ICTÈRE
par
rétention.
TOTAL
des fèces pour trois jours
TOTAL
des fèces pour un jour
CONTENANCE
des substances
CONTENANCE
en
amidon au total.
CONTENANCE
en amidon des sub-
fraîches
sèches.
fraîches
sèches.
3 jours.
1 jour.
stances
sèches.
b. En cas de suppression du pancréas , celui-ci facilement
suppléé dans sa fonction par les sucs salivaires ou les bactéries de l’intestin, l’utilisation des hydrates de carbone est encore bonne. %
c. En cas de suppression des deux sécrétions biliaire et pancréatique à la fois^ l’épreuve de fermentation a été positive, et l’épreuve de saccharification nous a permis de constater qu’il y avait 27 p. 100 d’excrétés.
d. En cas de troubles dans le fonctionnement de V intestin, l'épreuve de fermentation s’est toujours montrée posi-
(1) Gaultier (R.), Essai de Coprologie clinique, 4903, p. 183 à 195.
tive et l’épreuve de saccharification nous a donné également des chiffres assez élevés.
Aussi croyons-nous qu’on peut formuler ainsi :
La constatation simple des hydrates de carbone en quantité anormale dans les fèces doit faire songer à une altération de la faculté absorbante de l'intestin quelle qu'en soit l'origine , cause fonctionnelle ou organique. mais cette constatation n’a de réelle valeur qu’associée à la recherche de l’analyse quantitative et qualitative des graisses, telle que nous l’avons exposée précédemment et à la recherche des albuminoïdes comme nous allons l’exposer maintenant.
5. utilisation des albuminoïdes. — Nous faisons cette recherche de la façon suivante (1) :
1° L'analyse qualitative de V albumine. — Pour cela, on délaie une petite quantité de fèces dans une grande quantité d’eau additionnée d’une trace d’acide acétique; on évapore un peu l’extrait aqueux et on filtre à plusieurs reprises. On peut alors rechercher l’albumine dans le liquide filtré, comme on la recherche dans les urines.
2° L'analyse qualitative des peptones dans les fèces. — Dans ce cas, les fèces sont mélangées avec de l’eau jusqu a ce qu’elles aient la consistance d’une bouillie claire, puis elles sont soumises à la coction et filtrées à chaud. Le produit filtré est traité par l’acide acétique et porté de nouveau à l’ébullition. On neutralise cette liqueur et on la sature avec du sulfate d’ammoniaque à la température de l’ébullition. Il se produit un précipité si la liqueur contient des protéines ; on sépare ce précipité et on recherche les peptones par la recherche classique du biuret.
3° L'analyse quantitative des albumoses par la méthode
(1) Voir René Gaultier, Essai de Coprologie clinique, Paris, 4905, p. 196 à 204.
EXPOSÉ DE LA MÉTHODE. 335
de digestion secondaire de Schmidt. — Voici en quoi consiste cette méthode qui ne se pratique qu’avec le repas d’épreuve ci-dessus indiqué, lequel normalement ne doit pas laisser de résidus albuminoïdes dans les fèces.
On prélève environ 10 grammes de fèces et on les réduit au plus tin dans un mortier ; puis on les mélange avec une certaine quantité d’eau et l’on centrifuge à plusieurs reprises. Le culot de centrifugation est traité par HCl dilué à 4 p. 100 et par l’éther qui enlèvent les sels et les graisses ; on centrifuge à nouveau à plusieurs reprises et le dépôt, ainsi diminué par les dissolutions successives que l’on vient de lui faire subir et qui ne contient plus que des débris de cellulose et d’albuminoïdes non digérés, est soumis à la digestion artificielle de 8 centimètres cubes d’une solution de suc gastrique obtenu par la macération d’une muqueuse d’estomac de cochon hachée menu dans 5 litres de solution chlorhydrique à 2 p. 100 et conservée avec l’addition de 0gr,50 de thymol par litre. Par un procédé semblable à la digestion de l’albumine dans les tubes de Mette pour l’examen de la valeur pepsinifère de l’estomac, on peut apprécier dans le tube à essai, si ce dépôt est placé à l’étuve pendant la digestion secondaire, quelle a été l’étendue de cette digestion par la mesure de l’amoindrissement du dépôt, partant, quelle quantité d’albuminoïde il contenait.
4° Le dosage de Vazote total. — Enfin on peut compléter cette recherche de l’utilisation des albuminoïdes par le dosage de Vazote total par la méthode de Kjel dahl.
A l’aide de ces méthodes et connaissant la composition des aliments de notre repas d’épreuve, sachant d’une part que ceux-ci n’entraînaient la présence dans les fèces d 'individus normaux ni d’albumines ni de peptones ; que la méthode de Schmidt restait négative dans ces cas,
et que l’azote total des fèces demeurait constamment autour des chiffres suivants, 5 à 6 p. 100 de l’azote alimentaire; nous avons pu, d’autre part, en comparant les résultats trouvés avec ce même repas soit chez des animaux à simple fistule biliaire ou pancréatique, ou à double fistule biliaire et pancréatique à la fois, ou encore à intestin grêle exclu, soit chez des malades présentant des cas de rétention biliaire ou de suppression de suc pancréatique, ou encore des troubles de résorption intestinale très marquée, voir l’influence de ces différents facteurs dans la teneur des fèces en albumines, peptones ou azote total.
a. En cas de suppression de labile : La quantité d’azote total est augmentée parallèlement à la quantité de graisse contenue dans les fèces; elle s’est montrée de 13 à 17 p. 100; nous n’avons pas trouvé d’albumine par la méthode d 'analyse qualitative ; nous n’avons décelé que des traces de peptones; f épreuve de Schmidt est restée négative.
b. En cas de suppression du suc pancréatique : Nous avons noté 26 à 33 p. 100 d’azote dans les fèces, chiffres énormes comparativement au chiffre normal; l’albumine était décelable et aussi les peptones, \ épreuve de Schmidt s’est montrée faiblement positive.
c. En cas de suppression de la bile et du suc pancréatique : Nous avons noté une proportion encore plus considérable d’azote p. 100 dans les fèces (41 p. 100 dans une de nos recherches) et la méthode de Schmidt accusa une digestion secondaire manifeste.
d. En cas de troubles d" absorption intestinale : Nous avons constaté près de 60 p. 100 d’azote dans les fèces. Et l’on pourrait facilement y déceler l’albumine et les peptones ; en même temps que la méthode de Schmidt se montrait là la plus évidente.
Ainsi donc V absence de bile importe peu dans la diges -
EXPOSÉ DE LA MÉTHODE
tion des aliments azotés , si bien que de leur utilisation on ne peut tirer que des notions incertaines ; par contre, l 'absence de suc pancréatique entraîne une utilisation très amoindrie de ces aliments , mais surtout des troubles dans le fonctionnement de l'appareil de résorption intestinale entraînent avec eux une utilisation défectueuse des aliments azotés.
Ces résultats n'ont par eux-mêmes qu'une valeur secondaire et ne tirent tous leur intérêt que s’ils sont ou non associés à des troubles dans l’utilisation des hydrates de carbone et des graisses.
Accessoirement nous faisons porter également notre analyse chimique des fèces sur la recherche de la mucine , dont la constatation n’offre point d’autre intérêt clinique que celui des constatations macroscopiques et microscopiques du mucus; ou encore de la leucine , de la tyrosine , de Yindol, du phénol , des gaz , des enzymes , des pigments biliaires, des matières colorantes du sang, ou bien de la composition des diverses concrétions.
F. Examen bactériologique. — Enfin dans certaines circonstances nous pratiquons l’examen bactériologique des matières fécales de la façon suivante :
Nous prélevons une certaine quantité de fèces que nous diluons dans une certaine quantité d’eau stérilisée (environ 10 fois son volume) et que nous centrifugeons dans un tube également stérilisé ; en raison du poids spécifique des bactéries qui est plus léger que l’eau, ces dernières restent en suspension dans le liquide, tandis que le culot de centrifugation est constitué de tous les résidus fécaux alimentaires ou déchets de la muqueuse digestive dont nous connaissons la signification diagnostique par les examens précédents. Ensuite nous traitons cette eau chargée de bactéries par l'alcool et nous centrifugeons à nouveau ; cette fois, les bactéries, étant plus lourdes que l’alcool, tombent au fond du R, Gaultieh, — Précis de Coprologie. 22
tube et constituent presque exclusivementle culot de centrifugation. On peut prélever alors ce culot et l’examiner sur lames après coloration, suivant les méthodes usuelles en bactériologie, avec ou sans Gram, ou encore faire la recherche spéciale du bacille de Koch avec la coloration de Ziehl.
Ce simple examen bactériologique permettant de constater le nombre, la forme, l’aspect, la variété des colonies microbiennes, dans certaines circonstances la prédominance de l’une d’entre elles suffit souvent pour donner des indications diagnostiques et surtout thérapeutiques, dont nous allons maintenant indiquer l’importance en enseignant les résultats pratiques de notre méthode d’exploration fonctionnelle du tube digestif.