CHAPITRE Vm
§ I. — Coup d^œil sur la géographie physiqoe et politiqne.
Géographie physique. — La république des Étals-Unis du Brésil s'éiend surlamoitiéderAinériquedu Sud, sur une surface égale à seize fois la France; sa superficie est de 8,361,350 kilomètres carrés. On peut le diviser en deux parties distinctes : au nord, Timmense plaine presque horizontale de TAmazone ; au sud et à Test, le plateau, très modérément élevé, du Brésil, qui ne dépasse jamais 3,000 mètres.
Le littoral (7,500 kilomètres) est bas et marécageux à Tembouchare de TAmazone et à Textrémité sud du pays, plus haut, bien découpé, et présentant d'admirables rades (Bahia, Rio de Janeiro), entre ces deux régions.
Tout cet immense pays est soumis à Tinfluence des vents constants de rÉquateur. Mais, tandis que dans Timmense plaine sans obstacle, ceuxci font régner une température constamment chaude et humide, extraordinairement favorable à la végétation, mais insalubre pour les Européens, sur le plateau, Taltitude adoucit la température et permet aux blancs de vivre et même de travailler. Les pluies atteignent et dépassent 2 mètres sur presque tout le territoire brésilien.
L'horizontalité du sol, la richesse des précipitations, ont permis Texistence d'un immense réseau fluvial, celui de TAmazone. Ce fleuve, qui n'est pas le plus long du monde, en est sans contredit le plus abondant. A plus de 4,000 kilomètres de son embouchure, il n'est qu'à une altitude de 100 mètres, et il descend presque insensiblement cette pente. Avec ses 80,000 mètres cubes d'eau par seconde, sa largeur qui dépasse souvent 50 et même 100 kilomètres, ses profondeurs considérables, c'est une véritable mer d'eau douce, qui compense la massivité du continenl. Par ses affluents , il communique facilement avec les fleuves voisins. A gauche, le Rio Negro est en relations avec l'Orénoque par Tintermédiaire du Gassiquiare ; par ses tributaires de droite, malheureusement coupés de cascades, l'Amazone communique avec les sources des tributaires de la Plata.
Sur le plateau, les fleuves, San-Francisco et Parana, encore abondants sont moins riches et surtout moins navigables.
Géographie politique. — Très peu peuplé eu égard à son immense superticie, le Brésil n'a que 14 millions d'habitants (1,7 par kilom. carré). Ces habitants, blancs d'origine portugaise ou [provenant d'une immigration plus récente, métis, mul&tres ou Indiens, sont surtout massés dans les régions de la côte et du plateau (1).
Depuis la révolution de 1889, le Brésil forme une confédération d'États indépendants, avec une constitution imitée de très près de celle des États- Unis du Nord. L'ordre matériel n'a malheureusement pas toujours été maintenu depuis cette date, et le pays en a grandement souffert (2).
§ il. — Géographie économique.
 ne considérer que la superficie, le Brésil, dans le continent méridional, correspond aux États-Unis dans l'Amérique du Nord. Mais quelle différence sépare les deux pays, si l'on met en balance la liste de leurs ressources et plus encore si l'on compare le développement historique et l'état actuel de chacun d'eux ! Le Brésil semble bien être pourtant au premier aspect une des régions les plus privilégiées, les plus riches du monde. Nulle part la végétation ne se déploie avec plus de vigueur et d exubérance que dans le bassin de l'Amazone, nulle part le sol ne prodigue à l'homme autant de richesses qu'il suffit de ramasserpour en tirer parti. Mais cette exubérance même de la nature végétale, favorisée par une chaleur humide accablante, qu'elle contribue d'ailleurs à entretenir, étouffe toute vie animale et convient peu surtout à l'homme, même à l'indien. Ces immenses espaces sont vides et peut-être sont-ils à jamais, aussi bien que les déserts de l'ancien monde, fermés à toute entreprise de colonisation. Le reste du Brésil se prête davantage à l'immigration des blancs, mais toutes les races ne prospèrent pas indistinctement dans ses diverses parties. La région tropicale proprement dite ne peut recevoir que des Français, ou des gens de pays méditerranéens: or ce sont ennotre
(1) Population (1888):
Total : 14.354.217 habitants (1,7 par kilomètre carré). ^Amaxonas : 0,04; Rio de Janeiro : 17 par kilomètre carré). Indiens sauvages : 600. UOO environ.
Immigration (1891): 218.939 individus; (1893): 84.143 individus; Allemands, Italiens, Français.
Villes principales :
Rio de Janeiro (capitale) . 422 . 756 hab.
Bahia 200.000 —
Pernambuco 190.000 —
SaO Paulo 100.000 hab.
Para 65.000 —
(2) Finances :
Recettes. Dépenses.
Budget (1894) 651 .322.800 fr. 709.723.840 fr.
Dette publique (1895) 2.2*27.275.000 fr.
«iècle les sources d^émigration les moins fécondes. Les Allemands ont sans doute au Brésil de nombreuses et puissantes colonies, mais elles sont toutes au sud du tropique ou dans Tintérieur, c est-à-dire dans la région la moins riche. Au centre même, les blancs de l'Europe du Sud supportent mal le travail des plantations, qui a été, pendant des siècles, exclus^ivement confié aux nègres esclaves importés d'Afrique. Mais Tesclavage a été définitivement aboli en 1888, et les noirs, devenus libres, se sont en général empressés d'abandonner les caféteries et de cesser tout travail. Une crise aiguës en est suivie dont souffre actuellement le Brésil. On manque à la fois de bras pour remplacer les anciens travailleurs, et de capitaux pour payer le salaire des nouveaux. On cherche par tous les moyens à attirer les immigrants ; on les dispute aux États-Unis et à la République Argentine et leur nombre s'est en effet sensiblement accru ; mais ces blancs n ont, nous l'avons vu, qu'un champ d'exploitation limité, et c*e$t en définitive aux Chinois qu'on devra recourir pour remplacer les nègres comme en tant d'autres lieux. De nombreux coulies sont déjà installés dans le pays.
A. — ACRICLLTLRE.
Condition générale. — Les différences dans la distribution des pluies suivant les saisons ont créé diverses zones agricoles au Brésil.
Au nord, sous l'Equateur, dans la région de l'Amazone, la chaleur est forte, l'humidité considérable et constante. Il n'y a pas de saison sèche, et les inondations régulières contribuent à humecter profondément le ^ol. C'est la région des Selvai^ de l'immense forêt vierge à la végétation folle et que Ton ne peut repousser. Ce sont les produits des forêts qui font la richesse de cette zone, appelée par Humboldt VHyhea, mais ils sont encore peu exploités, et ne le seront peut-être jamais complètement ; les colonies sont rares.
Au sud de cette première zone, s'étend celle des Campas. C'est le plateau bombé, protégé en partie contre les pluies par les serras de la côte. Là l'humidité est moins considérable, et se répartit sur une seule saison de l'année. La végétation s'interrompt pendantla saison sèche, lesarbres ont des feuilles caduques. Le pays prend des aspects variés : la partie occidentale, riche en pierres précieuses et en minerais, est peu féconde, les villes créées près des centres miniers disparaissent avec répuisemenl des filons; la partie méridionale, dans la vallée du Paraguay, annonce l'approche de la Pampa, de la plaine horizontale et sans forêts; c'est plutôt un pays d'élevage, moins riche cependant que la Pampa du sud, l'herbe n'y est pas savoureuse.
La zone des côtes enfin, très arrosée encore, est surtout celle des cultures ; la forêt tropicale y cède en partie la place à la canne à sucre dans la partie basse, au café et au coton sur les hauteurs. Au sud du tropique, les États de Santa Catharinaet de Rio Oande do Sul s'adonnent à la culture des plantes « vivrières ».
Forêts. — Les forêts couvrent au moins la moitié de la superficie du Brésil et occupent une étendue grande peut-être comme six ou sept fois la France. Outre les Selvas de la région de TÂmazone et les forêts qui garnissent le versant oriental des montagnes de la côte Atlantique, on rencontre encore beaucoup d'espaces boisés dans Tintérieur même, sur le plateau. On désigne spécialement sous le nom de « capoes » ceux qui rap* pellent la forêt vierge ; ils couvrent en général le bord des fleuves, sur toute rétendue de la zone des inondations. Les « catingas » des terreshautes ressemblent davantage aux forêts de nos régions.
C'est par centaines de millions de francs qu'il faut évaluer tous les produits que pourraient fournir ces forêts au commerce et à l'industrie, et qui se perdent chaque année faute de bras.
Les produits de ces forêts sont variés et peuvent se répartir en différentes classes : d'abord les bois débénisteriey souvent trop durs, palissandre, acajou, péroba; puis les6ots à parfum, k teinture, à tannin. Puis, parmi les bois tendres, il faut citer les essences résineuses ou fibreuses: le raoutchouc, un des principaux objets de l'exportation de l'Amazonie jusqu'à ce» dernières années, mais qui diminue d'abord devant la difficulté de pénétrer dans rintérieur de la grande forêt, ensuite devant la concurrence des caoutchoucs africains. D'autres produits encore doivent être mentionnés: les huiles du ricin, de la noir de Para, la cire végétale du palmier carnauba qui pousse sur le plateau ; les drogues et substances médicinalesde toutes sortes: salsepareille, ipécacuan ha, jaborandi, etc. Enfin, les produits alimentaires abondent et sont appréciés des indigènes indolents: palmier, manguier, arbre à pain, bananier, cacaoyer, qui pousse à l'état sauvage, arbre à lait, arbre à thé ou maté, etc.
Galtnrea proprement dites. — Comme les Antilles, mais avec moins de raison qu'elles, le Brésil, à peu près exclusivement adonné aux cultures « coloniales », suffit à peine à nourrir sa population, si clairsemée. 11 reçoit des farines et des grains de New- York et de Triesle, des pommes de terre d'Irlande, des fromages de Hollande, des vins de France, et ne consacre en somme aux cultures alimentaires qu'un espace restreint.
Une racine de la famille des yuccas donne la farine de manioc, ouïe ttipioca^ suivant le mode de préparation.C'est la principale nourriture des habitants et c'est une des plantes le plus universellement répandues au Brésil ; on la trouve aussi bien dans la province d'Amazonas que dans la région relativement sèche du Maranhao ou bien encore dans les pays tempérés du sud. C'est la première culture à laquelle s adonnent les colons. Le i;iaiisetle riz sont aussi très répandus; le premier dans les terres hautes, le second au contraire dans les parties basses qui avoisinent la côte.
Les céréales, blé, seigle et orge prospèrent dans les provinces du sud où elles sont cultivées surtout dans les fermes des colons allemands. La production s'accroît de jour en jour et donne lieu déjà à un notable trafic avec Rio de Janeiro et même avec les Antilles.
Les légumes entrent pour une large part dans Talimentation publique : les patates, pommes de terre, ignames, mais surtout les fèves et les haricots,
forment, avec la viande sèche et la farine de manioc, uu des principaux mets nationaux.
La grande culture industrielle du Brésil, la plus répandue dans les plantations, est celle du café. Nulle part le caféier ne trouve, sur de vastes espaces, des conditions de prospérité aussi parfaites : aussi le Brésil, bien que ne produisant pas les meilleures sortes, rachète la qualité par la quantité et fournit en somme à lui seul beaucoup plus de la moitié de tout le café consommé dans le monde. On sait d'ailleurs que le café du Brésil a conservé sur nos marchés d'Europe le mauvais renom des premiers temps de la culture ; les acheteurs lui préfèrent toujours les produits de Moka, de la Martinique, ou de Bourbon. C'est sous ces différents noms que les envois brésiliens, habilement démarqués, grâce à un subterfuge que personne n'ignore, mais que tout le monde respecte, nous sont en grande partie vendus.
La culture du café, après avoir pris une extension énorme par suite de la construction des chemins de fer, subit une crise depuis quelques années : l'émancipation des noirs a diminué la main-d'œuvre ; de plus, la consommation ne s'est pas autant accrue qu'on l'avait espéré. La plus grande partie du café brésilien vient des Ëtats de Rio de Janeiro et de SâuPaulo(l). L'exportation a lieu surtout vers les États-Unis et Hambourg.
La culture de la canne à sucre est aussi une des grandes ressources du Brésil, qui vient au troisième rang des pays producteurs, immédiatement après Cuba et Java. Le sol et le climat conviennent excellemment à ce genre d'exploitation, non seulement sur la côte orientale, mais encore dans toutes les vallées de l'intérieur qui ont pu être défrichées et mises en culture, jusque dans le Matto-Grosso. C'est au reste dans les États de l'est que sont jusqu'à présent concentrées la plupart des plantations (2 .
Lecacaoj/er a peu d'importance comme plante cultivée. Outre le produit de la cueillette faite sur les arbres croissant à 1 état sauvage, dans la forêt vierge, on récolte une faible quantité de baies dans les plantations des États de Para et de Maranhao.
Le Brésil est, après les États-Unis et Cuba, le pays d'Amérique le plu< important pour la culture du tabac. On le plante avec un égal succès dans presque tous les États, mais de préférence dans ceux de Bahia et de Mina> Geraes, où sont en même temps récoltées les meilleures sortes.
Parmi les plantes textiles, le coton mérite d'être cité, quoiqu'il ait perdu beaucoup de son importance d'autrefois. A l'époque de la guerre de Sécession, le Brésil s'est trouvé momentanément à la tête des pays producteurs, mais depuis lors, il n'a cessé de perdre du terrain; les cotons, à soie trop
(1) Production annuelle de café 480.000 tonnes.
1/4 de Rio, 1/2 de Sfio Paulo.
(5) Canne à sucre :
Production de l'État de Pernambuco (1894) 185. 190 tonnes.
coarie, à teinte jaunâtre, mal soignés d*ailleurs et mal préparés, ne peuvent soutenir la concurrence des États>Unis, si merveilleusement organisés d'autre part pour les moyens de transport. Toutefois la situation s'est notablement améliorée au Brésil depuis quelques années, grâce à Textension des voies ferrées, qui facilitent l'exportation.
Les champs de cotonniers les plus nombreux, et ceux dont le produit est le plus apprécié, se trouvent dans les États du nord-est, au climat médiocrement humide : Maranhao, Ceara, Rio Grande do Norte, Parahyba.
Élevage. — L'élevage pourrait prendre au Brésil une grande extension, dans les immenses espaces de Tintérieur, bien que le terrain ne soit pas aussi favorable à ce genre d'industrie que les plaines des Uanos ou des pampas. D'ailleurs le sol n'est pas encore méthodiquement aménagé et les distances trop grandes ne sauraient permettre l'exportation rémunératrice des produits, tant que les voies de communication ne seront pas plus développées. Aussi le bétail est-il encore peu nombreux dans les « campos » des États de Matto Grosso et de Goyaz. C'est jusqu'à présent dans les États du nord-est et surtout dans cqux du sud-ouest qu'il est le plus répandu. Le Rio Grande do Sul occupe à cet égard une place prépondérante.
Les chevaux sont peu nombreux et remplacés, pour beaucoup d'usages, par les mulets; les moutons, bien qu'ils puissent admirablement réussir dans les campos, ne fournissent qu'un maigre revenu.
Les bêtes à cornes et les porcs sont au contraire nombreux dans les fermes allemandes du sud. Leur viande, salée et séchée, forme le « charqué », mets national ; les peaux, cornes et crins s'exportent vers l'Europe (i).
Les forêts du Brésil ne sont pas aussi riches en animaux qu'en végétaux; le sol toujours inondé, privé d'air et de lumière, ne convient qu'aux types inférieurs, aux amphibies. Seuls les oiseaux animent ces solitudes, on en rencontre de toutes tailles et de toutes couleurs, depuis les oiseauxmouches jusqu'aux perroquets; tous sont l'objet d'un trafic notable avec l'étranger. £n revanche le gibier abonde dans les campos et la chcLsse fournit déjà un appoint considérable aux richesses alimentaires du pays.
La pêche est aussi une industrie active, tant sur le bord des fleuves que sur les côtes ; le poisson entre pour une forte part dans l'alimentation générale, mais on le consomme surtout sous forme de conserves. Les tortues enfin sont recherchées comme au Pérou pour leur écaille et pour leur graisse.
Quelque grands que soient les progrès accomplis par l'agriculture brésilienne, quelque varias que soient les produits qu'on en retire, ce vaste pays n'est pas près d'avoir mis en valeur toutes les ressources dont il peut disposer. Il ne faut assurément pas, sous prétexte qu'on se trouve en pays tropical, s'exagérer l'aptitude du sol. L'exubérance même de la végéta-
Il) Bétail tué daas le Rio Grande do Sul (1895). 280.000 têtes.
lion impose des bornes à Texploilation régulière de la plaine fluviale, et la nature du terrain permettra difficilement àTagriculture de s'emparer du plateau sur une raste étendue. Il est certain néanmoins que des progrès énormes restent à accomplir. On peut défricher la forêt vierge et mettre le sol en culture, dans quelques cantons moins abondamment arrosés que le reste du pays; de nombreux Français établis à Maiiaos, au confluent du Rio Negro avec TAmazone, Tout récemment tenté avec succès. Les plateaux de Tintérieur pourraient recevoir d'immenses troupeaux, et la région orientale pourrait enfln développer les cuUnres sur une bien plus vaste étendue.
B. — l?iDU8TRIK.
Richesses minérales. — Le Brésil est bien déchu comme pays minier; les pierres et les métaux précieux, qui ont fait jadis sa fortune, n'oocupeut plus dans la production du monde qu'un rang secondaire, depuis les découvertes successive^ faites en d'autres pays, au Cap pour les diamants, aux États-Unis, en Australie et au Transvaal pour Tor.
C'est dans les terrains granitiques de l'État de Minas Geraes, au milieu des montagnes qui séparent le Rio Belmonte des affluents du Saô Francisco, que se trouvent les principales mines de diamantSj aujourd'hui bien délaissées depuis qu'à la suite des découvertes de l'Afrique méridionale, le prix de la matière précieuse a tant baissé.
C'est dans le même État de Minas Geraes, qui doit i ce phénomène son nom de « mines générales », que Ton rencontre en plus grande quantité les autres pierres précieuses : émeraudes, saphirs, rubis, agates, etc., Tor, l'argent et la plupart des métaux usuels.
La production de l'or, qu'on recueille aussi dans les lavages de l'État de Matto Grosso, est en baisse constante (1). Le plomb, le cuivre^ pourraient être utilement exploités ; mais le fer surtout est abondant dans Minas Geraes, Saô Paulo, Maranhao; le minerai est excellent, en tout comparable à celui de Suède. Pourtant la quantité qu'on extrait des gisements ne suffît pas même aux besoins de l'industrie locale. Il en est de même de la hùuiUe, qui existe en dépôts puissants dans les provinces du sud, Rio Grande do Sul, Santa Catharina. Les gisements sont à peine exploités par une ou deux sociétés allemandes et le BrésU demande à Tétranger la plus grande partie du charbon dont il a besoin.
Le sel manque absolument dans les provinces du sud, où l'on en fait pourtant une si grande consommation dans la plupart des industries dérivées de l'élevage, conserves de viandes, etc. Les provinces du centre suffisent à peine à leurs besoins; ce n'est que dans les régions du nordest, au régime plus sec, à i'évaporation plus active, en particulier dans le Rio Grande do Norte, qu'on en recueille en assez grande abondance sur
(1) Mines d'or (1802) 1 .308 kilogr. valant A.S02.000 fr.
la côte; il faut néanmoins en importer chaque année d'Europe plusieurs milliers de tonnes.
On trouve en revanche un peu de salpêtre et on signale de très nombreuses sources thermales et minérah» de toute espèce.
Industrie proprement dite. — Après être restée longtemps arriérée» lindustrie se développe au Brésil, grâce à des capitaux européens. De nombreuses raffineries de sucre, créées par des Français, fonctionnent dans rËtat de Bahia et dans les régions voisines. Les Allemands du Rio Grande do Sul distillent le rhum. L'industrie cotonnière prend une rapide extension grâce au développement des voies ferrées fl). Le tissage des chapeaux de paille, la tannerie, le travail des plumes de perroquet ou d autres oiseaux sont assez actifs et occupent aussi beaucoup d'ouvriers des deux sexes. La tannerie, le travail du cuir et des graisses, sont des industries très actives dans les colonies allemandes du sud; il n'est pas enfin jusqu'à la fabrication des fleurs artificielles en plumes de perroquet ou d'autres oiseaux, qui ne mérite d'être citée, pour les rapports intimes qu'elle a visiblement avec les ressources naturelles du pays.
L'industrie métallurgique existe à peine, i^s fonderies les plus importantes sont à Ipanéma, dans l'État de Saô Paulo, si riche en fer; on fabrique des machines dans quelques grandes villes. Enfin les chantiers de construction de la marine nationale, pour les gros navires, sont parmi les meilleurs du monde.
En somme, le Brésil n'a guère jusqu'à présent que des industries agricoles et même à cet égard beaucoup reste à faire pour la mise en œuvre sur place de la matière première. Mais un avenir plus brillant est réservé à ce pays : car il a de la houille et du fer en abondance, et d'excellente qualité.