‹ Précis de coprologie cliniqueChapitre 28 sur 59 · II. 75 kilogr · texte numérisé non relu

II. 75 kilogr

1 jour.

2 jours.

2 jours.

(environ)

Régime quatrième de l’hôpital.

Ce régime est composé comme suit :

Homme.

Teneur en graisse.

Femme.

Teneur en graisse

Pain, 480 grammes

400 gr.

Vin, 480 grammes

Soupe maigre, 30 centigr

Viande rôtie, 90 grammes. . . .

2 œufs remplaçant légumes..

Viande bouillie, 120 grammes.

Soupe grasse, 30 centigr

Pommes de terre, 24 gr

Total des graisses... 20,18 à 23,18 » »

Environ 20 à 24 grammes de graisse.

R. Gaultier. — Précis de Goprologie. 1*

â 10 SUBSTANCES CONSTITUANTES DES FÈCES EN PARTICULIER.

POIDS des sujets.

DURÉE

de

l’épreuve.

NOURR 4e degré.

ITURE.

Tenren G.

POIDS des fèces fraîches.

POIDS des fèces sèches.

GRAISSE des fèces.

H. 75 kilogr.

1 jour.

1 jour.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

2 jours.

Ces chiffres d’utilisation normale des graisses, 95 à 96 p. 100, concordent du reste avec ceux de Rübner, d’Atwater, de Praussnitz, etc.

Rübner.

Atwater

( Pain, viande, pois- \

î Régime des étudiants italiens. J sons, œufs, pom- £ 92.3 °/0 j . mes de terre, riz. )

\ Alimentation mixte des Européens 94,4 —

( Moyenne pour une alimentation animale 95,0 —

. \ — — végétale 90,0 —

( — — mixte ordinaire.. 95,0 —

Ils sont donc pour ainsi dire invariables dans les conditions d’une alimentation normale ; mais, par contre, ils varient considérablement dès que l’on s’écarte de cette normale même.

Voici sur ce point le résultat de nos recherches :

POIDS

DURÉE

de

NOURRITURE

POIDS

des fèces

POIDS des fèces

GRAISSE

des sujets.

l 'épreuve .

Régime.

Graisse.

fraîches.

sèches.

des fèces.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

67 kilogr. . . .

1 jour.

4e degré + 50 gr.

de

beurre.

+100 gr.

de

beurre.

+200 gr.

de

beurre.

âii

Il est encore un point digne de remarque pour l’utilisation des graisses en rapport avec la quantité ingérée, que l’on peut déduire de nos expériences, en lisant attentivement les chiffres qui en expriment les résultats, c’est celui que Von Noorden a bien mis en évidence, à savoir que : quand la quantité de graisse de nourriture augmente, la perte pour 100 diminue, jusqu a un certain point, au delà duquel, ayant dépassé la mesure de la capacité digestive, on voit la graisse des fèces augmenter dans des proportions considérables.

Ainsi pour :

Grammes. Perte p. 100.

4,2 de graisse alimentaire, il y avait 57,1

Si nous rapportons en détail toutes ces données, c’est qu’elles nous ont permis d’établir sur des bases aussi rigoureuses que possible la composition de notre repas d’épreuve dont nous parlerons au chapitre prochain. Donc, premier point, il faut tenir compte de la quantité de graisse ingérée quand on veut tabler sur la quantité de graisses excrétées dans les fèces, pour un diagnostic quelconque; mais ce n’est point tout, il faut encore envisager Y état de digestibilité sous lequel elle se présente dans les aliments, si l’on veut apprécier à leur juste valeur les résultats donnés par l’analyse des graisses des fèces. A priori , il est naturel de concevoir que la graisse toute émulsionnée du lait est plus facilement digestible que la graisse contenue dans la viande et pour laquelle des actes digestifs variés et nombreux sont nécessaires pour la rendre assimilable. Le tableau suivant en est la meilleure preuve :

Aliment principal.

Viande et lard

Viande et beurre

OEufs

Pomm. de terre et beurre.

Lait

Graisse

Graisse

Perte

des aliments.

des fèces.

Gr.

Gr.

Gr.

Enfin, il est une troisième condition dont dépend encore l’utilisation des graisses alimentaires, c’est leur point de fusion. Elle est en effet en rapport inverse de lui : plus celui-ci se rapproche de la température propre de l’intestin, plus elles sont rapidement résorbées; les graisses qui fondent au-dessus ne sont pas absorbées du tout.

Exemple le tableau suivant :

Variétés de graisses.

Point de fusion.

Degrés cent.

Perte

Stéarine

Mélange de stéarine et d’huile

d’amandes

Graisse de mouton

Graisse de porc

Graisse d’oie

Huile d’olive

liquide

Ainsi nous voyons que trois facteurs principaux régissent l’apparition des graisses en général dans les fèces : 1° la quantité de graisse ingérée ; 2° Yétat de digestibilité de cette graisse ingérée \ 3° son point de fusion.

p. — Rapport des diverses graisses excrétées.

Nous verrons un peu plus loin que d’autres conditions peuvent encore influencer cette apparition des graisses ; mais pour l’instant, nous voulons encore signaler dans les conditions physiologiques normales les états particuliers dans lesquels elles se trouvent dans les fèces après les modifications que leur ont fait subir l’intestin et ses glandes, à savoir le rapport existant entre les graisses neutres (G.), les acides gras (A. G.) et les savons (S.) de l’extrait éthéré total.

Si en effet l’analyse quantitative des g'raisses des fèces renseigne en bloc sur l’état de digestibilité de ces aliments, l’analyse qualitative permet une appréciation plus exacte du fonctionnement de l’intestin ; elle permet la dissociation des différents actes chimiques ou physiques du tractus intestinal, et nous met à même, comme nous le verrons plus tard, de rapporter à un défaut de fonctionnement soit dans la sécrétion biliaire, soit dans la sécrétion pancréatique, soit encore dans la résorption intestinale, les différences observées dans la nature des graisses recueillies dans les fèces.

Cette analyse qualitative , pour nous, prime toute cette question de l’analyse des graisses dans les matières fécales; aussi, tout d’abord, avons-nous étudié avec soin les rapports dans lesquels se montrent les diverses parties des graisses excrétées à l’état normal chez des gens considérés comme sains ; et ce sont ces résultats qui, comme les précédents, nous ont servi de base de comparaison pour l’utilisation diagnostique, comme nous le verrons par la suite.

GRAISSE DES FÈCES.

POURCENTAGE

EXTRAIT éthéré total.

S -|- autres matières grasses non séparées.

Gr.

Gr.

Gr.

Gr.

Gr.

Gr.

De l’examen de ces divers chiffres, nous pouvons conclure en termes de pourcentage que dans ces 4 à 5 p. 100 de graisse, les quantités respectives de G. N., A. G., et de S sont pour 100 parties de 24,2, 38,8 et 37 environ ; ou, ce qui revient au même, que 75 p. 100 des graisses excrétées ont été dédoublées et sont par conséquent considérées comme facilement absorbables.

Ainsi avons-nous vu le rég'ime alimentaire intervenir d’une façon primordiale dans la teneur en graisses des fèces; mais il est encore une autre cause qui modifie ces proportions normales, ce sont les troubles pathologiques du tube digestif. De nombreuses expériences démontrant d’une part que l’estomac n’intervient en rien dans la digestion des graisses, qu’il n’a qu’un rôle purement mécanique, celui de mettre en liberté par trituration dans les matières premières, où elles sont mélangées, les graisses rendues ainsi plus aptes à l’action des autres sucs digestifs; d’autre part, démontrant également que c’est aux sucs pancréatique et biliaire que sont dévolus les actes d’émulsion et de saponification, actes qu’influence le suc intestinal par son entéro-

kinase et la sécrétine, les agents microbiens n’v ayant qu’une action secondaire très faible, qu’enfm, quel que soit le mécanisme de leur résorption, l’absorption des graisses par les chylifèresou les radicules portes est influencée par labile et le suc pancréatique, il découle que la présence de graisses en plus ou moins grande quantité qu’à l’état normal dans les fèces, le régime institué ne dépassant pas la capacité digestive d’un individu sain, permet de tirer des déductions cliniques importantes pour le diagnostic des troubles de l’intestin et de ses glandes. Nous insisterons sur ce point dans le prochain chapitre ; mais ici, comme preuve à l’appui de ces déductions, nous citerons le résultat de nos expériences chez les animaux, que corroborent un certain nombre de faits cliniques signalés dans notre thèse.

1° — Cas où la fonction biliaire est supprimée . A. — Utilisation p. 100 des graisses.

DURÉE

de

répreuve.

NOURRITURE

MATIÈRES

GRAISSE DES FÈCES

Viande.

Graisse.

fécales

fraîches.

fécales

sèches.

Poids brut.

Pourcent.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

3 jours. 1

* environ graisse.

2 jours.!

f environ graisse.

5 jours.!

j environ graisse.

Ces résultats exprimés en chiffres brutaux, s’ils sont traduits en pourcentage, peuvent donc s’énoncer ainsi :

44,7 — / des graisses ingérées ont été excrétés.

Ou encore, l’utilisation de la graisse a été ! 55,3 —

Nous sommes loin des 4 à 5 p. 100 de graisses excrétées et des 95 à 96 p. 100 des graisses utilisées à l’état normal.

Nos résultats sur ce point sont, à quelques grammes près, identiques à ceux de notre maître de la Sorbonne, le professeur Dastre, dont nous résumons ici, sous forme de tableau, les trois séries d’expériences qu’il fit chez un chien à fistule biliaire.

Quantité

Poids

Durée

de

des

Graisse

de l’épreuve.

graisse ingérée.

excreta.

des fèces.

Grammes.

Grammes.

Grammes.

4 jours .. . . .

Ou, en d’autres termes :

43,2 — / des graisses ingérées ont été excrétés.

Ou encore, l’utilisation de la graisse a été ' 56,8 —

Ils concordent également avec ceux de Muller que nous rapportons dans le tableau suivant :

Page 1