‹ Précis de géographie économiqueChapitre 43 sur 182 · En · texte numérisé non relu

En

(2) Détail du commerce (1892) :

Importations,

Céréales 167 ,200.000 fr.

Soie 101. 800.000 —

Houille 95.000.000 —

Coton 92.000.000 —

Tissus de laine.. 42.000.000 —

Exportations.

Soie 325.500.000 fr.

Huile d'oUves 60.300.000 —

Vin 56.200.000 —

Soufre 29. 100.000 —

Chanvre 28.000.000 —

Fer 40.000.000 fr.

Tissus de coton.. 34.900.000 —

Machines 26.600.000 —

Animaux 20.000.000 —

Fils de lin 13.200.000 —

Ouv. en corail... 18.600.000 fr.

Coton 17.500.CKK) —

Marbre 15.300.0n0 —

Fruits 12.560. 000 -

Fromage 10.000.000 —

Proportions.

Importations. Exportations.

Denrées alimentaires 2U.8 p. loo 29.2 p. 100

Animaux 2.1 — 1.5 —

Matières premières 49.0 — 60.6 —

Objets fabriqués 19.1 — 8.7 —

La récente convention signée, entre I» France et Tltalie, au sujet du commerce en Tunisie, atteste, il faut le dire, un désir réciproque de renouer de meilleures relations, du moins sur le terrain économique.

V Autriche-Hongrie est déjà une moins bonne cliente, puisqu elle importe beaucoup plus qu'elle n*exporte. Céréales, bestiaux, bois, houilles, objets de métal et tissus, tels sont ses principaux envois; elle demande des soies grèges, des huiles, des fruits, du soufre, des vins. L7talie est donc en somme tributaire obligée de ce côté et ne saurait y espérer un accroissement de ses ventes. Enfin, TÂutriche^Hongrie est sa plus redoutable rivale sur les marchés du Levant : Trieste fait échec non seulement aux villes it(iliennes de TAdriatique, à Venise et à Brindisi ses rivales, mais à Gènes, Naples et Palerme. La jonction des lignes austro-serboturques jusqu'à Salonique est une nouvelle menace de Tempire danubien à ses anciens ennemis, aujourd'hui alliés, de la péninsule. Ce n^est pas de ce côté que Fltalie trouvera des compensations à la perte du marché français.

Ses relations avec la Gi^ande-Bretagne présentent les mêmes inconvénients. Le négociant anglais trouve en Espagne, au Portugal, sorte de ferme britannique, en France, les vins et les fruits que Tltalie voudrait lui vendre ; il y trouve aussi les huiles d'oHves. Là encore Tltalie a le rôle secondaire; et la marine innombrable de l'Angleterre a beau jeu dans ce pays pour lequel la mer est le grand chemin.

Avec VAllemagney la situation est en apparence fort différente. Entre un pays manufacturier et industriel à outrance comme l'empire d'Allemagne et ritalie purement agricole, il ne saurait exister, semble-t-il, de rivalité, mais seulement des relations normales. L'Allemagne remplacera peut-être la France par ses ventes, mais jamais par ses achats ; elle ne ruinera pas ses brasseries pour le plaisir de boire les vins italiens aux lieu et place des consommateurs français. En revanche, ses importations de produits manufacturés à bon marché risquent d'arrêter l'essor, déjà si médiocre, de l'industrie italienne.

La Suisse et la Russie sont ensuite les pays avec lesquels l'Italie entretient les plus actives relations. Le commerce en dehors de l'Europe est encore peu important ; il se développe surtout avec les États-Unis et les pays de l'Amérique du Sud, avec la République Argentine et le Brésil, où les immigrants italiens sont si nombreux (1).

(1) Commerce de l'Italie (1892) en millions de francs :

Importation. Exportation. Total.

Grande-Bretagne 244. G 113.2 357.8

Allemagne 143.9 145. 5 288.4

France 132.0 132.4 265.0

Aulriche-Hongric 122.3 105.8 228.1

Suisse 49.5 173.2 222.7

États-Unis et Canada 78.8 100.2 179.0

Russie 124.2 10.2 184.4

Le commerce de transit n'a pas dépassé en 1892 le chiffre de 51 millions de francs.

tnamération sommaire des colonies. — L'Italie a essayé de constituer un empire colonial sur les côtes de la mer Rouge ; on ne saurait dire encore qu'elle ait réussi. Elle a occupé Massaouah^ Assab et élevé des prétentions, qui ne sont pas toutes justifiées, sur une étendue de côtes def plus de 500 kilomètres. Elle a formé même, un peu sur le papier, un Empire d' Erythrée d'une superficie nominale de 247 000 kilomètres carrés. Cependant, le négus d'Abyssinie ayant refusé de reconnaître le protectorat italien, une guerre malheureuse pour l'Italie a amené la signature d'un traité (novembre 4896), qui reconnaît l'indépendance absolue de l'Abyssinie, et restreint les possessions italiennes à une mince bande littorale. Le dessein manifesté par ces prises de possession était, à l'origine, qu'on l'avoue ou non, d'entrer en relations de commerce avec l'Abyssinie ; ces relations ont été jusqu'ici purement belliqueuses : et l'Italie n en a retiré ni gloire ni profit.

Aujourd'hui le commerce de Massaouah, paralysé par l'état de guerre, atteint 10 millions de francs, importations et exportations réunies. Mais il peut devenir considérable si les Italiens, laissant de côté tout désir d'extension territoriale, nouent avec leurs voisins des rapports commerciaux. Massaouah peut être une des meilleures portes de sortie des produits abondants du massif abyssin.

Gonclluion. -— En somme, l'Italie, malgré ses richesses agricoles, est dans une situation économique difficile. Son industrie est dans l'enfance ; son commerce, gêné jadis par l'excédent des importations sur les exportations, ne semble pas devoir reprendre encore.

Qu'on ajoute l'inconvénient d'une situation financière fort précaire, le poids toujours croissant des dépenses militaires dans un pays que nul ne menace, l'absence de colonies, l'échec des premières tentatives en Afrique, et fon ne sera pas étonné de voir qu'un État, riche en somme, tienne encore un rang secondaire parmi les puissances commerciales de l'Europe. Ce n'est pas là tout ce que l'exploitation humaine peut accomplir en Italie ; il y a place non seulement pour une agriculture prospère, mais même pour une industrie. La Suisse, sans houille ni métaux, possède de grandes usines, de nombreuses manufactures. L'Italie, à coup sûr, est moins heureusement située ; pourtant, la mer, partout voisine et présente, lui permettrait aisément de subvenir à peu de frais aux besoins industriels, d'acheter à bon compte la houille, les machines, etc.. Un peuple intelligent, laborieux comme le peuple italien, est plus capable qu'aucun autre de corriger l'insuflisaRce de ses ressources naturelles.

Inde anglaise 66.3

République Argentine 30.5

Turquie d'Europe 26.0

Egypte 18.5

Amérique Centrale 14.2

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