‹ Précis de grammaire arabeChapitre 85 sur 117 · Chapitre xiii · texte numérisé non relu

Chapitre xiii

«mince». Enfin on donne le signe du féminin aux mots "^adjouz et "^arous^ bien qu'ils soient des deux genres^ et on les emploie substantivement. Ex. : "^adjouza « une duègne »; Wousa « une fiancée»; tandis que *^arous ne se dit que du fiancé et g^^'^^adjouz^ au masculin^ est inusité.

Adjectifs de couleur et de difformité Ces adjectifs^ qui indiquent une couleur fondamentale ou un

état anormal^ sont de la forme cKjti f .

Ex. : (JÔ-ajI «blanc»; ù^j^} «noir»; c>:à.f «noir^ noirci»;

«bleu»; ^-é^:^' «rouge»; ^â^} «jaune^ pâle^ blond»; ^.j^J:^' «vert»;

^.♦^f « brun »; ^>^^î « noir foncé ».

*w>c>^! «bossu»; «aveugle»; «borgne»; — i::^-!

«louche»; ^7-^' «boîteux»; cN-wf «manchot ou ayant la main

desséchée»; «souillé de poussière»; vi>^x-côi «ébouriffé».

Ainsi qu'on en peut juger par les deux derniers exemples^ il ne s'agit pas seulement de difformités réelles^ mais aussi de tout ce qui n'est pas conforme à l'état normal des choses et qui constitue une sorte de défaut.

Les nuances des couleurs sont exprimées à l'aide d'adjectifs de relation dérivés de substantifs désignant des objets dont la

couleur est bien connue. Ex. : ^J^yj^ «couleur de pêche»; de ^ y^ « pêche » ; i^^j^ « rosé »^ de « rose » ; f^y-^ « gris souris »; de ^Li « souris » ; ^y^y^ « gris étourneau »; de j^^^ « étourneau»; ^<3Lyo^ «gris cendré »; de <3Lx>^ «cendres». Le mode de formation de ces adjectifs fait l'objet du chapitre suivant.

Ici encore on peut suivy^e dans le langage les règles qui viennent d'être énoncées. On dira donc : abiod' « blanc » ; akh'al « noir » ; azreq «bleu»; ah"mer «rouge»; as'fer « jaune ^ pàle^ blond»; aklider «vert».

Du NOM

a^nma «aveugle»; a Roner «borgne»; alionel «louche».

3Iais certains de ces adjectifs ou ne sont pas employés en parlant, ou ont une forme différente. On dit, ptar exemple, li'adbi « hossu »; t obbâl « boiteux » et l'on ne se sert ni de ah'deb, ni de a^aredj .

Po^^r les nuances des couleurs, on a recours au procédé indiqué p>our la langue régulière. Ex. : khoukhi «coideur de pêche»; ouerdi «rosé»; zerzouri « gris étourneau » ; rcmâdi «cendré»; sernaoïiï « couleur du ciel » .

Adjectifs de relation Un substantif arabe peut toujours servir à former un adjectif. Pour cela, il suffît d'ajouter i^— à la terminaison du nom dépouillé de la voyelle de sa dernière lettre, si celle-ci en a une.

Ex. : ^lXjcX^ «ferrugineux», de «fer», dont le ^ final

a perdu sa voyelle; (^^^^ «estival», de ttA^ « été » .

L'application de cette règle générale donne lieu à un certain nombre de remarques :

1° Le substantif terminé par s perd cette lettre avant de prendre la terminaison ^— . Ex. : àX^ «La Mecque», «mecquois»; x^AiiA^- « Constantine » , ^^^JclX^ « constantinois » ; ^SllA

«Bonc», ^Ur: «bônois»; «.x^uis «nature». .^j<Ad «naturel»kiîjyA^ «réalité», «réel».

2° On supprime également les terminaisons et âj, mais alors pour la seconde, on emploie au lieu de Ex. : âlajJf

«Afrique» ou «province d'Afrique», ^^ 'frirai « africain », et

ïo^cXàX^I «Alexandrie», fera ^(JtXiXwoL

Cette terminaison — s'ajoute à certains mots employés surtout en philosophie. Ex. : i^^^^'^ «spirituel»; ^yjL=^ «corpo-

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rel»; ^M^^ «lumineux»; « divin »^ des mots «âme^,

Go G ? ^ S ^ ^

esprit » ; « corps ; ^^-^ « lumière » ; « seigneur » .

3^ Les mots terminés par remplacent toujours le 5> par un ^ quand le ^ n'est pas radical ou ne remplace pas une radicale,

sinon cette substitution est facultative. Ex. : i^Lôjo «blanche»^

adjectif de relation •^J<.j^j<ù\ ^KcX^ «vierge»^ ^^^^^^ «virgi-

nal » ; mais on dira également et ^^L^-w «céleste», de

eL^^ «ciel». Toutefois la première de ces deux formes est la plus usitée.

4^ Le mot terminé par ! — , ^ — adapte la terminaison à

un ^ placé après l alif, ou Talif d'union, transformé en alif ordinaire. Cette règle n'est toujours applicable qu'aux mots de moins de cinq lettres. Ex. : L^3%-i «France», ^^L^3>^ «français»;

« Autriche », \^y-^^^^ « autrichien » ; \ « monde »,

<^^L-.Aic> «mondain» ; mais on dira de y^^L^ «Bokhara»,

ce mot ayant phis de quatre lettres.

Enfin^ si le mot n'a que trois lettres on supprime l'alif bref. Ex. : ^^5^^-^^ «bâton», adjectif de relation : ^^^o-d.

5"" Lorsque le nom n'a que trois lettres et que la seconde radicale

a la voyelle ?*, on la remplace par a. Ex. : vLLL/o «roi», ^^^^

«royal»; iX^5"«foie», ^^cX-y « hépatique ». Si le nom a plus de trois lettres, cette modification n'a pas lieu, à moins qu'on ait affaire aux formes J-^i^ kA^i^ et alors le ^ lui-même disparaît. Ex. : w^L^J! «En-Nasir», ^w^LS «Nacérite» ; mais on dira ^à<^ «médinois», de k-ocXx) «Médine»; ^^-^ «naval», de kÂ^i^ «vaisseau»; « mésopotamien », de ^^rl^=r^ « Mésojwtamie » .

La suppression du ne se fait en somme que très rarement et

Du NOM

ron a déjà vu par des exemples précédents qu'on le conserve dans la plupart des cas. Si toutefois ce ^ formatif appartenait au diminutif^ forme dont il sera question plus loin^ on le supprime

presque toujours. Ex. : ^j^rî^i' «Qoraïcli»^ tribu^ KS'^y^ «qoreï-

cbite». La forme est d'ailleurs admise.

6^" Dans les noms d'origine défective de la forme cV^xi le ^

^st remplacé par un Ex. : «prophète»^ « proplié-

tique»; <î^Ali»^ «Alide». La voyelle ^' est alors rem-

placée par a.

7"" Dans les mots de trois lettres^ qui ont perdu leur troisième radicale^ on met à sa place ^. Ex. : v^f «père »^ ^5^' «p^terneL>;

f « frère »y ^ fraternel » ; « sang* » ; ^^kO « sanguin » . J^a seconde radicale prend encore ici la voyelle a.

Quand un nom est composé de deux noms^ on ne forme l'adjectif de relation qu'avec l'un d'eux^ le plus important généralement^ ou encore en empruntant une partie des deux mots de fa-

çon à avoir une racine de quatre lettres. Ex. : j^:?<3<.J! «Faklir

ed-din», adjectif de relation ^yzd'^ ^'cX" lVax: «Abdeddar»^ ad-

jectif ^^iX^*-) jj^^iiJ! Jyw.^ «Abdelqaïs»; adjectif ^aa^Jî^.

On pourrait ajouter de nouvelles règles^ mais déjà les trois dernières n'ont guère trait qu'à des exceptions. 11 suffira de dire que certains adjectifs perdent parfois une partie des lettres du nom et parfois aussi les modifient. Ex. : est l'adjectif de

^ yjo y^jsàij^ «Hadramaut»; est l'adjectif de L'usage seul

peut faire connaître toutes ces altérations.

A l'occasion des noms de métier on a vu que certains d'entre eux se formaient d'un pluriel suivi de la terminaison . Cette terminaison n'est autre que celle de l'adjectif de relation^ termi-

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liaison que Ton retrouve employée pour désigner les nuances des^ couleurs.

Enfin^ quelques noms abstraits ont emprunté la forme de Tadjectif relatif au féminin. Ex. : Lx> « quiddité^ essence d'une chose » ; '^^'fS « quomodéité » ; S.a^S « quotité »^ de Lx>, et ^f.

Le langage fait grand usage des adjectifs de relation et il suit pour leurs formes les mômes principes que la langue écr ite^ en prononçant toutefois la terminaison simplement i.

Ex, : tounsi « tunisien », Tonnes <^Tunis»; ouahrâni «^oranais» y de Ouahrân «Oran»; cherqi ou chergui «oriental», de cherq «orient»; rarbi «occidental», de x'ixxh «occident»; djebeli « montagnard » y de djebel «montagne»; soufi «lainier», de s ouf « laine » .

Fouqâni «supérieur», de fouq «sur, au-dessus»; tah"tâni «inférieur», de tah't «sous, au-dessous»; rouh ani «immatériel», de rouh" «âme»; ce mot veut surtout dire «un revenant, une apparition»; djououani «intérieur, central»; la terminaison âni est fort peu employée en dehors de ces mots.

Biskri^ originaire de JBis7c7^a, avec élision du 5; Blidi «hlidéen», de Blida; s'ou'ïri^ originaire de JMogador, «Soueïra» en arabe; Qafsi ou Gafsi^ originaire de Gafsa.

Fransâouï «français», de Fransil «France», avec addition du • ; semâouï «céleste»; de sema «ciel»; Visâouï «adepte» "^Aisâ^ fondateur de la secte des Aïssaoua; selâouï^ originaire de Selâ^ Salé, ville du Maroc. Souvent le » est confondu avec la terminaison S et alors on ajoute fautivement le ^. Ex.: dahrâouï «septentrional», de dah'ra «nord»; mekkâouï «mecquois», de Mekka «Ea JSlecque».

Dans les noms composés on supprime aussi un des mots, le moins important. Ex. : "^abbâsi^ originaire de Sidi JBel Ahhès »; Qâdri^ adepte de la confrérie de Sidi Ahdelqàder, cependant on dit Bou sa^^âdi, originaire de JBou Sciàda.

Du NOM

Comparatif et superlatif

La forme J^Jti!^ féminin ,^3ti sert à la fois pour exprimer le <îomparatif et le superlatif, mais il est facile de distinguer Femploi de cette forme avec la valeur du comparatif, car alors le mot

est toujours suivi de qui rend le mot « que » dans ce cas-là.

Ex. : «très grand^ le plus grand^ plus grand»; «très généreux^ plus généreux » ; ' « très large^ plus large » ; ^yjùA «très noble^ plus noble»; «très élevé^ plus élevé»;

«la plus grande^ plus grande»; ^yà^ «la plus petite^ plus petite»; ^-♦.lâx: «la plus considérable^ plus considérable » ; «la plus proche, plus proche».

Tous les adjectifs peuvent en théorie avoir cette forme du superlatif et du comparatif, cependant on ne l'applique guère qu'aux adjectifs de la forme ô^J^^^y d'une façon générale.

Quand la forme Jotif n'est pas usitée, on exprime la môme

Go ^ y

idée au moyen de mots tels que : 3-^^ «meilleur»; «plus

grand»; cX^f «plus intense»; J^iJt «moindre», mot-à-mot «moins nombreux», que l'on fait suivre d'un substantif au cas direct.

Ex. : «Ali est moins blanc que Zéïd» i^.-?^ L^La-> cnSÎ mot-à-mot «Ali est moindre en blancheur que Zéïd». Ceci sera développé dans la syntaxe.

JLa forme spéciale du comparatif et du superlatif est peu employée en parlant. Pour le superlatif ahsolu on se sert volontiers du positif accompagné de Vun des mots y bezzâf « beaucoup » (abréviation de v^!^4^L^ «en hloc, en masse»); yâser «beaucoup». JEx. : radjel melih" bezzâf «un homme très bon»; h ad *^elmâ bâred yâser « cette eau est très froide » . En Orient on se sert du mot ketsir « beaucoup y abondant » .

Le superlatif relatif se rend par le positif suivi de fi « dans » .

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