‹ Précis de géographie économiqueChapitre 58 sur 182 · C. — COMMEKCE · texte numérisé non relu

C. — COMMEKCE

Toies de commiinication. -— Etat péninsulaire et insulaire, le Danemark n'a pas de meilleur moyen de communication que la mer, dont les golfes et détroits le pénètrent de toutes parts ; cependant des routes sont nécessaires au transport des produits agricoles, et des voies ferrées ont été établies pour faciliter les communications internationales entre

(1) Production des distilleries (1S99). S34.S00 hectolitres d*eau-de-vie.

— brasseries 2.000.000 — en moyenne.

— raffineries (1892). 19.570 ton. de sucre de betteraves.

l'Europe et la Scandinavie, en collaboration avec les services de bateaax à vapeur qui traversent les détroits.

Les routes s'étendent sur une longueur de 6,600 kilomètres et sont en général fort bien entretenues

Les rotes ferrées sont assez développées, eu égard à la faible superficie du Danemark. Deux grandes lignes rattachées au réseau du Sleswig - et de TAUemagne aboutissent au nord à Frederikshavn en desservant les deux régions ouest et est du Jylland. Fionie et Laaland sont traversées Tune et Tautre par une voie ferrée. Dans Seeland six lignes mettent Copenhague en relations avec les points les plus importants de Tile, surtout avec les lieux les plus proches du Jylland, de Fionie, de Laaland, de Bornholm.

On saisit Timportance de ces lignes, interrompues par les rapides traversées des détroits si on considère leur rôle international. Le réseau danois est un fragment de la ligne de Hambourg à Christiania et à Stockholm par Gœteborg, ou par le Petit-Belt, le Grand-Belt et le Sund. Il a donc surtout pour fonction de transporter d'Europe continentale en Suède et réciproquement les voyageurs pressés et désireux d'éviter de longues traversées. Mais les marchandises empruntent, bien entendu, la voie beaucoup plus économique de la mer (1).

Parmi les canaux on peut surtout citer la fosse ménagée dans le Liimfjord pour le passage des navires de moyen tirant d'eau.

Certaines lignes de navigation doivent être citées ici, car ce sont de

(1) Chemins de fer (189^-93) :

Longueur construite 2.111 kilm.

Coût kilométrique 142.500 fr.

Matériel roulant :

Locomotives 284

Wagons à voyageurs 804

— marchandises 4 .269

Exploitation :

Voyageurs à toutes distances 10.888.200 v.

— 1 kilomètre 803.378.300 v. k.

Marchandises à toutes distances 1 .738.800 t.

— kilomètre 128.662.500 t. k.

Résultats financiers:

Recettes brutes totales 23.060.300 fr.

Dépenses — 19.598.600

Produit net totol 3.461 .600

Recettes brutes kilométriques. 14.604

Dépenses — 12.412

Produit net — 2.192

On n*a aucun renseignement précis sur 489 kilomètres de chemins de fer privés. Les chiffres donnés ci-dessus se rapportent donc seulement aux 1 .622 kilomètres de chemins de fer d^État.

simples compléments des voies ferrées. Ce sont les lignes de Fredericia à Strûb à travers le Petit-Belt, de Nyborg à Kôrsor à travers le Grand- Belt, enfin de Copenhague à Malmô et d'Ëlseneur à Heisîngborgà travers le Sund. Depuis le 9 septembre 1895, un bac à vapeur circule entre Copenhague et Malmô. Il peut emporter deux trains de 18 wagons chacun et évite ainsi un transbordement.

Marine marchande et ports de mer. — La marine marchande du Danemark est très considérable, eu égard à la grandeur du pays. Cette marine, dont une partie est employée au cabotage et à la grande pèche, entretient d'activés relations avec les ports suédois et norwégiens, russes, allemands et anglais. Des services réguliers ont été établis entre Copenhague, Tlslande, les Iles Fœroêr et les Antilles Danoises. Copenhague est le port le plus important, mais son avenir à paru fortement menacé par l'ouverture récente du canal de Riel qui permet aux navires ' allant dans la mer Baltique ou en sortant d'éviter les détroits, souvent dangereux, et supprime Tescale que presque tous faisaient à Copenhague, non sans profit pour le commerce du Danemark. Aassi, en 1894, pour remédier à cet inconvénient, on a transformé le port de Copenhague en port libre ; les Danois espèrent ainsi garder une grande partie du trafic du Sund, qui se monte actuellement à 16 500 000 tonnes et il semble, comme nous l'avons vu, que ce calcul doive réussir (i).

Commerce proprement dit. — Le commerce intérieur est de peu d'importance, la richesse agricole, la seule à peu près du pays, étant assez également répartie entre les provinces. Cependant, les usines de Copenhague et des autres villes industrielles expédient leurs produits dans les divers ports du pays. Mais en somme, ces échanges sont restreints parce que, en Danemark comme en Suède, l'industrie rurale s'est presque partout maintenue.

Le commerce extérieur dépasse 800 millions de francs ; les importations dépassent sensiblement les exportations. Autrefois, le Danemark vendait au dehors beaucoup de céréales, mais, d'une part, sa population s'accrut plus vite que sa production, d'autre part, l'agriculture danoise ne peut lutter contre celle des grands pays producteurs de céréales comme la Russie et les Etats-Unis d'Amérique. Le blé qui se consomme de plus en

(I) Marioe marchande et mouvemeot maritime (1892):

Nombre. . Tonnage.

Navires à vapeur 361 119.038 tonnes.

— voiles 3.287 209.799 —

Totaux....; 3.648 31{{.8tf7 —

Mouvement maritime (navires chargés) :

Entrée 28.691 navires jaugeant. . . 2.033.592 tonneaux.

Sortie 28.866 — ... 558.096 —

Totaux.. 57.657 — ... 2.59I.G88 . —

Port de Copenhague*. 5.000.000 toûneauit de jauge brut.

plus dans le pays est importé de ces deux pays. 11 lui reste donc à exporter des bestiaux, du beurre, du poisson, etc. (1).

C'est avec les Iles Britanniques et V Allemagne que le Danemark fait le commerce le plus important. Ces deux pays vendent a cet État agricole des houilles, des métaux, des machines, des denrées coloniales. Hambourg est l'entrepôt qui expédie au Danemark presque toutes les marchandises de cette dernière catégorie. Mais il y a une différence notable entre les échanges que ces deux grands Etats font sur le marché danois : tandis que l'Allemagne vend plus qu'elle n'achète, l'Angleterre demande beaucoup de denrées alimentaires (106 millions de francs de beurre en 1891).

La Suède, la Russie, les Etats-Unis, la Norvège et la France viennent après. Les échanges avec les États-Unis sont stimulés par la présence au delà de l'Atlantique d'un assez grand nombre d'émigrants danois. La France vend surtout au Danemark des vins et eaux-de-vie.

Le commerce du Danemark avec ses colonies est assez peu florissant, ce qui s'explique par la faiblesse de leur population (2).

Colonies. — Le domaine colonial du Danemark est vaste (194,000 kilomètres carrés) , mais, sauf les trois Antilles (Sainte-Croix, Saint-Thomas et Saint-Jean), de bien faible importance. Les solitudes glacées du Groenland et de l'Islande ne sont d'aucune utilité à la mère patrie.

Résanié. — En résumé, le Danemark, richeparlaculture de son sol fertile^

(1) Commerce du Danemark (1891).

Mouvement total :

Importations 476.158.000 fr.

Exportations 352. UG.OOO

Total 828.804.000

Détail:

Céréales 76. 743 .000 fr.

Articles métall. . . 39.883.000

Houille 32.557.000

Tissus 55.403.000

Bois 20.029.000

Denr. colon 27.837.000

Exportations.

Beurre 119.715.000 fr.

Animaux et viande. 104.791.000

Céréales 31.782.000

Œufs 10.118.000

Poissons 9.909.000

Peaux 8.709.000

(2) Principaux clients du Danemark en 1891 :

Importations. Exportations. Total.

Iles Britanniques 96.644.000 fr. 184.994.000 fr. 281.638.000 fr.

Allemagne 154.972.000 95.446.000 250.418.0UO

Suède 81.888.000 32.219.000 114.107.000

Russie 50.048.600 3.809.000 53.857.000

États-Unis 27.207.000 3.155.000 30.362.000

Norvège 8.043.000 12.343.000 20.386.000

France 13.066.000 3.322.000 16.388.000

Islande 3.483.000 4.869.000 8.052. OOO

Groenland etPœroër. 1.366.000 1.552.000 2.918.000

Antilles danoises. . . . 172.000 261 .000 483.000

elparFéievage, maispauvre en éléments industriels, dut longtemps sa prospérité à son rôle de gardien des détroits. Entouré d'Étatsagricoles, comme lui. Suède, Russie, Prusse, d'États beaucoup mieux armés que lui pour le développement industriel, il a aujourd'hui comme suprême ressource son aptitude maritime, Thabileté et la science de ses populations côtières.

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