fr
Principaux pays importai eu m.
Autriche- Hongrie... . :i2.51G.OO0 fr.
Grande-Bretagne l'O 173.00)
Allemagne 1*2.060.000
Turquie I0.0i4.0»0
France 4.028.000
Russie 3.389.000
Principaux pays de deslinalion.
Turquie . 24..S10.000 fr.
Grande-Bretagne 1 7 .050.000
Allemagne Ii>.8i8.(u;0
France 14.225.000
48,589 kilomètres carrés vivent 2,226,741 habitants (environ 44 par kilomètre carré) (1).
Le gouvernement est, en principe, une monarchie constitutionnelle; le roi gouverne assisté d'une chambre ou Skoupcktinay élue au suffrage! censitaire (2).
Conditions générales de la géographie économique. — La Serbie. <;onstituée depuis peu de temps et après de longues luttes, en État indépendant, est dans une condition économique encore peu satisfaisante. Tenue sous la dépendance étroite d'un grand pays industriel, l'Autriche- Hongrie, elle aura plus de peine à s'émanciper que les autres peuples de la péninsule des Balkans. Cependant Texistence constatée du combu!^tibkf minéral et des métaux dans son soussol, le zèle que montrent les Serbe^ pour Tinstruction, tout permet d'espérer que l'industrie s'implantera bientôt dans ce pays.
Agricultnre. — La Serbie est un pays jusqu'à ce moment presque exclusivement agricole ; les conditions de sol et de climat sont assez favorables, et lorsque le réseau des voies de communication sera perfectionné, la Serbie pourra jouer un rôle assez important. La propriété e$l très divisée, le paysan est très souvent propriétaire (3) .
La végétation forestière f l'une des meilleures richesses de la Serbie, a été ravagée par les bergers et les cultivateurs trop pressés de défricher. De? lois récentes protègent enfin les forêts serbes, sauf contre les dépréda-
(I) Détail de la population (1892) :
Population urbaine. 1.3.52 p. 100. i Population agricole... 97 p. 100 de
Population rurale.. 86.48 — | la population rurale.
Races :
Albanais et Tu rcs î . 9Î9
Juifs 4.Ô10
Bulgares I.SSîi
Israélites 4.6SÎ
Musulmans 16.764
Serbes 1.955.944
Roumains 143.684
Tziganes 35.581
Religions :
Orthodoxes grecs 2.127,744
Catholiques 11.596
Protestants 1 . 149
(2) Budget (1893):
Recettes 60. 135.840 fr.
Dépenses 62.716.75.1 —
Budget de la guerre 11.327.000 —
Dette publique 324. 956. 542 —
L'armée active et la réserve se composent de 2.474 officiers, 102.353 hommes, 20.486 chevaux, 282 canons. Sur le pied de guerre, elle peut compter jusquk 245.000 hommes.
Le service militaire est obligatoire pour un an dans Tarmée active.
(3) Répartition des terres (1887) :
Céréales et vignes 2.474.000 hectares environ.
Bois et forêts 588.000 —
En jachère 364.408 —
Routes et forôU de l'État 299.364 —
tioDs des troupeaux. Dans les plaines et sur les collines dominent deschénes dune belle venue, très recherchés par les fabricants de meubles. Les autres essences sont les hélres, les frênes, les charmes, les bouleaux ; on rencontre aussi les noyers en nombre considérable. C'est dans la zonede plateaux de la Serbie méridionale que s'étendent les plus vastes forêts.
Les cultiti-es cUimentaires ont été assez rapidement développées depuis ia construction d'un réseau de voies ferrées qui permet d'exporter les produits. Toutefois, aucune mesure cadastrale officielle n'ayant été exécutée en Serbie, on ne saurait apprécier la répartition des cultures. La production même n'est connue que d'une manière approximative (1).
Le maïs, cultivé dans les disti*icts les plus chauds, est consommé presque complètement en Serbie. On l'emploie à la fabrication du pain; c'est aussi ia nourriture du bétail pendant l'hiver. Le froment est avant tout an article d'exportation; il entre peu dans l'alimentation serbe. Les plus beaux champs de blé sont situés sur les plateaux, puis dans les plaines delà Nichava et de la Morava. L'orge sert à la fabrication du pain dans les districts où le maïs ne vient pas; les brasseries en traitent aussi une part importante ; on en réserve enfin pour la nourriture des begtiaux pendant la mauvaise saison.
Parmi les légumes, le haricot est le plus cultivé : il s'en fait, pendant les périodes de carême, une énorme consommation. Au contraire la pomme de terre est considérée comme un aliment coûteux et réservé aux riches; la majeure partie de la production, faible encore, est vendue en Hongrie.
Les cultures arborescentes se développent rapidement. La culture de la vifjne en particulier forme un des revenus les plus importants de la population. Cette plante rencontre d'ailleurs en Serbie des conditions de terroir et de climat tout à fait remarquables ; les agriculteurs de Serbie rappliquent à faire venir de France les meilleurs plants, à perfectionner lears procédés de viticulture et de vinification. Les résultats sont satisfaisants ; les coteaux de Négotin, de Nisch, de Semendria, de Kruchewatz comptent parmi les plus fertiles de TEurope. Des juges compétents estiment que le vin serbe mieux préparé pourrait rivaliser avec les plus fameux crus de la Hongrie ; le sol calcaire des coteaux du sud se prête merveilleusement au développement des vignobles (2).
Les arbres fruitiers sont aussi l'objet de soins intelligents. La culture des pruniers devient une véritable industrie chez les Serbes ; les pruneaux de ce pays sont un important article de commerce. Non seulement la
(I! Culture des céréales (1889) :
Superficie. Produit.
Maïs 298.000 hecL 477.500 tonnes.
Froment 186.000 — 249.000 —
Seigle 23.000 — 27.000 —
Orge et avoine 99.000 — 118.000 —
()) Culture de la vigne (1889) : 43.000 hectares produisant 832.000 hectolitres.
récolte se fait dans les vergers ; mais il y a de véritables forêts de pruniers. Les pruneaux sont vendus en quantités énormes à l'étranger ; une partie des fruits sert aussi à la fabrication de Teau-de-vie. Les noyers soDt nombreux en Serbie; quant aux pommiers et aux poiriers ils ne prospèrent point sous ce ciel (1).
Deux plantes industrielles ^ le lin et surtout le chanvre, sont cultivées avec succès ; mais leurs fibres ne sont point travaillées en vue de la fabrication commerciale ; chaque paysan a son champ et en transforme les produits lui-même. Les essais de culture du coton ont naturellement échoué; la Serbie n'a point le climat qui convient à cette plante. £n revanche les plantations de tabac prospèrent en Serbie ; elles sont nombreuses atu environs d'Alexinalz. La récolte est expédiée en grande partie vers la Turquie d'où le tabac revient préparé comme « produit turc ».
L'élevage des animaux domestiques est encore assez peu développé; et pourtant l'espace ne manque pas, les terres de culture étant loin encore de leur extension normale (2).
La Serbie est le pays d'Europe qui nourrit relativement le plus de moutons. Les porcs^ d'excellente race, sont exportés en grand nombre. Quant aux bâtes à cornes, qu'on élève dans les régions forestières, boBnfs et buffles, elles étaient beaucoup plus nombreuses autrefois ; la décroissance a été considérable entre 4870 et 1880.
On élevait aussi beaucoup plus de vers à soie avant le développement des relations de l'Europe avec la Chine et le Japon. Au dix-huitième siècle la Serbie était riche en mûriers et expédiait vers TOccident dlInpo^ tantes cargaisons de soies brutes; le pays est d'ailleurs très favorable à la sériciculture.
Industrie. >- L'industrie en Serbie est encore dans Tenfance, malgré des conditions naturelles assez favorables.
L'exploitation des mines et des carnères est peu avancée. Pourtant la Serbie possède des mines àefer, de cuivre (Maïdanpeck), dep/om6, desmc, à' argent (Milanovatz). La houille ne manque pas pour mettre en œuvre ces métaux, puisque le bassin du banatse continue en territoire serbe (Dobra'. On signale en plusieurs autres districts la présence du combussible minéral; enfin le lignite existe en couches immenses. Toutes ces richesses sont en grande partie improductives; quelques mines sont exploitées par l'État, un certain nombre aussi par des compagnies étrangères, suKout anglaises. Il est probable que la construction des voies ferrées aura une influence favorable sur le développement de l'industrie minière en Serbie.
(1) Superficie des vergers: 74.740 hectares.
Production des pruneaux (i888): 25.000 tonnes dont 17.000 exportées.
(2) Élevage au l«r janvier 1891 :
Bétes à cornes 819.251
Moutons 2.9H3.90i
Porcs 908.603
Chèvres 509.738
Chevaux
Buffles
Anes et mulets
Tout ce qui existe d^élablissements industriels est la propriété de capilalisles étrangers. Les Serbes ne pratiquent guère encore qu'un petit nombre d'industries élémentaires et domestiques, la tonnellerie, la corilerie, la coutellerie. On n'y sait pas tanner ; il n'y a pas de moulins. Les vieilles industries jadis prospères, comme la fabrication des tapis, des hroderifs d'or et d'argent, ont été ruinées par la concurrence des produits autricbiens.
Voies de commiinicaiioii. — Les voies de communication sont encore bien incomplètes; le réseau routier, en ce pays de montagnes, est défectueux. Les chemins de fer ont, comme nous Tavons expliqué ci-dessus, un rôle international considérable, puisque le réseau serbe est le lieu de passage de la grande ligne internationale qui mène de l'Occident à Constantinople et à Salonique (1). Les lignes principales sont celles qui, de Belsrrade à Vranja ou à Pirot, par Nisch, font partie des grandes lignes Parrs-Salonique et Paris-Constantinople.
Commerce. — Le commerce est encore très faible (2). La Serbie vend des céréales, des bestiaux, des vins, des fruits, des bois ; elle achète des lis5us et divers objets manufacturés. En Serbie, comme en Bulgarie et en Roumanie, les échanges sont de plus en plus actifs avec l'Autriche- Hongrie cl rAliemagne ; la part des puissances occidentales, Grande- Bretagne et France, si considérable au temps où le commerce se faisait par la mer et le Danube a été singulièrement réduite par la jonction des voies ferrées de la péninsule des Balkans avec celles de l'Europe centrale. La pression de la politique austro-allemande n'a pas été étrangère à cette révolution. La Serbie, enserrée entre la Hongrie et la Bosnie, est le pays le plus menacé dans son indépendance politique et économique par l'empire austro-hongrois. L'Autriche envoie en Serbie les trois quarts des objets importés ; elle achète aux Serbes presque tous leurs produits agricoles (3).
L'ouverture du chemin de fer de Vranja à Salonique a atténué pour
1'; Eq exploitation (fin 1892) 3î0 kilomètres.
(3) Commerce (I892):
Importation 37.0G9.634 fr.
Exportation 46.451 .656 —
Total 8:3.521.290 -
(?' Détail du commerce (I8U2^ :
ImporlalioDS. Ëiporlations.
Produits agricoles 1 .280.000 fr. 20.280.000 fr.
Alloients et boissons fi()2.000 — 1 .532 000 —
Animaux et produits aniui 337. OUO •> 19 033.000 —
Peaux, cuirs, elc 2.978.000 — 2.745.000 —
Laines et lainages 2. 809, 000 — 52 Ooo —
Métaux 4.1Ô2 000 — 418.000 —
Machines I,G59.000— 9.000 —
Cotonnades et toiles G . 502 . 000 — 94 1 . 000 —
Confections et bonnetterie 2.CCO.0O0 — 11.000 —
TAngleterre et la France le désavantage qui existait quand on était forcé d'expédier les marchandises en Serbie par Constantinople, la mer Noire et le Danube. Mais une voie à travers le Monténégro et l'Albanie vaudrait mieux encore. On sera étonné d'apprendre qu'à l'heure actuelle, 1p> envois de France à destination de Serbie prennent encore la route de Constantinople et de Galatz ; c'est une persistance illogique et inexplicable. D'ailleurs, les négociants occidentaux peuvent espérer de faire concurrence en Serbie à l'Allemagne ; mais contre les produits autrichiens, en bonne géographie, on ne saurait espérer le succès. La Russie seule peut entamer avec avantage ce combat sur le terrain économique comme sur le terrain politique.
Ce qui doit arriver plus sûrement encore, c'est Témancipation industrielle et commerciale à peu près complète des Serbes. A moins d'être politiquement anéanti, ce peuple auquel ne manque aucun e des ressounre^ nécessaires à l'industrie, qui s'instruit avec ardeur, redeviendra à brève échéance maitre de sa richesse.