quint, met
Export. S.OOO.OOOfr.
sont encore employées qu'à la fabrication des savons. C'est de Marseille que, par une étrange bizarrerie, TAlgérie reçoit les huiles comestibles nécessaires à sa consommation. L'olivier, qui était exploité en grand dès répoque romaine, peut redevenir la source de grands revenus. 11 exige peu d'humidité et sa culture peut s'étendre utilement jusqu'à la lisière du désert, tandis qu'en Europe la zone où il réussit est relativement étroite et ne peut suffire aux besoins de l'alimentation et de l'industrie (i). Le figuier supporte encore mieux la sécheresse et donne d'excellents fruits. L'oranger et le citronnier demandent au contraire moins de chaleur et plus d'humidité ; ils sont nombreux surtout dans la zone littorale.
Le dattier mérite une mention spéciale ; c'est la ressource des oasis et du désert, presque la seule nourriture des habitants de cette région déshéritée. Le nombre des dattiers, qui atteint déjà plusieurs millions, augmente sans cesse, à mesure que les puits artésiens creusés dans le Sahara algérien et en Tunisie deviennent plus nombreux. De vastes étendues stériles ont été par là conquises à la culture. Les dattes du Djerid en Tunisie, de l'Oued Draa au Maroc sont les plus estimées, ce sont aussi celles dont la valeur marchande est la plus considérable, par suite de la proximité de la mer, qui facilite Texportation.
Dans les possessions françaises, en Algérie et en Tunisie, c'est la vigne qui jouit actuellement de la plus grande faveur. Les plantations se sont développées pendant la crise phylloxérique, et surtout depuis la rupture des relations avec l'Italie; mais déjà, la reconstitution du vignoble français ferme un peu leur débouché aux vins de l'Algérie et de Tunisie (2).
Coltures industrielles. — Le coton, qui eut un moment de vogue en Algérie lors de la guerre de Sécession, n'est plus cultivé sur un espace considérable. Le sol et le climat sont pourtant très propices à cette culture. Mais l'abondance de la laine, qui fournit largement aux besoins des indigènes, n'en a pas d^autre part favorisé l'extension. Il serait toutefois bon de nous préparer à nous passer un jour de l'importation américaine pour cette matière dont l'importance est si grande.
La seule plante textile qui soit l'objet d'un commerce actif est Valfa, culture des plateaux algériens et que l'Angleterre nous achète pour en faire du papier, des cordages et de la sparterie.
La culture du tabac s'étend de la Tripolitaine au Maroc, mais elle n'est
(1) Olivier :
Algérie (1894) 6.500.000 arbres greffés.
Tunisie (1892) (récolte) 9.617.000 hectol. d'huile.
(2) Vigne :
SuperGcie (1894). Production (1893).
Algérie 116.392 hect. 3.772.778 hectol.
SoperGcie (1892J. ProdueUon (1892).
Tunisie 6. 5f>9 hect. 94 . 859 hectol.
vraiment industrielle qu*en Algérie, d'où TÉtat français tire déjà de grosses cargaisons pour ses manufactures du continent (1).
Le sucre marocain a été célèbre autrefois ; le thé trouverait d'excellentes conditions dans le même pays, enfm le climat et le sol du Tell seraient particulièrement favorables au mûrier dont l'importance est si grande, surtout pour la France.
On voit en résumé de quelles sources de richesse nombreuses et abondantes dispose ce pays. Les produits qu'il est en mesure de donner ne pourront que s'accroître à mesure que les Européens réformeront les anciennes méthodes de culture des indigènes.
Élevage. — Les pays du Maghreb sont surtout habités par des peuples pasteurs ; cependant les conditions naturelles ne sont pas partout favorables à rélève du bétail, de tous les bestiaux du moins. Sauf au Maroc, et sur les côtes, il fait trop sec pour que les bétes à cornes puissent prospérer. Mais les hauts plateaux, au climat extrême, aux sécheresses estivales, conviennent mieux au mouton et à la chèvrcy animaux sobres et migrateurs. La race des chevaux barbes diminue et dégénère, les &nes et mulets rendent beaucoup plus de services aux indigènes ; mais le chameau est Tanimal par excellence du désert et l'Afrique Mineure en renferme beaucoup. Des essais sont tentés et paraissent devoir réussir, pour élever les autrucAes (2).
Les volailles ne sont nombreuses en Algérie que depuis la colonisation française, mais elles pullulent au Maroc, qui exporte chaque année des œufs pour plus d'un million de francs. Les abeilles de la Tripolitaine et de l'Algérie produisent un miel renommé; au Maroc, elles fournissent de la cire en quantité (3j.
En somme si la Tripolitaine, où les p&turages font défaut, ne peut espérer trouver dans l'élevage un abondant revenu, les autres pays de l'Afrique Mineure pourront en retirer de grandes ressources. La Tunisie, où les animaux sont encore si rares, et le Maroc occidental deviendront facilement de grands pays d'élevage, favorables au développement du gros et du petit bétail; l'Algérie pourra nourrir elle-même dans le Tell, moyennant certaines conditions d'irrigation, de nombreux troupeaux de bétes à cornes, mais elle gardera de préférence la spécialité du mouton
Superfieie. Production.
(1) Culture du tabac ea Algérie (ISIO) : 6.301 hectares. 2.618 tonnes.
(2) Élevage :
Algérie (1894). Tunisie (1 S92).
Chevaux ) ««o Oîâ i ^'•®**
Mules et ânes } ôw.vi;> j 119.606
Chameaux 368.078 122.694
Bêtes à cornes 1 . 193.915 232. 726
Moutons 9.502.046 1 .223.481
Chèvres 3.829.740 681.636
Porcs ? 10.923
((3) Exportation de la cire du Maroc 1 .412.500 fr. (1893J
— des œufs — 1.587.500 —
et de la chèvre. Dans tous ces pays, la laine, la viande de boucherie, les peaux peuvent devenir Tobjet d'un innportant commerce.
La chasse est une des grandes ressources alimentaires de TÂlgérie et de la Tunisie, elle fournit même àlexportalion. Sangliers, lièvres, cailles abondent; mais la pêche a une valeur beaucoup plus importante. Les côtes, très poissonneuses, donnent aux pécheurs d'abondantes cargaisons de thons et de sardines; les éponges sont récoltées sur le littoral de la Tunisie méridionale et de la Tripoli taine; le corail est extrait des rochers qui bordent la côte d'Algérie depuis Tlle de Tabarka jusqu'à Bône. Mais cette industrie est presque tout entière aux mains des Italiens (1).
Conclnsion sur ragricoltnre. — Les pays de l'Afrique Mineure sont donc riches en ressources agricoles de toute nature, mais ces ressources sont encore loin d'avoir atteint leur plein développement. Les campagnes si fertiles du pays de Barka sont presque inhabitées, et les modes d'exploitation y sont rudimentaires ; l'Algérie et la Tunisie, plus avancées, gr&ce à la colonisation française, et déjà si prospères, peuvent encore augmenter leur richesse dans de grandes proportions. Mais le Maroc surtout, qui est sans contredit, avec la Tunisie, la contrée la plus favorisée de l'Afrique du Nord et qui a, de plus, sur ce dernier pays l'avantage d'une plus grande étendue, peut espérer un plus bel avenir.
B. — Industrie.
La Tripolitaine, l'Algérie-Tunisie, le Maroc, sont des pays essentiellement agricoles : l'industrie n'y joue qu'un rôle tout à fait secondaire. Du reste, la houille fait à peu près défaut.
Richesses minérales. — Les autres minerais] sont plus abondants et meilleurs, mais ils ne sont encore utilisés qu'en Algérie et sur un petit nombre de points; le gouvernement chériflien s'est obstinément opposé jusqu'à ce jour à toute entreprise dont le premier résultat eût été, pensait-il, de livrer sans défense le Maroc aux étrangers.
L'Algérie et la Tunisie sont particulièrement riches en fer ; le massif de TËdough dans la province de Constantine en possède à Aïn Mokra des mines fameuses. La compagnie de Mokta-el-Hadid, qui est concessionnaire de ces mines, exploite également des gisements précieux en Tunisie, dans le pays Khroumir, et aux environs du cap Serrât. Bien que les frais de transport accroissent sensiblement le prix de revient, les fers algériens et tunisiens, qui sont d'une qualité supérieure, en tout comparables à ceux de Scandinavie, et particulièrement propres à la fabrication des aciers, trouvent facilement acheteurs en France, en Angleterre et mieux en Amérique. Des minières nouvelles ont été ouvertes à Béni- Saf dans la province d'Oran*
L'Algérie possède également de riches mines de cuivre, mais le Maroc
(I) Produit des pêcheries tunisiennes (1893) 1 .93ô.5?5 fr.
semble à cet égard plus favorisé. Les dépôts qui existent dans TOued Sous, au nord de Taroudant, sont connus de longue date et ils ont donné naissance à une branche d'industrie très prospère (chaudronnerie); seulement, par un phénomène bizarre, c'est aujourd'hui d'Angleterre que les artisans, dédaigneux de leurs propres richesses, font venir le minerai nécessaire à leur industrie.
Les mines de zinc des provinces de Gonstantine et d'Alger donnent un produit relativement assez considérable. Les autres métaux n'ont pas grande importance.
Des mines de plomb argentifère^ de mercure^ d'antimoine, de zinc, ont été reconnues en plusieurs endroits, mais ne sont pas exploitées.
Le sel gemme est commun dans le Maroc, et les Chotts d'Algérie et de Tunisie sont d'inépuisables réservoirs qui pourront donner lieu à un important commerce lorsque les voies de communication qui rattachent les hauts plateaux à la côte seront suffisamment développées.
Les sources d'eaux minérales sont nombreuses et riches et quelquesunes dans nos colonies attirent déjà les visiteurs et les malades. — Hammam Meskoutine et Hammam Berroughia en Algérie; Hammam Lif en Tunisie. Les oasis de la Tripolitaine fournissent quelques tonnes de soude,
L*Atlas et les chaînes du littoral sont riches en carrières de pierres à b&tir : le calcaire, le granit, le plâtre, le calcaire hydraulique sont facilement exploités. D'abondants dépôts d'argiles servent en Tunisie et dans le Maroc non seulement à la fabrication des tuiles et des briques, mais encore à une active industrie de poteries. Enfin les carrières de marbre, exploitées déjà par les Romains en Numidie, fournissent encore d'énoi^ mes blocs estimés sur le marché européen.
De nombreux et riches gisements de phosphates dont l'importance comme engrais est si considérable, ont été trouvés dans la province de Gonstantine au Djebel Dyr. Us étaient jusqu'ici exploités par des compagnies anglaises, mais on peut espérer aujourd'hui qu'ils reviendront à la France (1).
Industrie proprement dite. — L'industrie proprement dite n'est pas très active. L'influence européenne ne lui a pas été favorable. L'introduction de nos modèles a, comme partout, troublé profondément l'art indigène, et la concurrence de nos produits a porté un coup funeste à la fabrica-
(I) Industrie minérale en Algérie (1893) :
Concessions minières. 51 couvrant 67.931 heclares.
Production houillère nulle ; la houille vient presque toute d'Angleterre.
Fer 393.921 tonnes valant 3. 511.941 fr.
Plomb et argent 212 — 20.904
Zinc 24.390 — 989.330
Cuivre 6.002 — 214.013
Mercure 757 — 49.030
Sel 20.000 — 254.000
lion locale. Au Maroc toutefois, grâce à risoiement, les traditions originales se sont mieux maintenues. Mais là aussi, en dépit de toutes les restrictions apportées au commerce, les marchandises européennes pénètrent de plus en plus, refoulant par leur bon marché les produits du pays, et décourageant l'industrie locale.
La vieille industrie des tissus en laine et en poil de chèvre est la plus renommée ; elle occupe peut-<^tre plus de 25,000 ouvriers ; les tapis du Mzab en Algérie, ceux de Rbat au Maroc, sont célèbres. Les cuirs sont aussi travaillés en grand; on sait la vieille renommée des « maroquins » dont Maroc a déjà perdu la spécialité, transportée à Fez. La fabrication des poteries, la trempe des armes méritent aussi d*ètre citées, mais ces diverses industries, tant en Algérie et Tunisie qu'au Maroc, ne sont plus guère alimentées que par la vente aux étrangers de curiosités locales; elles n'ont pas, sauf de rares exceptions, d'importance économique, mais elles prouvent du moins Taptitude industrielle remarquable de toutes les populations de TAtlas.