‹ Précis de géographie économiqueChapitre 121 sur 182 · III *- NOUVELLE-CALÉDONIE · texte numérisé non relu

III *- NOUVELLE-CALÉDONIE

Géographie physique et politique. — La longue lie de Nouvelle-Calédonie, avec les Ilots qui en dépendent (lies Loyauté, des Pins, etc.), couvre une superficie de 19 823 kilomètres carrés. Très montagneuse, la grande lie a des sommets qui dépassent 1 500 mètres; de larges vallées suintercalent entre les systèmes montagneux. Le littoral, assez richement articulé, est malheureusement bordé d'un cordon de récifs madréporiques qui ne laissent que très peu d'accès vers les ports; la plus belle rade est celle de Nouméa, abritée par l'Ile Nou.

Le climat, tropical, est cependant tempéré par Tinfluence de l'océan et par le relief; les pluies sont assez abondantes, les Européens vivent et travaillent facilement dans cette lie. Les rivières, nombreuses, abondantes, irriguent richement le pays, mais sont peu propres à la navigation.

Peuplée de Canaques, la Nouvelle-Calédonie appartient, depuis 1853-54, à la France. C'est une colonie pénitentiaire, mais quelques colons libres, en trop petit nombre encore, s'y sont établis (2),

Géographie économique. — Vagriculture et Vèlevage du bétail sont et seront les grandes ressources de cette colonie, surtout quand toute la

{\) Commerce (1894) :

ImporlatioiiK. ExporU lions. Total.

Commerce total 169.700.000 fr. 230.775.000 fr. 400.475.000 fr.

De ou pourGrande-Bret. 98.735.000 197.575.000 296.300.000

Objets de vêtement 39.000.000 » «

— métalliques 20.900.000 »

Sucre.... 11.500.000 »

Alcool, vin, bière 5. 535.000 » »

Houille 2.625.00.» « »»

Laine » 1*20.675.000 »»

Viande gelée » 29.850.000 >»

Or » 22.175.000 «

Gomme eau rie » 10.100.000 »

Beurres et fromages » 9.150.000 »

(2) Population (1889) :

Population totale 62. 752 habitants, 3 par kilomètre carré.

Dont ; Indigèneé 41.874 —

Garnison 3.476 —

Colons libres 5.585 —

Forçats libérés 2.515 —

Forçats 7.477 —

Travailleurs import. 1.825 --

Ville principale : Nouméa * 4.000 habitants.

AUSTRALASIE. 6t3

terre cultivable sera mise en valeur et travaillée d'après les méthodes perfectionnées (i).

Les /br^ts, nombreuses, renferment une grande quantité d'essences précieuses, utiles aux constructions navales : le kaori a souvent un tronc droit de plus de 30 mètres de hauteur, Vébéniei', le houp^ le bambou sont recherchés par les ébénistes. Mais l'exploitation forestière est à peine commencée en Nouvelle-Calédonie. Puisse-t-elle ne pas devenir hâtive et désordonnée I Le caoutchouCy à peine exploité jusqu'ici, serait une précieuse ressource.

Gomme cultures proprement dites, la Nouvelle-Calédonie produit du blé et d'autres céréales, puis un grand nombre de denrées tropicales : café, sucre, coco, coton, manioc, vanille, etc.

L'élevage est très rémunérateur dans un pays dont les prairies fournissent jusqu'à six ou huit coupes par an (2). La viande conservée commence à fournir un précieux appoint aux exportations.

Les richesses minérales sont abondantes et précieuses ; l'or et l'ar^en^ y sont peu abondants et de mauvaise qualité, mais la houille, le nickel, le cuivre, le cobalt, Vantimoine, le chrome ont été reconnus en maints endroits. Les mines de cuivre de la Balade, au Diahot, celles de nickel de Canala et de This, sont les plus prospères. Malheureusement les capitaux manquent encore pour mettre la plupart des mines en valeur (3).

V indus trie est encore peu prospère, on ne peut guère citer que les hauts fourneaux de Nouméa.

Les voies de communication sont encore peu développées : quelques bonnes routes dues à la main-d'œuvre pénale ont été créées dans ces dernières années; les chemins de fer n'existent pas; mais l'espace compris entre la barrière de récifs et la côte est excellent pour la navigation cùtière. La Nouvelle-Calédonie est en rapports mensuels avec la France par les paquebots de la ligne d'Australie des Messageries maritimes.

Le commerce est relativement actif, et se fait surtout avec la France. Les importations portent sur la mercerie, les vins et alcools, farines, légumes secs, denrées alimentaires ; les exportations, beaucoup moins abondantes, sur le nickel, le minerai de chrome, la viande conservée, etc. (4).

(1) Répartition des terres :

Concédées aux indigènes ou colons 490.200 hectares.

Cultivables non concédées 154.800 —

Le reste est formé de forêts et de montagnes.

(2) Bétail 120.000 têtes.

(3) Production minérale (1893):

Nickel 69.000 tonnes.

Cobalt 2.200 —

Fer chromé 240 -—

ImporUlions. EiporUtions. ToUl.

(4) Commerce (1893).... 11.347.000 fr. 8.6Î8.000 fr. 19.975.000 fr. Avec la France (1892). 6.243.000 8.206.000 14.449. OUO

Dont nickel » 5.709.000 »

Cobalt » 209.000 »

614 L'OGÉANIE.

La Nouvelle-Calédonie ne sera complètement assurée de son avenir que le jour où larchipel voisin des Nouvelles- Hébrides lui sera adjoint. Déjà nos colons y ont acheté de grandes étendues de terres; mais une convention signée entre la France et l'Angleterre interdit aux deux nations de s*en emparer. Cependant, la majorité des colons est actuellement formée de Français, et l'on peut espérer qu'un jour, le traité en question pourra être revisé (1).

Page 1