‹ Précis de grammaire arabeChapitre 9 sur 117 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

prononciation^ mais elles s^adoucissent heaiicou2y. Ex. : markab «un navire» y charab «il a hu».

Quant aux voyelles longueSy on les prononce toujours exactement en parlant, Ex. : bâb « une x^orte » ^ dâr «une maison» y djîr «de la chaux» y sôûq «un hazar ou un marché». Le son de Z'a long étant trainé seidement et ne changeant pas de tonalité, on entend parfois bëb au lieu de bâb^ mais cela est accidentel; à jMalte on dit nettement bïb et Z'a long se prononce en général i.

Signes ortliograph.iques

Le système graphique des Arabes se complète par quatre signes dits orthograi)hiques qui sont : le djesm, le chedda, le medda et le ouesla.

La forme du djezm « est celle de la boucle incomplètement fermée du mïm ^ qui termine le nom de ce signe. Il ne se place jamais que sur une consonne et indique qu'il n'y a pas de voyelle après cette consonne.

Il résulte de cette valeur : 1*^' que la consonne djezmée est suivie immédiatement dans la prononciation de la consonne suivante; 2^ que la consonne djezmée doit se prononcer avec la voyelle qui la précède et^ comme cette voyelle elle-même doit se prononcer à la suite de la consonne qu'elle accompagne^ on a une syllabe formée de deux consonnes avec une voyelle intercalaire.

Ex. ' djouz «passe! »^ min «de»^ màn « quicon-

que » djaz-moun « djezm » .

Si Tabsence de voyelle sur une consonne ne fournissait déjà une autre indication^ on aurait pu éviter ce signe d'une valeur pour ainsi dire négative.

Le djezm est encore appelé soulwun; employé pour marquer une pause^ il se nomme alors ouaqfa et peut figurer sur le i ta merhoîit'a privé dans ce cas de ses points diacritiques et devenu par suite un simple 5 h'â.

Lecture et écriturq^ * - \ ^^''^J^'^J^^ 17

Un petit cJiin sans points diacr|ti4\ïe% teite\est la \^fen'faie originelle du cliedda qu'on appelle aTlsi^ ^\tech^à./

Ce signe accompagne toujours une ^xSn^oi^^ .et ne saui^iriyse passer lui-même d'une voyelle. Il marqih^^-t^ se prononcer comme si elle était écrite a^H:sji^^^^^ • première avec le djezm; la seconde avec la voyelle qui raccompagne.

Ex. : cXw-w =s= o^X^ cJiad'da «il a serré »^ = ^/Shah-ha

«il a versé »^ sir-roun «un secret», ^ ^ —

liadj'djoun « un pèlerin », = <3lX^ Itad-doun « une limite ».

Le medda ^ est représenté par la forme altérée des deux principales lettres de son nom : cXx) avec élision de la boucle du mtm et une légère déformation du dal C> final.

Tandis que les deux signes précédents étaient exclusivement réservés aux consonnes^ le medda est^ le plus souvent, placé sur

un I alif^ et donne la figure suivante : f qui équivaut à : If, M

ou t f. La prononciation de Falif avec le medda est celle de â long, et s'il est précédé d'un a bref, cet a s'élide généralement.

Ex. : êLo mâJioun «eau» est pour iLx?, sL*^ semalioun «ciel»

est pour iL^-w, cimana «il a cru» est pour ^^M, Jf dloun

«famille» est pour Jff. Dans maaribou «affaire» Va bref

n'est^pas élidé, ce qui se produira chaque fois qvie f ne sera pas suivi d'un ^ Jiamza écrit.

Sur une consonne, le medda annonce une abréviation. Quand on connaît les mots ainsi abrégés, on les lit comme s'ils étaient écrits en entier; sinon, on énonce chacune des lettres avec son

nom alphabétique. Ainsi ^ se lira JlS qala «il a dit», (ji;, cliarKoun « commentaire » .

Personne ne possédant la clé de certaines abréviations qui se rencontrent dans le Coran, il faudra, dans ce cas, énoncer simple-

Chafitke pkemiek

ment les lettres du groupe. Ex. : jv^Jf se lira : alif^ lâm, rnïm; u^-? yd, sin.

Outre les deux premières abréviations données ci-dessus ^ et iji^ celles qui sont le plus fréquemment employées sont les suivantes : = j^^-uwJf ^a-Lc: "^alaylïi 'sseïâmou «que sur lui soit le salut »^ formule qui suit le nom d'un prophète autre que Maho-

met; |V*-Lo = (vi-^^ ^^-^y^ s alla 'llaliou "^alaylii tva

sàllama « que Dieu répande sur lui ses bénédictions et lui accorde le salut!»;, formule placée toujours après le nom de Maho-

met ou remplaçant son nom: xXJ? ^^^^ radiya lia-

Jioii'^ anJioii « que Dieu lui donne des marques de sa satisfaction »; cette mention accompagne le nom des califes et aussi les noms de ceux qu'on pourrait appeler les Pères de Téglise musulmane.

Le ouesla est un sdd la seconde lettre du nom de ce signe. Une seule lettre^ Talif peut avoir le ouesla et prend alors

le nom d'alif d'union f. Pour comprendre remploi de Valif d'union^ car il n'a pas lui-même aucune valeur phonétique^, il faut savoir qu'un mot dont la première consonne porte le djezm ne peut se lire qu'en s'appuyant sur la dernière voyelle du mot qui le précède^ ce qui oblige le lecteur à assembler les deux mots

sans s'arrêter à la tin du premier. Ualif d''union 1^ avec sa forme si visible^ se place donc devant la consonne djezméC;, qui commence le second mot^ et avertit le lecteur qu'il a un enjambement à faire dans sa lecture. Ualif d'union se représente généralement par l'apostrophe \

Ex. : ^^^^LiLfl dd-roiil'qd''d% «la maison du cadi»^ en réunissant les deux mots^ la syllabe roiil contenant une consonne et une voyelle du premier mot et la première consonne du second.

Tous les signes qu'on vient de voir fixent d'une manière rigoureuse la lecture d'un texte arabe sans qu'il soit nécessaire de

Lecture et écriture

connaître le sens d'un seul mot. Il semblerait donc qu'ils devraient toujours être notés avec le plus grand soin. Or^ il n'en est pas ainsi : sauf dans le Coran où l'on n'omet aucun de ces signes^ tous les textes arabes en sont dépourvus et ne contiennent que les consonnes et les lettres complémentaires. Grâce à l'extrême régularité de la grammaire on arrive^ avec Taide du dictionnaire^ à reconstituer tous ces éléments de la lecture qui font défaut^ et il est d'usage de lire un texte sans voyelles en lui restituant tous les signes qui lui manquent. Cette simple indication montre la nécessité^ beaucoup plus impérieuse en arabe qu'ailleurs^ de connaître les règles granmiaticales les plus importantes.

Puisque y dans V écriture courante ^ ni les voyelles ^ ni les signes ortliographiques ne sont notés^ on pourrait à la rigueur ne pas s'en occuper pour le langage. Cependant il est utile de les étudier si Von veut se rendre compte d^un grand nombre de faits qui^ sans cela y seraien t tout à fait inexplicahles. Des détails seront fournis à ce sujet à propos de la lecture d^un texte vulgaire.

Syllabes

Avant de parler de la manière dont les mots se décomposent en syllabes^ il y <i encore à formuler deux principes fondamentaux :

1"^ Toute consonne^ dans un texte voyellé^ qui n'a ni voyelle ni signe orthographique est entièrement muette.

2"^ Une syllabe commence toujours par une consonne suivie immédiatement d'une voyelle.

Jamais on ne rencontre en arabe des mots comme il ou cri^ et on ne peut même les transcrire qu'en recourant à une ortlio-

graphe spéciale^ en transformant il en hil et cri en luiri ^5",

Iciri ou encore en ySS^ Jiihri^ le h'aniza initial étant fort peu

sensible lorsqu'il a la voyelle i.

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