‹ Précis de géographie économiqueChapitre 76 sur 182 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Situation, dimensiom.— Le royaume de Belgique, situé entre la France et les Pays-Bas, rAllemagne et la mer du Nord, s'étend sur une superficie assez minime de 29.457 kilomètres carrés, c'est le plus petit des États Européens. Il va du 0^,45' au 3^,15' environ de longitude orientale de Paris et du 49^,30' au 51<*,30' environ de latitude nord.

Composition du sol et relief. •— Au point de vue de la géologie et du relief, on peut distinguer en Belgique trois zones différentes : la côte des Flandres, et la Gampinesont composées de terres d*allu viens quaternaires très déprimées, quelquefois même reconquises sur la mer. Au sud de cette zone, entre la Meuse et la limite occidentale du bassin de TEscaut, se trouve une bande de terrains tertiaires un peu plus accidentés, quelques collines rompent en effet la monotonie de la plaine. Gand, Bruxelles et Maestricht marquent à peu près la limite septentrionale de cette zone. La Sambre et la Meuse délimitent enfin à peu près la région schisteuse des Ardennes, des Fagnes, qui dépend du massif schisteux rhénan; cette région, qui dépasse la Sambre du côté de Mons contient à la fois les bassins houillers et les sommets les plus élevés de la Belgique (Baraque Michel 675 mètres).

Littoral. — 67 kilomètres de mauvaises côtes, bordées de dunes, souvent endiguées, où Ton entretient à grand peine le port d^Ostende, telle est la richesse côtière de la Belgique. 11 faut cependant remarquer que, si le petit royaume ne possède pas les bouches de rËscaut,ce fleuve donne accès aux plus grands navires jusqu'à Anvers, ce qui rachète sensiblement rindigence littorale du pays.

Climat. — Malgré son peu d'étendue, la Belgique peut être divisée en trois zones climatériques : la partie occidentale subit Tinfluence de la mer, il y fait en général doux, et les pluies sont fréquentes et abondantes comme dans notre Flandre française ; la partie orientale, près de TAllemagne, participe du climat continental de ce pays : Thumidité y est moins abondante, les oppositions de température sont plus violentes. Le climat de la région du sud-est, ou des Ardennes est très différent suivant les expositions; à côté de points subissant les extrêmes du climat de plateau.

sont d*autres points que Ton a appelés, avec quelque exagération du resle, « la petite Provence » (1).

Hydrographie. — La Belgique n'a pas de réseau hydrographique propre : les deux grands fleuves qui Tarrosent prennent leurs sources et ont leurs emhouchures au dehors du pays. Elle est toutefois hien arrosée : TEscaut, dont elle possède le cours moyen et inférieur est le type du fleuve de plaine, large, profond, navigable sur toute sa longueur, accessible aux plus gros navires jusqu'à Anvers ; ses bouches appartiennent cependant à la Hollande. Ses affluents ont les mêmes caractères que lui et forment un admirable réseau navigable. La Meuse engagée dans le plateau des Ârdennés, dominée des deux côtés par de hautes collines, constitue encore, avec la Sambre, une voie navigable utile, quoique moins parfaite que celle de TËscaut. Aucun relief n*a empêché de réunir ces deux fleuves Tun à Tautre, et de créer ainsi un grand réseau navigable sur tout le pays.

Popolations. — La Belgique est habitée par plus de 6 millions d'habitants, ce qui lui donne la population spéciflque la plus considérable d'Europe (210 par kilomètre carré), très inégalement répartie naturellement : la région ardennaise de Luxembourg ne compte que 48 habitants par kilomètre carré, alors que la province centrale du Brabant atteint le chiffre de 346 habitants pour la même superflcie .

Cette population est à peu près exactement partagée entre les Flamands àTouest de Bruxelles et les Wallons à Test. Elle augmente d^une façon régulière et assez rapide (environ i p. iOO par an) par le seul excédent des naissances : Témigration considérable, est presque compensée par rimmigration (2).

(1) Climat de Bruxelles (à peu prés égal à la moyenne de la Belgique) :

Moyenne annuelle lO»

Printemps 9<»I3

Été 17«36

Automne 10»2Î

Hiver 2«87

(2) Population;

Population totale au Si décembre 1892 6. 195. 356 habitants.

Langues (1890):

Parlant le français seul 2.485.072

— flamand — ,.. 2.744.271

•— allemand — 32.206

Mouvement de la population :

Kic«deiil

des

Naissances.

Décès.

naisMDces.

ImroigraUon.

Ëmiirntioii.

BELGIQUE. 43i

Presque toute la population belge est catholique romaine, une infime minorité appartient aux cultes protestant et israélite (i).

Llnstruction primaire n'est pas obligatoire, le nombre des illettrés est encore considérable (26,9 p. 100 en 1890).

GooTernement. — La Belgique, depuis qu'elle s'est séparée de la Hollande (1830) est pays de royauté constitutionnelle. Le roi, irresponsable, est assisté de ministres responsables, et possède le pouvoir exécutif. Le pouvoir législatif appartient à deux chambres : le Sénat, composé de membres payant un cens assez élevé est élu en partie directement, en partie indirectement par les conseils provinciaux. La Chambre des représentants comprend des membres élus directement au suffrage universel (1893). Les électeurs ont chacun une, deux ou trois voix suivant qu'ils sont célibataires, mariés ou pourvus de diplômes universitaires ; les conditions de cens interviennent aussi pour augmenter le nombre des voix.

Le budget total du royaume de Belgique est à peu près égal à celui de la ville de Paris : depuis quelques années les dépenses dépassent sensiblement les recettes.

Bien que la neutralité de la Belgique ait été reconnue et garantie dès 1831 par les puissances, la situation de ce pays sur une des meilleures routes d^Âllemagne en France Ta obligé à des armements assez considérables. L'armée est recrutée par des engagements volontaires et par l'obligation pour tous les citoyens (mitigée par le remplacement à titre onéreux). Le service actif ne dépasse guère trois ans pour l'infanterie et quatre pour la cavalerie et l'artillerie (2).

Principales villes (1892) :

Bruxelles et faubourgs

Anvers

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