‹ Précis de géographie économiqueChapitre 2 sur 182 · COUP D'OEIL GÉNÉRAL SUR LA GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET POLITIQUE · texte numérisé non relu

COUP D'OEIL GÉNÉRAL SUR LA GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET POLITIQUE

Situation. — La France est située entre les 42o20' et M^ 5' de latitude nord et entre les 7» 8' de longitude ouest et 4® 52' de longitude est de Paris, par conséquent en pleine zone tempérée de Thémisphère boréal, à Textrémité nord-ouest de Tancien continent et à peu près au centre de Thémisphère des terres.

En Europe, la France est située à Tendroit où les deux séries de mers — Méditerranée et mers du Nord — se rapprochent le plus ; c'est Tisthme le plus étroit, celui où le passage est le plus facile et le plus court entre Océan et Méditerranée. Cette position lui a assuré un transit considérable, et, en même temps, lui a permis de faire sentir son influence aussi bien dans les pays transocéaniques qu'en Afrique, dans le Levant et TËxtrème • Orient.

A ces avantages, la France joint celui de tenir étroitement à l'Europe ; les communications sont faciles entre la France et les pays voisins. Seules les Pyrénées forment une barrière difficile à franchir.

DimeiuionB. — La France, assez massive déforme, représentée peu près un hexagone dont le développement d'est en ouest— 888 kilomètres, — est presque égal à la distance qui sépare la frontière nord de la frontière sud, — 1082 kilomètres.

Géographie économ. 1

La superficie de notre pays est, depuis le traité de mai 4871, d'environ la millième partie de la surface du globe, la deux cent cinquantième des terres émergées (4).

Avec ses colonies, la France prend rang après les empires britannique et russe ; elle règne sur des contrées douze fois plus étendues qu'ellemême.

Mature du sol. — La région française comprend des spécimens d'à peu près toutes les couches géologiques, les divers terrains des trois grandes ères se partagent presque également la superficie de son soi, mais, loin d'occuper, comme en Russie ou en Amérique, d'immenses étendues nettement délimitées, toutes les couches sont bouleversées, entremêlées. 11 est bien rare que l'on puisse marcher pendant une journée entière sans traverser plusieurs régions géologiques différentes.

Il est inutile d'insister sur les grandes conséquences de cette disposition pour l'agriculture et l'industrie françaises. Disons seulement qu'elle offre à l'une comme à l'autre des conditions variées, qu'elle a empêché la constitution dans notre pays de régions naturelles tout à fait distinctes les unes des autres, et qu'elle a ainsi contribué à la remarquable unité de la nation française.

Relief. — Les plaines occupent une superficie plus considérable que les montagnes; celles-ci sont d'une hauteur médiocre, les massifs importants ne se rencontrent que dans les régions frontières. Le sol s'incline, d'une façon générale, du sud-est au nord-ouest, mais d'une part, une longue dépression où coulent la Saône et le Rhône, sépare le Massif Central des Alpes, d'autre part, au delà des grandes plaines de l'ouest, le sol se relève en plateaux et collines de hauteur médiocre le long de la mer.

Enfin ces plaines entourent les hauteurs du centre du pays d'une bande presque ininterrompue et permettent les communications faciles entre toutes les parties du territoire.

Les montagnes de France sont très variées d'aspect, et leur rôle dans l'économie générale de notre pays est très divers.

Bien que les Alpes forment un puissant soulèvement étendant ses ramifications sur une bonne partie de notre territoire et qu'elles comprennent les plus hauts sommets de l'Europe, leur disposition en massifs, séparés les uns des autres par de profondes et longues vallées, fait qu'elles ne sont pas une barrière infranchissable; les routes pénètrent facilement au cœur du système et trouvent toujours un col peu élevé pour franchir la ligne de faite. Un chemin de fer les traverse même entre Ghambéry et Turin. Les Alpes sont une cause d'appauvrissement notable pour le sol national, mais, pas plus au point de vue économique

( I } Superficie continentale [»27 . 686 kil. car.

Avec la Corse 536.408 —

Avec les colonies, protectorats et sphères

dinfluence 6.500.000 — environ.

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qu'au point de vue militaire, ne forment une barrière entre la France et ritalie.

Le Jura, beaucoup moins élevé, est, au contraire, un obstacle difficile à franchir entre la France et la Suisse. Ses chaînes parallèles, orientées dans le sens de la frontière obligent les routes et chemins de fer à des ascensions répétées. Par contre, les régions improductives par excès d altitude y sont très rares.

Le nord-est de la France est occupé par une masse de plateaux, — plateaux ardennais et lorrain — ridés par des chaînes de collines s'inclinant à Touest vers hi vallée de la Seine, au sud vers celle de la Saône, bordés à Test par le haut rebord des Vosges. Quelques difficultés que ces hauteurs aient offertes à la construction des voies de communication, elles sont cependant sillonnées de chemins de fer et de canaux.

Une série de hauteurs peu importantes réunit le plateau du nordest au Massif Central, mais n'oppose aucune barrière aux communications.

Au centre même de notre pays s'élève un massif de roches primitives et primaires, sillonné de chaînes divergentes d'origine volcanique. Ce Massif Central, âpre et pauvre, a longtemps été un obstacle presque infranchissable et qu'il fallait tourner. Mais les vallées qui pénètrent jusqu'au cœur du système ont enfin livré passage aux voies ferrées. Une ceinture de bassins houillers lui assigne une grande importance dans la vie économique de la France.

Le Massif Central est entouré de tous les côtés de plaines, qui couvrent presque tout le reste de la superficie de la France, et ne présentent que des dénivellations peu appréciables. C'est la continuation, un peu plus accidentée, de la grande plaine de l'Europe du Nord. Là, les fleuves coulent tranquillement, et les voies ferrées se sont établies sans difficulté; là enfin, s'étendent les champs les plus fertiles de la France.

Mais au delà de ces plaines, le soi se relève, près de la mer, en quelques massifs de collines auxquelles la platitude du pays environnant a fait donner par contraste le nom un peu ambitieux de montagnes, — Normandie, Bretagne, Bocage Vendéen.

Enfin, au sud de notre pays, formant la limite avec l'Espagne, se trouve un système extérieur de montagnes, nettement séparé du relief français par la large et profonde dépression de Naurouse. Les Pyrénées, bien que moins hautes que les Alpes, forment, par l'entremêlement de leurs chaînons et la grande altitude de leurs rares passages, une barrière rigide et presque infranchissable entre France et Espagne. On est réduit à les tourner à leurs deux extrémités où elles s'abaissent sur la mer.

Le relief de la France, en résumé, n'a nullement empêché les relations entre les diverses parties du pays.

Littoral. — Les côtes de France ont un développement de 2700 kilo-

mètres environ, sensiblement inférieur à celui de beaucoup d*autres pays de TEurope. Mais la disposition de ce littoral sur deux mers différentes, qui la mettent en communication avec toutes les parties du monde, rachète ce défaut.

Ce littoral est varié et offre des qualités diverses. Sur la mer du Nord, peu profonde, bordée de dunes et de bancs de sable, les ports sont peu nombreux, d'une création et d'un entretien coûteux. Sur la Manche, un peu plus profonde, largement ouverte au flot de marée, notre pays se présente sous des aspects différents. Après les dunes du Boulonnais, viennent les falaises du pays de Caux, puis les plages basses du Calvados, les unes et les autres peu favorables au développement de la vie maritime; les ports de Boulogne, Dieppe, Fécamp, le Havre, Caen, etc., nécessitent un entretien constant. L'estuaire de la Seine cependant, constamment dragué, permet aux navires de remonter ji|squ'à Rouen. Le Cotentin et la Bretagne, granitiques, remarquablement découpés, présentent un grand nombre de ports, auxquels malheureusement la pauvreté du pays ne donne pas d'importance commerciale.

L'océan Atlantique baigne la cote depuis Textrémilé de la Bretagne jusqu'à celle des Pyrénées ; en Bretagne, il creuse l'admirable rade de Brest, la baie de Quiberon, et ouvre le large estuaire de la Loire avec les ports de Saint-Nazaire et de Nantes. Ensuite, la côte est moins découpée et ne présente, jusqu'à l'Âdour, que la rade fermée par les lies de Ré et d'Oléron, au fond de laquelle s'abrite Rochefort, et l'estuaire de la Gironde, entrée malheureusement ensablée de Bordeaux. Enfin, après la côte rectiligne des Landes de Gascogne, vient l'Adour, avec le port de Bayonne, peu accessible aux gros navires.

La côte de la Méditerranée est partagée en deux parties distinctes : à l'ouest du Rhône, elle est plate, bordée de lagunes et ne compte que deux ports, celui de Port-Vendres, dans les dernières ramifications des Albères pyrénéennes, et celui de Cette, creusé et entretenu à grands frais. A l'est du Rhône, les montagnes de Provence découpent de nombreuses baies et abritent des ports comme ceux de Marseille et de Toulon, des rades comme celles de Hyères et de Villefranche. En Corse enfin, la côte occidentale, richement découpée, contraste avec la côte orientale, basse, rectiligne et malsaine.

Climat. — La France est située en pleine zone tempérée; d'autre part son altitude n est pas assez considérable pour refroidir sensiblement son climat; enfin, située à l'extrémité occidentale de l'ancien continent, elle subit l'infiuence adoucissante des courants et des vents de l'Océan Atlantique. Les pluies lui viennent du même côté, plus considérables sur les côtes et sur les montagnes que dans la région de plaines qui sépare la mer de la montagne.

On comprend toutefois que toute la France n'est pas soumise aux mêmes conditions climatiques : il faut d'abord distinguer deux grandes zones.

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