RÔLE DE L’ALIMENTATION
effet des aliments qui sont réfractaires à l’action des sucs digestifs en totalité ou en partie et qui résistent aux putréfactions digestives ; ceux-ci, dans toutes les circonstances, prennent une grande part à la composition des fèces, tandis qu’il en est d’autres qui, étant de nature très digestible, n’entrent que dans certains cas pathologiques seulement dans la composition des fèces parce qu’ils échappent à la digestion et à la résorption.
Nous aurons l’occasion de revenir plus loin sur ce point. Mais n’est-ce pas déjà suffisant pour nous prouver la part qui revient aux résidus alimentaires dans la constitution des fèces.
Accessoirement, à côté des résidus alimentaires, la part que les microorganismes introduits dans le tube digestif avec les aliments prennent dans la composition des matières fécales, nous sera largement prouvée par les descriptions que nous en aurons à faire plus loin.
Nous verrons, par exemple, par la méthode du pesage des bactéries de Strassbürger, pour quelle proportion ils entrent dans le poids des fèces sèches ; mais n’anticipons pas sur ce point.
Quant aux substances accidentelles telles que parasites intestinaux, grains de sable, cheveux, etc., cela est des plus variables, avec les individus, suivant les climats, suivant les mœurs et les habitudes; c’est ainsi qu’on voit par exemple certains d’entre eux rendre des paquets de poils dans les matières, parce qu’ils ont l’habitude d’avaler leur moustache ou leurs cheveux, comme d’autres rongent leurs ongles.
Nous n’insisterons point sur ces faits, car les corps étrangers introduits ainsi accidentellement et que l’on peut retrouver dans les fèces sont légion.
2. — ROLE DE LA SÉCRÉTION DES SUCS DIGESTIFS ET DE LA DESQUAMATION ÉPITHÉLIALE, ET ROLE DE LA MUQUEUSE INTESTINALE ENVISAGÉE COMME SURFACE EXCRÉTRICE.
Rôle de la sécrétion des sucs digestifs. — Si l’alimentation ou les microorganismes et parasites qu’elle introduit avec elle sont capables de modifier ainsi la teneur des excréments, il est un autre facteur important qu’il nous faut encore envisager à côté d’eux : ce sont les sucs de sécrétion du tube digestif, les produits d'usure de la muqueuse intestinale et les substances qu'elle est chargée d' excréter .
De ce facteur on peut donner deux preuves manifestes : l’une, comme le dit si bien Nicloux, pourrait être appelée démonstration directe, l’autre démonstration indirecte .
Démonstration directe. — La première a été fournie par l’élégante expérience d’Hermann . Chez un chien de forte taille, ayant sectionné une anse d’intestin de 30 à 35 centimètres, après avoir rétabli la continuité du tractus digestif, il en suture les deux extrémités de manière à obtenir un anneau creux dont les connexions vasculaires et nerveuses sont ainsi respectées autant que possible. L’animal est sacrifié au bout d’un temps variable de survie sans qu’il ait présenté de phénomènes pathologiques appréciables ; et on constate alors dans l’anneau intestinal isolé environ 60 grammes d’une masse solide grise, tirant sur le brun, d’aspect rappelant les matières fécales, moulée comme elles et d’odeur caractéristique, comprenant environ :
Eau 71,89
Composés organiques 25,69
— minéraux 2,62
et que l’auteur considère comme produits des sécrétions elles-mêmes. Calculant ensuite, d’après ce poids de fèces,