CHAPITRE II
§ I. — Production forestière.
Distribution des forêts. — Les auteurs les plus scrupuleux de statisti- <]ues contemporaines ne peuvent déterminer exactement quels ont été, depuis répoque historique, les progrès du déboisement sur notre sol. On doit beaucoup se méfier de son imagination dans des études de ce genre ; les travaux critiques des économistes aboutissent, même quand ils s'appliquent à des siècles tout voisins du nôtre, aux conclusions les plus divergentes. Que dire des hypothèses qui ont été émises pour fixer Tétat de la végétation forestière à lepoque romaine *?
Aujourd'hui, les forêts et les bois occupent un peu plus de la sixième partie de notre territoire, soit 8.937.000 hectares. C'est peu de chose si 1 on compare cette proportion à celles des grands États du nord et du •centre de TEurope (1).
On ne doit pas toutefois conclure de cette comparaison à une infériorité de richesse de la végétation française. D'autres peuples ont moins déboisé que nous parce qu'ils y avaient moins d'intérêt. La Russie, la Suède et la Norvège ont conservé au sol son revêtement forestier parce que, sous les hautes latitudes, il eût été difficile, sinon impossible d'y substituer des cultures plus productives. On y a laissé subsister des forêts parce que l'on n^maginait rien qui pût les remplacer utilement. La flore primitive y est restée comme la meilleure ressource que l'on pût tirer de mauvaises terres sous un climat rigoureux. 11 faut en dire autant des vastes forêts que possède l'Autriche-iiongrie dans ses provinces alpestres; elles ont survécu faute de mieux.
Les plateaux de Test et du nord-est de la France sont les mieux boisés : plus du tiers de celte région est encore occupé par les forêts. En
(I) Proportion des forêts à la superficie totale dans les principaux États de l'Europe :
Russie 38 p. 100 I Italie 12 p. 100
Scandioavie 33 — ] France 6 —
Autriche-Hongrie. . . 30 — ! Pays-Bas 6 —
Suisse 29 — Grande-Bretagne ... 3 ~
Allemagne 25 — ' Portugal 3 —
Belgique 16 — |
effet, les parties les plus boisées de notre territoire sont les hauts pays de la Lorraine et des Ardennes, puis les plateaux de la Bourgogne et de la Franche-Comté, le Jura, le massif du Morvan. Notre Massif Central et nos Alpes ont beaucoup souffert du déboisement déréglé et imprudent ; on possède à ce sujet les traditions historiques les plus certaines. Que dire de la Corse dont les magnifiques forêts de pins géants t^ont incendiées à chaque instant par des bergers?
Le climat n'est pas d'ailleurs le seul élément de classification des forêts : la composition du sol assigne à chaque espèce d'arbres son domaine de prédilection.
En combinant l'étude des conditions de latitude, d'altitude, de sol, favorables aux principales variétés de la végétation forestière, on a tenté plusieurs classifications géographiques de nos forêts. 11 n'en est point d'absolument rigoureuse; aucune du moins n'offre un caractère de complète netteté. La difficulté provient précisément de l'articulation extraordinaire du relief français, de la variété des climats, de la complication de notre architecture géologique. Du moins on peut indiquer les principales régions forestières de France.
Nos grands systèmes montagneux contiennent des étendues boisées très importantes. Les Alpes et leurs contreforts ont les forêts de la Grande- Chcurtreuse, de VEsterel, des monts des Maures, La plus vaste des Pyrénées (plus de 11,000 hectares) est celle de Quillan. Le Massif Central, où les bois sont plus disséminés, porte les forêts d'Aubrac et de Mercoire. On cite dans les Vosges la forêt de Dabo, dans le Jura celle de Chaux ; l'une et Fautre couvrent une superficie de plus de 10,000 hectares.
Le plateau de Lorraine porte la forêt de Haye voisine de Nancy, dans des terrains triasiques. Au nord-est et au nord, la forêt des Ardennes, la forêt d\-irgonnef la forêt de Der, sont les plus importantes.
Plus bas, les forêts d'Orléans (38,000 hectares), de Compiègne (14,000 hectares], de ViUei'S'Cotterets (12,000 hectares), d'Ècouves, dans les collines de Normandie, de Fontainebleau, couvrent les plus vastes étendues.
Exploitation des forêts. — L'exploitation méthodique et légale des forêts fournit au commerce et à Findustrie des bois de construction et des bois à brûler. Cette exploitation est de deux sortes : aux futaies, surtout aux hautes futaies, on emprunte des matériaux de construction, madriers, franches, etc.; aux taillis et aux jeunes futaies on demande du combustible. Malheureusement la première ressource, qui est de beaucoup la plus importante que puissent donner les forêts, n'est point très abondante en France, et représente à peine 15 ou 20 p. 100 des bois coupés ; le reste est brûlé. On doit noter cependant une différence marquée entre les forêts de l'État et les domaines particuliers ; les premières sont beaucoup mieux aménagées et rapportent un tiers en plus que les propriétés privées.
Le bois coupé annuellement représenté un volume de 25 millions
de stères, plus de 30, si l'on y comprend les bois réduits en charbon.
Tout le inonde connaît ces meules que les bûcherons dressent pour la
préparation des charbons de bois. Les longs trains de bois qu'on voit
48 LA FRAiNCE.
arriver par la Seine à Paris qu'ils approvisionnent, viennent des forets du Morvan par TYonne et ses affluents. Dans les Vosges on schlitte ou traîne le bois jusqu'au point où les cours d'eau peuvent porter régulièrement des bûches isolées; les bûches sont enfin réunies en trains lorsque la rivière est assez large et profonde pour permettre la circulation normale de ces convois.
La production des bois ne suffit pas en France à la consommation (i). Nous aurons à constater, en étudiant Tindustrie et le commerce de notre pays, qu'il doit beaucoup emprunter aux produits des forêts de l'étranger. Souhaitons que l'on emprunte de plus en plus à nos colonies.
Déboisement et reboisement. — Si nos forêts ont été jadis trop complètement détruites par l'abus des défrichements, bien des territoires ont commencé à retrouver leur parure de forêts depuis l'application des lois de 1860 et 1864 sur le reboisement. L'État a acheté et planté des étendues vagues en pays de montagnes; les particuliers ont largement coopéré à cette œuvre. Près de 300,000 hectares ont été reboisés pendant les trente dernières années; et cest à peine un tiers des terrains qu1l reste à reconquérir.
C'est surtout dans les contrées montagneuses des Alpes, du Massif Central, des Pyrénées et des Cévennes que ce travail est urgent et nécessaire. L'exploitation outrée et la destruction complète des bois avaient amené un dangereux ravinement du sol et accru les ravages causés par le ruissellement des eaux sauvages. On avait cru favoriser l'agriculture en livrant de vastes espaces aux cultures annuelles, et l'on avait au contraire développé les fléaux qui lui sont les plus funestes.
Enfin les procédés de gazonnement et de reboisement ont pu être appliqués avec succès dans les pays de dunes que l'on voulait fixer. Qui ne connaît ces grandes plantations de pins de la côte de Gascogne inaugurées à la fm du dix-huitième siècle par Brémontier?
11 est impossible d'évaluer avec quelque exactitude la part de la richesse nationale que représentent nos forêts, [.e domaine de l'État vaut à lui seul plus de 1 ,200 millions de francs. Les forêts, publiques ou privées, donnent un revenu annuel d'environ 250 millions.
Produits divers. — On ne retire pas seulement de l'exploitation des bois du combustible et des matériaux de construction. Citons encore parmi les produits forestiers la résine qu'on tire des pins maritimes et qui est largement exploitée dans la région des Landes, le liège, écorce enlevée au chêne-liège, surtout en Corse, la pou;, etc., etc.
§ II. — Ii6s cultures alimentaires.
Les céréales. ^ Au premier rang des cultures alimentaires de la France se placent les céréales, froment, avoine, orge et seigle. On les cultive
(1) Production totale des bois 25.070. 140 mètres cubes.
Consommation 31.A88.000 —
PRODUCTIONS ET CULTURES VÉGÉTALES. i9
toujours sur de vastes surfaces, quoique la concurrence étrangère rende depuis quelque temps la condition de nos agriculteurs beaucoup moins satisfaisante. Des 3 milliards d'hectolitres de céréales que produit la terre (i), 257 millions environ sont d'origine française. Nos agriculteurs ensemencent pourtant encore en céréales 29 p. 100 du territoire, soit H millions 800,000 hectares.
Si Ton compare les surfaces cultivées en céréales dans les principaux Étals du monde, proportionnellement à leur superficie totale, la petite Belgique nous est seule supérieure (33 p. 100). Il va sans dire que la Russie et les États-Unis nous sont, à cet égard, inférieurs de beaucoup. En Europe même, la Hongrie et la Roumanie, si fécondes en céréales, n'ont point, proportionnellement, autant de champs à céréales que la France (2).
Au point de vue de la production totale, nous sommes devancés de beaucoup par les États-Unis d'Amérique, et par la Russie. Tandis qu'on évalue notre production moyenne à 257 millions d'hectolitres, la puissante république du nouveau monde en fournit chaque année 1100 millions à la consommation, l'empire des tsars 440. Parmi les États dont la superficie se rapproche de celle de la France, l'empire d'Allemagne seul nous dépasse quelque peu (260 millions).
La crise agricole que la rapide mise en valeur dimmenscs territoires en Amérique et dans l'Inde a déchaînée sur l'Europe a sensiblement éprouvé en France la culture des céréales- Depuis trente ans environ les surfaces ensemencées en céréales ont diminué chez nous ; mais on doit se hâter d'ajouter que la diminution a surtout porté sur les moins précieuses de ces graminées, dont la valeur est fort inégale. Pendant ce laps de temps l'étendue des terrains consacrés au blé et à l'avoine n'a point varié, sauf du fait de nos pertes de 1870-71 : notre production en avoine tend même à s'accroître depuis plusieurs années. Ce sont les champs de seigle, d'orge, de méteil et de sarrasin qui deviennent plus rares en France; Tavoine prend une bonne partie de la place demeurée vacante par l'abandon de ces céréales.
Le blé on froment. ~ Le blé ou froment est la plus précieuse des céréales; de la prospérité ou du mauvais état de sa culture dépend en grande partie la condition économique de notre pays.
Les agronomes distinguent, d'une manière générale, deux espèces de blés, les blés tendres et les blés durs, les premiers semés dans les terres fortes et grasses, les seconds dans le sol plus maigre et rocheux de la
(i) Dans ce chiffre ne sont compris que les pays qui publient des statistiques. La Chine, rAmérique du Sud, TAfrique n'y paraissent pas, bien que leur production soit très grande.
(?) Superficie cultivée en céréales dans les principaux États agricoles (1892) :
Russie 1 16.600.000 hect.
États-Unis 55.160.000 —
Autriche-Hongrie.. 15.37.^.000 —
France i4,8i8,000 —
Allemagne 13.516.000 —
Italie 7 .000.000 hect.
Uoumanie 4.540.000 —
Grande-Bretagne.. 3.161.000 —
Belgique 934 .000 —
France montagneuse, au sud et au sud-est. Cette première distinction permet de déterminer sommairement les régions de notre patrie qui conviennent à Tune ou à 1 autre culture. 11 faut avant tout aux blés tendre» des terres d'une bonne profondeur moyenne, d'une perméabilité sufQsante; les alluvions, les terrains tertiaires et quaternaires, sont très favorables à leur végétation. Les sols où se rencontrent les calcaires, ou des argiles* sans excès, communiquent aux blés des qualités remarquables. Les blés durs se contentent d'une couche moins épaisse de sol meuble, et, dans ce sol, d'éléments moins riches.
On distingue aussi les espèces des blés par l'époque de leurs semailles, en blés de printemps et bU^s d'automne.
Les blés sont des plantes très robustes et qui se plient à des conditions climatériques assez variables. On les voit prospérer dans quelques-uns des départements très arrosés du nord-ouest et de l'ouest, croître sous l'influence d'une température égale et constante ; le centre de la France, moins humide, compte des zones célèbres de production du froment. La région des plateaux du nord-est, avec ses excès de froid et de chaleur, est moins propre à la culture du blé; et pourtant quelques cantons peuvent y rivaliser avec les plus riches de l'ouest et du centre. On y préfère la variété appelée épeautre, qui résiste mieux aux froids, il semble que le climat méditerranéen convienne moins au froment ; humidité d'hiver et sécheresse d'été sont loin en effet de constituer les conditions requises pour cette culture.
Ainsi nos meilleures terres à froment sont, en première ligne, celles de la Flandre, de l'Artois, de la Picardie et de l'Ile-de-France. La Normandie, le Maine, la Basse-firetagne, la Vendée et le Poitou viennent ensuite. Dans toutes ces provinces domine la culture des blés tendres, comme dans les champs fertiles de la Basse- Guyenne.
Il s'en faut de beaucoup que les terres, même à qualité égale, produisent la même quantité proportionnelle de blé. Le département du Nord, où la culture est vraiment savante et rationnelle, donne des rendements de 22 et 23 hectolitres à l'hectare, tandis qu'en moyenne les cultivateurs français n'atteignent qu'une valeur de i5 hectolitres (1). On doit remarquer néanmoins que cette moyenne n'était guère que de 8 à 9 hectolitres au commencement du siècle.
Que de paysans croient encore s'assurer une bonne récolte en semant beaucoup de grains, et nuisent au contraire à la germination de la plante! Combien d'autres, en revanche, sont trompés sur la qualité des amendements industriels par des négociants sans honneur! Si la valeur naturelle de notre sol français est grande et vantée à juste titre, elle est d'autant
(1) Rendements par hectare des principaux pays producteurs de blé:
Angleterre 38 hectolitres.
Hollande 22 —
Danemark 2! —
Belgique 21 —
Allemagne 16 —
France 15,55 —
Autriche U —
Espagne 14 —
États-Unis 11 —
plus susceptible d'être accrue par l'application judicieuse des découvertes delà science agronomique. Déjà les «champs d'expérience» ont converti à remploi des aiéthodes nouvelles nos campagnards longtemps déçus et par suite méfiants à lexcès.
La France, qui ne produisait en 1815 que 40 millions d'hectolitres de blé et 73 vers 1850, en recueille aujourd'hui 108 environ. Ce progrès est dû, tant à Tamélioration des méthodes de culture qu'à l'extension des surfaces consacrées au froment (1). Les États-Unis d'Amérique, l'Inde anglaise et la Russie peuvent seuls nous disputer la palme pour la quantité et la qualité des récoltes de blé (2). En l'état actuel, nos récoltes de blé ne suffisent pas aux besoins du pays : il en faut importer chaque année près de 20 millions de quintaux. La consommation s'est accrue de beaucoup depuis le commencement du siècle ; en 1820 un Français absorbait ^n moyenne une ration annuelle de 120 kilogrammes; il lui en faut aujour> d'hui près de 200. En revanche le prix du blé a une tendance à baisser (3).
On appelle méteil une culture mêlée de froment et de seigle. Cette culture s'est réduite d'un tiers environ depuis le commencement du siècle.
L'avoine. — L'avoine contribua jadis avec le froment à la nourriture des populations agricoles de la France. Toutefois sa culture n'a point décru à mesure que les champs de blé se multipliaient, parce que c'est une plante robuste, qui se contente d'un sol médiocre et donne une forte proportion de grains, plus de 25 hectolitres à l'hectare, parfois 40 et 41 . Le développement du nombre des animaux domestiques a fait équilibre À la diminution des consommateurs humains.
Il) Surfaces consacrées au blé et rendement :
18)3 4. 797. 810 hectares rendant 50.856.000 hectolitres.
(3) Production comparée du blé (1889) :
États-Unis 191 .OOO.OnO hect. 1 Indes Anglaises. . . 95.000.000 hect.
france i 08,000,000 — I Allemagne 32.000.000 —
Aussie 105.000.000 — |
(3) Exemples de variations du prix du blé :
fr. c.
1871 à 1875 23,70 Thectolitre.
Jl convienl du reste de distinguer les deux sortes d'avoine qui se partagent la faveur des populations agricoles, Vavoine de printemps et ïavoine dhivei: L'une et laulre prospèrent dans des terrains peu féconds en éléments nutritifs, par exemple sur lès plateaux ardennais et lorrain, où les blés occupent les cantons privilégiés.
La différence de climat indique bien plutôt quelle répartition il faut faire des deux espèces d'avoine. L'avoine de printemps, que Ton préfère d'ailleurs, en général, a besoin d'humidité ; c'est pourquoi on la voit si bien réussir en Lorraine, où les pluies de la fm du printemps et de l'été ont une certaine prépondérance, comme en Allemagne. L'avoine d'hiver demande plus de sécheresse ; un mois d'été trop pluvieux a souvent compromis sa récolte.
La culture de l'avoine trouve donc sa place la plus avantageuse au nord, au nord-est et à l'est de la France. Les conditions climatériques de la zone méditerranéenne conviennent médiocrement à Ïavoine.
Cette céréale occupe une superficie de près de 4 millions d'hectares. On récolte sur cette surface une quantité moyenne de 80 millions d'hectolitres (1), c'est une quantité double de celle qu'on recueillait au commencement du siècle. Aussi, bien que notre richesse en chevaux se soit fort accrue depuis cette époque, nous obtenons, ou peu s'en faut, la quantité nécessaire à la consommation nationale.On importe tout au plus 1 million de quintaux par an (2).
Les États-Unis et la Russie produisent beaucoup plus d'avoine que la France (3), l'Allemagne autant, mais ces États peuvent la vendre à meilleur marché que notre pays, tant à cause du perfectionnement de l'outillage agricole que de la modicité des frais secondaires de culture et de main-d'œuvre.
On ne doit pas oublier que si l'avoine donne, à l'hectare, une plus grande quantité moyenne d'hectolitres que le blé, le poids de l'hectolitre en revanche est moindre (comme 50 à 75) et le prix inférieur (8 francs au lieu de i8).
Le seigle. — Le seigle fut jadis cultivé sur une étendue beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui. Mais à mesure que la superficie des terres ensemencées en seigle diminuait, le rendement devenait meilleur grâce à l'addition d'engrais et d'amendements aux sols pauvres qui le produisent.
(1) Récolte d^avoine:
1891 106.000.000 hectolitres.
(2) Importation d'avoine:
1890 1.493.210 quintaux métriques.
Ibyj 395. 184 —
( i) Production de Pavoine dans les principaux États :
Étals-Unis 240.376.3G3 hectolitres.
Russie 122.246.136 —
Le seigle est en effet par excellence la céréale des terrains médiocres : il rient aisément dans des champs où le calcaire en excès nuirait aux blés, ou bien encore dans les sols sablonneux. 11 s'accommode des pentes rocailleuses et maigres en principes fertilisants des pays montagneux, comme des plateaux adossés au sud-ouest de notre Massif Central : de là le nom de^êga/os donné à une partie des causses.
Plante rustique et robuste, il résiste bien aux froids tardifs du printemps. Si on le voit croître dans des régions également pauvres, mais géologiquement différentes, ici sur les croupes granitiques de la Bretagne et du Massif Central, là sur les plates étendues calcaires des causses et de la Champagne Pouilleuse, son endurance du climat n'est pas moins remarquable. Surabondance d'humidité sur les pentes bretonnes, auvergnates ou limousines, disette en Champagne, amènent le seigle à maturité. Et du jour où ces sols ingrats peuvent être corrigés et améliorés, le seigle disparait et cède la place au froment. Ses champs ne représentent plus aujourd'hui que 1 ,500,000 hectares et donnent en moyenne 22 millions d'hectolitres. C'est assez pour la consommation de la France, où le seigle n'est employé qu'à des usages restreints. Au reste, à l'étranger comme chez nous, il recule devant l'avoine et le blé, dès que le paysan connaît mieux l'art des amendements et prend le goût du bien-être. 11 n'est donc pas, à vrai dire, un élément de commerce.
L'orge. — L'orge a sa place particulière et son caractère original dans lagriculture. On la sème à peu près dans les mêmes terres que le froment. Mais sa période de croissance est beaucoup plus courte ; semée au printemps, elle se coupe en général quelque temps avant les blés. Sa récolte est donc plus sûre, moins exposée aux intempéries qui contrarient chez tant d'autres plantes la germination et l'épi âge. Et même elle n'a pas besoin d'une forte dose d'humidité. Si on ne voit guère de champs d'orge au sud du 45<> de latitude, c'est simplement parce que la bière entre peu jusqu'ici dans l'alimentation de nos provinces méridionales. L'exemple de TAIgérie prouve surabondamment que cette culture réussirait dans le sud de la France.
Mais, dans le nord même, l'agriculture n'a point actuellement d'intérêt à développer ses ensemencements d'orge ; car la France demande à l'étranger une trop grande partie des bières qu'elle consomme. Nous nous contentons d'assurer la prospérité des champs d'orge d'Angleterre et d'Allemagne beaucoup plus étendus que les nôtres. Nos 20 millions d'hectolitres, récoltés sur une superficie d'un million d'hectares, ne soOisent même pas à notre consommation (1); il faut importer chaque année, de Russie, d'Angleterre et d'Allemagne environ 1 million de quintaux, sans compter ce qui entre chez nous sous forme de produits dérivés.
(() Culture et production de Torge :
1891 1 .2W.000 hectares produisant 25.420.000 hectolitres.
2i LA FRANCE.
Le mais. — Le maïs est la culture céréale du midi de la France. 11 demande une terre assez riche, analogue à celle où se plait le froment, beaucoup de chaleur, point de brouillard et une quantité de pluie médiocre. Cependant on observera que dans rexlrême sud de la Provence le sol et le ciel sont trop secs pour lui. Comme le maïs semé au printemps, récolté au mois d'octobre, a besoin d'une série de fortes chaleurs en peu de jours, il ne faut pas s'étonner que cette plante, méridionale d'origine, se plaise pourtant sur les plateaux bourguignons et franccomtois. Le climat des plateaux de la France orientale et de tous les plateaux en règle générale, étant caractérisé par de grandes chaleurs estivales autant que par des rigueurs d'hiver, le maïs, auquel il faut beaucoup de soleil en quelques mois, peut y prospérer ; le climat de la moitié chaude de l'année lui importe seul. Donc rien de plus naturel que sa présence si loin au nord; ce n'est point une anomalie. H est loin ainsi des brouillards et des ondées excessives. On a encore attribué cette apparente déviation des lois de la flore à la remarquable prolongation des automnes dans la zone de climat vosgien ; c'est en effet une des causes accidentelles qui peuvent favoriser le maïs, mais non la cause primordiale et constante.
Il y a donc en France deux zones bien tranchées de culture du mais, zones séparées par l'épaisse barrière du Massif Central. La plus considérable, au sud-ouest, comprend la Saintonge, la Guyenne, la Gascogne et le Béarn; l'autre, assez restreinte et moins riche, embrasse les plateaux de Franche-Comté, de Bourgogne et une partie de la Lorraine. En somme la surface ensemencée en maïs n'a guère varié depuis le commencement du siècle ; elle est d'environ 600,000 hectares. La production moyenne s'est élevée, dans le même espace de temps, de 7 à 10 millions d'hectolitres, grâce aux progrès de la culture. Le maïs doit aux mêmes causes que l'avoine sa permanence sur notre sol; si nos campagnards ont renoncé graduellement au pain et aux bouillies de maïs pour adopter le pain de blé, cette céréale entre de plus en plus dans la consommation des bestiaux. Le maïs donne aussi un précieux fourrage que l'on sait mieux conserver et utiliser qu'autrefois.
La France doit acheter beaucoup de maïs, surtout aux États-Unis d'Amérique, qui en produisent une énorme quantité, puis à l'Italie, à la Hongrie, à la Turquie et à l'Asie Mineure (i). La Tunisie et d'autres colonies pourront contribuer à nous affranchir de ces importations qui atteignent aujourd'hui 2 millions de quintaux.
Le sarrasin ou blé noir. — Le sarrasin ou blé noir est aussi une céréale dont la culture est restée stationnaire depuis de longues années. Jadis on l'employait à la fabrication de pains et de galettes dans les régions pauvres ; aujourd'hui cet usage s'est restreint, et le sarrasin sert
(I) Production comparée du maïs (1892^) :
États-Unis 592.168.727 hectol. { Hongrie 41.000.000 hectol.
ItaUe 25.500.000 — | France 9.375.000 —
déplus en plus à la nourriture des bestiaux et surtout des volailles, tt n'exige pas un sol riche. Les noms des provinces qui le cultivent, Bretagne, Limousin, Marche, Bresse, indiquent assez qu'il lui suffit d'une maigre couche de terres médiocres où dominent les granits et les silices. Mais d'autre part le sarrasin réclame une température égale en froid comme en chaud, redoute les variations rapides, et par-dessus tout la sécheresse. C'est pourquoi il prospère à peu de frais dans les régions pauvres et bien arrosées de notre zone de climat océanique. Sa culture exige si peu de frais que, dans certains déparlements riches, on le sème à titre d'engrais. Il occupe 600,000 hectares et rend environ 10 millions d'hectolitres.
La pomme de terre. — Après les céréales, on doit surtout mentionner, parmi les cultures alimentaires, la pomme de terre. Elle n'a pris sa place dans nos champs que depuis un siècle, grâce à Parmentier, qui en démontra Tinnocuilé, puis les bienfaits. En France, ce tubercule n'est qu'un supplément à l'alimentation par le pain, tandis que, dans certains pays, comme l'Irlande, il remplace tout à fait les produits dérivés du froment.
La pomme de terre est une plante qui s'accommode aisément de plusieurs qualités de terroirs; au reste le nombre des différentes espèces de pommes de terre est considérable, et chaque espèce demande, pour prospérer pleinement, des conditions spéciales. Mais en général les terrains sablonneux sont préférables; ce tubercule offre donc l'avantage de réussir dans des champs où les autres plantes ne donneraient que des résultats médiocres.
Son adaptation à des climats divers n'est pas moins remarquable. Elle fournit d'abondantes récoltes dans le Finistère, arrosé de pluies considérables et sous un ciel où la température est égale et fondue ; mais elle ne prospère pas moins sur le plateau lorrain, dans les départements de la Meuse, de Meurthe-et-Moselle et des Vosges. La France méridionale, garonnaise ou rhodanienne, s'adonne avec succès à sa culture; l'Isère et TAveyron sont parmi les départements les plus favorisés.
Ajoutons toutefois que cette diffusion d'une culture très rémunératrice De va pas sans quelques dangers, que le rendement des tubercules est fort inégal suivant les années et trompe plus souvent que celui du froment les espérances des agriculteurs. Peut-être dans l'empressement naturel à répandre une plante qui donne aux pauvres du pain c< tout prêt » à bon marché, n'a-t-on point toujours tenu un compte sufOsant des règles climalériques de l'adaptation des cultures. Plusieurs des maladies de la végétation n'ont point d'autre cause.
La pomme de terre occupe une superficie de 1 million 51 2 000 hectares, environ trois fois plus qu'en 1815. La progression est surtout rapide depuis 18.*>0, après une terrible période de maladies. Sur cette vaste superficie on récolte en moyenne 125 millions de quintaux, plus de 140 quand la température a été favorable. Cette quantité suffit exactement à la consommation ; 11 arrive même presque toujours qu'on exporte 1 ou 2 millions de
quintaux. Chaque hectare donne donc environ une centaine de quintaux.
Seule en Europe, TÂlleroagne est plus fertile en pommes de terre; c'est la revanche de sa pauvreté en froment ; elle récolte chaque année plus de 250 millions d'hectolitres. La Russie vient ensuite, presque sur le même rang que la France.
Les légumes. — Les légumes, frais ou secs, sont un important objet de consommation. Mais, à vrai dire, leur culture n'intéresse que très indirectement la géographie économique; car son développement dans des conditions factices et industrielles, dans le voisinage des grandes villes» a bouleversé les lois de la distribution géographique et naturelle. La sécurité d'une vente aisée et rémunératrice a permis aux propriétaires de ces cultures d'improviser, de créer de toutes pièces des champs artificiels et très fertiles d'ailleurs.
Les légumes secs, lentilles, haricots, fèves, etc., sont cultivés sur une superficie de 260 000 hectares, donnant une récolte très variable de 3 à 4 millions d'hectolitres. Les haricots et les fèves se plaisent surtout dans les régions les mieux arrosées, au nord, au nord-ouest, au sud-ouest; aux fèves conviennent des terroirs contenant une forte proportion d'argile; aux haricots, des sables et, d'une manière plus générale, des sols de nature friable. Mais ces deux légumes s'accommodent bien aussi d autres conditions géologiques et sont d'une adaptation facile. La lentille demande moins d'humidité et par conséquent prospère sous le climat méditerranéen.
Les légumes frais occupent une place beaucoup plus considérable (475 000 hectares) . On comprend sous cette dénomination générale les choux, salades, melons, asperges, carottes, navets, etc. La culture des légumes frais a subi une curieuse modification depuis que les voies ferrées permettent un transport rapide ; jadis elle était comme attachée aux campagnes immédiatement voisines des grandes villes ; aujourd'hui elle s'est répandue dans des cantons plus éloignés où la main-d'œuvre esl moins chère. Voilà une des circonstances nombreuses où le développement industriel des moyens de transport a rétabli la répartition naturelle et primitive des cultures. On avait, au prix de grands sacrifices, établi près des agglomérations urbaines des champs et des jardins dont la terre venait souvent de loin; et aujourd'hui la distribution géographique des plantes tend à se marquer de nouveau.
La valeur de la récolte annuelle des légumes en France oscille entre 500 et 600 millions de francs.
§ III. — Les cultares arborescentes et les fruits.
On appelle cultures arborescentes, par opposition aux cultures herbacées qui sont presque toutes annuelles, deux grandes catégories végétales. Ce sont d'abord les forêts, expression caractéristique de la flore originelle du pays, puis les arbres à fruits et les vignes que les soins de rhonnne développent dans des conditions de terroir et de climat très diverses. C'est
sans contestation la vigne qui, de toutes les cultures arborescentes^ contribue le plus à enrichir notre pays.
La vigne. — Nous avons déterminé ci-dessus les limites de la zone de la vigne en France et marqué ces limites par une ligne conventionnelle tirée des bouches de la Loire à la région ardennaise. Les pays de trop grande altitude situés au sud de cette ligne de démarcation sont, bien entendu, impropres à la culture de la vigne, l'altitude modifiant les conditionsdu climat. Rappelons encore que dans aucun pays d'Europe, sauf dans TÂllemagne rhénane, la vigne ne prospère sous une latitude aussi septentrionale qu'en France.
Le sol et le climat de notre pays le prédisposent en effet à cette sorte de richesse; il y a là tout un ensemble de circonstances heureuses auxquelles ne pourront suppléer, même à force d'industrie, les imitateurs d'Australie et d'Amérique qui annoncent le projet de supplanter la France vinicole. Que nos départements méditerranéens, Pyrénées-Orientales» Aude, Gard, Hérault, Var, cultivent les ceps sur dévastes étendues,, rien de plus naturel : la vigne est là dans son domaine originel. Doux hivers, fortes chaleurs, humidité médiocre, toutes les qualités requises sont réunies indépendamment de la composition des terroirs. Mais la Bourgogne, la Champagne et la Lorraine forment de célèbres exceptions végétales.
Les conditions de composition du sol qui assurent la prospérité de la vigne sont assez variées; et naturellement, le même terroir, sous deux climats différents, n'a point la même aptitude, ce qui interdit de juger la richesse d'un terroir d'après la seule inspection d'une carte géologique, coutume encore trop répandue parmi les agronomes. Les mélanges de calcaire et de silice semblent donner les meilleurs résultats en Bourgogne. Les terrains consacrés aux vignobles sont des coteaux dans la France du centre et du nord-est; dans le midi, dans l'Hérault en particulier,' on voit de vastes étendues plates porter des ceps. Enfin la culture en treilles est préférée pour les vignes dont les raisins doivent être con~ sommés comme fruits.
Les conditions climatiques qui conviennent aux vignobles sont aussi diverses. D'une manière générale, il leur faut une saison chaude bien marquée, comme dans le Languedoc, la Gascogne et la Guyenne. Pour les régions septentrionales, où l'insolation est moins forte et moins constante, les cantons les plus favorisés seront ceux que n'éprouvent point les gelées printanières ni les rigueurs prématurées de l'automne. A cet égard il y a une opposition géographique curieuse entre les deux moitiés, plaines d'une part, plateaux de l'autre, de la France septentrionale. A l'ouest, dans l'Anjou et la Touraine,par exemple, les gelées tardives du printemps sont peu à craindre, fort rares à cause du voisinage de la mer et de l'absence de relief notable; la plante y est donc favorisée pendant la première période de sa formation. Mais les étés sont d'une chaleur douce, tempérée, quelquefois insuffisante; et souvent les pluies d'automne commencent de bonne heure, privant les raisins du dernier réchauffement
de septembre, si nécessaire à leur parfaite maturation. A Test, en Bourgogne, et surtout en Lorraine, les chances de gelées de mars, d'avril et •quelquefois même de mai, sont grandes. Mais, sur ces plateaux. Tété est plus brûlant que dans les plaines de Touest et du centre ; les pluies d'été, excellentes pour le gonflement des grains, y sont plus fréquentes aussi, comme les orages; toutefois le risque de la grêle y est accru dans la même proportion. Enfin cette région de la France orientale jouit on général d'automnes moins nettement et moins tôt pluvieux que l'ouest-
L'excès des pluies est un obstacle à la culture de la vigne. De là son absence sur nos côtes de Normandie et de Bretagne, où le climat est pourtant aussi chaud en moyenne et plus doux que dans le centre. Toutefois la région de la Loire possède d'importants vignobles. Mais rhumidité est trop considérable et la chaleur trop également répartie sur l'année ; il faut aux raisins une saison d'été nette et tranchée.
Au reste la nature de la plante elle-même est un élément de variété dans la répartition géographique. 11 y a plusieurs sortes de vignes; à chacune d'elles il faut des qualités spéciales de terroir, des conditions particulières de climat et d'exposition. Chaque espèce de plant donne, bien entendu, des résultats différents suivant la composition du sol qui le nourrit, suivant le ciel sous lequel mûrissent ses fruits. La greffe •est aussi un agent considérable de modification.
En somme, si Ton voulait établir, pour simplifier la nomenclature infinie des vignobles français, une classification géographique, il faudrait distinguer :
i^ Une région méditerranéenne, qui est par excellence la zone originelle de culture de la vigne;
2<> Une région du sud-ouest, où la chaleur est suffisante et, malgré le voisinage de TOcéan, l'humidité assez tempérée;
3® Une région du centre et de l'ouest, qui est déjà une exception de végétation et comprend des plaines et des coteaux. Le climat y est assez doux précisément à cause du voisinage de la mer ; il est encore empreint du caractère océanique, mais pas au point d'être humide à l'excès;
4° Une région de l'est, d'un relief assez remarquable, comprenant la Bourgogne, la Champagne et la Lorraine. La Lorraine est l'extrême limite septentrionale de la culture de la vigne sur de vastes étendues.
Nous ne citerons que pour mémoire l'opinion souvent émise d'un changement de climat qui aurait eu pour résultat de faire reculer vers le sud la culture de la vigne. En effet certains cantons de Lorraine, par exemple, comptaient jadis des vignobles rémunérateurs pour leurs propriétaires. Le fait est certain, mais l'explication généralement admise fort <!ontestable. Il y a lieu, tout au contraire, de noter là une vérification remarquable des lois géographiques. A mesure que les voies de communication se développent, les cultures exceptionnelles tendent à disparaître; on revient à la répartition naturelle et primitive de la flore. Et qui sait si, le jour où les vignobles d'Algérie et de Tunisie auront atteint leur
plein développement, il n'y aura pas une nouvelle rétrogradation vers le sud ?
La France possède actuellement près de 2 millions d'hectares plantés en vignes (1,793,000 en 1893). C'est le même chiffre, à peu de chose près, (juen 1830. Mais nous sommes revenus à ce chiffre après une période de grand accroissement. L'invasion du phylloxéra est la cause de ces variations. Depuis quelques années heureusement, une lutte acharnée a été menée contre le fléau et a permis la reconstitution d'une bonne partie de notre vignoble (1). La comparaison des superficies plantées ne donne pas une idée exacte des ravages du phylloxéra et des autres maladies, caries vignerons replantaient à mesure que des hectares étaient détruits. Pour juger sainement de la situation, il faut considérer les mouvements de la production des vins. Or, depuis l'invasion du phylloxéra, la production moyenne avait baissé de près des trois quarts (2).
Le phylloxéra n'est pas le seul fléau qui ait attaqué nos vignes, il faut citer encore l'oïdium, le mildew (mildiou), le blackrot, les rigueurs de plusieurs années d'une température anormale et irrégulière (1885 et 1886 en particulier). La moyenne de la production par hectare, comprise jadis entre 35 et 15 hectolitres, s'abaissa plusieurs fois jusqu'à 12 et 11 seulement (3).
Depuis quelques années, les vignerons ont commencé à lutter vigoureusement contre les fléaux. Contre le mildew et l'oïdium, le sulfatage, contre le phylloxéra, l'immersion, et surtout le remplacement des ceps affaiblis par des plants américains plus résistants ont donné de très bons résultats; Ton peut espérer qu'avant longtemps, le vignoble français sera presque complètement reconstitué ; déjà certains départements comme l'Hérault ont regagné ce qu'ils avaient perdu. Malheureusement, la longue période de décadence a déjà produit ses fruits désastreux, les clients du vignoble français ont pris l'habitude d'acheter leurs vins dans des pays qui avaient moins souffert que le nôtre (Espagne-Italie). La lutte sera dure, mais il ne faut pas désespérer du résultat.
i; Superficies plantées en vignes :
1875 2.246.963 hectares.