Chapitre ix
moins en apparence. Il sera donc tonjours prudent de consulter le dictionnaire lorsqu'on aura à traduire un verbe quel qu'il soit.
De toutes les formes dérivées, la la et la vii^ sont seules d^un usage très fréqiient dans le langage; on rencontre quelquefois la vi^ et la forme et presqu e jamais la 7ji% la viii^ et la ix^.
Pour trouver la troisième persomie du prétérit d^un verhe trilitière de la ii^ forme, il suffit de redoubler la deuxième consonne du verhe primitif . Ex. : kheredj «il est sorti», kherredj «il a fait sortir»; chereb «il a bu», cherreb «il a fait boire». Il est des verbes de la n*" forme dont le verbe primitif n'' est pas employé. Ex. : djerreb «il a essayé, il a éprouvé».
Toutes les significations indiquées pour la langue écrite se retrouvent dans le langage. Ex. : rerreb « aller vers V ouest », de r erb «ouest»; cherreg «aller vers Vest», de cherg «est»; chetta «passer Vhiver, hiverner» , de clieta «hiver, pluie»; semmer «clouer», de mesmâr «clou»; zououedj «accoupler, marier», de zoudj « couple ».
On fait encore usage de la ii*^ forme avec les iwrbes concaves pour leur donner plus de sonorité, sans pour cela que le verbe dérivé ait une signification différente du verbe primitif. Ex. : rououali" «aller» au lieu de ysK «aller»; djououez «passer», au lieu de djâz «passer». Cette façon de s^ exprimer n^est applicable qiCà un nombre assez restreint de verbes.
On remarquera par les exemples qui précèdent qu'ici la ii^ forme du verbe concave, la seconde radicale reparaît avec sa forme primitive, cela est général. Ex. : teyyâli" «il a fait tomber», de t'âh" «il est tombé»; teyyer «il a fait voler», de tar «il a volé»; nououed' «il a fait lever», de nâd' «il s'est levé».
La forme donne la valeur pronominale au verbe de la n^. Ex. : tezououedj «il s'est marié», de zououedj «il a marié»; ta^^adjdjeb «il s'est étonné», de ^adjdjeb «il a étonné» et aussi «il a plu». Toutefois la forme ne correspond pas toujours à
Verbes dérivés
nn verhe usité de la forme. Ex. : temecliclia « il s'est promené » ; elle peut aussi dériver d^un nom. jE'rr. : ta^^achclia « il a soupé^>y de 'acha «souper»; teredda «il a déjeuné», de reda «déjeuner».
Le passifs dans le langage , s' exprime au moyen de la y/i^ forme. Ex. : enketeb «il a été éerit», de keteb «il a éerit» ; enqetel «il a été tué», de qetel «il a tué»; ensereq «il a été volé», de sereq « il a volé » .
Sans doute les trois formes que Von vient de voir ne s'appliquent 2)as à tous les verbes, ni à tous les substantifs sans exception, mais, si celui qui s^en sert mal à pro2^os commet un barbarisme, il sera du moins presque toujours compris. Il n'en serait pas de même des autres formes dérivées du verbe et, pour celles-là, on ne devra en faire usage qu'à bon escient, c'est-à-dire quand le langage les a acceptées et elles sont alors conformes à la langue écrite.
La vi^ forme est encore asse^ répandue ; elle marque la réciprocité ou la rivalité dans l'action et ne s'emploie qu'au pluriel. Ex. : ted'ârëbou «ils se sont battus», de dereb «ïl a frappé»; teqâtëlou «ils se sont entretués», de qetel «il a tué»; tegarëcbou «ils ont lutté»; tesâbëqou «ils ont fait la course».
A part quelques mots comrne qâbel «il a fait vis-à-vis », la 111^ forme est inusitée. Quant à la iv^, elle se confond dans la prononciation avec le verbe primitif Ex. : "^at a « il a donné » p>our a*^ata; kheber «il a informé» pour akbber.
On trouve quelques exemples de la viii^ forme. Ex. : ertema « il s'est jeté» , de rema «il a jeté»; edjtema'' «il s'est assemblé», de djema"^ «réunir». A. la ix^ forme on n'emploie guère que les deux verbes : ab'merr « il a rougi » ; asTerr « il a pâli, jauni » .
Quant aux verbes de la forme, ils sont un peu 2)lus fréquents. Ex. : esterTer «il a demandé pardon » ; estaadjeb « il s'est étonné, il a été émerveillé » ; estab'aqq «il a en besoin»; esteqsa «il a interrogé » ; toutefois ces deux derniers verbes perdent presque toujours le tâ formatif et deviennent : esb'aqq et seqsa.
Il ne faut pas s'attendre à trouver dans le langage des régies aussi précises que celles de la langue écrite, bien que les mêmes
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principes généraux y soient en somme observés. CJie^ des populations où Vinstruction est peu réjjandiie) le langage est assez pauvre en mots et ces mots s^ altèrent avec la plus grande facilité ou reviennent à leur forme grossière primitive sans souci des progrès réalisés dans l'art de s'exprimer. L'écart entre les deux formes de la langue est donc assez considérable en arabe; sans être constamment aussi grand xmrmi les gens instruits^ il subsiste toujours^ et VJiomme le plus lettré devra s'astreindre en parlant à dire nekteb, qui répond au français vulgaire «j^écrivons » .
Significations des verbes quadrilittères dérivés]
La 11*" forme d'mi verbe quadrilittère a toutes les significations de la V® forme du verbe trilittère^ c'est-à-dire la valeur passive
ovi pronominale^ Tidée de simuler ^ contrefaire. Ex. : J^-^ «agiter^ secouer ^y 'y^ être agité^ secoué » ; ^=5^^ « ôter » ; — J^J^ «être ôté»; ^-^j-^^ «être orgueilleux»^ mot-à-mot «faire le pliaraon» de ^^^^i «Pharaon».
La iif forme est l'équivalent de la vu^ du verbe trilittère. Ex. :
I^XwJîj^f «être foncé»; i2.Âj^i*f «être contracté»; yÂXjLi} «être accroupi»,
La iv"" forme présente une certaine analogie avec la ix^ du
verbe trilittère; elle est Siwssi 2^ctssive ow pronominale. Ex. i^xxi^ï '
« avoir la chair de poule » ; O^s^^ yjc \ « se dissoudre » ; ^L^f « être calmé». Ce dernier verbe peut être aussi considéré comme une xxm^ forme de la racine trilittère :
Tout cela est assez peu rigoureux et le dictionnaire seul donnera pour chaque forme sa véritable valeur.
On se sert dans le langage de la forme du verbe quadrilittère, mais surtout en la formant de noms. JEx. : temeskher « se moquer », de meskhera «moquerie»; tezemzem «se laver avec de l'eau du
Participes des veubes trilittèues dérivés, ktc.
2mits de Zemzem » puits qui se trouve dans V enceinte du temple de la 3ïecque; tefantez «faire V arrogant » ^ de fantazia <^ arrogance^ ostentation » ; teza'za' « s'agiter » ^ de zaza agiter»; tezbelah'' « être dupé » .
Le langage fait assez fréquemment usage des vei^hes quadrilitteres qui ont une teyidance à être de moins en moins fréquent dans la langue écrite.