‹ Précis de géographie économiqueChapitre 78 sur 182 · fr · texte numérisé non relu

fr

9f',34 par tonne.

Fer

Cuivre

Néant.

Plomb

Pyrites de fer

Manganèse

Teinéti, sont fournis également par les carrières de cette province, puis par celles de Liège et de Namur. On cite les marbres noirs de Dinant et de Theux (province de Liège). Les ardoisières de Vieil-Salin, dans le Luxembourg, sont rivales de celles d'Angers. Les grés, les plâtres, les matières premières de la céramique et de la verrerie ne font pas défaut ; les chaux de la Flandre et du Hainaut sont renommées. Près de 30,000 ouvriers se livrent aux travaux d'exploitation des carrières.

Les eaux minérales de Spa, au sud-est de la province de Liège, attirent chaque année de nombreux visiteurs.

Ainsi, la Belgique est pourvue d'abondantes ressources minérales ; leur mise en œuvre, leur transformation en objets vraiment industriels occupent encore bien des milliers d'artisans (1).

11 est peu de pays où le traitement des produits dérivés de la houille, gaz d'éclairage, coke, couleurs, etc, soit plus ingénieux. Namur est un siège connu des industries de ce genre.

La conversion des minerais en fonte occupe une quarantaine de hautsfourneaux dans le voisinage des houillères (provinces de Liège et du Hainaut). Le produit en est considérable ; eu égard surtout au peu d'étendue de la Belgique, on peut dire que ce pays arrive presque au premier rang, avant la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Les fers et aciers belges sont aussi des plus estimés et sont produits en grandes quantités (2).

Les emplois mécaniques de ces matériaux dégrossis à leur sortie du sol sont innombrables. On estime que les usines et machines belges représentent une force de près de six cent mille chevaux-vapeur, soit les six dixièmes de l'ensemble des machines fixes de France.

Comme les distances sont courtes et les transports à bon marché dans la petite Belgique, l'industrie mécanique s'est établie dans la plupart des grandes villes, Bruxelles, Liège, Mons, Charleroi et Gand.

Les machines agricoles sont surtout fabriquées à Bruxelles qui se trouve à peu près au centre des terres les plus riches de la Belgique. Les machines-outils qui servent à extraire et à travailler les métaux sortent des ateliers voisins des grandes houillères ; Charleroi, Mons et Liège ont, à cet égard, une importance égale. L'industrie des laines demande ses moteurs à Liège, à Verviers, à Seraing ; Gand donne le matériel des filatures de coton et les métiers à tisser. Quincaillerie, chaudronnerie, clouterie, sont

(1) Industries de toutes sortes (1880) :

Nombre d'ouvriers.... 952.947 personnes.

Produit total 2.175.437.896 francs.

(2) Industrie métallurgique (18U3).

Fonte 745 .000 tonnes valant 36 .053. 000 Tr.

Fer 485.000 — 61.873.000

Acier 225.000 — 2S. 868.000

Plomb 12.000 — 3.076.000

Zinc 95.700 — 36.602.000

également développées à Bruxelles y Liège j Charleroi et Namur, sans compter nombre de gros bourgs et de villages du pays montagneux de TArdenne où quelqu'une de ces industries est traditionnelle. On sait la vieille réputation des artisans de Liège pour la fabrication des armes.

Le matériel de chemins de fer sort des grandes usines de Bruxelles, de Liège, de Verviei^s, et de Seraing ; une quantité notable est exportée à l'étranger.

L'industrie des produits chimiques a ses plus nombreux laboratoires dans la province de Namur, mais s'est aussi développée dans le Brabant et les Flandres. La Belgique extrait de ses minerais et de son combustible minéral des matières colorantes. Est-il besoin d'ajouter que sa savante agriculture sollicite de l'industrie une quantité considérable dengrais chimiques.

La verrerie et la céramique, qui exigent l'emploi de beaucoup de combustible, devaient prospérer en Belgique. Pour l'industrie du verre la localisation est nettement marquée ; Namur, Charleroi, Liège y excellent. Verres communs, vitraux, glaces, leurs manufactures fournissent tout. Le Brabant, la Flandre et le Hainaut se partagent les différentes branches de l'industrie céramique: Bruxelles, Tournai, Saint-Vaast en Hainaut, produisent des porcelaines d'excellente qualité : on cite encore les faïences de Jemmapes.

En résumé, la Belgique est un des pays d'Europe qui possèdent l'industrie métallurgique la plus active et la plus prospère; elle le doit à sa richesse houillère et à l'initiative hardie de ses artisans. 11 est peu d'établissements métallurgiques plus importants que ceux de Saint-Léonard à Liège et de Cockerill à Seraing, en dehors d'Essen, du Creusot et des grandes maisons d'Angleterre.

Industries dérivées du régne végétai. — Si riche qu'elle soit en céréales et en bétail, la Belgique suffit à peine à la nourriture de sa population ; la meunerie, la fabrication des pâtes alimentaires, ne peuvent donc donner matière qu'à des industries purement locales.

En revanche, la fabrication du sucre de betteraves a pris un grand essor dans les riches provinces agricoles du Hainaut, du Brabant, dans la Hesbaye, ainsi qu'à Anvers (1).

La bière, boisson nationale, est produite dans les provinces de Hainaut, de Brabant et d'Anvers. La bière de Louvain est l'objet d'un commerce actif (2).

C'est à Anvers aussi que se trouvent la plupart des distilleries d'alcool.

(1) Production du sucre de betteraves (1892) :

122 manufactures donnant 141.371 .540 kg. de sucre brut.

36 raffineries donnant 47 . 1 19 . 430 — raffiné .

(2) Production de la bière : environ 10.000.000 d'hectolitres.

qui alimentent la consommation intense du pays. La Belgique est peutêtre le pays d'Europe qui consomme le plus d alcool (1).

Mais la plus vieille des industries de la Belgique est sans contredit Vindustrie textile et surtout celle du lin. C'était la gloire des Flandres dès le moyen &ge, et c'est encore aujourd'hui de ce métier traditionnel que vil le plus grand nombre des artisans de ces provinces. Gandy Courlrai, Tournai, Bruxelles, Alost ont chacune leur spécialité ; Gand excelle à la fois dans la filature et dans le tissage des toiles ordinaires, et Courtrai fournil les meilleures toiles fines. Loiivain et Malines fabriquent leurs délicates dentelles de lin. La France, Tlrlande et TËcosse, peuvent seules rivaliser avec la Belgique pour la perfection et l'abondance des produits dérivés du lin.

C'est encore la Flandre qui l'emporte sur les autres provinces pour Tindustrie du coton, La matière première importée par Anvers est travaillée à Gand, Tournai et Courtrai, à Nivelles et à Saint-Nicolas ; Gand est encore au premier rang.

Industries dérivées du régne animal. — Au contraire le travail de la laine s est concentré au sud-est, dans la province de Liège, à bonne portée des régions de montagnes et de plateaux, qui nourrissent le plus de moutons. Au moyen âge et pendant une longue période des temps modernes Ypres, Tournai et Louvain exercèrent la prééminence ; c'est qu'alors rÀngleterre était le grand marché des laines. Aujourd'hui Vcrviers et sa banlieue manufacturière ont presque le monopole des lainages de toutes sortes. Les usines de Verviers sont alimentées d'eau grâce au gigantesque réservoir de la Gileppe qui contient environ 12 milliards de mètres cubes. Pourtant, depuis que l'Amérique du Sud et l'Australie expédient à bas prix la matière première par Anvers, le Brabant a pris sa part de cette industrie. Si Verviers a la spécialité des laines cardées et des draps, Bruxelles fabrique des tissus ; et la Flandre, forte de son habileté traditionnelle, rivalise avec les artisans de Roubaix.

La Belgique ne compte pas parmi les pays grands producteurs d'étoffes de soie; cependant Anvers et Malines fabriquent quelques tissus estimés.

Les autres industries dérivées du règne animal, comme celle du cuir, ne sont point localisées d'une manière qui intéresse directement la géographie .

Résamé de la production industrielle. — Le peuple belge apportait, au début de la période contemporaine qui a vu se développer la grande

(i) Production de ralcool (1892) :

243 distilleries produisant 627 . 822 hectolitres.

Consommation (1893):

lit

Belgique 4.01 par tête.

Pays-Bas 4 . 40 —

Allemagne 4.40 —

France 4.32 —

En 1892, il y a 1 cabaret par 39 habitants.

industrie, une aptitude remarquable, un véritable génie. Ses artisans des Flandres jouissaient, et ajuste titre, d'une réputation d'habileté traditionnelle. La révolution qui a substitué les machines à la main d'œuvre humaine lui a été aussi favorable qu*à la Grande-Bretagne ; Tabondance de la houille et de la plupart des métaux industriels lui a donné de précieux avantages.

Cette condition favorable a tourné vers les emplois industriels la plus forte part des habitants de la Belgique.

Le nombre total des ouvriers de la grande industrie approche de t million, c'est-à-dire du sixième de la population totale du pays.

La répartition géographique des industries est régie par plusieurs causes. Au premier rang il faut citer l'existence des grands gisements houillers: le Hainaut, les provinces de Namur et de Liège ont absorbé une notable portion des industries métallurgiques. Mais, d'autre part, le vaste entrepôt d'Anvers distribuait aussi en abondance les matières premières importées, en particulier celles qui alimentent les industries textiles. Enfin, les Flandres offraient au travail savant des conditions traditionnelles qui contribuent aussi pour beaucoup à la prospérité des manufactures. Ajoutons que, à travers le pays généralement plat qui s'étend au nord de la Meuse, les transports sont peu coûteux sur des distances médiocres du reste. De là cette diffusion remarquable des industries les plus diverses entre la mer du Nord, les frontières de France et de Hollande, et la Meuse.

Page 1