‹ Précis de coprologie cliniqueChapitre 46 sur 59 · UTILISATION DES GRAISSES, ANALYSE QUANTITATIVE ET · texte numérisé non relu

UTILISATION DES GRAISSES, ANALYSE QUANTITATIVE ET

qualitative. — Parallèlement à cette recherche on poursuivra la recherche de l'utilisation des graisses, dont Ja

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connaissance présente un grand intérêt, comme semblent le prouver les nombreux travaux que nous avons poursuivis dansce sens (1). Cette analyse doit être quantitative et surtout

qualitative. Pour la première on prend une certaine quantité de fèces que l’on fait dessécher à l’étuve et<;ette masse desséchée et pesée est triturée dans un mortier avec des morceaux de verre et du sable bien lavé à l’HGl, à l’eau et séché,

(1) Voir René Gaultier, Essai cle Coprologie clinique, Paris, 1905,

et l’on fait une simple extraction par l’éther additionné d’HGl (qui décompose les savons). On a ainsi le poids total des graisses, y compris la cholestérine et la lécithine qu’il faudrait séparer, mais qui, en pratique, n’ont point d’importance. Pour ce qui est de Y analyse qualitative, on procède tout d’abord comme précédemment : la matière séchée et broyée est triturée : 1° par l’éther seul qui entraîne à la fois les graisses neutres, les acides gras et les savons d’alcalis, dont on obtient ainsi le poids avec l’appareil à extraction des graisses (fî g*. 65). Cet extrait, desséché et pesé, est redissous dans l’éther; 2° on traite par l’eau qui dissout les savons d’alcalis que l’on entraîne par décantation ; on les précipite sous forme de savons de baryte par le chlorure de baryum ; les savons barytiques insolubles sont séparés par le filtre, lavés à l’eau, desséchés et pesés ; 3° dans la partie éthérée, on dose les acides gras par une solution alcoolique de potasse à 1 p. 100 en présence de la phénolphtaléine, 1 centimètre cube de cette solution saturant 08r,0284 d’acide stéarique, on obtient le poids des acides gras en acide stéarique ; 4° par différence, on obtient les graisses neutres.

Pour pouvoir tirer avec cette méthode de recherche des conclusions cliniques, nous exposerons successivement d’après nos travaux l’état des graisses dans les fèces chez des sujets sains et chez des sujets malades.

1. État physiologique normal. — 1° L’utilisation p. 100 des graisses, c’est-à-dire le rapport entre la quantité des graisses excrétées et celle ingérée, autrement dit la quantité de graisse absorbée, est, dans les conditions normales, en moyenne pour une alimentation mixte ordinaire 95 à 96 p. 100 ;

2° Les rapports dans lesquels sont les diverses parties de ces graisses excrétées, de ces 4 à 5 p. 100 de graisse non absorbée sont respectivement de 24,2 p. 100 en graisses

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neutres GN, 38,8 p. 100 en acides gras AG, et 37 p. 100 en savons S, ce qui revient à dire que la plus grande partie, 75 p. 100, ont été dédoublés.

2. État physiologique anormal. — Si nous passons en revue les conditions anormales que réalise l’expérience pour chercher à reproduire l’état de maladie, sans entrer ni dans le détail ni dans la discussion de ces expériences, en ne reproduisant que les résultats capables de servir à une déduction clinique, résultats comparables aux faits pathologiques que nous avons pu contrôler par l’opération ou l’autopsie, nous voyons que :

A. Au cas où la fonction biliaire est supprimée : 1° l’utilisation p. 100 des graisses est de 37 à 53 p. 100, on retrouve dans les fèces de 46 à 63 p. 100 des graisses ingérées ; 2° le rapport entre les diverses parties des graisses excrétées est le suivant : 63 p. 100 de GN, 21 p. 100 d’AG

t 12 p. 100 de S ; en l’absence de bile, la saponification de GN est peu empêchée, il y a peu de S et d’AG, les fèces ne contiennent en grande majorité que des GN.

B. Au cas où la fonction pancréatique est supprimée : 1° l’utilisation p. 100, sauf pour la graisse émulsionnée comme celle du lait, sans être totalement nulle, est peu élevée, à peine 15 p. 100 ; 2° pour ce qui est du rapport des diverses parties constituantes, on ne retrouve pour ainsi dire plus que des GN.

G. Au cas où les fonctions biliaires et pancréatiques sont supprimées à la fois : 1° l’utilisation p. 100 est encore amoindrie ; elle se tiendrait cependant aux environs de 13 p. 100 ; 2° le rapport des diverses parties constituantes montrerait que le dédoublement des graisses est de 21 p. 100 seulement, environ le cinquième.

D. Au cas où l'intestin grêle est réséqué , depuis le duodénum jusqu’à la terminaison de l’iléon (faits expérimen-

taux), ou profondément altéré (faits cliniques) : 1° /' utilisation est d’environ 65 p. 100, ce qui tendrait à prouver que le côlon peut se charger par substitution en partie de la fonction de l’intestin grêle absent, hypothèse qui trouve son appui dans les expériences d’alimentation rectale; 2° le pourcentage des matières constituantes nous a montré que la décomposition des graisses était parfaite, qu’il y avait près des trois quarts de graisses dédoublées.

De ces divers résultats nous pouvons donc tirer les déductions suivantes : quand, avec un régime donné, une certaine quantité de graisse normalement digestible se retrouvera dans les fèces non utilisée, sous la forme ingérée, c’est-à-dire sans grande modification apte à la rendre plus facilement absorbable, on pourra dire qu’il y a trouble dans le fonctionnement de l’appareil biliaire ou pancréatique, ou des deux à la fois.

Ainsi, en cas de trouble d'absorption intestinale , si la quantité de graisse utilisée est moindre que la normale (78 p. 100 en moyenne dans les cas que nous avons étudiés) la quantité de graisse dédoublée est encore relativement considérable (près des deux tiers).

En cas d 'absence de bile , l'utilisation est également diminuée , mais la quantité de graisse dédoublée n'est qu'environ un tiers.

En cas d 'absence de suc pancréatiques l'utilisation est faible , mais surtout la quantité de graisse dédoublée est infime.

Si bien que l’absence simultanée de bile et de suc pancréatique entraîne une utilisation presque nulle, le dédoublement des graisses tombant au cinquième.

En résumé, ce n’est donc point tant la quantité des graisses excrétées que la qualité de ces graisses qu’il importe de connaître à qui veut explorer le tube digestif,

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4. UTILISATION DES HYDRATES DE CARBONE. — L’utilisation des hydrates de carbone est loin d’avoir la même importance et la même signification clinique que l’utilisation des graisses. Cette recherche, nous la faisons dans la pratique, soit par la méthode de saccharification que nous avons exposée plus haut (p. 78), soit par la méthode de fermentation.

Les résultats de cette recherche, nous les avons consignés dans notre thèse (1); ils peuvent être ainsi résumés :

a. L'absence de sécrétion biliaire ne modifie point l’utilisation des hydrates de carbone. Ex. ces 4 cas d’ictère par rétention biliaire que rapporte ce tableau :

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