CHAPITRE II Du VERBE EN GÉNÉRAL Te:MPS
Le verbe arabe n'a que deux temps : le prétérit et Taoriste. Le prétérit s'emploie dans deux circonstances : l"" quand Faction est accomplie au moment où Ion parle»; 2"" lorsqu'on veut indiquer le souhait.
Ex. : Làa^ cL> «il a vendu un sabre»; s.cV^ «il a tué
son ennemi»; ^w-lii T^^tiii^ «que Dieu le garde!» ^Ljt3 «qu'il soit
élevé sans cesse!» C/^La3 «qu'il soit toujours béni!» ^^^^ « puissiez-vous durer dans le bien! »
En général le sens de l'optatif exige que le mot « Dieu » soit le sujet du verbe.
On a déjà vu que certaines particules pouvaient modifier la valeur temporelle du verbe. Cette modification atteint parfois un autre verbe que celui qui suit immédiatement la particule. Après
LlJ « lorsque »^ par exemple^ le premier prétérit a le sens du passé antérieur^ en français^ tandis que le second verbe^ qui vient après le premier sans en être séparé par la conjonction se rend par le passé défini.
Ex. : ^i^^ Lé-J «lorsqu'il fut entré^ il ôta ses vête-
ments».
Dans les actes notariés^ dans les sentences ou proverbes^ les Arabes remplacent par le prétérit le présent ou le futur français. Ex. : cX^c:»- «quiconque sème récoltera».
Le second verbe au prétérit^ qui suit l'une des conjonctions con-
Du VERBE
(litionnelles^ prend la valeur du conditionnel ou du futur suivant la conjonction employée.
Ex. : civ^^-é^j ci/.Ai f m,} «si vous aviez mangé^ vous auriez été
malade » ; v^^^^J ci^J^I « si vous mangiez^ vous seriez ma-
lade».
Nota. Le ^ ne se prononce pas par euphonie devant un
et le se fait sentir deux fois. La particule affirmative J s'énonce généralement après les particules conditionnelles.
Lorsque l'action a lieu au moment où Ton parle^, on rend le temps présent par le participe actif.
Ex. : vwA^ls ci^j! «tu écris»; 'wj>L^ yS^ «il frappe».
Précédé du verbe ^^b'au prétérit^ le verbe au prétérit équivaut au plus-que-parfait de l'indicatif.
Ex. : o.Ài «j'avais envoyé»; ^ô<^\ «tu avais
pris ».
Souvent on place^ dans ce cas^ devant le second verbe et
on dit : v^A^^f ^Xi* 0.-0.
Le futur du verbe ^^l^ devant le prétérit en fait un verbe au futur passé.
Ex. : ^yJ^'^ «tu auras bu».
D'une manière générale l'aoriste annonce que l'action n'est pas achevée au moment où l'on parle. 11 équivaut donc à la fois au futur et au présent relatif, et ce n'est que par exception qu'il rend le présent absolu.
Ex. : vJ^icX^f (J.^lii3 «nous combattrons tes ennemis» çu «nous
combattons tes ennemis»; J^LLia^^^ «il pêche ou il péchera
du poisson ».
Au moyen de la particule ^yj^^ il sera facile^ ainsi que cela a été dit plus haut^ de marquer nettement la valeur du futur.
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Le prétérit du verbe ^^(^doune à Taoriste la valeur de Timparfait de Tindicatif.
Ex. : ^(5 «il se taisait»; ^^j<S<XS v^ii^f «tu parlais»;
^y9^^^^ \ ySé «ils entendaient» ou «ils écoutaient».
Précédé d'un autre verbe^ Taoriste se traduit^ en général^ par rinfinitif et quelquefois par le participe présent.
Ex. : vi^cX^j Jwjt::^ «il s'est mis à causer» : ■^czs.'j.jÙu.ù >Lo «il s'est mis à acheter»; ^'^y?. «-^'^ «je l'ai vu g-uettant» ou «guetter».
Le futur prochain peut encore se rendre par le participe actif ou ])assif.
Ex. : cN^l:^ Lii «je vais placer»; J^;Ji/o «il doit être tué» ou «il est sur le point d'être tué».
Modes
Le verbe se met au mode indicatif chaque fois qu'il n'est régi par aucun agent grammatical, aussi les Arabes^ qui considèrent le verbe comme ayant une sorte de déclinaison;, disent-ils qu'il est alors au nominatif.
On a vu plus haut les particules qui régissent le subjonctif^ mais on peut ajouter qu'en général ces particules sont précédées elles-mêmes d'un verbe auquel Faction exprimée par le mode subjonctif est subordonnée. Aussi les Arabes disent-ils que le verbe au subjonctif est au cas direct.
Ex. : Jwi>LX-5 ^\ <3!^f «il voulut entrer»^ mot-à-mot «il voulut qu'il entrât»; ^^L-^' viXxxj ^^Icl^ «nous vous demandons
de venir vers nous»^ mot à-mot «nous demandons de toi que tu viennes vers nous».
Il n'y a que la particule ^ qui régisse toujours le conditionnel^ CL?i P^^^t ^'ti'^ également suivi du prétérit. En dehors de ces deux cas^ le conditionnel remplace surtout l'impératif toutes les
Du A^EUBE
fois qu'il est accompagné d'une négation et forme ce qu'on appelle l'impératif proJiibitif.
Ex. : f^y^ ^ ^^^'^ P^^ >^ 5 f^Jwjciij ^ « ne tuez pas » ; ^^à.lS
«ne lave pas»; ^ «ne vous levez pas».
Le conditionnel marque encore l'idée impérative à la première et à la troisième personne qui font défaut dans l'impératif, mais
alors il est précédé de la particule J-
f^iijj «qu'il lise»; ^iL^JLJ «voyageons».
Le plus souvent dans ce cas on place devant qui i)erd alors sa voyelle pour prendre le djezm^ une des conjonctions ^ ou ^ et on dit : f^JlAAi, f^iL^J^ ou ^iLwwxj^ ou ^iL^xAi.
Accompagné de cette même particule le conditionnel rem-
place parfois la deuxième personne de l'impératif. Ex. : |iJ.jt;cXi
«sache». Dans ce dernier emploi les conjonctions ^ ou surtout cette dernière^ s'énoncent presque toujours.
Enfin^ on met au conditionnel le verbe qui indique la consé-
quence de l'impératif. Ex. : /^y^ «travaillez^ vous réussi-
rez». Les deux verbes dans ce cas ne doivent pas être séparés par une conjonction.
La particule conditionnelle suivie d'un verbe et donnant le sens futur peut produire le même effet que l'impératif.
Ex. : v^S:::^ ^1 «si tu viens tu me rencontreras».
Le mode énergique lourd et le mode énergique léger sont tou-
jours précédés de la particule affirmative J «certes» quand la phrase est affirmative. De même que le conditionnel ils remplacent les impératifs auxquels ils donnent naissance^ chaque fois que la phrase est négative. Ils peuvent également les suppléer aux premières et troisièmes personnes qui manquent^ et niême^ quoique plus rarement^ servir jjour la deuxième personne de l'impératif.