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IV. - ILES DE L'OCÉAN INDIEN

Les îles africaines de l'océan Indien sont beaucoup plus importantes et ont soulevé plus de compétitions de la part des puissances colonisatrices. C'est, depuis peu, la t>ance qui y est prépondérante. ' A. Madagascar. — Géographie physique et politique. — Madagascar ost la troisième ile du monde, par ordre de grandeur; sa superficie est ■en effet de 592,000 kilomètres carrés, plus par conséquent que celle de la France.

Bien que située à peu de distance du continent africain, Madagascar n'a aucun caractère commun avec lui, et rappelle beaucoup plutôt l'ar- <;hipel Malais.

- Le relief est formé par un grand plateau central, entouré et sillonné de hautes montagnes, et tombant presque à pic sur la côte orientale. A l'ouest au contraire, il s'abaisse plus doucement sur la plaine Sakalave* C'est de

ce côté que sont les fleuves, parmi lesquels le Betsibouke et son afQuent rikoupe. Aucun du reste n'est vraiment navigable.

Les côtes sont presque partout basses et plates, malsaines et peu dé coupées, sauf au nord, où les baies de Bombetoke, de Passandava, d'Ântongil, et surtout Tadmirable rade rocheuse de Diego-Suarez sont de bons abris.

Le climat, soumis à Talternance des moussons, est différent diaprés Taltitude : la côte, surtout la côte orientale, «le tombeau des blancs», est très malsaine, mais dès qu'on est arrivé sur le haut plateau, la température s*adoucit, l'Européen y vit parfaitement, y fait même souche et peut y travailler. Les pluies, fréquentes et considérables sur la côte est et au nord, diminuent avec Taltitude ; la partie sud-occidentale est beaucoup plus sèche et prend un caractère désertique assez accentué.

La population est peu dense : les évaluations varient de 2,500,000 à 5,000,000 d'habitants. U faut distinguer deux races absolument différentes : dans la plaine, les Sakalaves de l'ouest et les Betsimisarakes de l'est, aborigènes ou venus de Cafrerie, sont des noirs, assez doux, mais pillards ; sur le plateau vivent les conquérants Hovas, peuplade malaise jaune, intelligente, beaucoup plus civilisée que les Malgaches proprement dits, et qui, surtout par suite de nos maladresses, avait su s'emparer de rtle entière. Quelques villes importantes doivent être citées : Ântananarivo ou Tananarive (175,000 hab.)y la capitale, Fianarantsoa et Tamatave, le port de la côte orientale.

La France, établie déjà à Fort-Dauphin, sous Richelieu, dans les archipels voisins en ce siècle, a d'abord établi son protectorat sur l'Ile entière (1885), puis, à la suite de l'expédition de 1895, rendue obligatoire par la duplicité des Hovas, en a pris définitivement possession au commencement de 4896.

Géographie économique. — En ce qui concerne les ressources économie quesy Madagascar n'est pas un Eldorado, mais elle a toutefois une bonne valeur moyenne. À part certains cantons, où le sol exclusivement composé de sable et surtout peu arrosé (sud-ouest], présente l'aspect d'un désert, la terre est en général fertile et donne tous les produits.

Agricultare. — La végétation forestière y est puissante; un cercle de forêts de 40 à 100 kilomètres de largeur enserre le plateau intérieur; et si cette lisière ininterrompue de 4,000 kilomètres oppose aux communications un obstacle sérieux, elle n'en est pas moins une des principales richesses de l'Ile. D'un caractère tropical à l'est, cette forêt est plus pauvre à l'ouest, et, en certains endroits, rappelle la brousse soudanienne. Les bois de construction, propres à la mâture et aux édifices, sont remarquablement beaux ; les troncs droits et réguliers du « bois rouge » mesurent parfois plus de 18 à 20 mètres de hauteur; on rencontre aussi des baobabs, des bambous gigantesques. Les bois d'ébénisterie et de teinture pourront également être exploités avec profit quand l'amélioration des voies de communication en permettra le transport.

Parmi les cultures alimentaires, celle du riz tient la première place. Géographie économ. 45

Quelque primitifs que soient les procédés employés, le rendement est considérable et pourra être encore augmenté.

Les indigènes récoltent aussi en abondance les légumes et les fruits, manioCj patates^ ignames^ pommes de terre^ pois, bananes, oranges, figues, ananas, melons. La vigne, introduite déjà une première fois il y a un demisiècle, et abandonnée depuis, ne donne pas un excellent produit ; rexcè> d*humidité rend le fruit aqueux.

Les cultures dites « coloniales » pourront réussir à Madagascar; le$ essais tentés déjà semblent Tindiquer : la canne à sucre a donné quelque> résultats, le cotonnier de même, le tabac peut être une source importante de revenus. La vanille et un certain nombre de plantes à épices, pourront être cultivées dans la région basse et moyenne. Sur le plateau* outre le riz, les cultures européennes seules sont appelées à quelque avenir.

Madagascar est, du moins dans la partie haute, un pays de pâtwage> et d'élevage. Le bétail y est abondant, particulièrement les beeufs. Ceuxci appartiennent à l'espèce des zébus ou bœufs à bosse ; de taille moyenne, aptes à tous les usages, travaux agricoles, transport, ils servent même de monture ; leur viande est de bonne qualité, leurs cornes et leur cuir sont exportés en assez grande quantité. C'est Madagascar qui fournit de bœufs de boucherie la Réunion et Maurice qui ne peuvent suffire à It^ur alimentation.

Les moulons sont en petit nombre, mais les volailles sont abondanteN et les abeilles donnent déjà une quantité appréciable de cire.

Industrie.— Les ressources minérales, bien qu'abondantes, ne sont pas encore assez connues pour qu'on puisse prévoir l'avenir industriel d«? notre nouvelle colonie. En premier lieu, la houille semble, sinon complètement absente, du moins rare et de mauvaise qualité ; M. Gautier, un des derniers explorateurs de l'Ile, a découvert des mines de bitume, et croit pouvoir affirmer la présence du pétrole.

Le fer et le cuivre sont, par contre, abondants, et de bonne qualité. Quant à l'or et à Vargent, ils existent dans l'Ile : sont-ils en aussi grande quantité que quelques explorateurs l'ont dit, c'est ce qu'une étude sérieux de l'Ile permettra seule de dire. Cependant les exploitations d'or de Suberbieville ont donné quelques résultats.

L'industrie proprement dite est encore dans l'enfance; toutefois les Hovas sont d'habiles forgerons et tous les indigènes tissent des étoffes.

Commerce. — Mais l'absence de voies de communication et la difficulté d'en construire sont un des grands obstacles qui s opposent au développement économique de l'Ile. Il n'existe pour le moment que de^ sentiers difficiles à suivre même pour les piétons, les transports se font à dos d'homme, ce qui grève considérablement le commerce et s'oppoî^o absolument à l'exploitation des* matières lourdes et encombrantes.

Le génie militaire a construit, pour les besoins de l'expédition de 1895, une route le long du Betsibouke jusqu'à Suberbieville,et s'occupe de la prolonger jusqu'à Tananarive; en même temps, il travaille à la route de

la capitale à Tamatave ; mais il faudra en ouvrir d'autres, et les difficultés seront grandes, surtout du côté de Test où les montagnes sont particulièrement abruptes. Des projets sont faits actuellement pour établir une voie ferrée entre Tamatave et Tananarive.

II n'y a, à proprement parler, pas de voies navigables; le Belsibouke, lui-même, n'a pas rendu au corps expéditionnaire les services qu'on en attendait. Peut-être pourra-t-on, comme on l'essaye maintenant, réunir l'une à l'autre les lagunes de la côte orientale et créer ainsi une voie au cabotage, assez actif dans cette région.

Les ports sont peu nombreux, et presque tous auraient besoin d'être appropriés. Mais déjà Majunga, avec sa belle rade, Tamatave, le port le plus voisin de Tananarive, sont importants; Fort- Dauphin, Nossi-Vé, Nossi-Bé jouent et joueront un rôle dans les relations de Madagascar avec l'extérieur. Quant à l'admirable rade de Diégo-Suarez, on en attend plutôt des services militaires. Ce pourra être le grand port de refuge et d'approvisionnement de notre Hotte dans l'océan Indien ; malheureusement les cyclones y sont fréquents et très violents.

Pour le moment, le commerce n'est pas actif, l'absence de voies de communication, 1 état troublé de l'Ile depuis la dernière guerre s'opposent à son extension.

Aucune statistique ne permet de dire encore quelle est son activité, peu en rapport du reste avec ce qu'elle pourra être. L'exportation consiste surtout en bestiaux, riz, gomme, caoutchouc, cire, graines oléagineuses, etc. Des cotonnades d'Angleterre, des Indes ou des États-Unis, des alcools allemands, de la quincaillerie, tels sont les principaux éléments de VimpoTtation (I).

La France tenait déjà, avant l'expédition, une place très importante dans le trafic de Madagascar; il est à espérer que l'annexion définitive de nie ne fera qu'augmenter nos relations avec elle.

B. Les Cohores. — Les Comores sont, au nord-ouest de Madagascar, on archipel volcanique peu considérable ; à notre ancienne possession de MayoUe (1841), s'est ajouté le protectorat de l'archipel entier. Le climat, malsain, ne permet guère la colonisation proprement dite, mais la ferli* lité prodigieuse du sol permet d'en tirer de riches produits. La canne à sucre Y réussit ; le rhum de Mayotte est célèbre dans l'océan Indien ; les autres cultures tropicales y seront assez rémunératrices, quand on sera parvenu à remédier au manque de bras. Les ports de Mayotte et d'An-»^ jouan sont assez bons.

C. Amiraî<(tes et Seychelles. — L'Angleterre occupe, au nord- est de

(I) Commerce de Tamatave (1890) :

Importations 4.121.000 fr.

Tissus 2.728.000 fr.

Exportations 2.354.000 fr.

Caoutchouc 1.011.000 fr.

Total 6.475.000 fr.

la « Grande Terre », les archipels des Amirautés et des Seychçlles- Peu étendues et peu peuplées, ces lies, au climat assez salubre, produisent de la vanillCj du clou de girofle, mais tirent leurs produits les plus abondants du cocotier dont les noix et Thuile sont vendues en grande quantité. Le coco de mer y autrefois très recherché comme talisman, a perdu de son importance depuis qu'on en connaît la provenance.

Le commerce est peu actif; le port de }faké est un point de relâclie important dans locéan Indien; cependant, depuis que la ligne d\\u>tralie des Messageries maritimes françaises Ta abandonné pour Colombo, cette importance a sensiblement diminué.

L'iie de Socotora, au large du cap Gardafui, appartient aussi aux Anglais; mais ceux-ci semblent avoir plutôt vu, dans ce rocher presqup désert, une position stratégique importante à rentrée de la mer Rouçe qu'une véritable colonie.

D. Les Mascareignës. — Les « lies sœurs » de locéan Indien, la Réunion et .tfaurtce, ont bien des caractères communs. Presque également étendues, soumises au même climat, produisant à peu près les mêmes denrées, colonisées, mises en valeur et peuplées par les Français, habitées encore aujourd'hui de colons pariant notre langue, elles ont eu cependant des destinées diverses : les traités de 1814 ont donné File de France à FAngleterre, qui Ta appelée Maurice, mais ont laissé la Réunion, la moins riche des deux, à la France.

11 y a du reste quelques différences essentielles à signaler entre le> deux Iles. Toutes deux sont d'origine volcanique, mais la Réunion est beaucoup plus montagneuse, et possède un volcan en activité ; si laltitude donne & la Réunion une plus grande variété de productions et un climat plus sain, elle enlève aussi une part importante de sa superficie à l'agriculture. Du reste, bien que les Européens s'acclimatent assez facilement dans les deux Iles, ils n'y peuvent travailler, et« depuis la suppression de l'esclavage, le manque de bras empêche la culture de s'étendre comme elle le devrait. Cet inconvénient se fait surtout sentir à la Réunion où l'opposition du gouvernement anglais ne permet pas d'amener des coulies indiens.

Agricnltare. — Les forêtSj autrefois abondantes, ont presque disparu de Maurice, et sont fort diminuées à la Réunion. Quelques essences précieuses pour les constructions et l'ébénisterie y subsistent encore. Le déboisement a du reste rendu les cours d'eau plus torrentiels et le climat moins salubre.

Gomme dans les Antilles, les cultures « vivrières » ont été presque abandonnées ; les céréales, autrefois source d'abondants revenus, ne sont plus cultivées que sur des portions très faibles du territoire. Le climat s'opposant en outre à l'élevage du bétail, ces lies sont, pour leur approvisionnement en vivres, à la merci de l'importation, en particulier de celle de Madagascar.

Les colons ont, au contraire, donné tout l'espace dont ils pouvaient disposer aux cultures coloniales. Après s'être livrés successivement à la

culture du café, puis des q^ice$ et de la vanille, ils se sont presque exclusivement adonnés à celle de la canne à sucre, qui leur semblait promettre un revenu plus considérable. Mais la crise sucrière et la fatigue du sol épuisé par cette culture constante et intensive, ont, après quelques années de prospérité inouïe, beaucoup diminué la richesse des deux lies. La Réunion a plus souffert que sa voisine de cet état de choses ; elle n*exporte plus que 40,000 tonnes environ de sucre, au lieu de 50,000 en 1877.

Les colons commencent à revenir aux anciennes cultures; le café a repris un peu de faveur à la Réunion ; la vanille, le tabac, les épices et le cacao sont cultivés sur quelques centaines d'hectares.

Industrie. — Aucune richesse minérale n*est exploitée dans les deux lies, et rindustrie, qui trouve cependant une puissante provision de force motrice dans les torrents, se borne presque exclusivement à la préparation du sucre et du rhum.

Commerce. — Les voies de communication ne sont pas également développées dans les deux lies. Le sol très montagneux de la Réunion n'a permis jusqulci que rétablissement d*une route de ceinture et de quelques chemins transversaux. Ajoutons-y une voie ferrée circulaire qui réunit le port de la Poinle-de-Galets à Saint-Benoit et à Saint-Pierre. Maurice, plus basse, est plus riche en routes et en chemins de fer (1).

Seule, Maurice possède un bon port naturel, Port-Louis; quant à la Réunion, on a dû remplacer ses dangereuses rades foraines par le port créé de toutes pièces de la Pointe-des-Galets ^2).

Le mouvement total du commerce approche de 200 millions, mais dans ce total les trois quarts reviennent à Maurice. Les exportations plus importantes que les importations à Maurice, le sont moins à la Réunion. Les Mascareignes exportent surtout du sucre, et importent des « vivres >» et des produits manufacturés (3).

(!) Chemins de fer :

La Réunion 125 kilomètres.

Maurice 169 —

(5) Mouvement des ports :

La Réunion (1892) :

Navires. Jauge.

Entrées 127 131.724 tonneaux.

Sorties 107 138.810 —

23* 265.534 — Maurice (1894) :

Navires. Jauge.

Entrées 335 316.350 tonneaux.

Sorties 840 824.748

(3) Commerce :

Importations. BiportatioDS. Total.

Francs. Frtact. Franci .

La Réunion (1893) 21.776.000 15.719.000 37.495.000

Maurice (1894) 49.997.000 74.010.000 124.007.0(0

Les deux métropoles font respectivement la plus grande partie du commerce de leurs colonies.

Maurice et la Réunion avaient naguère beaucoup plus d*importance comme points de rel&che, lorsque les navires à destination de l^ËKtréme- Orient doublaient encore le Cap. Ces deux lies sont aujourd'hui loin du chemin suivi par les steamers, surtout depuis que la compagnie de> Messageries a abandonné, pour la ligne d*Âustralie, Tescale de la Rt^anion. Mais les navires anglais qui se rendent au cap de Bonae-EspéraD.e par le canal de Suez, ou en reviennent, s arrêtent encore à Maurice. CeUe Ile est le nœud des relations des colonies anglaises du Cap avec Tlnde, la Malaisie et TÂustralie.

Toutefois les possessions britanniques de Maurice et des Seychelle^ n'empêchent pas que les lies africaines de locéan Indien ne soient avaat tout des terres françaises, puisque Tune s'appelait jadis Tile de France et que Tautre nous appartient encore. Et pourtant la comparaison nest pas flatteuse pour nous; le commerce de nos possessions : Réunion, Madagascar, Comorcs, atteint tout au plus la moitié du chiffre du commerce de nie Maurice seule.

Mais la Réunion ne subit sans doute qu'une crise passagère ; la grande terre de Madagascar, à peine connue, sera bientôt exploitée, quand les voies de communication en auront facilité la pénétration : les Coraore> enfin, voisines de Zanzibar, verront assurément leur importance grandir, à mesure que se développera l'Afrique orientale. Il faut espérer que nous saurons tirer parti de cette situation si avantageuse et ne pas en laisser le bénéfice à d'autres, toujours prêts à nous supplanter et à profiter de nos fautes ou de notre négligence.

Conclnsion : Valeur de TAfriqae. — On doit se garder de personnifier l'Afrique et de raisonner, en termes généraux, sur les parties très diverses de caractère et de valeur qui la composent. Il n'est, sauf TOcéanie, formée de morceaux épars, aucune partie du monde qui soit moins cohérente. Au nord le Maroc et l'Algérie-Tunisie sont mieux séparés du reste de l'Afrique par le Sahara, que des pays riverains de la Méditerranée par cette mer sociable et de navigation facile. La parenté du misérable Sahara avec l'Arabie, classée avec les péninsules asiatiques d'Inde et d'Indo-Chine qui lui ressemblent si peu, est manifeste. Il serait grandement imprudent de considérer comme un seul pays uniforme et également riche, tout ce qu'une appellation devenue populaire désigne sous le nom de Soudan. L'Afrique congolaise déverse son trafic naissant en partie vers les bouches du grand fleuve, en partie vers les colonies anglaises ou allemandes d'Afrique orientale, attestant aussi son manque d'homogénéité économique. L'Afrique australe présente, de l^ocêao Indien à TAtlantique, une série de contrastes très marqués.

(Vest ce qui rend le recours à la science rigoureuse si nécessaire dans l'étude du développement économique des pays africains. Certes noire siècle s'est honoré en faisant si vite, si complètement, au prix de vie$ si précieuses, la découverte de l'Afrique, en hâtant son exploitation qui

profitera, en fin de compte, aux indigènes comme à leurs initiateurs Européens. L'Amérique devenant libre de ses destinées économiques et capable de réagir en refoulant les importations européennes, Tlnde, rindo-Chine et TExti éme-Orient asiatique s'émancipant à leur tour, soit sous la direction de métropoles privilégiées, soit par TefTort de civilisations indigènes, l'Afrique est le recours des grands peuples industrieux et commerçants auxquels il faut de nouveaux marchés de vente d'objets manufacturés et d'achat de matières premières. De là l'essor de la colonisation lafricaine.

Dans cette œuvre la France et l'Angleterre ont eu le rôle prépondérant : l'Allemagne a su habilement choisir les théâtres de son activité économique. Nous avons essayé de montrer la valeur de chaque région et de marquer les chances de succès de chacun des peuples colonisateurs qui se partagent en h&te ce mélange de pays riches, médiocres ou pauvres, dont se compose l'Afrique, splendeurs de TAdamaoua, des pays Haoussas, du Soudan guinéen, ressources moyennes de l'Algérie-Tunisie, du Gap et du Transvaal, misères du Sahara et du Kalahari. On comprend que, par sa complexité même, pareille question passionne savants, explorateurs, hommes d'État et négociants. Là est une réserve pour les peuples mal pourvus jusqu'ici de colonies, ou dont le riche et exubérant commerce a besoin de nouveaux marchés.

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