C. — Constatations chimiques
1 . Mucine. — Nous ne reviendrons point ici, puisque nous l’avons déjà dit au chapitre précédent, à propos des
albuminoïdes, sur la part qui revient à la muqueuse intestinale et à ses sécrétions dans le contenu en Azote total des fèces. Nous n’étudierons dans ce paragraphe, au point de vue chimique, que les corps protéiques qui nous apparaîtront comme provenant nettement de ce facteur ci-dessus mentionné.
La mucine nous semble rentrer au premier chef dans ce groupe; en effet, au point de vue chimique, on la classe, parmi les substances protéiques, comme une protéide — variété des glycoprotéides, — substances dont les solutions sont filantes et mousseuses et qui ont la propriété de se décomposer en substances albuminoïdes transformées (protéoses) et en hydrate de carbone quand on les soumet à l’action des acides minéraux dilués à la température d’ébullition ou à la vapeur d’eau surchauffée sous pression.
La mucine semble exister, d’après les recherches spéciales qui en ont été faites, dans tous les épithéliums des muqueuses digestives; la mucine salivaire de la sous-maxillaire est bien connue; celle de l’estomac a été bien étudiée par Creuser; quant à celle de l’intestin, si elle est faiblement produite, à l’état normal, dans les cas pathologiques, elle peut être tellement abondante dans les matières fécales, que l’examen chimique n’est point nécessaire pour la caractériser, puisque, nous l’avons vu, cela peut être déjà fait par l’examen macro et microscopique.
Pour rechercher cette mucine dans les fèces, on procède de la façon suivante : on délaie les matières avec de l’eau, on ajoute un égal volume d’eau de chaux, on laisse le .mélange reposer plusieurs heures, on filtre, et on traite le liquide filtré par l’acide acélique qui précipite la mucine dans cette solution neutre, précipité insoluble dans un excès d’acide acétique : telle est la méthode d’Hoppe- Seyler.
Schmidt, ainsi que d’autres auteurs, reproche à cette méthode de précipiter en même temps les nucléo-albumines que dissout également l’eau de chaux, nucléo-albumines qui sont fréquentes dans les glaires et les membranes de mucus que nous avons vues, au point de vue microscopique, être composées d’une trame de mucus, englobant de nombreuses cellules déformées et des globules graisseux. D’après eux, on ne pourra déclarer mucine ce précipité que si ses solutions dans les acides minéraux (acide chlorhydrique dilué par exemple) sont décomposées par une ébullition prolongée, mettant alors en liberté une substance du type des hydrates de carbone, capable de réduire la liqueur de Fehling.
2. Nucléines. — Ranger les nucléines , que l’on peut rencontrer dans les fèces, seulement dans le groupe des éléments provenant des déchets de la muqueuse intestinale, est peut-être un peu arbitraire ; car, en effet, il est certain qu’une partie de ces nucléines peut venir, d’une part des microorganismes, d’autre part des résidus alimentaires ; mais comme en ce qui concerne les premiers, nous ne possédons encore aucune indication précise, et comme pour les deuxièmes, sauf le cas qui n’est pas encore bien prouvé où le suc pancréatique, chargé normalement du rôle de décomposition des noyaux cellulaires, vient complètement à manquer, ces noyaux sont d’habitude bien digérés, presque tous résorbés, nous pensons que si l’on veut tirer quelques conclusions de la présence des nucléines dans les fèces, cela ne peut être qu’en les rapportant aux produits d’usure de la muqueuse digestive, ainsi qu’aux sucs qu’elle sécrète.
Les nucléines, dans les fèces, sont des corps phosphorés en combinaison avec une substance albuminoïde qui constitue la variété chimique des nucléo-albuminoïdes, corps protéiques du groupe des protéides.
Méthode de recherche. — La présence de la nucléine peut être décelée de la façon suivante : une partie des fèces épuisée par l’alcool et l’éther est additionnée d’HGl et traitée à plusieurs reprises par le mélange acide. Après lavage suffisant, on dessèche la masse et on la chauffe vigoureusement avec un mélange de nitre et de soude caustique, on reprend le résidu de la fusion par l’eau et l’on examine si la solution renferme ou non de l’acide phosphorique ; dans le cas où l’analyse révèle sa présence, ce dernier ne peut provenir que de la nucléine ; le traitement qu’on a fait subir à la matière, ayant pour but d’enlever tous les composés phosphatés solubles et insolubles, à l’exception de celui qui est caractérisé par la réaction ci-dessus (Hoppe-Seyler).
Dosage. — Pour le dosage, on peut employer le procédé de Weintraud. Pour cela, on fait bouillir 50 grammes de fèces fraîches, bien triturées, dans un litre d’eau avec 5 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré, pendant six à huit heures ; la masse encore chaude est neutralisée par de la lessive de baryte, puis filtrée immédiatement, et le dépôt est soigneusement lavé plusieurs fois avec de l’eau. Ce filtrat, très dilué, est refroidi dans un peu d’eau, et dans deux parties égales de ce filtrat les bases nucléiniques sont précipitées par le sulfate de cuivre et le bisulfite de soude, suivant le procédé de Krüg’er. Dans le dépôt soigneusement lavé, le contenu en azote est calculé d’après la méthode de Kjeldahl et comparé avec le contenu en azote total des fèces.
3. Pigment sanguin. — Gomme pigment sanguin, on peut reconnaître dans les fèces, suivant les circonstances que nous indiquerons plus loin, soit de l’oxyhémoglobine, soit de l’hématine.
\j oxy hémoglobine pourra être caractérisée dans les fèces par la recherche spectroscopique et la constatation des deux raies d’absorption entre les deux lignes D etE; on ne pourra
la reconnaître ainsi facilement que lorsque le sang' aura été évacué seul, en dehors de toutes matières fécales ou qu’il n’y sera point mélang-é.
Par contre, Yhématine , produit de décomposition de l’oxyhémog-lobine, sous l’influence des sucs digestifs gastrique ou pancréatique, peut être reconnue dans tous les cas ; il suffit de mélanger à une petite parcelle de fèces déposée sur unelamelleporte-objet, quelques gouttes d'acide acétique glacial et de chauffer quelques instants sans amener à l’ébullition, en renouvelant l’acide acétique, s’il s’évapore trop vite. Il se produit dans ces conditions de beaux cristaux bleu noirâtre, cristaux d’hémine, dits encore cristaux de Teichmann, qu’on peut facilement reconnaître sous le microscope, cristaux de forme rhomboédriq^ue, insolubles dans l’eau, insolubles dans les acides étendus, insolubles dans l’alcool, l’éther et le chloroforme.
4. Acides biliaires. — a. Méthode simple de recherche des acides biliaires dans V extrait aqueux de fèces. — On peut tout simplement, dans un extrait aqueux de fèces, les caractériser par la réaction spécifique de Pettenkofer. Cette réaction se produit dans les conditions suivantes : si à une solution d’acide biliaire, on ajoute par petites portions, en évitant que la température ne s’élève au-dessus de 70°, les deux tiers de son volume d’acide sulfurique concentré, puis quelques gouttes d’une solution de sucre de canne à 10 p. 100, on voit le liquide prendre une superbe coloration rouge cerise qui passe d’abord au carmin, puis au pourpre et finalement au violet. Cette réaction est due à l’action sur les sels biliaires d’un corps qui prend naissance dans l’action de l’acide sulfurique sur le sucre, le furfurol. Aussi peut-on faire la réaction de la façon suivante : à 1 centimètre cube de la liqueur à examiner, on ajoute 1 centimètre cube d’une solution aqueuse de furfurol à lp. 1000 et 1 centimètre
cube d’acide sulfurique concentré, en évitant que la température dépasse 70°. D’autres substances que les acides biliaires pouvant donner cette réaction avec l’acide sulfurique et le sucre, il est bon de le contrôler à l’aide de l’examen spectroscopique, à moins qu’on n’ait recours à la méthode plus compliquée d’Hoppe-Seyler que nous décrirons ci-dessous.
La liqueur roug-e pourpre, diluée de façon à absorber la totalité du violet, a un spectre d’absorption présentant deux bandes noires : l’une située au niveau de la raie P du spectre solaire, l’autre située entre les raies D et E du spectre, au voisinag-e de la raie E.
p. Méthode de recherche des acides biliaires isolés dans l’extrait alcoolique des fèces (Hoppe-Seyler). — On épuise une certaine quantité de fèces par l’alcool ; au bout d’un certain temps de contact, on filtre les liquides et l’on distille ; lorsque la majeure partie de l’alcool a passé à la distillation, on ajoute à la solution aqueuse de l’HCl, puis de l’hydrate de baryte en excès. On dirige dans le liquide un courant de GO2 et l’on fait bouillir. On filtre à chaud, on épuise le précipité à plusieurs reprises par de l’eau et l’on réunit les eaux de lavag-e. Gela fait, on concentre la solution et on l’abandonne au repos. Il se dépose au bout d’un certain temps un précipité de cholalate de baryte et il reste en dissolution du taurocholate et du g-lycocholale de soude. Dans cette opération, les acides gras combinés à la baryte, c’està-dire les oléates, stéarates, palmitates de baryum restent sur le filtre en même temps que le carbonate. Pour caractériser le taurocholate et le,glycocholate de baryum, il suffît de faire alors la réaction de Pettenkofer.
y. Méthode d'isolement de l’acide cholalique (Hoppe-Seyler). — On évapore au bain-marie l’extrait alcoolique des fèces filtrées, en ajoutant un peu d'acide acétique jusqu’à cousis-
tance sirupeuse, et on extrait le résidu avec de l’eau froide. Sur la partie non dissoute, on verse de l’eau de baryte, on ajoute encore de l’eau, on chauffe jusqu’à l’ébullition et l’on filtre à chaud. De nouveau, on fait bouillir le résidu avec de l’eau tant qu’il se dissout encore un peu ; on réunit alors ces extraits aqueux, on les filtre à chaud, on les évapore sous un petit volume, après refroidissement, on ajoute de l’éther, puis de l’HGl, on agite et on laisse reposer pendant quelque temps pour permettre l’évaporation de l’éther. On filtre, on lave l’acide choialique séparé avec de l’eau, on le dissout dans de l’alcool, on décolore au besoin avec du noir animal et on évapore sous un petit volume, l’abandonnant jusqu’à cristallisation. On peut alors l’identifier par ses caractères et, en même temps, connaître sa quantité.
o. Méthode de détermination quantitative de la taurine (Dressler). — On prend deux parties égales de fèces fraîches, mélangées dans un égal volume d'eau ; pour obtenir la quantité de soufre oxydable par les acides contenus dans la première partie, on traite celle-ci avec un mélange d’HCl et de chlorate dç potasse pendant dix à douze heures à une température voisine de l’ébullition, de façon à dissoudre toutes les parties organiques, et à transformer le mélange après adjonction d’eau en un liquide clair; — la deuxième partie est dissoute dans l’acide nitrique concentré, neutralisée avec un alcali, évaporée, puis on ajoute à la masse desséchée une quantité convenable de salpêtre, de chlorate de potasse et de soude ; on la fait éclater dans un creuset de platine, et les cendres, dissoutes dans l’eau, sont acidifiées par l’HCl. Les deux solutions chlorhydriques sont alors évaporées à sec, pour éloigner l’acide silicique, humectées de nouveau avec un peu d’HGl, lessivées avec de l’eau et filtrées. Puis l’acide sulfurique est précipité dans les deux filtrats par le chlorure de baryte et est pesé à l’état
Par — ^aurine contenue dans la portion de fèces
de sulfate de baryte ; duquel, par Je calcul suivant, on revient à la quantité de soufre contenue : S de la portion 2, moins S de la portion 1 est égal au S de taurine. Celui-ci multiplié 25^6 employée.
5. Pigments biliaires. — On peut trouver dans les fèces, soit les pigments biliaires normaux, bilirubine et biliverdine , soit plus fréquemment leurs produits de transformation, Y hydrobilirubine , la cholécyanine.
a. Hydrobilirubine. — L’épreuve la plus simple est celle de Schmidt par le sublimé. On mélange une petite quantité de fèces dans un mortier avec une certaine quantité de solution aqueuse de sublimé concentré, et on abandonne ce mélange pendant plusieurs heures (vingt-quatre heures) dans un large bocal de verre couvert. Toutes les parties qui contiennent de l’hydrobilirubine prennent alors une coloration . rouge intense, tandis que toutes celles qui contiennent de la bilirubine prennent une coloration verte.
Cette épreuve est des plus recommandables en raison de sa simplicité et du fait que, du même coup, elle révèle les deux pigments biliaires importants à reconnaître qu’elle permet en même temps d’examiner au microscope.
[5. Bilirubine. — La bilirubine, comme nous venons de le voir, peut être caractérisée facilement par l’épreuve précédente, l’épreuve du sublimé ; on peut encore reconnaître sa présence par l’épreuve de Gmelin, c’est-à-dire en traitant les fèces par l’acide nitrique, lequel fait apparaître des anneaux verts, rouges et violets caractéristiques.
y. Biliverdine. — Habituellement les garde-robes contenant de la biliverdine ont une coloration verdâtre qui permet de les reconnaître ; mais comme il peut y avoir de semblables colorations, soit à cause de la substance chloro-
phylienne des plantes, soit à cause d’un bacille, le bacille de la diarrhée verte, il est nécessaire, pour lui assigner sa véritable origine, d’extraire ce pigment biliaire par l’alcool, et de rechercher ses caractères spectroscopiques particuliers.
o. Cholécyanine. — Plus rare que les précédentes, la cholécyanine se reconnaît dans l’extrait alcoolique de fèces, mélangée avec du chlorure de zinc ammoniacal, par son spectre qui présente deux raies d’absorption séparées par une bande entre b et P. La raie plus large, plus faible et moins visible, est divisée par la ligne D, tandis que la raie plus foncée, plus étroite et mieux limitée, est située entre G et D, tout près de G.
6. Cholestérine. — Pour chercher dans les fèces la cholestérine , qu’on y trouve rarement en cristaux, et qui, d’après Hoppe-Seyler, se trouve dans toutes les déjections, suivant von Jackhs, on distille les acides gras volatils et le phénol, puis on traite le résidu par l’acide sulfurique, par l'alcool et enfin par l’éther. On filtre l’extrait d’éther, on distille l’éther et, pour séparer définitivement les acides gras volatils qui peuvent avoir passé dans l’éther, on fait digérer le résidu dans l’eau avec du carbonate de soude, on l’évapore jusqu’à dessiccation, et on traite de nouveau par l’éther. L’extrait alcoolique est également filtré, saturé de carbonate de soude, l’alcool distillé et le résidu, dissous dans l’eau, est également traité avec l’éther. Dans les résidus aqueux alcalins, on trouve les acides de la bile, les acides oléique, palmitique, stéarique, que l’on peut isoler en les transformant en leurs sels de baryte. La cholestérine et la graisse passent dans l’éther qu’on évapore alors ; on traite le résidu avec une lessive de potasse alcoolisée, on élimine l’alcool par évaporation au bain-marie, puis le liquide restant estdil'ié dans l’eau et traité par l'éther. Les graisses
restent alors sous forme de savon dans les solutions aqueuses, tandis que la cholestérine se mélange à l’éther.
On peut alors isoler la cholestérine de la manière suivante : *
1° On fait pénétrer sur les cristaux placés sur le porteobjet de l’acide sulfurique concentré; les tables disparais sent, tandis que leurs bords se colorent lentement en rouge jaunâtre.
2° On dissout les cristaux dans le chloroforme, on ajoute de l’acide sulfurique et on agite; la solution de chloroforme se colore rapidement du rouge sang au rouge pourpre. L’acide sulfurique présente en même temps une fluorescence très verte.
7. Calculs et concrétions. — Nous nous sommes expliqué déjà longuement sur les calculs et les concrétions au point de vue macroscopique ; ici nous apprendrons à connaître leurs caractères organoleptiques qui permettent seuls de les distinguer d’une façon certaine.
Ainsi, par l’analyse chimique, nous reconnaîtrons facilement ces différentes variétés de coprolithes, les uns constitués par des masses de débris cellulaires ou de fibres végétales cimentées par du mucus intestinal ; les autres, corps gras, blancs, mous, fusibles, combustibles avec odeur de graisse brûlée, solubles dans l’éther et la potasse à l’ébullition, insolubles dans l’alcool ; d’autres encore, amas composés de craie, de magnésie, de bismuth, de poudre de charbon, etc.
Les calculs biliaires ou cholélithes , les calculs pancréatiques, et les différents autres calculs déversés dans l’intestin par des organes communiquant, comme nous l’avons vu, soit d’une façon normale, soit d'une façon anormale avec lui, présentent une composition chimique variée, nettement caractéristique pour chacun d’eux. Dans son Atlas d'ana- R. Gaultier. — Précis de Coprologie* 11
tomie pathologique , Lancereaux groupe sous quatre chefs les calculs biliaires, suivant leur nature chimique :
a. Calculs formés de matière colorante biliaire . — Ceuxci contiennent, soit de la bilirubine qui, dissoute dans le chloroforme, cristallise par évaporation en prismes et en lamelles d’une couleur jaune brun ou grenat, soit de la biliverdine qui, incomplètement soluble dans le chloroforme ou dans l’éther, se dissout parfaitement dans l’alcool, solution d’un beau vert, que l’acide nitrique colore en bleu, violet et rouge ; bilirubine et biliverdine n’existant pas habituellement à l’état de pureté, mais associées le plus souvent à la chaux, combinée avec des sels de cette substance.
(3. Calculs composés principalement de cholestérine . — Nous avons dit, dans le paragraphe 6, la façon dont on peut reconnaître cette cholestérine, nous n’y reviendrons point ici. En général, de coloration blanchâtre ou légèrement jaune, ces calculs ont une surface de section cristalline, translucide, une cassure lisse et laissent voir des lamelles miroitantes et radiées.
y. Calculs formés de cliolate de chaux et d'acides gras . — Relativement rares, ils ont une teinte blanche et quand ils renferment de la matière colorante biliaire, ils présentent des zones concentriques, les unes verdâtres ou blanchâtres, les autres blanches ; ces dernières, en se dissolvant dans l’alcool, donnent naissance à des cristaux qui ont la forme d’aiguilles prismatiques, le plus souvent entremêlées, allongées, effilées à leurs extrémités et composées de cholate de chaux.
o. Calculs avec prédominance de carbonate de chaux. — A l’état sec, plus légers que l’eau, blanchâtres et d’aspect nacré, ils offrent à leur centre un noyau de matières colorantes biliaires, puis une couche blanchâtre de cholestérine, une zone de matières colorantes et, enfin, une écorce
feuilletée et nacrée faisant effervescence par l’acide acétique.
Les calculs pancréatiques sont généralement composés de carbonate de chaux, de phosphate de chaux, de sulfate ou d’oxalate de chaux, associés à des matières organiques en plus ou moins grande abondance qui les rapprochent comme texture des entérolithes que nous étudierons plus loin.
Les calculs amygdaliens sont presque tous constitués par du phosphate et du carbonate de chaux ; de meme les calculs salivaires , les broncliolithes , les rhinolithes sont composés en grande partie de phosphate de chaux 60 ou 80 p. 100, carbonate de chaux 20 à 40 p. 100, unis à de la matière organique 10 à 20 p. 100. De même, certains calculs urinaires sont composés de phosphate et de carbonate de chaux, mais la plupart surtout d’urate, d’oxalate, de cystine et de xanthine, qui proviendraient de modifications chimiques de l’acide urique. Les vrais calculs intestinaux, les entérolithes, contiennent, au point de vue qualitatif, mélangées à des matières organiques variables, les matières minérales suivantes : phosphate de chaux, phosphate ammoniaco-magnésien, phosphate de magnésie, phosphate tricalcique, traces de chlorure, matières minérales diverses, fer, etc.
Voici une analyse faite par Berlioz dans un cas de lithiase intestinale, rapporté par le professeur Dieulafoy (1).
Eau 11,25
Matières organiques azotées, d’origine stercorale... 22,24
Matières minérales 06,51
Total 100.00
L’analyse détaillée donne les résultats suivants :
Eau 11,25
Matières organiques azotées, d’origine stercorale.. 22,00
(1) Dieulafoy, Cliniques médicales de l’Hôtel-Dieu, de 1897.
Traces
indosables.
Acide phosphorique 17,56
Chaux 26,22
Magnésie 14,05
Silice 8.68
Total 100,00
Dans un autre cas, l’analyse chimique a donné les résultats suivants, très comparables avec les précédents; il s’agissait de sable de couleur brun pâle, renfermant des pigments analogues à ceux des matières fécales et en particulier à l’urobiline.
Une prise d’essai portée à 100° jusqu’à dessiccation complète, puis calcinée pour en obtenir des cendres blanches, montrait que la composition de ce sable, rapportée à 100 parties, était la suivante :
Grammes.
Substances solides totales 86,46
Eau obtenue par différence 13,54
Matières organiques 85,29
Sels minéraux 1,17
Ces chiffres indiquaient que le produit était composé de matières organiques constituées par des débris végétaux mélangés à çeux du contenu intestinal et par des sels minéraux.
Ces sels minéraux étaient formés d’acide phosphorique, de chaux, de traces de magnésie et de silice.
Les résultats de ces analyses concordent, d’autre part, avec ceux que signalent Fontet dans sp. thèse et que nous réunissons dans le tableau suivant :