‹ Précis de coprologie cliniqueChapitre 45 sur 59 · RAPPORT DU POIDS DES SUBSTANCES SÈCHES AU POIDS · texte numérisé non relu

RAPPORT DU POIDS DES SUBSTANCES SÈCHES AU POIDS

des substances fraîches, — Après la réaction, on étudie le rapport du poids des substances sèches au poids des substances fraîches, lequel permet, associé à l’épreuve de la traversée digestive, d’établir rigoureusement la valeur des termes : constipation et diarrhée (1).

Pour établir ce rapport, on procède de la façon suivante : Des matières fraîches recueillies après repas d’épreuve, on prélève une petite quantité que l’on pèse dans une capsule dont on connaît la tare au préalable, ce qui fait connaître le poids des substances fraîches. Il faut prendre une petite quantité, parce qu’on est plus sûr d’obtenir ainsi une dessiccation parfaite de toutes les parties; sinon, il se forme à la surface une sorte de croûte qui entrave l’action de la chaleur dans la profondeur ; cela est surtout vrai quand on

(1) Voir René Gaultier, Essai de Coprologie clinique , Paris, 1903, p. 46 à 38,

EXPOSÉ DE LA MÉTHODE

fait dessécher des matières fécales riches en graisse ; on peut encore, dans ce cas, les traiter au préalable avec du sable lavé à l’HCl, puis à l’eau et séché, de façon à mettre à l’air toutes les parties constituantes des matières; il est bon encore de les remuer de temps à autre pour bien faire pénétrer partout l’action de la chaleur, Cette dessiccation se fait lentement dans une étuve au bain-marie à 96° ou 97°. Quand on juge la dessiccation terminée, on pèse de nouveau la capsule et, par différence, on obtient le poids des substances sèches ; pour être sûr que cette dessiccation est bien complète, on reporte la capsule à l’étuve, puis on la pèse à nouveau, et cela jusqu’à ce que, à la suite de deux pesées successives les chiffres obtenus restent constants.

Ce rapport normal chez l’homme avec le régime du repas d’épreuve est environ de 68 p. 100 d’eau et de 22 p. 100 de substances sèches.

Quand l'absorption intestinale est considérablement diminuée , il y a augmentation de la proportion d’eau, 91 p. 100, et une diminution des substances sèches, 9 p. 100 en moyenne ; sans parler de l'augmentation de poids absolu des deux (substances sèches et eau), ni du cortège de symptômes satellites tels que présence de mucus, de pus, de sang, etc.

Quand la sécrétion biliaire est supprimée , il y a diminution d’eau, 67 p. 100, et augmentation des substances sèches, 33 p. 100 en moyenne.

Quand la sécrétion biliaire est diminuée , il y a également diminution d’eau, 71 p. 100, et augmentation de substances sèches, 39 p. 100.

Quand les sécrétions biliaire et pancréatique sont supprimées ou fortement amoindries, il y a également augmentation d’eau, 88 p. 100, et diminution des substances sèches, 12 p. 100 en moyenne.

On peut donc conclure que le rapport du poids des substances sèches au poids des substances fraîches, est sous la dépendance, soit de la motricité intestinale , soit de l 'absorption, soit des sécrétions glandulaires, soit encore des phénomènes de transsudation séreuse, comme la chose se voit en cas de muqueuse totalement dénudée (dans le choléra, par exemple, travaux de Schmidt) ou plus simplement sous la dépendance d’une excitation nerveuse centrale ou périphérique; cela constitue une recherche des plus instructives pour l’exploration des fonctions intestinales. S’il est impuissant à lui seul à fournir une indication précise, il permet, associé à l’épreuve de la durée de la traversée digestive, d’établir rigoureusement la valeur des termes, diarrhée et constipation, car, à l’instar de la première, il permet, lui aussi, une mesure exacte d’un des facteurs qui constituent ces deux symptômes.

Grâce à ces deux moyens, la simple constatation d’une fréquence ou d’une rareté relative des évacuations rectales, où la consistance plus ou moins dure, plus ou moins liquide des selles, apparaît comme une chose insuffisante; et de même que jadis la fièvre diagnostiquée par la plus ou moins grande chaleur ressentie par le malade ou appréciée par la main du médecin, peut être aujourd’hui exactement interprétée à l’aide du thermomètre, de même la diarrhée et la constipation, soupçonnées d’après les renseignements du patient ou par la simple vue des fèces, peuvent être révélées dans leur véritable nature et dans leur signification clinique par l'épreuve de la traversée digestive et l’analyse des variations du rapport du poids des fèces sèches au poids des fèces fraîches.

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