‹ Précis de géographie économiqueChapitre 47 sur 182 · RÉPUBLIQUE D'ANDORRE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE D'ANDORRE

Dans la vallée pyrénéenne de la Balira, affluent de droite de la Sègre. s'est établie la petite république (T Andorre, indépendante depuis le temps de Charlemagne. Couvrant une superficie de 452 kilomètres carrés, elle

est peuplée de 6,000 âmes. Ses deux protecteurs, la France et Vdvéqvc iVUrgel, reçoivent chaque année une redevance de 960 et 460 francs. La capitale, Andorre, sur la Balira, compte 2,000 habitants.

La république d'Andorre n a aucune importance économique, sauf comme lieu de passage entre la France et TËspagne de quelques denrées passées le plus souvent en contrebande. Ses belles forêts fournissent des matériaux de construction dont Técoulement est difficile, faute de voies de communication, et des charbons de bois. Il y a aussi, sur son territoire, quelques mines de fer.

Résumé politique. — Le royaume de Portugal ne couvre qu'environ la sixième partie de la péninsule ibérique, (89,372 kilomètres carrés, et, en y ajoutant Madère et les Àçores qui sont considérées comme faisant partie du royaume, 92,575 kilomètres carrés). Ce petit État s*étend en une longue bande sur le versant occidental du plateau central et à Tembouchure des fleuves qui en descendent.

La population s*élevait, lors du dernier recensement, à 4,306,554 habitants sur le continent, soit 48 par kilomètre carré, et à 4,708,478 habitants (31 par kilomètre carré) en y comprenant les annexes insulaires (4).

La religion d'État est la religion catholique, c'est celle de presque tous les Portugais; les autres religions sont tolérées, mais on compte à peine 500 protestants, en majorité étrangers, dans tout le Portugal.

Le Portugal est un royaume constitutionnel (constitution de 1826, révisée en 1852). Le roi, assisté de ministres responsables, gouverne avec les « Certes geraes »> composées de deux chambres : la Chambre des pairs (paire héréditaires — supprimés par extinction, — pairs nomn^és à vie par le roi, pairs élus par les universités et quelques autres corps constitués), et la Chambre des députés élue au suffrage censitaire pour une durée de quatre ans.

(1) Mouvement de la population :

Accroissement moyen annuel 1 . 15 p. 100

Décùs(1890) 114.339

Naissances 154 .839

Augmentation 4U.30O

Émigration :

1890 29.421 se dirigeant surtout vers l'Amérique.

Instruction faible : en 1878, 82 p. 100 de la population totale est illettrée.

Le pays contient peu de villes, la majorité de la population est ruraie (d).

Les finances du Portugal sont, depuis bien des années, dans un étal déplorable, dont nous verrons la répercussion sur Tétat économique (2).

Condition générale de la géographie économique. — Le Portugal, qui joua au moyen âge et au début des temps modernes un si grand rôle dans l'histoire générale du commerce et de la navigation, est bien plus heureusement situé que TEspagne. Il est complètement et franchement tourné vers l'Atlantique et le Nouveau-Monde; ses vallées débouchent dans cette direction, invitant les populations aux entreprises maritimes et au commerce lointain. C'est un pays agricole par excellence, mais voué aussi au négoce ; Tindustrie aurait pu résulter de cette double aptitude et naître, comm^ en Suisse, dans des conditions qui paraissent défavorables au premier abord. Mais la politique a privé le Portugal comme l'Espagne du bénéfice normal de ses avantages naturels; depuis le traité de Methuen (1703), ce petit pays est devenu une sorte de succursale du commerce britannique. Il est sous la dépendance économique de l'Angleterre qui exploite jusqu'à son sol. En outre, la perte de ses meilleures colonies a infligé au commerce portugais un dommage irréparable.

(1) Population urbaine (1878) 490. 3S6 hab.

Population rurale 3.669.929 —

Principales villes (1878) :

Lisbonne 246 . 343 habitants.

OTorto 105.838 —

Braga 19.755 —

Coïmbra 13.309 —

(2) Budget;

Rccelles. Dépenses.

1888-89 215.000.000 fr. 287.CO0.00O fr.

1893-94 (prév.). . . . 245.000.000 251 .000.000

Dette publique (1893) : 2.9i9.000.000fr. nécessitant un intérêt de 90.05C.000 fr.

Budget de la guerre 28.600.000 francs.

— marine et colonies... 19. 728. 000 —

Total 48.328.000 —

Armée recrutée pour le service obligatoire :

Pied de paix 34 .970 hommes.

— guerre 150.000 —

Armée coloniale 8.880

Marine; 43 navires montés par 3. 7flO hommes.

A. — Agriculture.

L'agriculture est la principale source de prospérité du Portugal. La qualité des terres est remarquable dans la majeure partie de TËstrémadure où se développent des plaines tertiaires ; les groupes siluriens et cainbriens du nord et du sud contiennent aussi quelques zones de culture très favorisées. La chaleur, en général plus tempérée qu'en Espagne, Thumidité de Tatmosphère et celle que répartissent les fleuves, lout contribue à stimuler les facultés de production du sol. Mais les habi> tants sont loin d'avoir tiré bon parti de ces richesses ; et l'on a, depuis longtemps, remarqué chez eux une indolence qu'explique peut-être le dépit d'avoir à travailler surtout pour le bénéfice de capitalistes étrangers. Les statistiques nous révèlent que l'emploi actuel des terrains est médiocrement approprié à leur valeur (1). On affirme que, dans l'Alemlejo et l'Estrémadure, 2 à 4 millions d'hectares laissés en friche seraient cultivables.

Le Portugal reproduit au sud et au nord la succession des régions espagnoles, sauf cette grave différence qu'au lieu de plateaux on y rencontre surtout des terrasses. Aux plateaux succèdent donc des ondulations moins monotones sous lesquelles le piédestal fait de plus en plus défaut à mesure qu'on se rapproche de l'ouest ; mais les bordures des plateaux envoient trois éperons de montagnes assez élevées qui restreignent le domaine cultivable.

Au sud il convient de distinguer deux pays entre lesquels il y a contraste complet, d'une part l'Algarve, plateau sillonné de chaînes et de mamelons où la végétation forestière est souvent luxuriante, d'autre part l'Alemtejo, qui contient sur une vaste étendue de véritables steppes.

Le Portugal central offre à la culture des conditions très variables, des sables sur la côte, de riches plaines dans la vallée du Tage, puis les terrasses de la serra da Estrella dont les escarpements calcaires sont à pic vers le sud. Les mêmes aspects se succèdent de l'ouest à l'est dans la majeure partie de la province de Beïra.

Mais le Beïra alta, le Tras-os-Montes et l'Entre-Douro-et-Minho sont des régions beaucoup moins articulées, présentant les mêmes avantages que la Galice en Espagne, riches en pâturages, en céréales, favorables aux cultures arborescentes.

Les foréis sont peu nombreuses au Portugal comme en Espagne; malgré d'énergiques efforts de l'État et des particuliers pour développer les productives forêts de chênes-lièges, on ne compte encore qu'un demi-

(1) Répartition de la terre :

Vignobles 2.Î p. 100.

Arbres fruitiers 7.2 —

Céréales ' 12. f> —

Légumes '. 2.7 —

Pâturages et jachères. 20. 7 p. 100.

Forêts 2.9 —

Improductif 45.8 — .

million d'hectares de surface vraiment boisée. La production en liège a dépassé 12 millions de kilogrammes pendant la dernière période décennale. Il y a aussi dans les zones montagneuses du Beïra et du Tras-os- Montes de belles forêts de châtaigniers. Les parties basses du Beïra et de TEstrémadure sont parmi les plus dénudées de l'Europe méridionale; on y peut cheminer des journées entières sans rencontrer d'autre végétation que les broussailles et les herbes caractéristiques des steppes.

Remarquons que la distribution des zones forestières du Portugal est tout à fait identique à celle des zones espagnoles. Mais le reboisement des montagnes exploitées à outrance, et le boisement de certains pays de steppes y seront plus faciles, par suite de Thumidité plus grande de l'atmosphère ; l'irrigation est beaucoup plus praticable que sur le plateau proprement dit.

Les cultures alimentaires sont naturellement les plus nombreuses ; les céréales cependant n'occupent qu'une faible partie du sol cultivable. Le maïs et le froment, et en particulier le blé dur, tiennent la première place, le seigle et V avoine ne sont guère cultivés que dans les districts montagneux; quant au nz, il rencontre d'excellentes conditions dans les terres basses et facilement irriguées du Tage inférieur. La récolte totale esl incapable de fournir à la consommation, aussi doit-on importer beaucoup de céréales d'Amérique. Le Portugal ne pourra s'affranchir de cette nécessité qu*en améliorant ses procédés de culture encore bien primitifs.

Les pommes de terre font des progrès dans les terrains sablonneux du littoral; enfin, les Portugais, grands consommateurs de légumes secs« ont des cultures maraîchères développées surtout dans les environs des villes.

Mais la principale richesse du Portugal, richesse qui pourrait s'accroître, c'est la vigne. Les vignobles se sont beaucoup développés comme en Espagne (1).

La contrée la plus riche en vignes est la vallée supérieure du Douro, depuis la frontière espagnole jusqu'à la province du Minho. C'est là que se font les vins fins si célèbres sous le nom de Porto, presque exclusivement exportés en Angleterre et au Brésil (2). Malheureusement, le phylloxéra fait de grands ravages dans ces vignobles.

Mais d'autres provinces fournissent aussi d'excellents vins. Sétubal produit des muscats eslimés. Les vins d'Estrémadure et de Beïra, rouges ou blancs, commencent à s'exporter; quelques-uns ont une saveur voisine de celle des crus du Bordelais. Madère donnait en 1850 une récolte de 250,000 hectolitres : mais la moitié des vignes a été gravement endom-

(1) Culture de la vigne (moyenne) :

Superficie 300.000 hectares.

Production 6.000 UOO hectolitres.

Eu 1872 : superficie 189.000 Jiectares.

(2) Exportation du vin de Porto (1888) : 208.000 hectolitres.

magée par les attaques de loïdium et du phylloxéra. Il a fallu introduire des plants africains et américains qui, du reste, ont prospéré : depuis quelques années les exportations ont recommencé à croître (1).

Notons, en terminant, que les Anglais sont devenus propriétaires d'une partie notable des vignes à Porto et que, par suite, les Portugais, souvent réduits au simple rôle de fermiers, ne touchent qu'une partie des bénéfices de leurs cultures.

Le Portugal, comme les Açores et Madère, doit à la douceur de son climat de posséder quelques-unes des cultures caractéristiques de la zone méditerranéenne : l'olivier, le citronnier et l'oranger. Les olivieis sont nombireux sur les terrasses de l'est, et sur les collines de la rive droite du Tage, vers Santarem en particulier. L'huile est malheureusement mal préparée, mais il serait facile de remédier à cet inconvénient. Les orangers dont les produits ont une vente assurée en Angleterre, les cUronniers, les figuiers de l'Algarve, les poires y les amnndes et les noix donnent lieu à un commerce considérable.

Les cultures industrielles disparaissent peu à peu : le Un perd constamment du terrain, les mûriers n'existent guère plus que dans la province de Porto.

Véleoage est peu développé, malgré des conditions très favorables dans les provinces arrosées du nord et du centre. Les bêtes à cornes sont assez nombreuses dans les provinces d'Entre-Douro-et-Minho et Tras-os- Montes. Les ânes et mulets réussissent dans ces provinces montagneuses, lesdievaux peu nombreux, sont endurants et sobres dans l'Alemtejo ; les moutons et chèvres existent en grands troupeaux dans les montagnes du nord et les steppes du sud ; les porcs vivent surtout dans les forêts de ohénesde TAlemteju.

La pécAe est une des ressources importantes des populations cùtières ; peu de parages sont aussi poissonneux que le golfe de Sétubal (â).

En résumé, cet élevage suffit à peu près à la consommation du Portugal ; le gros bétail fait même l'objet d'exportations assez considérables pour l'Angleterre. L'Espagne achète une notable quantité de porcs dans l'Alemtejo : le Brésil fait venir beaucoup de fromages de son ancienne métropole. Enfin la laine des moutons, blancs ou noirs, si grossière qu'elle soit, est vendue sur le marché anglais.

L'agriculture portugaise est donc, comme celle de l'Espagne, dans une condition médiocre ; bien que le pays contienne des steppes et des régions montagneuses au sol rebelle, on peut assurer que les cultures n'occupent pas encore aujourd'hui une place suffisante. Il semble que les soins se bornent exclusivement à quelques plantes et arbres dont les produits sont vendus d'avance. Mais ce n'est point un pur bénéfice pour ce petit pays que d'être le cellier de l'Angleterre.

(1) Exportation du vin de Madère (1888) : 24.000 hectolitres.

(2) Pèche : plus de 4000 navires et barques.

La vraie industrie est encore très médiocrement développée. Du reste le sous-sol du Portugal, qui renferme un assez grand nombre de gîtes métallifères et de carrières, est pauvre en combustible minéral. On comprend donc que malgré Tintelligente initiative de quelques-uns, rindustrie n'ait fait encore que de faibles progrès. Enfin, la prépondérance commerciale de la Grande-Bretagne en Portugal, a pour premier résultat de paralyser Tinitiative industrielle des habitants du pays. L'industrie anglaise a tout intérêt au maintien de cet état dinfériorité : et les essais d'émancipation des Portugais restent jusqu'ici peu fructueux.

Les industries extractives sont elles-mêmes à l'état d'ébauche. Quelques mines d'anlkmcite, dans le nord, les mines de cuivre de rAlemtejo, qui envoient leur minerai en Angleterre, le plomb d'Aveiro, le fer, commun partout, Vantimoiney le manganèse y ne sont exploités que d'une façon peu méthodique et irrégulière. Et cependant le pays est riche en métaux, les anciens Romains en tiraient un certain profit (1 }.

Les carrièi^es contiennent en abondance le marbre, le granit, l'ardoise, l'argile, etc.. Les marbres sont à peine exploités; les ardoisières des environs de Porto envoient leurs produits en Angleterre.

La liste des industries proprement dites n'est pas longue. On peut dire qu'elles sont surtout développées dans deux villes maritimes, à Lisbonne et à Porto : aussi sont-elles à peine portugaises. Outre qu'elles sont sous la dépendance presque complète de l'étranger, de la Grande-Bretagne qui fournit le combustible et les machines, elles ont été souvent installées avec le secours de capitaux venus du dehors.

Les industries dérivées du règne minéi'al sont représentées par quelques fonderies et ateliers que se partagent Porto et Lisbonne ; ces villes, surtout la seconde, ont le matériel nécessaire à la construction et à la réparation de quelques navires. On construit aussi à Porto do Conde.

Du règne végétal l'industrie emploie surtout deux fibres textiles, le lin et le coton. Le lin est travaillé dans les campagnes. Lisbonne et Porto fabriquent des cotonnades à bon marché qui sont expédiées dans les colonies africaines. Une très humble industrie, celle des cure-dents, occupe de nombreux ouvriers qui, à Lisbonne et Coïmbre, travaillent le bois des saules argentés.

(1) Produciioa minérale (1892) ;

C40[nbustible minéral 18.000 tonnes valant

Minerai de fer 1 1 .300 —

— cuivre lOO.OOO —

— plomb I.IOO —

— manganèse ... 3 . 400 —

— antimoine.... 1.000 —

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