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II - NOUVELLE-ZÉLANDE

§ I. — Coup d'œil BUT la géographie physique et politique.

Géographie physique. — - A 2000 kilomètres au sud-est de TAustralie, s'allongent du nord-ouest au sud-ouest, les deux lies de la Nouvelle-Zélande. Ces lies s'étendent du 34^» au 46<*30'de latitude sud et couvrent une superficie de 269 957 kilomètres carrés. La plus grande partie de leur surface est couverte de montagnes qui atteignent et dépassent 3500 mètres, et dont les plus méridionales ont de vastes glaciers. Les côtes sont remarquablement découpées, surtout dans Tile du sud dont la pointe sud-occidentale est entaillée par des fjords comparables à ceux de la Norvège.

Située en pleine zone tempérée, la Nouvelle-Zélande aun climat doux et que Ion peut rapprocher de celui de la France du midi pour l'Ile du nord, de celui des lies anglo-normandes pour celle du sud ; les pluies sont apportées par les vents de Touest et arrosent la côte occidentale de précipitations assez abondantes (1 m. 50 à 2 m.). La place manque pour le développement de véritables fleuves, mais les lacs sont abondants et profonds. D'innombrables sources thermales jaillissent du sol en maints endroits.

Géographie politique. — La Nouvelle-Zélande, colonisée depuis 1840, est organisée en colonie indépendante depuis i841. La population autochtone des Maoris, bien que plus civilisable que celle de TAustralie, a rapidement diminué devant les Européens. Le pays est maintenant presque européen de civilisation (1).

§ II. — Géographie économique.

Condition générale. — La Nouvelle-Zélande rappelle peu les carac tères du grand continent dont elle est voisine; située dans la zone tempérée, peu massive de formes, couverte de montagnes, elle n'a pas de déserts et si beaucoup de montagnes enlèvent de l'espace à la culture, elle est cependant, en général, plus hospitalière à Thomme. Les ressour-

(1) Population (1891):

Blancs 696.658 habitants.

Maoris 51.993 —

Villes principales :

Auckland 51.127 — (avec lei fiulMnrgi).

Wellington 33.2Î4 — -

Christchurch 47.846 — —

Dunedin 45.865 — —

ces minérales ne lui manquent pas, ses côtes sont propres à la navigation, et rien n'empêche en somme que ce pays n'arrive à jouer un rôle économique important, surtout quand sa population sera plus dense. Les progrès réalisés jusqu'à ce jour semblent être garants de l'avenir.

Agricaltnre. — Deux tiers de la superficie des deux Ues sont propres soit à la culture, soit à l'élevage du bétail: mais il s'en faut que tout cet espace soit mis en œuvre, et beaucoup de terres restent encore entre les mains de l'État, attendant des acquéreurs.

Les forêts, composées de nombreuses essences, sont assez étendues et fournissent d'excellents bois de construction {\ ).

Les céréales sont la culture la plus répandue; si le blé a beaucoup reculé depuis quelques années, Vavoine et Vorge couvrent une assez grande superficie ; la Nouvelle-Zélande expédie même des cargaisons de ces deux céréales vers le continent voisin (2).

Mais c'est surtout Vélevnge qui, pour le moment, fait la richesse agricole de la Nouvelle-Zélande ; les bêtes à cornes trouvent dans ces îles bien arrosées de meilleures conditions que dans la sèche Australie; aussi les produits de l'élevage, viande gelée, beurre et fromage, alimentent-ils une exportation considérable vers les colonies voisines et même vers la métropole. Les moutons, bien que moins favorisés par le climat, sont déjà nombreux et augmentent encore rapidement ; la laine est, pour la colonie néo-zélandaise, comme pour l'Australie, le produit le plus exporté. Enfin, les volailles sont nombreuses, si Ton en juge par les expéditions nombreuses d'œufs que la Nouvelle-Zélande fait vers Londres (3).

Industrie. — Les richesses minérales sont abondantes; sans avoir les terrains aurifères fabuleusement riches de l'Australie, la Nouvelle- Zélande a de nombreux placers d'or et d'argent ; les autres minéraux s'y trouvent, la houille en particulier, et tout fait supposer que Texploration plus complète du pays amènera la découverte de nouvelles ressources minérales (4). Le fer n'est pas exploité pour le moment.

(1) Forêts 8.080.000 hectares environ.

(2) Céréales (189S) :

Superficie. Prodticlioa.

Blé 59.792 hectares (1/3 de 1891). 1 .300.000 hectoK

Avoine 142. ri7 — 3.679.500 —

Orge 14.746 — 300.000 —

(3) Élevage (1891) :

Chevaux 211.040

Bétes à cornes 831.831

Moutons 18.227 .186 (1894 20.230.000)

Porcs 308.812

(4) Produit des mines (1893) :

Argent 243.57.S francs.

Or 22.825.000 —

Houille 691 ..S48 tonnes.

Antioioinc 331 —

Manganèse 319 —

La présence des mines de houille a amené la création d'usines en assez grand nombre, qui travaillent une partie des produits du pays, mais sont loin encore de faire concurrence aux importations métropolitaines (i).

Commerce. — Les votes decommunication sont encore peu développées, et le relief du pays oppose de grands obstacles à leur établissement ; les chemins de fer, quoique déjà assez étendus, ne rendent pas les services qu'on pourrait en attendre; les voies transversales manquent d'une mer à l'autre ; le plus large tronçon de voie ferrée longe la côte orientale de rUe du sud, en concurrence avec le cabotage, mais Tintérieur du pays n'est encore mis en communication avec les ports que par de rares lignes, que Ton s'occupe du reste à prolonger et à augmenter (2). Les voies fluviales manquent presque complètement, non qu'il n'y ait des fleuves nombreux et abondants, mais parce que l'exagération du relief les rend torrentiels.

La véritable voie de communication, en Nouvelle-Zélande comme en Angleterre, est la mer; les côtes, richement découpées, encouragent au cabotage, et les ports de Auckland, Dunedin et Wellington sont excellents. Aussi la marine marchande est-elle développée, et le mouvement des ports actif (3).

Le commerce proprement dit est actif, eu égard à la faible population actuelle ; il atteint 400 millions de francs ; les exportations sont plus considérables que les importations; le chiffre le plus grand à la sortie est celui des expéditions de laines, puis viennent les viandes gelées, l'or, etc. A Vimportation, les tissus et objets de vêlements tiennent, avec les machines et autres produits mélalliques, le premier rang.

(1) Usines (1890) 2.570 occupant 59.880 ouvriers.

(2) Chemins de fer (1894) 3.48« kilomètres.

(3) Marine marchande (1894) :

Navires. Jauge.

Voiliers 296 34. 674 tonneaux.

Vapeurs 179 .•J8.808 —

Total "475 73.482 —

Mouvement des ports (navires chargés) :

Navires. Jauge.

Entrées hll 592.019 tonneaux.

Sorties 561 600.971 —

Total 1.132 1.192.990 —

. ,, , i entrées 258 262.714 —

Auckland ; ^^^.^^ 2*3 210.708 -

Total bÔT 473.422 —

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