laquelle les œufs adhèrent entre eux ; leur contenu est grossièrement granuleux : on trouve fréquemment dans les œufs l’embryon avec un canal intestinal confus et une queue ayant presque la moitié en longueur de l’embryon (fig. 43).

3. Ankylostoma duodenale ( Uncinaria duodenalis). — Nous n’avons à signaler dans les fèces que les œufs de ce parasite. Ceux-ci, de forme ovoïde, à surface lisse, mesurent 50 à 60 ja de long sur 30 à 40 [/. de large; dans leur intérieur se trouvent parfois deux ou trois sphères segmentées (fig. 44). Les embryons se développent très rapidement en dehors du corps humain ; vingt-quatre ou quarante-huit heures après que les excréments ont été rendus, on les y voit déjà apparaître. Aussi, si on ne peut trouver d’œufs d’ankylostome dans les fèces d’individus chez lesquels on les y soupçonne, est-il bon de laisser les matières pendant deux ou trois jours dans un endroit chaud, où, le processus de segmentation des œufs se produisant, on pourra, en les examinant de nouveau, y reconnaître plus facilement les embryons qui s’y sont développés.

4. Trichocephalus dispar ( Tricliiurus ). — Également nous ne dirons rien ici du ver lui-même, car ce sont ses

138 SUBSTANCES CONSTITUANTES DES FÈCES EN GÉNÉRAL, œufsronds que l’on peut retrouver dans les matières fécales

Fig. 44. — Œufs d’ankylostome.

En effet, assez fréquents dans les selles, ils sont colorés

Fig. 45. — Œufs de trichocephalus dispar. en brun ; ils ont 50 à 60 p. de long sur 20 p. de large ; leur

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coque est munie dune double enveloppe ; elle est aplatie aux deux pôles et munie d’un opercule formé d’une substance brillante qui les fait reconnaître facilement; leur contenu est fortement granuleux (fig*. 45).

5. Anguillula intestinalis . — Plus rarement que les vers précédents, on peut rencontrer dans les excréments l’anguillule intestinale et ses œufs. C’est un petit ver filiforme, long de 2 millimètres, à bouche triangulaire, limitée par trois lèvres ; le corps, un peu effilé en avant, se termine subitement en arrière par une queue unique, dont la pointe s’arrondit sensiblement et même se dilate

Fig. 46. — Œufs de bilharzia hæmatobium.

un peu à l’extrémité. Leur surface présente partout une striation transversale très fine et très régulière.

Il est exceptionnel de rencontrer dans les selles les œufs de l’anguillule intestinale, car ceux-ci se développent dans l'intestin en une larve dont certains auteurs ont voulu faire une espèce à part, l’anguiilule stercoralis, et que l’on ren-

contre en très g rande abondance dans les selles puisque cha-

Fig. 47. — Larve de Piophila.

Fig. 48. — Larve de Teichomyza fusca.

que gouttelette de pus examinée en renferme cinq ou six.

G. Bilharzia hæmatobium. — Enfin, nous signalerons encore les œufs de bilharzia, les œufs les plus volumineux étudiés jusqu’ici (fig. 46).

Ils sont énormes, informes, mais munis presque tous d’un éperon; ils se rencontrent dans les selles, presque toujours rompus et évacués. La coque est terne, jaunâtre, dense ; l’éperon souvent long (23 [x 8 en moyenne), est d’ordinaire intact. Ses dimensions classiques sont de 130 à 150 p de long sur 50 à 60 jx de large. Ils sont très rares dans les matières fécales.

3° Arthropodes. — Enfin parmi les parasites animaux que l’on peut rencontrer dans les fèces d’adultes ou d’enfants, nous citerons encore les larves de Piophila casei (fig. 47); d'Anthomya, de Teichomyza fusca (fig. 48) dont les figures ci-contre donnent une idée et dont nous préciserons plus loin la signification clinique.

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