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II. - PLATEAU DES GRANDS LACS

§ 1. — Coup d*œil sur la géographie physique et politiqne.

Géographie physique. — La région appelée Plateau des grands hics occupe la partie orientale de l'Afrique équatoriale, depuis le bassin du Congo jusqu'à l'océan Indien. C'est un vaste soulèvement qui fait partie de la ligne de hautes terres de l'Afrique orientale et dont l'altitude moyenne est assez considérable pour amener un adoucissement sensible de la température. Des manifestations volcaniques y ont fait surgir des sommets considérables, comme le Kénia et le Kiliman'ûjaro, le Rououenzori et le Mfoumbiro.

La côte, relativement découpée pour l'Afrique, offre quelques bons ports, et présente quelques îles dont les plus importantes sont Zanzibar et Pemba ; mais la zone littorale est étroite et malsaine.

Le climat n'est pas encore très connu ; il semble être assez variable. Les chaleurs sont très fortes sur la côte et dans certaines régions de Tintérieur ; mais l'altitude du plateau contre-balance l'action du soleil équatorial et imprime un caractère plus tempéré au climat. Le thermomètre s'approche quelquefois de 0^ ; sur les hautes montagnes, la neige persiste toute l'année. L'influence des vents alizés de l'océan Indien se manifeste par des pluies assez considérables ; presque constantes et torrentielles sur la côte, elles diminuent à mesure qu'on s'avance vers l'intérieur, sans laisser cependant aucune partie du pays au désert.

L'altitude du plateau et sa richesse en pluies expliquent le rôle hydrographique important qu'il joue en Afrique. Un grand nombre de bassins lacustres ont rempli toutes les dépressions; ces lacs, que l'on ne peut comparer qu'à ceux de l'Amérique du Nord, sont immenses et servent de réservoirs à tous les grands fleuves d'Afrique qui rayonnent autour : le Nil est le déversoir du Victoria Nyanza, de l'Albert et de l'Albert- Edouard^ le Congo reçoit les eaux du Tanganyika par le Loukouga, le Zambèse» celles du Nyassa par le Chiré, Vers l'est, les fleuves sont plus courts, et ne sont d'aucune utilité pour la navigation.

Géographie politique* — Le plateau des grands lacs est une des régions les plus peuplées de l'Afrique, certains États nègres ont une population spécifique presque égale à celle de la France; malheureusement les guerres presque constantes et les ravages de la traite diminuent beaucoup cette population. De véritables États puissants s*y sont formés, comme celui de l'Ouganda dont le roi M'tésa était relativement civilisé; le sultanat arabe de Zanzibar s'était étendu sur presque tout le plateau. Mais les Européens .sont venus et se sont adjugé le pays. L'Allemagne a

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constitué une colonie, la « Deutsch Ost Afrika » entre les lacs et la mer ; TÂngleterre a pris, avec Zanzibar, les Iles, et tout le pays au nord des grands lacs jusqu'au Nil et à la limite orientale de- TÉtat indépendant du Congo. Enfin, plus au nord, la péninsule peu connue encore des Somalis est tombée sous le protectorat de Tltalie.

§ II. — Géographie économique.

On ne peut encore rien dire de certain sur la valeur économique de la région de TAfrique orientale que nous étudions : les renseignements manquent ou sont contradictoires. Parmi les voyageurs, les uns semblent considérer le plateau des grands lacs comme une sorte d*Eden, les autres le déprécient d'une façon aussi exagérée ; des questions de rivalité politique expliquent ces divergences d'avis, sans les excuser.

il est cependant certain que le plateau des grands lacs est, au point de vue économique, une des meilleures parties de l'Afrique. Ce n'est pas dire assurément qu'il échappe, comme on le répète trop volontiers, aux causes générales d'infériorité qui frappent le continent africain : climat dangereux, répulsion de l'indigène pour le travail, difficulté d'établir de honnes voies de communication, présence de la mouche tsétsé, etc., mais, tout pesé, c'est un des endroits de l'Afrique où ces inconvénients se font le moins sentir. Ce peut être un pays de bonne exploitation moyenne.

Le payssomal, si peu connu d'ailleurs jusqu'à ce jour, correspond aux colonies de Mozambique et de Sofala ; et il est encore moins favorisé de la nature. La végétation n'est active et la culture n'est possible que sur les flancs des montagnes de louest, bien exposées aux vents humides ; mais le vaste plateau du centre, couvert de pâturages et épargné par la mouche tsétsé, est très propice à l'élevage des troupeaux ; la chasse et la pèche sont les seules industries possibles dans la région basse.

Agricultare . — La vt^gétation forestière est en général moins riche et moins répandue que dans la partie occidentale et dans le centre même du continent. Les forêts sont nombreuses le long de la côte et sur le revers des montagnes, mais elles deviennent rares à mesure qu'on s'avance dans l'intérieur des terres. L'Afrique orientale est plutôt un pays de steppes et d'herbages qu'une région de forêts vierges. On rencontre pourtant d'épaisses forêts de cocotiers, qui fournissent aux indigènes nourriture et boissons, bois de construction et fibres pour cordages; les amandes sont aussi employées en grand à la fabrication des huiles. Les bananes sont toutefois la substance alimentaire la plus précieuse et constituent la principale nourriture des indigènes. Les arbres à gommes alimentent un commerce actif; la gomme copal est, avec le caoutchouc, un des principaux objets d'exportation de la côte de Zanzibar. Mais ces produits s'épuisent plus rapidement encore que sur la côte opposée où les forêts sont bien autrement étendues.

Le rii vient bien dans les terres fortement arrosées des bords du lac

Victoria et dans la zone basse du littoral. Le blé et le dourah sont les grains que les habitants sèment de préférence. Le maïs et le sorgho sont ^.ultivés partout.

Le manioc est une racine précieuse, qui donne plusieurs récoltes annuelles et dont les noirs consomment une forte quantité, ils se nourrissent aussi d'autres légumes, patateSy ignames, pois, haricots; les légumes européens réussissent partout où Thumidité est sufQsamment abondante, sans être excessive.

De nombreux fruits complètent la liste des plantes alimentaires; les ananas de File de Zanzibar sont particulièrement estimés ; les orangers, les citronniers abondent dans toute la zone du littoral.

L'Ile de Zanzibar s'enrichit encore par de vastes plantations d*épices ; on y récolte le poivre, la cannelle, la noix de muscade, mais surtout le clou de girofle. La canne A «ucre ne réussit que difficilement; et le manque de bras augmente encore les obstacles que rencontre cette culture du fait du •climat : on en trouve pourtant quelques champs dans l'Ile de Zanzibar et sur la côte de Sofala. Le caféier donne quelques sacs de graines dans l'Ouganda et dans le pays des Gallas, mais cette plante n'a pas actuelle- •ment d'importance économique dans l'Afrique orientale, bien qu*elle soit une de celles dont l'exploitation promette de devenir le plus fructueuse. On fonde aussi de grandes espérances sur la culture du tabac, dont les feuilles seraient, dit-on, d'une qualité supérieure. Quelques plantations -en ont déjà été tentées dans les environs de Bagamoyo. Le fAcî trouverait aussi dans l'Ouganda de bonnes conditions de prospérité. ;Le plateau de Somal, l'ancien << pays des aromates », produit Vencens et la myrrhe,

La culture du coton est, avec celle du tabac, une de celles dont les colons attendent le plus de profit. La division de Tannée en saison sèche et saison humide ne parait pas être toutefois très propice à la maturation normale de cette plante. Les pluies survenant trop tôt compromettent souvent la récolte, et elles sont trop abondantes pendant la saison sèche «lie-même, pour qu'on puisse espérer de. bons résultats. Ce n'est pas à dire assurément que, dans certaines conditions données, et en quelques •cantons privilégiés, le cotonnier ne puisse fournir d'excellents produits; mais les essais ont été tentés jusqu'ici dans des jardins de missionnaires, e'est-à-dire dans des conditions toutes particulières, et rien ne prouve que la culture en grand donnerait les mêmes produits*

Les missionnaires français de Bagamoyo cultivent enfin avec succès la vanille, le cacao, etc., toutes denrées qui entrent naturellement dans la liste des futurs objets d'exportation de l'Afrique orientale.

Vèlevage ne peut être une source de revenus sur le plateau des grands lacs, par suite surtout de la présence de la terrible tsétsé, qui a vite ré- -duit à néant les troupeaux que l'on y avait importés; mais plus au nord, les Massaï, les Gallas, les Somalis sont des peuples pasteurs et en partie nomades. Outre le bétail ordinaire, on élève au Somal les chameaux et les autruches.

Lsi pcche est une industrie active dans toute l'étendue de l'Afrique orien-

taie, aussi bien sur la mer que sur les fleuves elles lacs. Les barques de pécheurs sont très nombreuses sur les grands lacs et sur les rivières qui en dépendent. Les Somalis pèchent le requin et en expédient les ailerons jusqu'en Chine.

Mais c est comme pays de chasse que TAfrique orientale est surtout célèbre. C'est naturellement dans les pays de savanes et de broussailles •du nord et du sud, où la population est si clairsemée, que les grands anim aux et les fauves sont le plus nombreux. Les explorateurs sont unanimes pour vanter la richesse du pays en toutes sortes de gibier. Il faut ajouter d'ailleurs que le nombre des animaux décroit rapidement, grâce à la poursuite dont ils sont l'objet de la part des blancs, et surtout des indigènes, armés de nos engins. C'est pourtant la côte de lest qui exporte la plus forte partie de l'ivoire fourni par le continent noir, mais c'est du Congo qu'elle en reçoit plus de la moitié; Pangani a la réputation d'attirer à son marché l'ivoire le plus fin. Les troupeaux d'autruches sont encore nombreux ; mais le commerce des plumes souffre de la concurrence du Cap.

Industrie. — Bien que la connaissance du pays ne soit pas assez avancée pour qu'on puisse juger sa richesse minérale, il semble bien qu'il n'est pas dépourvu d'éléments de prospérité à cet égard : on a signalé la présence de la houille dans le bassin du Roufidji, de l'or et du cuivre en abondance dans les environs du Tanganyika et du Nyassa. Le fer est très -commun partout.

L'abondance du fer a permis à une industrie métallurgique très primitive de prendre une certaine extension parmi les indigènes, qui s'y montrent très habiles. C'est surtout au nord dans la région du Kiliman'Djaro et dans l'Ouganda qu'on rencontre le plus grand nombre de forgerons.

Zanzibar possède quelques usines installées sur le modèle européen ; raffineries de sucre, fabrique d'huiles, etc. Magdochou, l'ancienne Magadoxo, a été longtemps célèbre pour ses tissus et ses nattes.

Mais tout cela ne constitue pas encore une véritable industrie et presque tout est à faire à ce point de vue.

Voies de communication et commerce. — Les cantons fertiles de l'Afrique orientale ne sont pas situés immédiatement sur la côte, dont le climat malsain s'oppose d'ailleurs à l'établissement des blancs. C'est sur le plateau que les essais de colonisation ont le plus de chance de réussir ; mais alors le but ne peut être atteint que si de bonnes voies de communication rattachent à la côte le centre des exploitations. L'association allemande de l'Afrique orientale — et les Anglais, d'ailleurs, avaient eu depuis longtemps cette idée — a compris que, dans les conditions où elle se trouve, il serait assez ridicule d'attendre, pour créer des routes et des chemins de fer, que les villes et les colonies se fondent. Elle a pensé qu'en revanche, les routes une fois faites, les colons viendraient d'euxmêmes, comme aux États-Unis, comme en Australie. Le calcul n'est peut-être pas mauvais -* toutes proportions gardées. Mais ces plans ont surtout pour l'instant un autre but : c'est d'attirer dans la direction de l'est le commerce de l'Afrique équatoriale, que se disputent les deux

côtes opposées. Il s'agit de le détourner des ports de TÂfrique occidentale et de rengager dans un courant qui débouchera sur la mer des Indes.

La victoire définitive restera, bien entendu, à ceux qui auront les premiers creusé un lit à ce courant.

Or, l'Afrique orientale est moins favorisée encore, sous le rapport des voies navigables, que l'autre partie du continent. Les grands lacs seront sans doute sillonnés dans un avenir plus ou moins prochain par des vapeurs qui faciliteront singulièrement les relations entre leurs rives; mais ces lacs sont tous des bassins fermés, ou du moins tous les fleuves qui s'en échappent sont encombrés de rapides et de chutes, qui rendent impossible la navigation. Les cours d'eau moins importants qui se déversent dans l'océan Indien sont encore moins utiles; leurs vallées sont toutefois suivies fréquemment par les caravanes et pourront servir an tracé des routes futures. L'une des plus importantes de ces routes sera sans contredit celle qui, au départ de Dar-es-Salam, en face de Zanzil»ar,. gagnera le Tanganyika et le Nyassa. Le premier tronçon, long de 50 kilomètres, est déjà construit jusqu'au point où elle se bifurquera dans les deux directions. D'autres routes, ayant pour point de départ Mombaza ou Mélinde, se dirigeront sur le Nyanza, pour se continuer pius tard par la vallée du Nil.

Mais tous ces beaux projets rencontrent un grave inconvénient; les routes, en effet, sont destinées au roulage ou tout au moins aux bêtes de somme beaucoup plus qu'aux hommes: or, nous savons que dans une grande partie de l'Afrique orientale, les animaux de transport font à peu près défaut ; la vallée du Pangani est un des rares chemins où la mouche tsétsé n'exerce pas ses ravages : partout ailleurs elle interdit l'emploi des chevaux, des bœufs, etc. Quelques éléphants, importés de l'Inde, n ont même pas accompli leur premier voyage ; ils sont morts en route et cet insuccès a découragé toutes les tentatives. C'est la raison qui a fait sans doute adopter avec tant d'empressement l'idée de voies ferrées qui relieraient la région des lacs à la côte. Mais un chemin de fer ne se construit pas comme une route ordinaire.

Cependant les travaux onl été commencés, et sont assez avancés pour que les résultais en apparaissent déjà. Dans l'Afrique orientale allemande, une ligne Tanga- Usambara-Pongoué est ouverte depuis octobre 1894 sur une longueur de 24 kilomètres et sera sans doute prolongée jusqu'à 90 kilomètres de la côte. Un contrat a été signé en mars 189^ pour la construction d'une grande ligne allant de Dar>es-Salam aux lacs Tanganyika et Victoria. Dans les possessions anglaises, une aulre ligne, de Mombaza au Victoria, est en construction.

C'est jusqu'à présent par les « porteurs » ou « pagazi » que s'opère tout le commerce. Leur charge habituelle est de 25 à 50 kilogrammes. Les caravanes, qui comprennent parfois plus d'un millier de tètes, sont organisées comme une armée en marche; l'étape quotidienne est en moyenne de 20 à 25 kilomètres. Ces caravanes ne suivent en général

que de simples sentiers. Le pays n'est pourtant pas entièrement dépourvu déroutes; on en signale quelques-unes, bien entretenues, aux environs de Roubaga, la capitale de TOuganda. Les colons anglais ou allemands ont, en outre, construit quelques bonnes routes.

La côte n'est pas très riche en ports ; dans la plupart des cas, les navires doivent s arrêter à 3 ou 4 kilomètres du littoral ; cependant Zanzibar, Dar-es-Saiam, Mombaza surtout, qui a été pourvu de jetées, sont d'excellents havres.

A s'en tenir aux chiffres des statistiques, le commerce de cette partie de la côte orientale n'atteindrait pas 90 millions de francs. Encore faut-il observer qu'une bonne partie de ce chiffre revient au commerce de transit, puisque l'ivoire, par exemple, est apporté surtout du Congo. Mais en revanche ils seraient bien plus forts, si l'on pouvait y ajouter la valeur •des échanges que les boutres arabes opèrent sur toute la côte, à l'insu des douanes du sultan de Zanzibar, ou des croisières européennes chargées de surveiller le trafic des esclaves.

C'est en effet par les ports de l'océan Indien que les traitants arabes cherchent à écouler de préférence leur marchandise humaine, recueillie dans toute l'Afrique centrale, à destination des empires musulmans d'Asie. Bien que le sultan de Zanzibar ait supprimé la vente des esclaves dans ses propres États, il se trouve impuissant à enrayer ce commerce; on estime que le port de Zanzibar expédiait à lui seul, il y a quelques années, plus de 15,000 esclaves par an. C'est précisément sous couleur d'aider le sultan à faire la police de ses côtes que la Grande- Bretagne s'est établie à Zanzibar.

Outre les esclaves, l'Afrique orientale exporte de l'ivoire, des gommes, du caoutchouc, des bois, des peaux, des huiles, des épices. Elle importe des tissus, des armes, de la quincaillerie, des boissons, de la verroterie. Les importations dépassent la valeur des exportations (i).

C'est avec l'Asie que se fait une grande partie de ce commerce; les traitants y vendent leurs esclaves et les négociants de la côte envoient à Bombay de grosses cargaisons d'ivoire, de gomme, etc. C'est de l'Inde que viennent en retour la majeure partie des cotonnades et autres objets manufacturés vendus aux noirs. Cette activité des relations entre la côte d'Afrique et l'Inde vient évidemment de la proximité des deux pays, si différents de nature et de productions. En outre, l'alternance si remarquable des moussons n'a pas contribué pour peu de chose à perpétuer ces relations depuis l'antiquilé la plus reculée ; tout le commerce d'échanges

(I) Conimerce :

Importations. Exportations. Total.

Francs. Francs. Franci.

Afrique orientale Anglaise (1893)... 4.28*2.500 3.UÔO.O00 7.332.500

Zanzibar (1894) 29.9>5.000 27.400.000 57.325.000

Exportation de l'ivoire 3.800.000

Afrique orientale Allemande (1893).. 13.9iO.0UO 10.085.000 24.025.000

Exportation de Tivoire 3.910.000

sur la côte de Zanzibar est entre les mains de « Banyans » venus de rinde»

Parmi les puissances européennes, c'est l'Angleterre, la France et l'Allemagne qui participent au trafic dans la plus forte proportion.

Les pays de l'Afrique orientale ne sont pas parmi les plus riches, mais on ne peut nier l'importance du rôle que ces nouvelles possessions permettent à l'Allemagne et à T Angleterre de jouer en Afrique. Les Allemands, en particulier, ont déployé une habileté remarquable et travaillent avec un admirable ensemble à l'aménagement de leur nouvelle colonie. Un jour sans doute, quand l'ordre y aura été rétabli, ils pourront en tirer un grand profit.

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