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CHAPITRE PREMIER

On réunit sous le nom d'Âustralasie les grandes terres de Touest: TAuslralie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Guinée et les quelques autres colonies européennes qui se trouvent entre ces terres.

§ 1. — Coup d*œil sur la géographie physique et politique.

Géographie physique. — La plus grande des terres de l'Océanie, TAus tralie, forme presque un continent. Sa superficie de 7,626,000 kilomètres carrés légale presque à TEurope, mais son importance est moins grande dans le monde.

L'Australie est un plateau massif, d'une altitude moyenne médiocre (400 mètres), sillonné de quelques chaînes de montagnes, et bordé vers Test par une série d'assez hauts massifs, montagnes Bleues, Alpes australiennes, etc., qui culminent au mont Kosciuzko (2,240 mètres).

Le littoral, presque sans indentations à l'ouest, et dans la plus grande partie des côtes septentrionales et méridionales, est, au contraire, très richement découpé à l'est et au sud-est ; d'excellents ports s'y ouvrent dans des rades comme Port-Philipp (Melbourne) et Port-Jackson (Sidney); malheureusement la partie nord-orientale est bordée par la Grande- Barrière, longue bande de récifs coralliens qui en rendent l'approche dangereux, sinon impossible.

C'est sous le rapport du climat que l'Australie est le plus mal douée ; les vents alizés du sud-est apportent sur la côte orientale des pluies abondantes (i'^,50 au moins); mais, à très peu de distance de la mer s'élèvent les montagnes qui arrêtent les pluies. Aussi l'intérieur est-i presque absolument sec (moins de 0",20) sur près de la moitié du continent. Les températures subissent la même influence : le climat tempéré par les vents sur la côte orientale, supportable pour les Européens, comparable même en Tasmanie à celui des lies Britanniques, devient de plus en plus continental à mesure que l'on s'avance vers Tintérieur. Là, les extrêmes de chaud et de froid rappellent le Sahara.

L'Australie est très pauvre en fleuves: si la côte orientale a des torrents assez constants, mais trop courts ou trop rapides, les autres côtes n'ont

que (les ouadis presque constamment À sec. Seul, ]e Murray mérite le nom de fleuve; et cependant, malgré la longueur de son cours (1,800 kilomètres), il n'a pas le débit moyen de la Seine. L'intérieur du plateau, déprimé semble-t-il en son centre, contient un certain nombre de lacs, de sebkbas comparables à celles du Sahara.

Populations. — L'Australie, dont la population n'a jamais été dense, est le continent le moins peuplé de tous. La race aborigène, une des plus arriérées de la terre, a rapidement diminué depuis l'arrivée des Européens, et est en voie de complète disparition.

L'Australie a été colonisée par les Anglais. Ce fut d'abord une colonie pénitentiaire ; Botany-Bay, Perth, Hobart-Town en Tasmanie, ont été les principaux dépôts de convicts. Mais, depuis que les Anglais ont renoncé à transporter leurs condamnés, et surtout depuis la découverte des mines d'or, un grand nombre d'immigrants libres sont venus coloniser le pays.

Six colonies différentes se partagent le continent ; elles ont reçu des constitutions très libérales. Le gouverneuvy nommé par la couronne, personnage purement décoratif, joue le rôle d'un souverain constilutionnel, assisté d'un ministère responsable devant les chambres élues. Quelques tentatives de « fédération » des diverses colonies ont été faites, mais n'ont, jusqu'ici, pas réussi. Il semble cependant que l'avenir des colonies australiennes soit dans cette fédération, où elles trouveront un accroissement de force et de richesse (i).

§ II. — Géographie économique.

Condition générale. — Au point de vue économique, l'Australie pr^^sente un caractère très original. C'est un pays exiraordinairement pauvre en ressources naturelles et spontanées, surtout si on le compare aux régions voisines si riches de la Chine, de l'Inde et de la Malaisie. En dehoi^ même des grands déserts stériles de l'intérieur, le sol est maigre, peu propre à la culture et ne fournit nulle part ces produits naturels qui rendent la vie si facile aux indigènes de la plupart des pays tropicaux. Aus^i le continent australien, si peu favorisé de la nature, a-t-il été de tout temps mal peuplé; et la population qui l'habitait était-elle demeuréo dans un état de civilisation tout à fait primitif.

(I) Notice statistique:

Suporflcic

en

kilomètres carrés.

Queensland 1 . 730. 721

Nouvelle-Galles du Sud. . 7U9. 139

Victoria 229.078

Australie du Sud 985.720

(Territoire du Nord) 1 . SS.S . 89 1

Australie occidentale 2.527.288

Tasmanie 67.894

Populalion (1894).

Populalion

HabiUots.

kUométrique.

C'est à rétablissement des Européens que ce pays a dû toute sa prospérité. Non seulement les mines d'or et de houille, mais aussi les pâturages qui font actuellement la fortune de l'Australie ne sont une ressource que depuis l'arrivée des Européens. N'est-ce pas en effet le bétail qui fait toute l'importance des pâturages ? Or, ce bétail est entièrement d'origine étrangère. Ces herbages, aujourd'hui si précieux, n'avaient auparavant aucune utilité, fréquentés seulement parles animaux peu nombreux qui constituent la faune indigène. C'étaient en quelque sorte des richesses en souffrance.

D'ailleurs l'Australie, si tard venue à la civilisation, a su vite regagner le temps perdu. On a remarqué qu'elle a passé en moins d'un siècle de Tàge de la pierre à celui de la vapeur. Elle est aujourd'hui plus avancée que les pays si vieux de la Chine et de l'Inde. Aujourd'hui l'Australie lient une place importante dans le monde ; et les jeunes États qui la composent aspirent encore à de plus hautes destinées.

A. — Agriculture.

' Aptitude naturelle. — Ce n'est pas, à proprement parler, la culture, mais l'exploitation agricole qui est la principale industrie des colons australiens et la première source de leurs richesses. Ils ne peuvent utiliser toutefois qu'une minime partie du continent. Le reste est un désert impénétrable et qui a longtemps effrayé les explorateurs, plus encore que le Sahara; et les régions exploitables ont elles-mêmes à souffrir des conditions climatiques qui rendent infertiles une si grande partie du pays.

C'est en effet moins au sol qu'au climat que l'Australie est redevable de son infériorité agricole. Bien que les terrains soient à l'intérieur en majorité sablonneux, ils seraient pourtant susceptibles d'exploitation s'ils étaient suffisamment arrosés. C'est l'eau qui manque. 11 est vrai que toute la région orientale du continent reçoit des précipitations dont l'abondance, calculée d'une façon absolue, n'est pas en moyenne inférieure à celle des pluies qui tombent sur bien des parties de l'Europe, où elles suffisent parfaitement aux nécessités de l'agriculture. Mais en Australie, ces chutes d'eau sont très inégalement réparties entre les diverses saisons de Tannée, elles sont en général réduites à quelques mois, et le reste du temps la terre n'est arrosée que par des pluies d'orages, qui ne sauraient nullement compenser par une surabondance de quelques heures les sécheresses à longues périodes. Le sol n'est sans doute pas impropre à toute végétation; mais cette végétation, pour être originale et très curieuse, n'en est pas moins sans utilité pour l'homme. Les plantes qui caractérisent la flore indigène, eucalyptus, plantes grasses, sont remarquables par la sécheresse de leurs feuilles, leurs teintes grises et blafardes, mais surtout par leur puissance extraordinaire d'absorption. Lors des averses, elles emmagasinent rapidement une quantité d'eau considérable, qui pourra servir durant de longues semaines au développement normal de leurs tissus. Tout Je reste de l'humidité déversée sur le soi est immédiatement enlevé

par révaporation, que la sécheresse ordinaire de raimosphère rend intense. On comprend aisément qu'en présence de pareils phénomènes, les cultures proprement dites ne puissent réussir, puisque les plantes doivent répondre à ces conditions bien spéciales par une organisation toute particulière. L'agriculture ne trouve un terrain favorable que le long des côtes orientales, dans les vallées montagneuses, où s'engouffrent les vents marins et où les précipitations dépassent un mètre de chute annuelle. C'est encore dans ces cantons que s'est concentrée la végétation forestière. Les régions du Nord, sur le golfe de Carpentarie, quoique appartenant encore à la zone des pluies tropicales, ne sont guère plus favorisées. Les vents desséchants de l'intérieur y sont fréquents et enlèvent à cette contrée la plupart des avantages qu'elle devrait retirer de sa position.

Ces différentes conditions ne semblent pas au premier abord beaucoup plus propres au développement de l'élevage qu'à celui de la culture. Toutefois les pâturages exigent une humidité moins abondante que les champs cultivés. Mais ils doivent surtout leur extension en Australie aux qualités du sol; qui compensent largement les défauts du climat. Les terrains argileux qui constituent en grande majorité la région des prairies conservent onieux que les sols sablonneux ou calcaires de Tintérieur et du littoral • l'humidité si précaire que leur déversent à de grands intervalles les averses orageuses; et pourvu que ces averses ne se fassent pas trop attendre, J'herbe peut conserver durant de longues semaines une vigueur suffisante pour servir de nourriture aux animaux. Ces pâturages, que la présence d'herbes salines rend encore meilleurs, peuvent s'étendre ainsi sur de vastes espaces, lis ne sont pas concentrés, comme sous nos climats, le long des cours d eau et dans les vallées fluviales. Ils étaient à lorigine parsemés d' « eucalyptus » qui donnaient de loin à tout le pays l'aspect d'une forêt. Mais par un contraste bizarre avec ce qui se passe en Europe, les colons ont partout déboisé pour augmenter Thumidité du sol, et pour rendre à la végétation herbeuse toute l'eau dont ces arbres absorbaient sans utilité la meilleure partie; les feuilles tombées servaient toutefois d'engrais.

La sécheresse reste d'ailleurs le grand fléau, qui menace constamment les exploitations australiennes, lin retard de quelques jours dans la succession des orages a suffi bien souvent à brûler les moissons et à faire périr des centaines de milliers d'animaux. C'est pour prévenir ces désastres et les rendre moins fréquents et moins terribles que les colons ont exécuté à grands frais des travaux d'irrigation, des barrages, dans le voi- Binage des cours d'eau. Partout où l'eau des fleuves ne saurait être amenée, ils ont creusé des puits artésiens en grand nombre.

Mais ils ont aussi à lutter contre une autre calamité. Sans parler des chiens indigènes, qui font souvent de grands dégâts dans les troupeaux, les lapins, introduits comme gibier, ont pullulé dans des proportions inouïes et causent dans certains cantons de véritables désastres. Ils tondent l'herbe jusqu'à la racine sur de vastes espaces. Des fermes entières et des vignobles même ont été déjà complètement ruinés.

Forêts. — Les forêts australiennes ne rappellent en général ni les forêts

tropicales, ni les bois de nos régions. L'intérieur du pays est occupé par de vastes fourrés de buissons épineux ou « scrubs » ; nous avons déjà vu que les savanes et pâturages, qui avaient jadis laspect boisé, ont perdu presque totalement les arbres très espacés qu'elles renfermaient. On ne rencontre de véritables forêts que sur les flancs arrosés des montagnes le long de la côte, mais les plus belles se trouvent dans la Tasmanie. Les principales essences sont les eucalyptus, les acacias, les cèdres, les pins. Quelques arbres atteignent des hauteurs prodigieuses. Le mahagom, le cèdre rouge fournissent des bois de construction qui résistent aux vers' et ne sont pas moins estimés que le fameux bois de teck.

Gnltiires. — Ce que nous savons déjà des aptitudes agricoles de l'Australie nous permet de ne pas insister longuement sur la répartition de la culture des céréales. Le Queensland et la iNouvelle-Galles du Sud ne suffisent pas à leur consommation. L'Australie méridionale et le pays de Victoria offrent déjà une situation meilleure, mais le rendement moyen est encore très faible. C'est la Tasmanie, au climat plus doux, plus humide, plus semblable en un mot à celui de nos régions, qui convient le mieux à ce genre de produits.

La superficie des terrains cultivés en céréales a pris dans ces dernières années beaucoup d'extension et la production totale s'est singulièrement accrue (1).

C'est le froment qui occupe la majeure partie des terrains réservés aux céréales. On le cultive surtout dans rAustralie méridionale et Victoria. La production totale est assez variable (2).

L'avoine f céréale des pays froids, réussit en Victoria et en Tasmanie; J'orye, malgré la consommation considérable de la bière, ne fournit cependant qu'une récolte médiocre ; le maïs^ plus abondant, vient des pays plus chauds de la Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland (3). Les powi-

(1) Superficie cultivée :

Queensland (1894) 114.736.000 hectares.

Nouvelle-Galles du Sud (1895)... 535.704 — (en céréales'.

Victoria (1895) 1.203.900 —

Australie du Sud (1893) 1.061.000 —

Australie occidentale (1894) 77.900 —

Tasmanie (1895) 233.800 —

(2) Culture du blé :

Superficie. Production.

Queensland (1894) 11.716 hectares. 196.000 hectolitres.

Nouvelie-Gallesdu Sud (1895). 261.300 — 2.520.000 —

Victoria .1895) 555.096 — 4.120.000 —

Australie méridionale (1893). 699.700 — 3.326.000 —

AustraHe occidentale (1894).. 8.500 — »

Tasmanie (1895) 21.000 — 813.920 —

<3) Mats :

Superficie. Production.

Queensland 41 .612 hectares. 972.000 hectolitres.

Nouveiie-GaUes du Sud 84.000 — 2.016.000 —

mes de teire réussissent naturellement mieux dans les pays tempérés du sud.

La plus grande partie de ces productions alimentaires de première nécessité est consommée sur place. Il ne reste en excédent pour l'exportation que des quantités très faibles. L'Australie n'écoule guère à l'étranger dans des proportions plus considérables, ses sucres, ses tabacs.

La culture de la canne à sucre n'en est qu'à ses débuts dans les colonies australiennes; mais elle a été organisée de prime abord en grand par les soins d'une compagnie puissante, et la production atteint déjà des chiffres élevés. C'est naturellement dans la région la plus chaude du nord, aux environs du tropique, que les champs de cannes sont le plus nombreux. Le Queensland est jusqu'à présent le seul État qui cultive un peu en grand cette denrée (1). Mais le manque de bras s'oppose encore à rextension de cette culture; les indigènes font défaut, les Européens sont peu aptes à ce genre d'exploitation ; c'est aux coulies qu'il faut recourir de toute nécessité, malgré toutes les mesures restrictives apportées à leur immigration.

La vigne réussit bien en Australie : forte chaleur estivale, doux hivers, humidité médiocre, toutes les conditions climatiques se trouvent réunies. C'est surtout dans les districts méridionaux des États de Victoria et de l'Australie méridionale qu'on a fait le plus grand nombre de tentatives. Le gouvernement n'a rien négligé pour en assurer le succès ; il s'est surtout efforcé d'introduire de bons plants. Mais il ne semble pas que tous ces efforts aient été couronnés de succès et, malgré les progrès sensibles accomplis, il est au moins prématuré de parler de la concurrence que les produits australiens pourront faire un jour aux vins d'Europe.

Les vignobles australiens ont eu du reste beaucoup à souffrir de l'invasion du phylloxéra. Mais les colons ne se découragent pas. Ils ont la prétention de contrefaire les crus les plus renommés d'Europe : Bordeaux, Bourgogne, Sicile, Porto. Les « vins d'Espagne » sont préparés dans les cantons les plus septentrionaux, dans la Nouvelle-Galles dû Sud. Victoria fabrique les vins de « France ». Inutile d'ajouter que tous ces produits sont toujours très médiocres, sans bouquet, appréciés surtout par les planteurs eux-mêmes, et que l'importation dépasse encore de beaucoup l'exportation (2). Mentionnons encore le houblon, les pommiers à cidre,

La culture du tabac a été introduite dans plusieurs colonies ; mais l'état de Victoria seul en produit une quantité considérable. L'accroissement de la production locale n'arrête pas d'ailleurs l'importation, qui

(1) Canne à sucre dans le Queensland (1894) 29.000 hectares.

(2) Vignes:

Superficie. ProducUon.

Nouvelle-Galles du Sud 3.000 hectares. 33.000 hectolitres.

Victoria 12.241 —

Australie méridionale » 320 .000 —

alteint une valeur toujours plus grande. La consommation n est pas en effet limitée aux besoins des fumeurs ; mais elle est en connexion très intime avec les progrès de Télevage, puisque la plus grande partie des feuilles récoltées sur place ou importées sont employées au lavage des laines.

'Quelques plantes textiles, comme le coton dans le nord, méritent encore d'être citées, mais ne sont pas Tobjet d'une exploitation sérieuse.

Au reste, tous ces divers produits, céréales, cultures industrielles, n'ont d'importance que pour les colons australiens eux-mêmes, puisqu'ils ne dépassent guère les besoins locaux et ne sont transportés sur les marchés étrangers qu'en quantités relativement insignifiantes. U faut ajouter néanmoins que les planteurs du pays fondent sur plusieurs d'entre eux de grandes espérances; et le développement très remarquable de la production et du commerce des céréales semble justifier leurs ambitions. Mais en attendant que l'avenir donne encore plus complètement raison à leurs prévisions si optimistes, c est à d'autres ressources qu'ils doivent jusqu'à présent toutes leurs richesses.

ÊlcTage. — Comme pays producteur de laine, de viande et en général de matières animales, TAustralie joue dans le monde un rôle de premier ordre. Nous savons déjà qu'elle est particulièrement favorable au développement de Vétevage. Comme aux Étals-Unis et dans l'Amérique du Sud, et plus encore que dans ces derniers pays, la faible densité de la population, la valeur relativement médiocre des terrains peu propres à la culture permettent de pratiquer cette industrie à peu de frais sur d'immenses espaces qui n'ont pour limite que le désert.

Les pâturages d'Australie favorisent surtout l'élevage du mouton à laine fine ; aussi les laines sont-elles un des principaux produits du continent.

Le nombre des bêtes à cornes est moins considérable, cependant le Queensland a de nombreux troupeaux de bœufs (1).

Grâce à des croisements heureux qui ont amélioré la race et l'ont rendue moins sensible aux vicissitudes du climat, les éleveurs australiens ont su mettre leurs produits au premier rang sur les marchés du monde. Mais c'est surtout la sécheresse du climat qui donne à leurs laines ces qualités de blancheur, de résistance, de finesse, si appréciées par les industriels d'Europe. Ces qualités sont d'ailleurs très diverses suivant les lieux, et les toisons deviennent en général de plus en plus grossières à mesure qu'on s'avance dans le sud vers des régions plus humides.

(1) Élevage :

Moutons.

Queensland (1894) 19.587.691

Nouvelle-Galles du Sud (1895). . 56.977.270

Victoria (1895) 13. 180.943

Australie méridionale (1893). ... 7.267.6i2

Australie occidentale (1891) 2. 132.31 1

Tasmanie (1895) 1 .727.200

ôl«s i cornes.

Cbevftux.

Porci.

L'exportation des viandes, soit congelées, soit conservées par d*autres moyens, s'est considérablement développée depuis quelques années. L'Angleterre en reçoit tous les mois des quantités considérables*

Aces deux principaux objets du commerce dérivé de l'élevage, il faut naturellement joindre les peaux, le suif, et les autres produits secondaires, que le grand nombre de bêtes abattues fournit en proportion.

Notons pour terminer qu'on a tenté, non sans succès. Télevage de Vautruche dans la colonie de Victoria.

La chasse ne donne que des produits insignifiants dans un pays où la faune indigène est si pauvre. Ce sont les lapins qui en font tous les frais. La pêche fluviale ne pouvait avoir non plus une grande extension dans une contrée si dépourvue de cours d'eau. Mais les armateurs de Melbourne envoient de nombreux bateaux à la recherche delabaleine dans les mers du sud. On pêche les huîtres sur la côte de Sydney, les perles et la nacre dans l'Australie méridionale.

^B. — Industrie.

ResBonrces minérales. — L'Australie est favorisée de toutes manières au point de vue des richesses minérales : à côté des métaux précieux, qui ont attiré sur elle pendant plusieurs années lattention du monde, elle possède d'abondants gisements de combustible, qui permettent à Tindustrie manufacturière de prendre une grande extension.

Bien qu'ayant perdu beaucoup de leur importance, surtout depuis la découverte des mines de l'Afrique du Sud, les mines d'or de l'Australie conservent néanmoins une place considérable dans la production du monde. Elles sont disséminées sur tout le continent, associées aux différents étages du terrain tertiaire ; mais c'est la colonie de Victoria (Ballarat), qui a produit les quantités de métal de beaucoup les plus considérables.

Pendant longtemps, l'Australie a contribué pour un tiers à la production totale de l'or. Mais aujourd'hui, tous les anciens filons sont épuis4'S, la production diminue d'une façon constante, et la découverte de nouveaux gisements dans le Queensland et dans l'Australie occidentale ne compensera pas cette diminution. L'Australie reste pourtant au second rang des pays producteurs d'or ; elle vient immédiatement après les États-Unis (1).

C'est en raison même de cet épuisement des mines d'or, qu'on a fondé plus d'espérances sur les mines d'argent, récemment découvertes dans la

(1) Production des mines d'or (1894) :

Queensland 2.400.000 fraucs environ.

Nouvelle-Galles du Sud 28.917.000 —

Victoria 67.367.000 —

Australie du Sud néant.

Australie occidentale 19.675.000 — (exportation).

Tasmanie 5.323.500 — —

Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland ; mais on ne connaît pas encore l'importance de ces nouveaux gisements (1).

Ce sont d'ailleurs les mines de houille qui ont le plus gagné à la dépréciation des métaux précieux. Les différentes colonies en possèdent d'immensesf dépôts, et on n'attend que le développement [des voies de communication pour les exploiter en grand. Mais c'est dans la Nouvelle- Galles du Sud que se trouvent les champs de charbon les plus vastes et les plus abondants, nouvelle source de richesses pour cette colonie, et qui lui assure la prééminence sur toutes les autres. C'est (jusqu'à présent) la seule colonie qui fournisse des provisions considérables de combustible. Le produit est exporté dans les colonies voisines par Newcastle, le port attitré du charbon, en Australie, comme son homonyme en Angleterre (2).

La Nouvelle-Galles du Sud est encore la colonie la plus riche en minerai de fer y et c'est la seule oùlextraction soit déjà développée. Les autres colonies, Victoria, Australie méridionale, qui renferment d'abondants gisements, ne pourront les exploiter sérieusement que lorsque leurs mines de houille seront elles-mêmes utilisées.

Vétain est retiré des mines de Nouvelle-Galles du Sud, du Queensland et de la Tasmanie, le cuivre existe en grande quantité dans l'Australie méridionale, eiiAn le sel abonde dans les lacs de l'intérieur.

Industrie proprement dite. — Vindustrie proprement dite n'est pas encore très développée dans ce pays où l'exploitation directe du sol ouvre à l'activité des habitants un champ presque illimité ; mais on vient de voir que la contrée est riche en combustible et en matières premières ; et comme les colons appartiennent à la nation la plus industrielle du monde, il ne faut pas douter que les colonies les plus riches en houille et en minerais ne deviennent un jour de grands centres manufacturiers, la Nouvelle-Galles du Sud et Victoria entre toutes.

Le mouvement a déjà commencé, et, en attendant, les industries dérivées de l'agricullure ont pris nécessairement un grand développement. Les Australiens traitent désormais sur place ou n'expédient qu'après une première transformation mécanique la plupart des produits qu'ils exportaient jadis à l'état brut. C'est ainsi que se sont fondées en grand nombre des tanneries, fonderies de suif, fabriques de viande conservée et de noir animal, filatures, tissages. Les minoteries, distilleries et brasseries se ren-

(1) Production de l'argent :

Queensland ( 1 894) 550 .000 francs.

Nouvelle-Galles du Sud 2.352.500 —

Tasmanie 7.325.000 —

(2) Mines de houille (1894) :

Queensland 250.705 tonnes.

Nouvelle- Galles du Sud 3.672.000 —

Tasmanie 30.922 —

conlrent surtout dans les colonies méridionales, les plus propres à la culture du froment, de la vigne, du houblon et de lorge ; le sucre de canne esl préparé dans le Queensland. L'Australie fabrique même déjà une partie de ses machines. Elle tend, en somme, visiblement à se passer de plus en plus de l'Europe 11).

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