‹ Précis de grammaire arabeChapitre 12 sur 117 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

S'il était d'usage d'écrire en arabe avec le système graphique complet que possède cette langue^ la lecture d'un texte vulgaire se ferait sans difficultés en appliquant les réserves suivantes :

l"" Supprimer tous les tanouïn et les lettres brèves finales quand elles sont placées sur la dernière lettre du mot.

2^ Donner le son e au liamza initial employé eupJioniquement et à l'alif d'union ap)rès une pause.

S"" Adoucir la prononciation des voyelles brèves internes et conserver à toutes les voyelles longues leur prononciation régulière.

4"" Supprimer le son t du tâ merbut'a lorsque le mot terminé par cette lettre n'a pas de complément.

Ex. : y>.^nji:\ ^7)-5 '^suJjL\ t^y-^ "'^^ sultan sortit du palais»

se lira : kharâdj elklnilifa men elqasr.

Il y aurait lieu cependant de formuler quelques exceptions : Le pronom sujet et le pronom régime conservent leur prononciation régulière sauf le pronom régime de la troisième personne du mascidin hou dont la voyelle ne se prononce pas après une

voyelle longue et qui ne se prononce jamais \\ \. Ex. : in^s » « sa

terre», h^ard'hou; s^^f « so^/rèr^», akliouli'; «^-^-^ de son

voyage», men sefërlioii. 2^ Le ^ waou et le ^ yâ djezmés sont

souvent considérés comme lettres de prolongation . Ex. : r^^ \ < paire

ou deux», zoiidj; «maison, tente, chambre» , bit au lieu de

bay t qui se dit aussi. En outre quelques mots sont plus ou moins

altérés. Ex. : ^ « et » devient ou, « vers » devient la en perdan t le liamza initial.

Ce système très simple ne peut guère servir qu'à ceux qui p^ossèdent une connaissance assez étendue de la langue littéraire leur permettant de lire un texte dépourvu de ses voyelles, et encore devront-ils éliminer bon nombre de mots que le langage n'emploie pas. Aussi est-il bon d'avoir recours à un autre procédé purement

Lecture et écriture

empirique et pour lequel les règles de la décomposition en syllabes devront être modifiées de la manière suivante.

Les syllabes d'un texte vulgaire peuvent se ramener à Vun des types donnés ci-après : be ou bâ^ bî^ bou^ c'est-à-dire une consonne avec une voyelle brève e toujours la même^ sauf de rares exceptions^ ou une voyelle longue; 2"" ber^ bâi% bir^ bôûr^ une voyelle brève e ou une voyelle longtie quelconque entre deux consonnes: 3*" eb^ ab^ ib^ oub^ une voyelle brève ou longue suivie d'une consonne; 4"" berd;, bard^ bird^ bourd^ une voyelle précédée d'une consonne et suivie de deux consonnes; 5*" ard^ une voyelle suivie de deux consonnes; ce type est le moins fréquent.

Si l'on ajoute à cela que l'alif initial représente les sons a^ ou et e ; que le ^ waou et le ^ ya consonnes font parfois fonction de voyelles et que le ta merbout a S sonne a quand le mot n^a pas de complément et àt ou et quand il en a un^ on pourra lire un texte vulgaire avec les indications qui vont être données^ en distinguant les mots qui ont trois lettres seulement de ceux qui en ont quatre et de ceux qui en ont plus de quatre.

Ijecttij^e des mots de tt^ois lettrées

La lecture d'un mot qui a trois lettres toutes consonnes est souvent subordonnée à la nature de signification de ce mot.

Ainsi en tant que verbe se lira de-reb «il a frappé»;

comme nom^ derb «coup»; de même ^j-^ che-reb «il a bu»^ clierb «action de boire»; s^-^ke-teb «il a écrit», ketb «action d'écrire». Cette règle n'est pas absolue pour les noms; elle ne l'est que pour les verbes. 'Ex. : de rer «dommage» , y^i qe-nier « lune »y ykjy^ se-fer « voyage » .

Quand la seconde et la troisième consonne sont réunies par le chedda, le verbe lui-même ne forme plus qu'une syllabe.

Ex. : iXjo medd «il a tendu », Kell «il a ouvert»,

kebb «il a versé», djebb ou djoubb «citerne», kliell

«vinaigre», ô<^ khedd «joue», -^-^ djenn ou djinn «génie».

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