‹ Précis de grammaire arabeChapitre 6 sur 117 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

qu'il a été déjà dit, fait seul exception à ce dernier principe tout en conservant toujours la même valeur phonétique, bien entendu. Ainsi le sm, par exemple, se prononcera ce partout où il sera et jamais ^e.

Il existe en arabe une prononciation classique; c'est celle qui a été donnée ci-dessus et qui est partout en usage pour la lecture du Coran et aussi pour tous les textes appartenant à la bonne littérature. Dans un texte courant, une lettre par exemple, on adopte quelquefois la prononciation dialectale, quoique, en général, cela soit fort rare.

C'est ainsi qu'un Syrien dira yàmàloun,^ un Tunisien ^V?mr/Zo^ef^, «un chameau», au lieu de prononcer correctement djàmàloun. Ces difterences, se rattachant à la langue parlée, seront signalées plus loin. Pour représenter les sons étrangers à la langue arabe on ajoute des points diacritiques aux lettres qui s'en rapprochent le plus. Ex. \ p s'écrive v^; \; gue, v, tcli, mais le

plus souvent on se contente de l'alphabet ordinaire en altérant le mot.

CtLronogrammes

Chacune des lettres de l'alphabet est susceptible de représenter un nombre, et, bien qu'aujourd'hui les chilfres soient plus fréquemment en usage, on se sert encore, dans certains cas, des lettres alphabétiques pour exprimer les nombres dans les inscriptions des monuments, dans les traités de mathématiques, de géographie et même dans les biographies en vers. C'est ainsi qu'on écrira qu'un angle est de x.x) mïm-Jia, pour dire qu'il est de 45^.

La valeur numérique de certaines lettres varie suivant qu'elles sont employées en Orient ou dans les pays barbaresques. Pour soulager le mémoire on a imaginé de grouper les lettres en en formant des mots bizarres qui sont reproduits ci-dessous.

^ L'a équivaut souvent à e et, dans tous les cas, à un a très faible^ ë est à peine sensible dans la prononciation.

I^ECTURE ET ÉCRITURE

Groupement oriental

^ l ^ "^'^ o^' o^o^ -^^ ^^li-ô v^Ai/^iî (JOLÂX^ ^^-O ^i^::^^ i

liahadjadhi , liaivazin , liout'iya^ Jcalamoiina^ safas\ qouricliat^ tsahJioud\ dadzour .

Groupement harharesque

hahadjady liawazin, Kout'iya^ halamouyia, safad\ qourisat, tsaJchou d\ dzarouch .

Dans cbacun de ces groupes les valeurs numériques sont placées dans Tordre suivant : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90, 100, 200, 300, 400, 500, 600, 700, 800, 900 et 1000. Comme on le voit, les difterences ne commencent qu'à partir du cinquième groupe.

Sous le nom (Mliayqach ^jiiJLst, les Barbaresques adoptent parfois un autre groupement dans lequel les valeurs se succèdent de la façon suivante : 1, 10, 100, 1000; 2, 20, 200; 3, 30, 300, etc. Les mots ainsi formés sont :

liayqach, hakara, djalas, damât, Itanats, wasaMi, zaadz, liaf adz\ iaàour.

Voici deux exemples de ces chronogrammes en vers. Dans le premier il faut faire la somme de toutes les lettres écrites du deuxième hémistiche et y ajouter la valeur d une lettre du second hémistiche, ce que le contexte indique d'une façon assez claire :

f^n additionnant la valeur des lettres du second hémistiche, d'après le système barbaresque, on trouve 1310; mais ce chiffre

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