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CHAPITRE II

La France, pays d'agriculture, doit à ses ressources végétales un grand nombre dindustries. Les principales ont pour but de satisfaire aux besoins de raliinentation et du vêtement ; quelques autres sont de véritables industries chimiques. Mais nous sommes obligés d'importer une certaine quantité de matières premières. Par suite, la localisation des industries n'est pas rigoureuse, leur répartition n'est pas seulement l'expression de la production agricole dans nos diverses provinces : la proximité des grandes voies de communication maritimes y entrera comme un élément de la plus grande importance, de même que le voisinage des grandes villes, centres importants de consommation.

Les causes de la distribution en France des industries dérivées du règne végétal sont donc complexes : la richesse en matières premières, la proximité d'un port, d'un bassin houiller ou d'une grande ville, influent d'une maïkière presque égale sur l'établissement des centres d'industrie végétale.

§ 1. — Industries alimentaires.

Meunerie et pâtes alimentaires. — Avec les céréales nos minoteries fabriquent la farine de différentes qualités employée à la boulangerie ou à la confection des pâtes alimentaires. Inutile de dire que la boulangerie, industrie de première nécessité, est partout répandue, et ne peut constituer un mode de fabrication en gros, puisque la plupart de ses produits sont consommés frais.

Quant à la meunerie, elle établit ses centres dans les grandes villes, ou dans le voisinage d'autres agglomérations humaines comme les places de guerre ; les ports de commerce, où se trouvent de vastes magasins de blés importés, ont aussi intérêt à se munir d'un outillage de meunerie. 11 est évident enfin que les meuneries sont nombreuses dans les pays de production intense de céréales.

La meunerie est d'ailleurs une des industries qui utilisent le mieux toutes les forces que la nature met à la disposition de l'homme. Ici ce sont les moulins à vent, là les moulins à eau, suivant le relief du terrain, qui procurent l'énergie motrice. Mais les grands établissements pouvus de moulins à vapeur et de meules métalliques se développent de plus en

plus, car il ne s*agit pas seulement, comme autrefois, de suffire à la nourriture des régions voisines, mais de fournir vite à industrie et au commerce des produits finement travaillés (i).

Les provinces du nord, riches en céréales, disposant de moyens mécaniques puissants grâce à une industrie métallurgique active, possèdent les meuneries de LillCf Douai et Arras, Êtampes convertit en farines les blés de la Beauce, Meaux ceux de la Brie ; Corbeil puise dans ces deux régions et fait venir des provinces plus lointaines et même de l'étranger les grains nécessaires à Talimentation de Paris. C'est peut-être aujourd'hui le plus vaste établissement de meunerie du centre de la France. La Normandie a les moulins de Rouen, la Bretagne ceux de Rennes; enfin Toulouse traite les blés produits en abondance par la vallée de la Garonne. Marseille moud les grains de TÂlgérie, du Levant, de Tlnde et de la Russie; Nantes^ Bordeaux^le Havre, ceux des États-Unis d'Amérique; dans ces cas encore c'est une industrie qui s'Installe aussi près que possible des lieux de production. En outre Marseille exporte sous forme de farines et de produits alimentaires variés ce qu'elle a reçu en cargaisons de grains. C'est le commerce fixant la place d'une industrie agricole.

Lespd^es alimentaires, macaroni, vermicelle, sont fabriquées dans les grandes villes, à Lyon, Marseille, Paris, Celte industrie est particulièrement prospère à Lyon et à Marseille depuis que la culture des blés durs, qui conviennent à ce genre de fabrication, s'est largement développée en Algérie et en Tunisie.

Conserves, etc. — Les fruits sont conservés soit dans l'alcool, soit dans le sucre. L'industrie qui opère ce travail s'est fixée de préférence dans les grandes villes, à portée du consommateur.

Mais en certains cas les fruits sont traités dans la région même qui les produit en abondance et où la tradition de ce genre de manipulations, souvent délicates, s'est conservée le mieux. C'est ainsi que Bar-le-Duc a gardé sa vieille et célèbre industrie des confitures de groseilles; Clermont- Ferrand traite, sous forme de pâtes, les abricots que donnent les campagnes voisines. La Normandie fabrique toujours les célèbres sucres de pommes de Rouen. Voilà des industries agricoles qui ont retenu l'homme en un lieu déterminé, et l'y ont enrichi.

A la catégorie des conserves et confitures on peut rattacher la préparation du chocolat, mélange de sucre et de cacao importé de nos colonies. C'est encore une industrie qui recherche le voisinage des villes populeuses, où la consommation s'accroit sans cesse.

Le sucre. — Dans les pays de riche culture des betteraves, et autant que possible à portée des grandes villes et des voies de communication se sont établies les raffineries de sucre. Menacées un moment par la concurrence étrangère, les raffineries françaises ont été sauvées d'une condi-

(I) Minoteries à vapeur (1888) : 2183 avec une force de 28.610 chevaux.

lion précaire grâce au vote de taxes sur les sucres importés et surtout à rencouragement donné aux meilleurs procédés de fabrication. Ces encouragements sont, il est vrai, une lourde charge pour TÉtat, de sorte que, dans la situation actuelle, Tindustrie sucrière est loin d enrichir le pays.

On sait Thistoire de cette industrie. A Tépoque du blocus continental les sucres coloniaux de canne devinrent rares et fort chers. C'est alors que, grftce aux progrès des études chimiques, le sucre fut pour la première fois extrait des betteraves. Nous avons constaté avec quelle rapidité cette culture s'était développée en France comme dans les pays voisins.

Les raffineries livrent à la consommation une moyenne de 500 millions de kilogrammes (1). La consommation du sucre s'est considérablement accrue depuis le commencement du siècle, et en particulier depuis une vingtaine d'années ;2).

Celte industrie s'est établie naturellement et développée dans les départements du nord et du nord-ouest, où la betterave est abondante. Le Nordt le Pas-de-Calais^ l'Aisne, VOise, la Somme, ont les plus nombreuses raffineries de sucre et presque toutes les fabriques qui font subir à la betterave le premier traitement.

En outre les ports de commerce sont, pour deux raisons, des centres importants de l'industrie sucrière. Ils reçoivent des colonies françaises et étrangères les sucres de canne, de l'intérieur de la France les sucres de betterave ; ils sont donc les entrepôts naturels où se rencontrent ces deux produits de nature différente pour entrer les uns dans le commerce intérieur, les autres dans le commerce d'exportation. A côté de ces entrepôts ont été fondées des raffineries, comme celles de Nantes, Marseille et Bordeaux, puis de Dunkerque et du Havre situées plus près des pays producteurs de betteraves. Au reste, à mesure que les progrès de la culture et de la fabrication permettent de produire à meilleur compte et en plus grande quantité le sucre de betterave, les raffineries des ports étaient éprouvées par une crise de plus en plus intense. La loi géographique, la loi de nature donnait une prééminence sans conteste aux pays du nord et du nord-ouest pourvus de houille, d'industries mécaniques et surtout de matière première. L'intervention récente de l'État en faveur de l'industrie betteravière a aggravé cet état de choses. Colonies et ports de commerce ont beaucoup soufTert.

[\) Production du sucre raffiné :

1889-1890 699.000.000 kilogrammes.

[i) Consommation du sucre :

1873 259. 717.427 kilogrammes.

1893 576.000.000 -> environ.

94 Lk FRANCE.

Les boissons; la brasserie. — La viticulture est une véritable industrie qui a largement profité des progrès de la science, qui en abuse même quelquefois pour la fabrication de vins qui ne méritent pas ce nom. 11 faudrait, dans ce dernier cas, la classer parmi les industries de produits chimiques.

Mais la manipulation normale et honnête des vins constitue déjà une industrie savante; elle a son siège dans les grandes villes des contrées viticoles, à Bordeaux, à Cette, etc.... Sans parler des vins de raisins secs, des boissons obtenues par un mélange des marcs avec une quantité plus ou moins grande d'eau sucrée, et d'autres vins artificiels de toutes sortes, les alcools de vins français ou étrangers sont un important objet de consommation ; enfin l'industrie du vinaigre est dérivée aussi en bonne partie de la viticulture.

Nos populations de Touest et du nord-ouest fabriquent des cidres de pommes ou de poires (poirés). C'est là encore une industrie réelle et qui malheureusement se complique parfois, comme celle des produits vinicotes, de manœuvres frauduleuses autant que savantes.

Plus compliquée, plus réellement industrielle est la fabrication des bières, ou brasserie. Il ne faut pas seulement, pour produire de bonnes bières, le voisinage des matières premières, orge et houblon, mais une main-d'œuvre délicate et compliquée. Â ce titre la brasserie est une des industries les plus curieuses de notre pays, où elle est en grand progrès. Vers 1830 on ne produisait chez nous que 3 millions d'hectolitres de bière ; aujourd'hui nos brasseries en fournissent tout près de 9 millions, et ce produit ne suffit pas encore à la consommation. 11 faut en importer d'Angleterre et d'Allemagne (1).

Les pays de consommation sont la Flandre, l'Artois, la Lorraine et une partie de la Picardie, où la bière entre dans l'alimentation d'une manière normale et prépondérante. Là sont les houblonnières et les grandes brasseries. Dunkerque, Lille, Cambrai, dans le nord, Nancy dans Test, possèdent de vastes établissements de ce genre.

En outre les villes populeuses et riches, où la bière est une boisson de luxe, en fabriquent beaucoup. Parts, Lyon, Marseille, ont des brasseries importantes et nombreuses. Mais les produits de l'est, d'une fabrication très soignée, sont de plus en plus recherchés dans les villes où le vin est la boisson commune. Les brasseries de Tantonville et de Maxàville-Nancy ont pu, depuis quelques années, faire concurrence aux produits allemands sur nos marchés.

Les alcools. — L'alcool est tiré, par la distillerie, des vins, cidres, poirés, betteraves, grains. Cette industrie aproduit,en 1893, plus de 2.400.000 hectolitres d'alcools de toute sorte, où les véritables eaux-de-vie tirées du vin

(1) Production des bières (1898) : 8.037.760 hectolitres.

Importation pour une valeur de 8.065.000 francs. Exportation — 3.829.920 —

ne tiennent qu'une place infime (1). Le commerce étranger importe encore chez nous, sous bien des formes, des produits de ce genre, nuisibles à la santé (2).

Provenant de matières si diverses, Talcool est fabriqué dans un grand nombre de régions agricoles. Ici c'est le a bouilleur de cru » qui extrait de sa récolte en vins, pommes, poires, etc., la quantité qu'il déclare nécessaire à sa consommation. Là ce sont de vastes établissements qui centrai iscnt les matières premièi*es, fruits ou grains, et les traiteiit suivant les procédés les plus perfectionnés.

Les distilleries d alcool étaient autrefois exclusivement localisées dans les pays producteurs de vin, et en particulier dans les Ckarentes où Cognacétait le centre de la fabrication des eaux-de-vie de Champagne (fine et grande Champagne, fins et vieux Bois), et dBLnsV Armagnac, Mais la crise (lu phylloxéra, qui a particulièrement éprouvé la région des Charentes^ a eu pour résultat de substituer aux eaux-de-vie de vin, les alcools industriels additionnés de sucre, de jus de fruits, etc., ou qui ont subi une suite de manipulations chimiques... Aussi les distilleries se sont-elles groupées dans les pays producteurs de pommes de terre, de betteraves,, et surtout dans les régions où la population urbaine est très dense, au nord et au nord-ouest (3) .

La fabrication des alcools a suivi une marche ascendante très remarquable dans notre pays. La cause en est dans un accroissement parallèle <]e la consommation. La crise des vins est en grande partie responsable (le ce mouvement inquiétant pour la santé publique (4).

§ 11. — Industries du logement, dn vêtement, dn transport. Industrie dn bois. — Nous avons étudié déjà la répartition géographique

(1) Distinction des alcools suivant la matière dont ils sont tirés :

Vins 7Î.O00 hect.

Marcs, lies, etc 11.000 —

Substances farineuses. 446.000 bect.

Mélasses 896.000 —

Betteraves 861.000 —

(2) Importations en 1892 : Alcool 824.000 hectolitres.

Eauxde-vie, esprits, liqueurs, pour une valeur de — 13.500.000 francs.

(3) Principaux départements producteurs d^alcools :

Nord 811.993 hectolitres^

Pas-de-Calais 313.!222 —

Seine-Inférieure 15 1 . 503 —

Aisne 150.455 —

Seine-et-Oise 108.611 —

Charente-inférieure 22.691 — \

Gironde 61.672 — [vins.

Hérault 27.473 — )

(4) Production des alcools depuis 1850 : IftoO 940 . 000 hectolitres .

Uil 1.601.000

1881 1.822.000 hectolitres.

n LA FRANCE.

des forêts en France et indiqué sommairement les principaux emplois des matériaux exploités.

Les produits des forêts nationales sont loin de suffire aux nombreux usages industriels.

Un premier groupe d'industries comprend les opérations qui fournissent les bois préparés nécessaires au logement proprement dit et au transport. Les scieries de bois, dans lesquelles les troncs sont transformé> «n planches, se sont établies d'abord dans les pays forestiers. Ainsi les Vosges ^ le Mot^an sont parmi les pays qui possèdent le plus grand nombre de ces usines ; dans les Vosges les chutes d'eau sont utilisées avec beaucoup dlntelligence pour donner la force motrice. Le voisinage des grandes villes suscite aussi ce genre d'industrie ; enHn dans les ports de commerce ou de guerre, les chantiers de construction de navires en bois rendent ce travail actif et prospère. Mais la substitution du fer et de> Tacier aux planches s'accentue de jour en jour. Les maisons des grandes villes, les navires de fort tonnage, ont des membrures et des charpentes de fer; on réserve le bois pour les œuvres de détail. De même les compagnies de chemins de fer, qui consommaient beaucoup de madriers pour la pose des rails, commencent à employer des pièces métalliques plus durables et moins coûteuses.

Les navires en bois sont construits en général dans les mêmes chan. tiers que les navires en fer et en acier. L'emplacement de ces chantiers a été indiqué ci-dessus.

La construction des wagons absorbe une grande quantité de planches. Mais les ateliers des compagnies, placés à côté des gares importantes, ne sont guère que des ateliers de montage. Pouvant transporter les matières premières au meilleur compte, ces sociétés sont affranchies des conditions géographiques. Cependant il y a quelques exemples de localisation de cette industrie : ainsi Meung, près de la forêt d'Orléans, fabrique beaucoup de wagons.

Les fabriques d'objets mobiliers, de carrosserie, etc., employant en somme assez peu de matériaux, et des matériaux de nature très diverse, valent surtout par le bon marché ou la (inesse de la main-d'œuvre. C'est Paris qui en est le principal siège; on y remédie à la cherté du travail humain par l'emploi de machines de plus en plus perfectionnées. Les articles de mobilier de luxe fabriqués au faubourg Saint- Antoine, vraie ville du mobilier dans Paris, ont une réputation universelle de solidité et d'élégance.

11 fut un temps où la richesse particulière en oseraies de quelques provinces comme la Guyenne et la Gascogne y fixait l'industrie de la vannerie. Aujourd'hui, sauf Vei^ins, dans le département de l'Aisne, chaque pays en fournit juste ce qui est nécessaire à la consommation locale.

Industries textiles. ~ Les industries textiles dérivées du règne végétal tiennent chez nous une place très importante. Mais elles emploient des produits que notre sol donne en quantité insuffisante ou même ne donne pas du tout ; ces végétaux sont le lin, le chanvre et le coton. Leur

prospérité, leur développe ment rapide s'expliquent par le degré de civilisation industrielle de nos populations ; leur distribution géographique a diverses causes.

Le coton, plante des régions tropicales et intertropicales, est précisément, de tous les végétaux textiles, celui qui donne lieu à la plus grande activité manufacturière. 11 y a un siècle environ que les premières filatures ont été établies en France ; au commencement du xix" siècle nous ne recevions pas plus de 100,000 quintaux de coton en balles ; il en faut aujourd'hui 1,400,000, dans les bonnes années, pour occuper nos broches et nos métiers (1). 4,376,000 broches, 80,000 métiers mécaniques, 28,000 métiers à bras travaillent cette précieuse matière; plus de 100,000 ouvriers sont employés à ce travail. C'est pourtant huit fois moins qu'en Angleterre, où Manchester est sans rivale (2). Oq distingue trois groupes principaux de Tindustrie cotonnière : Le plus important est le groupe de Normandie; la raison de cette supériorité est historique. C'est à Rouen que furent introduits la filature et le tissage du coton au xvni» siècle, à un moment où l'Angleterre comptait déjà plusieurs manufactures de ce genre. Rouen conserva et développa lliabileté traditionnelle de ses ouvriers, et son commerce d'exportation sut si bien créer et maintenir une clientèle que, malgré la concurrence des pays français et étrangers riches en houille, ses produits ont un débit et une réputation mérités.Les faubourgs de Darnétaly Maromme, SotteviUe, etc., vivent exclusivement de cette industrie pratiquée de père en fils. Le Havre^ Ytetot, Dieppe, ont aussi des ateliers de filature et de tissage. Êvreux et Gisors dans TEure, Falaise dans le Calvados, Fiers dans l'Orne, doivent être cités après Rouen. Fils, cotonnades, coutils, les produits les plus divers sortent des manufactures normandes et s'exportent au loin.

Les départements de la Seine-Inférieure et de l'Eure possèdent ensemble 240 manufactures, plus de 2 millions de broches et 19,000 métiers mécaniques.

Le groupe du Nord doit au contraire son existence et ses progrès à la présence de la houille. Il comprend les départements du Nord, du Pasde-Calais, de la Somme et de l'Aisne. Chaque région fournit des produits spéciaux : Lille et ses faubourgs, Tourcoing, Roubaix ont des filatures, mais un nombre moins considérable de métiers à tisser. Saint-Quentin est le centre de fabrication des percales et des guipures. Amiens est célèbre pour ses velours de coton.

Le département du Nord reste néanmoins le premier du groupe ; il compte près de 3,000 métiers mécaniques et 1,300,000 broches dans 170 manufactures.

l.e groupe des Vosges, fragment de notre groupe alsacien qui compre-

(1) Importation du coton en 1893: 1.360.000 quintaux. (t) Nombre des broches dans les principaux Etats :

Grande-Bretagne 40.512.000 1 États-Unis U. 405.000

Indes Orientales 2 . 894 . 000 | Europe continentale . . 24 . 575 . 000

Géographie économ. 7

nait Mulhouse, Guebwiller, Thann, emploie la force motrice des chutes d'eau : c'est la cause même de son développement, il faut y rattacher rindustrieuse Belforl. 640,000 broches et 24,500 métiers sont partagés entre Belfort, Èpinal, Saint-Dié, Remiremont, Sénones, le Val-d'Ajol, etc..

La spécialité du groupe vosgien est celle des calicots et du fil.

En dehors de ces trois groupes, Tindustrie cotonnière occupe dans plusieurs départements un bon nombre d'ouvriers. Ainsi au sud-ouest de la zone d'industrie normande, la Bretagne, le Maine, TÂnjou comptent quelques centres considérables, Nantes, Cholet et surtout Laval, dont les produits à bon marché s'exportent dans les colonies fran(;aises. Mais la région la plus importante est celle de VAube : Troyes compte 50 manufactures, près de 70,000 broches et de 2,400 métiers mécaniques; sa spécialité de « finettes » est très appréciée dans le commerce.

Il faut encore citer un centre assez important d'industrie cotonnière, de création bien ancienne, celui du Lyonnais, avec Tarare^ Thizy, Roanne; puis à côté, Vichy et Ciermonl-Ferrand.

Nous avons vu que la culture française abandonnait de plus en plus trois plantes textiles auxquelles on consacrait jadis des surfaces considérables : le chantre, le Un et le jute. Les industries qui emploient ces fibres pour en faire des toiles, du linge gros ou fin, des tissus de choix comme les batistes et les dentelles se sont conservées chez nous en vertu de la tradition et s'y sont même développées. Mais les machines perfectionnées remplacent rapidement les anciens métiers, de sorte que les manufactures de ce genre se rapprochent des centres où les industries mécaniques sont le plus en honneur. Au reste les pays du nord de la France sont à la fois les plus riches en plantes textiles et les mieux pourvus d^outils délicats et rapides qui diminuent les frais de main-d'œuvre.

Le travail du chanvre, du lin et du jute occupe de nos jours 62,000 ouvriers qui manient 23,000 métiers à bras et 18,000 métiers mécaniques. La production des fils et tissus de ce genre est partrculièrement abondante et renommée dans le déparlement du Nord, qui possède à peu près les trois quarts des manufactures, et 11,000 métiers mécaniques sur 18,000. Les artisans de Flandre, dont la réputation remonte au moyeD âge, excellent en toutes les variétés de fabrication des fils et des tissus de cette nature, depuis les fins ouvrages de Valenciennes jusqu'aux grosses toiles de Dunkerque; Boulogne, Amiens, Saint-Quentin viennent ensuite.

Dans l'ouest, le Mans, Laval et nombre de villes de Bretagne fabriquent les articles communs et solides.

Si de pareilles industries, qui font vivre tant de millions de Français, n'intéressent le géographe que par l'histoire de leurs déplacements et de leur concentration progressive dans les pays riches en houille et en métaux, que dire de ces nombreux métiers qu'exercent nos populations laborieuses des villes et dont il serait impossible de retrouver la raison d'être dans l'étude du sol- national ? Lingerie, confections, modes, hroderie, voilà autant de manifestations de l'habileté traditionnelle des artisans ou de la science des directeurs d'industrie.

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