tonnes
Les pavillons étrangers représentent, pour la navigation au long cours, une partie très considérable du tarif total. Au cabotage, la proportion est naturellement inverse, vu les restrictions apportées par le gouvernement italien. Cependant, sur l'Adriatique, la concurrence du Lloyd austro-hongrois est encore dangereuse (1).
GêneSf à la suite d'importants travaux dus à un legs généreux, est devenue la première ville maritime de ritalie. C'est le débouché artificiel de la plaine du Pô sur la mer Tyrrhénienne et en même temps, en concurrence avec Marseille, Tissue du transit de l'Europe centrale par le Saint-Gothard. Elle accapare la majeure partie du commerce de rilalie avec les deux Amériques ; c'est en même temps le siège de la puissante « Compagnie générale de navigation italienne ».
Naples vient ensuite, c'est le débouché des régions viticoles et fruitières, l'escale des navires français qui vont en Orient. Messine^ Palerme se partagent le commerce sicilien, si actif à cause des fruits, des vins et du soufre. Livoume dessert le commerce toscan. Venise, bien déchue, souffre de la concurrence de Gênes et de Tri este.
Brindisiy enfin, a repris une partie de l'activité qu'il avait lors de la puissance romaine ; c'est le point d'embarquement des voyageurs riches pour le Levant et l'Extrême-Orient. Les marchandises ne vont que rarement s'y embarquer, l'économie du transport par mer étant considérable. 11 est probable que Salonique, puis peut-être le Pirée, lorsque l'union aura été faite entre les chemins helléniques et européens, tendront à supplanter Brindisi (2).
Gosimerce proprement dit. — Le commerce de l'Italie s'est accru d'une manière lente et assez normale depuis trente ans, à mesure que lexploitation agricole faisait des progrès, à mesure que les voies de communication et la marine se développaient. Deux causes en ont contrarié Tessor, la médiocrité de l'industrie et le poids d'une dette considérable ; TUalie n'a pas encore très bon crédit sur les marchés étrangers.
Le commerce mf^i'iewr, dont l'évaluation ne peut être qu'hypothétique, est caractérisé par ce fait que les provinces du nord, beaucoup plus riches et plus avancées en industrie, envoient dans la péninsule et dans les lies une quantité notable de produits agricoles et d'objets manufac-
(1) Mouvement total des ports italiens (1893) (tonnage effectif):
Total. Pavillon italien.
Navires. Tonneaux. Navires. Tonneaux.
Commerce extérieur. 31.38Î 7.772.000 18.431 1.879.759
Cabotage 209.612 6.493.000 l'03.656 6.648.733
Mouvement total 240.994 14.265.000 222.087 7.528.492
(2) Mouvement des principaux ports (1892) (tonnage brut) :
Gênes 6. 363 .000 ton.
Naples 3.605.000 —
Messine 3.257.000 —
Palerme 2.864.000 —
Livourne 2.111.000 ton.
Venise 1.883.000 —
Brindisi 1.000.000 — env.
turés. La vie provinciale a conservé encore quelques vieux usages d^échanges à dates fixes, de foires, comme celles d'Alexandrie et de Sini* gaglia.
Litalie, par son commerce extérieur total, occupe le neuvième rang des grandes puissances (1).
Les principaux articles d'exportation sont les soies et autres matières à filer, les denrées alimentaires. Â Vimportation, les céréales et les soies tiennent le premier rang avec la houille et les objets fabriqués (2).
Dans ces conditions, des rapports fructueux s'étaient établis entre ritalie et la France; nous tenions en 1887, avant la rupture des conventions commerciales, le premier rang sur les marchés italiens. Â cette date la France achetait pour 496 millions de vins, fruits, bestiaux et matières brutes, et vendait en échange pour 400 millions de produits manufacturés. L'Italie a cru pouvoir, sans danger, rompre ces actives relations et fermer par des tarifs élevés ses frontières aux objets industriels de France. A coup sûr, l'Autriche-Hongrie, la Suisse et l'Allemagne lui enverront ce qu'elle prenait jadis à l'Occident ; mais elles ne lui prendront pas ses vins que la France pourra remplacer, comme aussi les fruits et huiles, par des provenances d'Espagne, d'Algérie et de Tunisie. En voulant se défendre de la concurrence des tissus français, peut-être se livrera-t-on d'autant mieux à celle des négociants de Crefeld, d'Elberfeld, de Barmen et autres, dont l'&preté sera sans doute plus préjudiciable aux industries naissantes de Lombardie et de Piémont.
^1} Commerce de l'Italie. (Commerce spécial 1892) :
Importations 1.173.391.983 fr.
Exportations 958.187.220 —