C. — Commerce
Voies de communication. — Pour que le Dominion puisse tirer parti de toutes ses ressources agricoles et minières, il est indispensable qull soit largement et librement ouvert aux colons qui viennent s'y établi r. et que les marchandises puissent facilement en sortir. La question dc< voies de communication est donc d'importance primordiale pour la prospérité du pays, et les travaux d'entretien ou d'amélioration sont activement menés.
Le Canada possède dans le réseau des Grands-Lacs et du Saint- Laurent une des voies naturelles les plus belles du monde. Malheureusement le relief et le climat opposent à la navigation des obstacles graves de caractère difTérenl, le relief par les rapides et les chutes qui encombrent le cours du fleuve, le climat par l'interruption prolongée qu'il occasionne durant l'hiver dans le mouvement des échanges. Le Saint-Laurent reste fermé à toute navigation pendant cinq ou six mois. Contre le premier de ces obstacles, les Canadiens ont construit des canaux : le canal Lachine tourne les rapides de Montréal, le canal WeUond évite les chutes du Niagara, un dernier canal permet d'échapper aux dangers du Sault Sainte-Marie, à l'entrée du lac Supérieur. Gr&ce à tous
(I) Industrie métallurgique (1892) :
Konte 38.500 tonnes.
Cuivre 3. 200 -
Nickel 2.7iO —
ces travaux, les embarcations de moins de 300 tonneaux peuvent arriver jusqu*à Duluth et Chicago. Le gouvernement canadien projette d'ouvrir cette voie aux navires de 1,000 tonneaux. Cette entreprise gigantesque accroîtrait considérablement l'importance des ports canadiens, et permettrait peut-être de drainer les produits de la rive américaine des Grands-Lacs, si riche à tous les points de vue.
Contre le second obstacle, toutes les tentatives ont échoué, et il est peu probable qu'on réussisse jamais à tenir le Saint-Laurent ouvert pendant plus de la moitié de Tannée.
Les autres voies navigables ne peuvent guère servir qu'au flottage des bois et à quelques transports de fourrures (1).
II ne faut pas oublier enfin que les côtes de la mer, très déchiquetées à Test, autour de Tembouchure du Saint-Laurent et à Touest sur la côte du Pacifique, sont extrêmement favorables à un mouvement actif de cabotage et facilitent singulièrement les relations entre les divers points de la côte.
fiien que moins riche en chemins de fer que la grande République voisine, le Canada possède un réseau relativement assez étendu. 11 est surtout serré dans la région populeuse et riche de l'Ontario méridional, entre Québec et Montréal, et dans les vieilles provinces de l'est. Le <c Grand-Tronc » unit Halifax à Montréal, Toronto et Détroit. A Montréal s'en détache le « Pacific Canadian Railway » qui traverse le continent par Ottawa et Winnipeg et se termine à New- Westminster, en face de rile Vancouver. Cette ligne, longue de 4,800 kilomètres, au départ de Montréal, a été inaugurée le 28 juin 1886. Nous avons déjà parlé de son importance économique pour les districts prodigieusement fertiles du centre et de l'ouest. Au point de vue des relations transcontinentales, le Canadian Pacific fait son trajet en ilO heures, vingt de moins que le Central Pacific des États-Unis, et cependant, pour éviter le territoire de l'Union, la ligne doit faire vers le nord, entre Montréal et Halifax, un très grand détour. Par cette voie, et à l'aide d'un service subventionné sur rOcéan Pacifique, Montréal n'est qu'à 14 jours de Yokohama, et Liverpool, à moins de 21 jours.
Nous n'avons pas à dire l'importance stratégique de cette voie complètement anglaise, qui permettra, tant que le Transsibérien ne sera pas achevé, aux troupes de la métropole d'arriver dans les mers de Chine avant celles de la Russie. Mais sous le seul rapport économique, elle a une haute valeur; elle ouvre à l'Angleterre une route nouvelle vers ses possessions de rExtréme-Orient et à certaines denrées peu encombrantes
(I) Navigation intérieure (1894) :
Longueur navigable 4 . 344 kilomètres.
Circulation (189-0 35.342 navires jaugeant 4.730.849 ton.
Passagers 134 . 1 89
Marchandises 3.a46.989 tonnes.
un chemin avantageux vers l'Europe : les thés du Japon commencent à prendre cette voie (4).
Commerce proprement dit. — Les lois du commerce au Canada sont assez simples à déterminer. G*est un pays agricole , qui produit en surabondance et par conséquent exporte les produits de ses forêts, de ses pêcheries, de ses troupeaux et, sll y a lieu, l'excédent de ses récoltes de céréales. Mais d'autre part c'est en même temps un pays septentrional et peu avancé en développement industriel : il demandera donc à l'étranger les produits alimentaires des pays chauds, les denrées coloniales et les objets manufacturés. Or l'Angleterre et les États-Unis sont placés précisément vis-à-vis du Dominion dans des conditions qui sollicitent les échanges. L'Angleterre a besoin, pour nourrir sa nombreuse population, de blé^ de viande, de lait, de beurre, de poissons; les États-Unis à leur tour manquent de bois ; tous deux peuvent en revanche payer leurs achats en produits industriels. Les États-Unis et les colonies anglaises de la zone tropicale fournissent en outre sucre, tabac, coton, etc. Enfin, comme l'un de ces pays est métropole et l'autre voisin, c'est naturellement avec eux que l'Amérique anglaise du nord entretient les relations les plus actives.
Le commerce extérieur du Canada dépasse 1,200 millions; les importations dépassent sensiblement les exportations (2).
La Grande-Bretagne et les Étati-Onis font à peu près les cinq-sixièmes de ce commerce, la métropole tenant toutefois le premier rang, surtout pour ses achats, tandis que les États-Unis vendent surtout leurs produits. Mais il faut remarquer que beaucoup des objets importés par la frontière de rUnion ont simplement emprunté les voies ferrées de ce pays, plus courtes que celles du Canada.
Les Antilles, VAlletnagne font un commerce appréciable ; quant à la
(1) Exploitation des chemins de fer (1894) :
Voyageurs 14.462.498
Marchandises tO. 731. 116 tonnes.
(2) Commerce canadien (1894) :
Importations 617.375.000 fr.
Lainages 47.468.000 fr.
Fers, aciers, etc. , . . 57.087.000
Houilles 49.349.000
Cotonnades 20 . 008 . 000
Sucre 42.493.000
Exportations 587.625.000 fr.
Bois 101.347.500 fr.
Autres prod . f orest . 34 . 1 7 1 . 000
Fromages 77. 441.000
Bétail et prod. aniui. 73. 000. 0( 0
Blés et farines 39.130.000
Autres prod. agric. 48.000.000
Totel 1. 205.000.000 fr.
France, à la Chine et au Japon, elles importent une certaine quanlilé de produits, mais leurs exportations sont très faibles (1).
Le commerce de transit pourra recevoir au Canada une certaine exten* sion, quand la nouvelle voie transcontinentale aura attiré les produits de r£xtrème-Orient, et surtout quand les travaux d*approfondissement du Saint-Laurent et des canaux annexes seront terminés. Montréal pourra devenir alors le port d'embarquement d'une immense région des États^ Unis. Aujourd'hui déjà les céréales trouvent avantage à suivre la voie des grands lacs au départ de Chicago, au lieu de gagner New-York par chemin de fer.
La flotte marchande canadienne est déjà supérieure à celle de la France. Ce fait s'explique par l'activité des échanges sur les lacs, beaucoup plus que parcelle des relations proprement maritimes (2).
Aussi le Canada prend-il une part de plus en plus grande dans le mou* vement de ses ports, immédiatement après la Grande-Bretagne ; ces ports sont reliés à l'Europe par onze lignes régulières de vapeurs, dont neuf pour la Grande-Bretagne, une pour Anvers, une autre pour Hambourg. On n'a pas encore réussi à relier la France avec son ancienne colohie (3).
Bien que Montréal soit sans conteste le centre vital de tout le Canada, et fasse, à lui seul, beaucoup plus de la moitié du commerce d'exportation, il ne vient pas au premier rang comme port; il est distancé par les stations plus rapprochées de l'Europe et plus accessibles, Québec et surtout Halifax. Le port de Victoria^ dans l'Ile de Vancouver, prend de l'importance pour les rapports avec l'Asie, depuis l'ouverture du Canadian Pacific.
(i) PriQcipaux États en relation avec le Dominion (1S94) (les chifrres inrérieurs à 6 millions de francs ne sont pas portés) :
ImporUUons. Bxportations. ToUl.
Iles Britanniques. 193.500.00U fr. 342.500.000 fr. 586.000.000 fr
États-Unis 265. 170.000 179.050.000 444.220.000
Antilles 18.385.000 17.220.000 35.605.000
Allemagne 29.205.000 10.230.000 39.435.000
France I:!.6ri0.000 — —
Chine et Japon 12.C20.000 — —
.2) Marine marchande (navigation intérieure et maritime) (1894) :
Nftfires. Jauge
Total 7.245 869.624 tonneaux.
Dont vapeurs 1.640 240.906 —
(3) Mouvement des ports de mer (1894) ; entrées et sorties : Navires. Jauge.
Total 28.340 1 1.280 5»6 tonneaux.
dont 3.381 4.146.645 — anglais.
et 13.780 2.334.081 — canadiens.
Ports maritimes et lacustres :
Navires. Jauge.
Long-cours 66.006 20.353.081 tonneaux.
Cabotage 26.560.968 —
Gonclttsion. — C'est donc à Test, et sur TÂtlantique, que se trouve encore aujourd'hui le centre de gravité du Canada. 11 a fallu la découverte des mines dor du Fraser pour amener l'attention sur la Colombie britannique ; les aventuriers s'y sont précipités, les colons ont suivi ; on a construit un chemin de fer pour relier la nouvelle colonie à l'ancienne, et voilà que tout le long de cette voie ferrée on a trouvé des terres infiniment plus fécondes que celles de l'est, des prairies, des mines, des forêts magnifiques. Les Canadiens ont pris résolument le chemin de l'ouest et ce sont les colons français qui ont donné le branle; nul doute que les immigrants étrangers ne viennent à leur tour exploiter ce sol, riche de promesses, et que le centre du Canada ne se déplace par suite insensiblement comme aux États-Unis, vers l'intérieur du continent, et vers le Far West! Ce mouvement n'en est encore qu'à ses débuts, mais il est intéressant d'en indiquer l'origine et d'en suivre les progrès. 11 ne manque au Canada que des bras pour devenir un grand pays de production agricole et industrielle. Déjà les Chinois s^élablissent en grand nombre le long des chemins de fer dans la Colombie britannique.
On peut regretter en terminant que, dans ce pays, colonisé par la France, et où notre race est encore représentée par i million et demi d'individus, parlant notre langue, et restés attachés par une vivace sympathie à l'ancienne métropole, celle-ci ne joue sous le rapport économique qu'un rôle si mesquin. C'est d'ailleurs inévitable entre deux pars de riche agriculture.
Terre-Neuve.
La grande fie du golfe du Saint-Laurent couvre une superficie de 110,000 kilomètres carrés et possède une population de 200,000 habitants environ. Elle est soumise, malgré sa position insulaire, aux rigueurs du climat arctique, que lui apportent let( eaux du courant du Labrador; elle est, en outre, très souvent couverte de brouillards épais qui rendent la navigation si périlleuse dans ces mers.
Elle possède un gouvernement particulier et ses institutions propres; le Canada ne se soucie que médiocrement d'accepter la colonie, aux finances obérées, dans le Dominion. La capitale est Saint-John (29,000 hab. .
L'intérieur est couvert en grande partie de tourbières et de sapins; on estime que 2 millions d'hectares seulement peuvent être utilisés par la culture ; encore n'en exploite-t-on réellement jusqu'à ce jour que 26,000. La récolte consiste surtout en avoine et en pommes de terre. Le sol et le climat de Terre-Neuve sont beaucoup plus favorables aux plantes fourragères, naturelles et artificielles ; llle peut en conséquence devenir un centre important d'élevagn ; mais on n'y compte encore que 23,000 bêles à cornes, 60,800 moutons et 32,000 porcs. Les animaux à fourrure sont nombreux et la chasse est une importante ressource pour les habitants. La race des fameux chiens sauveteurs a beaucoup dégénéré.
Les métaux abondent ; on a découvert de la houille sur la côte occiden-
laie, du fer, du nickel, du plomb; mais les mines decuiwe sont particulièrement riches ; l'exportation du minerai est très variable suivant les années. On voit en somme que, le cas échéant, les habitants si peu nombreux de nie pourraient trouver dans l'agriculture et dans l'industrie des ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins et alimenter même un commerce notable, mais jusqu'à présent on ne tire qu un médiocre parti du sol même.
La grande richesse de Tile, ce sont les bancs qui l'entourent et les pêcheries de ses côtes. Ces pêcheries ont été partagées par une clause malheureusement fort obscure du traité d'Utrecht, entre TAngleterre et la France : les Anglais ont le monopole du littoral du sud, mais nous avons le droit de pèche sur toute la côte occidentale et une partie de celle du nord. C'est le « french-shore » ; toutefois nos droits sont peu délimités et les discussions se renouvellent tous les ans entre les autorités de Terre-Neuve et le cabinet de Saint-James d'une part, le gouvernement français d'autre part. Nous pouvons pendant la saison de pêche nous établir sur la côte, mais toutes les constructions ne doivent y avoir qu*un caractère absolument provisoire; en revanche, les Anglais n'ont pas le droit d'y intervenir, ni d'y nommer des fonctionnaires. Mais comme c'est la partie de l'Ile la plus peuplée et la plus riche, les habitants n'ont pas cessé de nous considérer comme des intrus et empiètent peu à peu sur nos droits. L'affaire reste pendante au grand détriment de tous les intéressés; on n'a jamais pu parvenir à s'entendre d'une façon définitive.
C'est la monie qu'on pèche de préférence dans les eaux de Terré Neuve; on en prend chaque année plusieurs centaines de millions. La pêche du hotnard a également une grande importance : c'est de Terre-Neuve que viennent la plupart des conserves consommées en Europe.
Les Anglais chassent le phoque au printemps, lorsque les côtes sont encore encombrées de glaces : l'huile et les peaux de ces animaux s'exportent annuellement pour une valeur de plusieurs milliers de francs.
Le commerce de Terre-Neuve est considérable, eu égard au chiffre de la population agglomérée; mais il est alimenté surtout par les produits de la pèche à l'exportation et par les objets d'alimentation, etc., nécessaires aux pécheurs à l'importation. Il atteint 65 millions, sans compter les produits de la pêche française.
L'exportation (29 millions) porte sur la morue, l'huile de foie de morue, l'huile et les peaux de phoque, le cuivre, etc. L'importation, d'origine anglaise ou américaine, comprend les farines, les conserves de viande, le sucre, le sel, le beurre, le thé, les tissus, etc. (4). La morue est
(1) Détail du commerce (1^94) :
Exportations.
Morue I8.&IC.9OO fr.
Huile de morue ou
phoque 2.699.500
Peaux de phoques .... 1 . 1 88 . 000 Homards conservés ... 1 . 562. OOn Métaux 2.568.000
Importations.
Farines 6. 757 .000 fr.
Étoffes 5.560.500
surtout exportée dans les pays catholiques d'Europe et d'Amérique • Le gouvernement colonial a entrepris la construction d*un réseau de voies ferrées, destinées à faciliter l'exploitation des mines et à favoriser le développement de Tagriculture et de Télevage à Tintérieur. Il projette aussi la construction d'une ligne qui relierait Saint-John à la cùte occidentale et permettrait aux voyageurs d'Europe se rendant en Amérique de faire une traversée maritime moins longue et de gagner un jour ou deux sur les steamers à destination de New-York (i).
Saint-Pierre et Miquelon.
Ces deux lies, seul vestige de notre empire colonial de rAmérique du Nord, sont situées à une trentaine de kilomètres de la céte méridionale de Terre-Neuve, et ne couvrent pas plus de 230 kilomètres carrés. La population est de 6,000 habitants, auxquels s'ajoutent 10,000 marins à lepoque de la pèche. Quelques lies voisines sont également françaises.
Ce sont des terres pauvres, au sol aride, au rude climat, pouvant nourrir tout au plus quelques troupeaux ; mais elles ont une grande importance commerciale, comme centre des pêcheries françaises de Terre-Neuve et des bancs. Le mouvement des échanges y atteint le chiffre élevé de 50 à 60 millions de francs. L'exportation, exclusivement alimentée par les pêcheries (35 à 40 millions), est faite à destination de la France, dans la proportion des 4/5. Mais à l'importation les États-Unis et le Canada nous devancent : ils envoient des provisionsfraiches, farines, légumes, fruits. La métropole expédie des tissus de laine, des boissons, des engins de pèche.
C'est à Saint-Pierre, la capitale de ces lies, qu'aboutit le cÀble sousmarin de Brest.
Bermudes.
Les possessions anglaises d'Amérique sont complétées par le petit archipel des Bermudes, au large de la côte des États-Unis, excellent arsenal et lieu de ravitaillement pour les escadres de l'Atlantique. Vingt Iles seulement sont habitées (15,000 âmes). Le sol n'est fertile que dans les dépressions; et on ne cultive que 650 hectares sur 8,800. Le climat est doux et salubre, et beaucoup de Canadiens et d'Américains y vont passer la mauvaise saison.
Ces lies ne produisent que des légumes : pommes de terre printiuiières, oignons, etc..., et quelques fruits; le tout est vendu sur les marchés de New-York, qui envoie en retour de la farine et de la viande. De beaux
Importalions. Exporlatioos. Total.
Grande Bretagne 12.69l.500 fr. 6.î37.O00fr. l9.43l.M»fr.
Canada et Colonies britanniques ^ . . . 14.760.000 3.817.000 18.577.000
États-Unis 7. . . 7 .Sdô.OOO 3.;m.000 1 1 .377.000
(1) Cliemins de fer de Terre-Neuve (1894) : GôO kilomètres environ.
cèdres fournissent d'excellent bois de construction, et la pèche s ajoute pour une valeur minime aux revenus des habitants.
L'exportation, presque tout entière à destination des États-Unis, se chiffre par 2 millions et demi de francs ; l'importation, dont la provenance est également américaine pour la plus forte part, atteint 7 millions. En réalité, les Bermudes ne sontqu*une colonie de New- York. Elles sont visitées par les navires qui, des ports de Terre-Neuve, du Canada ou des États-Unis se rendent aux Antilles ou dans TÂmérique du Sud.
Alaska.
On sait que depuis 1867 TAlaska dépend des États-Unis, qui Tout acheté aux Russes moyennant une indemnité de 36 millions de francs.
Cet immense territoire, trois fois grand comme la France, a un climat à peine supportable : Tété est court et les températures d'hiver peuvent descendre jusqu'à — 50 degrés.
Ce pays glacé n'est pourtant pas dépourvu de toute ressource économique. On peut y cultiver la pomme de terre et y élever un peu de bétail ; de vastes forêts s'étendent au sud et sont riches en bois de construction. Les minerais ne font pas défaut : outre le cuivre et le fer, des gisements d'or assez importants ont été découverts non loin de l'embouchure du Youkon; ils ont produit en 1884 un million de francs. La houille existe en plusieurs endroits.
Mais la chasse et la pêche ont une valeur plus sérieuse : les animaux à fourrure sont extrêmement nombreux, renards noirs et argentés, ours, castors, loutres, hermines, martres zibelines, loups : leurs peaux représentent chaque année une valeur de 2 millions de francs.
Les produits de la pèche sont la nourriture exclusive des habitants, mais ils fournissent aussi un contingent notable à l'exportation : morues (350,000), veaux marins (10,000 peaux), loutres de mer, chevaux marins (20,000 dents).
Le mouvement des échanges est naturellement très restreint; l'Alaska n'entretient de relations qu'avec la (Colombie britannique et San Francisco. L'exportation se borne aux fourrures et aux produits de la pèche, à l'or ; l'importation comprend un peu de houille et quelques objets d'alimentation.