Chapitre iv
JLe langage n^a pas la profusion de particules qu^on vient de rencontrer dans la langue écrite; néanmoins le nombre en est encore asse^ grand. Comme ces mots figurent à chaque instant dans le discours et qu^ils présentent des variantes de formes^ il est utile de les donner ici en les fractionnant par petits groupes.
Ou « et » , le « à » 5 li « vers » , ki « comme » ^ fi « dans » ^ ineii « de » , oulla « ou bien » ^ lâ « non » , ma « ne pas » ^ loiikân « si » (pour le passé) ^ ida «si» (pour le futur) ^ nia"^ «avec», ya «o».
Ex. : el rbrâb ou 'ts-tsa*^aleb «le corbeau et le renard»; aua ou enta « moi et toi » (la première personne passe avant la deuxième et la deuxième avant la troisième, sans que jamais la politesse exige V interversion de cet ordre). Ou signifie aussi «j^ en jure par » dans les deux locutions suivantes : oullah' «par Dieu » ; ou râs «par la tête de . . .! » ; ou ras en-iiebi «j^ en jure par la tête du Prophète » .
Le et li se con fondent souvent et pour la prononciation et pour le sens. Ex. : "^at'i douro le l-kliedini «donnez un douro (cinq francs) au domestique»; râl/ou le '1-medersa «ils sont allés au collège»; djib mouïa le t-'taleb «apportez un peu d'eau à (ou pour) V étudiant » ; emchi le 'd-dâr «allez à la maison». Ce n'est que devant les pronoms que li conserve sa vraie prononciation; le-nâ « à nous » ; li-na « vers nous » .
Ki '1- djebel «comme la montagne» (en français «cotnme une montagne»); ki kbou Moliammed «comme le frère de JMohammed»; ki l-*^arousa «comme une fiancée»; semîn ki Vsemmâna « gras comme une caille » . L'objet auquel on compare est toujours déterminé en arabe.
Ed-drâliem râbou fi '1-qedjer «l'argent est dans le tiroir]» ; ysken fi 'bdjenân «il demeure à la campagne» (mot-à-mot dans); ret'es fi '1 bab^ar « il a plongé dans la mer » ; fi bâli « dayis mon esprit » ; fi youm oual/ed « dans un seul jour » ( ou « dans un même jour » ).
Klieredj men ed-dâr «il est sorti de la maison » ; djit men Mer-
Prépositions, conjonctions, adverbes et interjections
silia «je viens de Marseille» ; men 'aiid Ali «de la part d'Ali»; men oiira « de derrière » ou « derrière » .
Eadjel oulla mera «un homme ou une femme»; teouïl oulla qes'ir « grand ou petit ». Avec Vintonation interrogative oulla équit;aut à «ou non». Tedji oulla? «tu viendras ou non?»; temclii oulla? «pars-tu ou non?>->.
La «non» se répète souvent deux fois: lâlâ, mais la forme simple est plus expressive. Tedji rodoua? là « viendras-tu demain? non ».
Ma «ne pas» se complète ordinairement par clie ou chi. Ex. : ma "^andi che «je n'ai pas » ; ma "^andek chi « tu n'as pas » ; ma idji che «il ne viendra pas»; ma takoul che «ne mange pas».
Le mot chi qu'on vient de voir sert à marquer V interrogation. jE^. /andek chi «as-tu?»; klit chi «as-tu mangé?» ; dja chi «estil venu? » ; râk chi « es-tu? » ; râkoum chi « étes-vous? » .
Loukân et ida se construisent avec le passée mais la seconde de ces conjonctions donne au verhe le sens du futur ^ tandis que la première lui conserve sa signification passée. Ex. : loukân djit «s^ tu étais venu»; ida djit «si tu viens». Ida est parfois remplacé par idâkân et alors il est suivi du futur, idâkân tedji «si tu viens ».
Mecha es-soultan ma*^ el-ouzir « le sultan est parti avec le ministre» ; ta'^achchit ma*" el-qâïd «j'ai dîné avec le caïd» ; m^i^ peut aussi avoir le sens de «par». Ex, : el-briïa djat ma"^ el-bouchta «la lettre est venue par la poste» ; ouseliia ma*^ el-babour «nous sommes arrivés par le hateau à vapeur».
Chaque fois qu'on interpelle quelqu'un^ on doit placer yâ devant son nom, son titre ou l'épithète par laquelle on désigne cette personne. Ex. : yâ ouled «o enfant» («enfant! ») ; yâ sidi «monsieur-»; yâ Mohammed «Mohammed!»; yâ 1-a^^ouer «hé! le horgne!». Les Arabes ne s'offensent point de ces appellations.
*^ala « sur, contre, pour, selon, par » ; "^and « che^, auprès » ; kif «lorsque, comme» (devant un pronom); \\v «excepté, moins»; la-